Chaque poète choisit ses poèmes 02

Chaque Poète choisit dans PleinSens - N°02

De la suite du numéro 13 au numéro 21 )

 

Dans cette rubrique, les suivantes et la précédente, chaque poète de la Ruche des Arts choisit lorsque c'est son tour 1, 2 ou3 poèmes parus dans 2 numéros de PleinSens; Pour remonter vers les premiers numéros de la liste, il faut la faire défiler et consulter au fur et à mesure les choix de chaque poète...

 

 

PleinSens n°21

"Le bal"

 

 

 

Marieva Sol 180-“Pourquoi avoir choisi ce poème, Marièva Sol ?” 

- “Poésie revendicative, politique et virulente, que j’ai choisie parce qu’elle témoigne avec talent des préoccupations militantes qui obsèdent l’auteur. C’est un archétype d’une partie importante de son œuvre actuelle.”

 

 

 

 

Le bal des trépassés

  

de  Michèle Lassiaz Chambon

 

 

 

Non papa, non maman,

Je ne veux plus aller

Au bal danser.

 

Je ne veux plus de ce bal du 21ème siècle,

Je ne veux plus faire partie

de ce bal masqué.

Les coquelicots sont fatigués

et moi avec.

 

J’en ai plus qu’assez

de ce bal formaté

Par nos politiques dévoyés

de ce bal de défroqués

par nos rapaces banquiers

bals défendus

bals tolérés

par des bandes avachies

d’obéisseurs patentés.

 

A quand les bals festifs

avec mes amis poètes ?

Alors oui, je veux bien

retourner avec vous

au bal danser.

 

 

Poème de Michèle Lassiaz

D.R. • Octobre 2010

 

bema

 

PleinSens n°20

"Le chemin"

 

 

 

Marieva Sol 180-"Pourquoi avoir choisi ce poème, Marièva Sol?" 

-"  Un voyage dans le RER réaliste et rythmé par un style classique devenu très moderne sous la plume de l'auteur, actualisé, renouvelé par la forme "slam" vivante et rapide. Ce parcours auquel on ne peut que participer nous plonge dans notre propre vécu avec des détails percutants. On s'y croirait, emporté à grande vitesse par un métro inconfortable et nauséabond. Le langage volontairement populaire ajoute à la description d'une ambiance et d'une histoire qui suscitent en nous des sensations inconnues. Il nous parle de l'auteur voyageur, le situant dans une époque, un lieu, un âge et les problèmes de société trés actuels qu'il dénonce. Au fil de cette page de son existence, que Reza nous invite à partager, c'est avec l'humour complice d'un humoriste qu'il nous entraîne. Du grand art, un auteur original de très grand talent!"

 

 

 

 

RER Slam

  

de  Reza A. NADERI

 

ran-ox

 

 

 

Yo! ça fait des mois que l'matin j'me reveille

Dans la tête un refrain qui m’suit dans mon sommeil

 

Un refrain parfait en rythme et en mesure

Avec deux hémistiches reliés par une césure

 

C’est un alexandrin tout rond en douze syllabes

Pas besoin pour l’cadrer d’boussole ni d’astrolabe

 

Le v’là comment il est né (ni sonnet, ni quatrain) :

« Attention à la marche en descendant du train ! »

 

C’est la grève, j’sors du lit j m’enfonce dans l’métro

Je file droit devant, au pas et puis au trot

 

Un œil sur la montre, direction RER

Je saute sur la passerelle, j’déboule comme un éclair

 

Du coté d’Saint Remy, j’dévale l’escalator

J’explose tout sur mon ch’min, j’la joue Terminator

 

Le quai est blindé d’monde, y paraît que ça craînt

« Attention à la marche, en descendant du train ! »

 

Les portes de la rame dégueulent leurs passagers

Avec de l’autre coté une vague d’enragés

 

Moi j’attends de monter j’suis déjà sur les genoux

C’est le moment d’affronter la migration des gnous

 

Ils descendent encore et encore y pas d’fin

Je m’demande si je vais pouvoir monter enfin

 

Devant ça s’dégage pépére et sans entrain

« Attention à la marche en descendant du train ! »

 

Quand j’vois ,que s’casse le dernier voyageur

Je mets les gaz à donfe voici venue mon heure

 

