LE MONDE A MA FENÊTRE par Cypora HERSZORN

 

 

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Le monde à ma fenêtre 

 

de  Cypora Herzhorn

 

 

"Cypora Herszhorn est née en Pologne le 14 février 1957. Elle y vit jusquà l'âge de six ans; puis, en janvier 1963, elle quitte son pays natal avec ses parents qui, au départ, projetaient de s'établir en Australie; mais, ils s'installent plutôt en France, où son père a retrouvé une partie de sa famille.

 

Elle y poursuit des études et découvre, très tôt, les vertus de la lecture, dans laquelle elle se plonge avec volupté: Baudelaire, Verlaine, Prévert, la Comtesse de Ségur, Alexandre Dumas et bien d'autres vont faire rapidement partie de son univers.

 

Son Baccalauréat en poche, elle se lance dans la vie active; depuis décembre 1983 elle est employée dans une étude d'avoué à la cour d'appel de Paris.

 

Elle fut mariée pendant vinqt-quatre années et elle est mère de trois enfants.

 

Elle a publié son premier recueil de poésie en 2006 "Les poèmes d'Antigone" (épuisé); un second recueil est paru en 2007 sous le titre "les portes du temps" 'épuisé); le troisième en avril 2009 "Comme une douce main" aux éditions Thierry Sajat.

 

Certains amoureux de la poésie et habitués des forums ont déjà eu le privilège et le plaisir de lire quelques poèmes en alexandrins signés du pseudonyme "Antigone": de superbes poèmes classiques comme, il faut bien le souligner, il est devenu rarissime d'en lire, notamment au Quebec...En effet, la poésie moderne et dite "libre" verse, le plus souvent, dans une opacité qui laisse songeur..."

 

Préface de Maryvonne Griat

 

 

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Extraits de

Le monde à ma fenêtre 

 

de  Cypora Herszhorn

 

  

Voici trois poèmes extraits

 du recueil de Cypora Herszhorn
illustrés par les photographies de Ruth Sebagh

 et de l'auteure elle-même.

 

 

Le regard de l’amour

 

Ton regard amoureux, épurant toute chose,

Tel un oiseau s’élance avant de se poser,

Sensuel et fervent, s’attacha à ma rose

Avec empressement, avant de l’effeuiller.

 

Et notre amour fut fort et jaloux…Mais si tendre,

Que mon corps s’enflamma sous le baiser fougueux

Que ta bouche m’offrit alors telle une offrande…

…J’en ai gardé le goût au-delà de l’adieu.

 

Si j’ai reçu ton cœur tout entier dans mon âme,

Un beau rêve d’enfant la tenait habitée

L’emplissant, doucement, d’un exquis vague à l’âme

Qui vint la tenailler jusqu’à la volupté !

 

Je le jure à présent qu’aucun être vivant

N’aurait pu séparer ni l’esprit, ni la chair !

Le fétu que j’étais aurait semé le vent,

Pourchassant l’importun jusqu’au bout de l’enfer 

 

 

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Petits moineaux

 

Petits moineaux, j’entends vos cris dans la forêt

Et dans les marigots aux milles frondaisons…

…Puis, le soleil décroît à la morte-saison

et la neige emmitoufle le dessous des haies.

 

A la saison jaspée, quand revient le printemps,

Que perce le Muguet, hulule le hibou,

Je me prends à rêver quand le paon fait la roue

Et qu’il s’offre à sa mie en beaux frémissements.

 

Voici venir le temps des pourpres de l’Automne

Et les feuilles se noient dans l’eau de mon bassin,

En me tournant le dos d’un mouvement hautain,

Le vent poursuit sa course en courses monotones.

 

Petits Moineaux des bois, que vos chants qui résonnent,

Que ce soit au Printemps, en été, en hiver,

Ne s’éteignent jamais, même si c’est l’Automne :

Vous êtes les gardiens du paradis stellaire !

 

 

 

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Le festin de Phoebus

 

La langue du soleil s’enroule à mes paupières,

S’attarde sur mon front et mes lèvres salées

Et, glissant sur mes joues, telle une dentellière,

Rebrode mes atours d’un napperon doré.

 

Je la sens qui musarde au creux de mon épaule

Puis, en bébé gourmand sur mes seins dévêtus

S’appesantit, avide, autour d’une aréole

Pour téter, goulûment, un peu de lait. Repue,

 

La voici qui gravit mon ventre de satin

Et se fait languissante au galbe de ma cuisse

Pour se blottir, enfin, sur mes jambes d’errain

Et s’endormir aux pieds du jardin des délices.

 

Et mon corps tout entier se vêt couleur olive

Sur le sable doré, en se gorgeant du miel

Que bave, peu à peu, la langue du soleil

En laissant sur ma peau un peu de sa salive.

 

 

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Pour se procurer “Le Monde à ma Fenêtre” :

laruchedesarts@hotmail.fr

 

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