J’me jette dans la voiture je pousse autant que j’peux

D’la tête, des épaules, excusez-moi du peu

 

Dedans c’est l’délire, une ambiance de dingue

Y a d’la buée partout, y a pas d’air, ça chlingue

 

J’ai qu’une envie (descendre !), le malaise m’étreint

« Attention à la marche en descendant du train ! »

 

Tout prés d’moi ça sent l’intestin, les boyaux

Y’a mes tripes qui s’retournent et qui jouent au yo-yo

 

Vivement qu’on arrive à la prochaine station

C’est comme si qu’on m’torture, j’suis pris de convulsion

 

Sûr y’en a qu’ont p…, j’en r’viens pas du sans gêne

J’ai besoin grave j’me dis d’une bouffée d’oxygène

 

Enfin le Châtelet ! J’en peux plus d’ce pétrin

« Attention à la marche en descendant du train ! »

 

Les portes se referment, j’ai pu reprendre de l’air

Dans quoi j’me suis fourré ? J’ai les boules, j’suis vénère

 

Le train file vers le sud, d’une allure d’enfer

St Michel- Notre Dame, prochain arrêt Denfert

 

Gentilly, Laplace, Arceuil-Cachan, Bagneux…

Faut que je me calme, pas que j’devienne teigneux

 

Avant l’Parc des Sceaux, j’me dis que pour la peine

J’pourrais descendre un coup-là ou on « Bourre la Reine »

 

Quand j’entends à nouveau cet éternel refrain

« Attention à la marche en descendant du train ! »

 

Au final j’laisse tomber, le devoir m’attend

J’arrive à Anthony j’ai encore un peu d’temps

 

Prochain stop, plus bas, c’est Fontaine Michalon

La voiture s’est vidée j’trouve le temps un peu long

 

J'suis pas loin du journal, un quart d'heure à vue d'nez

J’peux enfin bouger l’c… en gare des Baconnets

 

Y a plus qu’à r’prendre le taf obligé et contraint

« Attention à la marche en descendant du train ! »

 

 

Poème de Reza A. Naderi

Paris, le 11 septembre 2010

 

 

 

 

be

 

PleinSens n°19

"La Ruche à l'école"

 

 

 

Photo 067-"Pourquoi avoir choisi ce poème, Benoit Gimenez?" 

-" Et nous cloturons ce travail passionnant de ces jeunes artistes en herbe par la version dialogue de Styli le Stylo... »

 

 

 

 

 

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Styli le stylo

Version narration

  

d'  Ariel, Charles, Emilie, Juliana, Nabil

 

 

« Bonjour, je m’appelle Styli,

 Styli le stylo à plume.

 Je proviens d’un super magasin et je vis dans la trousse de Tom,

 un petit garçon.

Je suis beau,

brillant,

bleu marine,

et mignon. »

 

« Un jour, Tom joua avec moi dans la classe.

 La maîtresse qui était très sévère, le vit et me confisqua. »

 

« Les petits garçons se moquaient de moi et Tom m’en a voulu…

Je crus que cette punition n’allaient durer qu’un jour.

Quand elle me rendit, elle m’avait vidé tout mon encre. »

 

« Mais Tom s’en aperçut, qu’elle ne fut pas sa surprise ! »

 

« Le lendemain, furieux, mécontente de cette sanction,

Tom voulut se débarrasser de moi ;

Je ne lui servais plus à rien.

Il décida alors de me jeter dans la poubelle de la classe

Réservée aux papiers.

Il se trompa volontairement de poubelle pour se venger de la maîtresse. »

 

« C’est ainsi qu’un de ses camarades, Michaël, me dégota

et me rangea dans sa trousse au milieu

des autres stylos, gommes, colle, Tipex, ciseaux, crayons et feutres… »

 

« Quand j’arrivai à la maison de Michaël, je vis que sa maman n’était pas là.

Son papa avait justement besoin d’un stylo. Il ouvrit la trousse et me trouva sans encre.

Il ne put donc m’utiliser.

Il chercha un autre stylo pour écrire à sa femme en voyage aux Etats-Unis. »

 

« Peu de temps après, Michaël commença à jouer avec moi.

Premièrement, il enleva ma plume et s’amusa à souffler en moi.

Il s’aperçut qu’un son maléfique mais mélodieux sortait de mon corps.

Puis Michaël eut une idée fabuleuse… »

 

« Il demanda à son père de me transformer en instrument de musique !

C’est vrai qu’il était le fils d’une pop star !!!

C’est ainsi que ces deux mélomanes, amateurs de grande musique, se mirent à percer mon

Corps avec un tournevis très pointu. Mais comme j’étais trop dur, le papa prit une perceuse. »

 

« En définitive, j’étais devenu une magnifique petite flûte.

Puis il me peignit couleur « bois ».

Je produisais un joli son aigu, musical et doux.

Enfin,  Michaël m’a offert à sa mère,

A son retour de tournée. »

 

« Depuis ce jour-là, madame Jackson ne peut plus se passer de moi.

Elle m’utilise même lors de ses concerts. »

 

« Plus tard, le petit Jackson est devenu luthier,

c’est à dire un artisan qui fabrique et répare les instruments de musique

et est même devenu le luthier le plus riche du monde,

connu à travers le monde entier. »

 

« Et tout ça, grâce à moi,

car il a eu la bonne idée de me recycler ! »

 

 

Dialogue d'un groupe d'enfant

CM1, Ecole championnet

D.R.

 

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be

PleinSens n°19

"La Ruche à l'école"

 

 

 

Photo 067-"Pourquoi avoir choisi ce poème, Benoit Gimenez?" 

-" Le travail de nos artistes-élèves continue. En effet, Ariel, Charles, Emilie, Julianna et nabil doivent reprendre cette même et belle histoire de stylo recycler en flûte pour la narrer... »

 

 

 

 

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Styli le stylo

Version narration

  

d'  Ariel, Charles, Emilie, Juliana, Nabil

 

 

Il était une fois un stylo à plume qui s’appelait Styli. Il provenait d’un super magasin et vivait dans la trousse d’un petit garçon qui s’appelait Tom. Ce stylo était bleu marine, long, mignon, brillant.

 

Un jour, au lieu de travailler à l’école, Tom préféra jouer avec l’encre de son stylo. La maîtresse le vit et lui confisqua son stylo. Elle était très sévère, blonde et portait de grosses lunettes.

Le petit garçon s’en moquait et crut que cette punition n’allait durer qu’un jour.

Quelques temps après, la maîtresse lui rendit le stylo, mais il s’aperçut (Quelle ne fut pas sa surprise) qu’elle avait retiré l’encre.

 

Le lendemain, furieux et mécontent de cette sanction, tom voulut se débarrasser de ce stylo qui ne lui servait plus à rien. Il décida alors de le jeter dans la poubelle de la classe réservée au papiers. Il se trompa volontairement de poubelle pour se venger de la maîtresse. C’est ainsi que Michaël, un de ses camarades, le dégota et le rangea dans sa trousse au milieu des autres stylos, gommes, colle, Tipex, crayons, feutres…

 

C’est alors que le soir venu, Michaël rentra à la maison. Sa mère, Mme Jackson, qui était une chanteuse très populaire, était à ce moment-là en tournée aux U.S.A.. Ce jour-là, elle se trouvait à Miami, en Floride pour deux semaines.

M. Jackson, son époux, ayant envie d’écrire à sa femme pour lui donner des nouvelles et la féliciter pour ses concerts qu’il a vus, rediffusés à la  télévision, avait besoin d’un stylo. Il chercha donc dans la trousse de Michaël et y dénicha ce fameux stylo sans encre.

 

Il ne put l’utiliser, mais ce soir là, Michaël commença à jouer avec : d’abord, il enleva la mine puis s’amusa à souffler dedans. Il s’aperçut qu’un son affreux mais pourtant mélodieux en sortait !Il lui vint alors une idée fabuleuse : il proposa à son père de transformer cet objet anodin en instrument de musique, lui qui était le fils d’une grande star, reine de la pop !!!

 

C’est ainsi que nos deux mélomanes, amateurs de grande musique, se mirent à percer Styli avec un tournevis très pointu. Comme ça ne suffisait pas à trouer suffisamment le plastique, ils utilisèrent une perceuse.

 

En définitive, Styli est devenu une magnifique petite flûte qu’ils ont peint couleur « bois ». Elle produisait un joli son aigu, musical et doux, et Michaël l’a offerte à sa mère à son retour de tournée.

Depuis ce jour là, Mme Jackson ne peut plus s’en passer : elle en joue même lors de ses concerts !!

 

Plus tard, son fils est devenu luthier, c’est à dire un artisan qui fabrique et répare les instruments de musique et est même devenu le luthier le plus riche du monde, connu à travers le monde entier !

Tout cela grâce à ce fameux stylo qu’un jour il a recyclé !

 

Texte d'un groupe d'enfant

CM1, école Championnet

D.R.

 

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be

 

 

PleinSens n°19

"La Ruche à l'école"

 

 

 

Photo 067-"Pourquoi avoir choisi ce poème, Benoit Gimenez?" 

-" Contrairement à mes copains de rimes qui furent contraint de sélectionner deux ou trois poèmes sur les trente-six proposés dans chaque PleinSens, j’ai l’immense chance de n’avoir à choisir qu’une histoire sur les quatre de ce PleinSens. Hélas, qu’elle ne fut pas ma déconvenue en constatant que toutes étaient  magnifiques ! Entre Crion le ballon sauveur, Junior l’ours en peluche, Domino le ventilo et Styli le stylo, je choisirai ce dernier. Car le stylo est le prolongement de l’inspiration pour les poètes que nous sommes et il est agréable de découvrir l’inventivité de ces enfants incroyables sur cet objet qui ne nous quitte jamais, à nous les écrivants du sublime… »

 

 

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Styli le stylo

Version poème

  

d'  Ariel, Charles, Emilie, Juliana, Nabil

 

 

C’est l’histoire d’un stylo

Un stylo très très beau.

 

Hélas, il a perdu son encre

Et son propriétaire est un cancre.

 

Ce garçon à qui il appartient

Ne l’aimait pas vraiment bien.

 

Il l’a donné à un autre enfant

Qui passait par là, à ce moment.

 

Celui-ci l’ayant confié à son père,

Ils en font une utilisation particulière…

 

Le petit garçon lui enlève la plume,

De la radio baisse le volume,

Souffle dans ce stylo vide

Et y dépose un air humide.

 

Il s’aperçoit que ça fait du bruit

Le jour comme la nuit.

 

Alors avec son cher papa,

De bien plus prés, il regarda

Ils firent des trous dans le stylo ;

Et soufflant, on entendit l’écho !

 

Devenu une petite flûte,

Le stylo se mit à jouer en ut.

 

Ainsi, on n’est pas obligé de jeter

Un vieil objet même s’il est cassé.

C’est plus malin de bien le recycler

Et après, quelle joie de le réutiliser !

 

 

Poème d'un groupe d'enfant

Cm1 école Championnet

D.R.

 

Poème2 

 

be

PleinSens n°18

"Couleur femme"

 

 

 

Portrait Maryse-copie-1-"Pourquoi avoir choisi ce poème, Maryse Licette?" 

-" Enfin quelqu’un qui ne jette pas la pierre à ces femmes bien souvent marquées par le destin. Que savons-nous d’elles, nous qui les fusillons du regard, les condamnons ? Vous, messieurs, qui les humiliez en vous en servant comme d’un objet dont on se débarrasse le moment venu ? Pensons-nous à leur détresse, à leur profonde douleur ? Personnellement, j’essaie de ressentir la brûlure de leurs blessures…mais le peut-on ?"

 

  9116

 

 

Elle pleure

  

d' Abad Boumsong Somkong

 

Elle connaît les rues et le nom des ruelles

Les bars où chacun peut boire jusqu’au matin

Ils font partie de son univers vide et cruel,

La nuit est un voleur qui soustrait son destin.

 

Parfois le soir elle rêve d’une autre vie,

Où elle est très loin de toutes ces odeurs,

Loin des artères infestées de maraudeurs

Sans le bruit des pas des démons sur le parvis ;

 

C’est qu’on se perd souvent à travers les autres,

Quand chaque regard est comme un coup de feu.

L’âme meurt quand la fange où elle se vautre

Est informe et qu’elle la consume peu à peu.

 

Oh ! Si vous saviez comme elle hait les hommes

Qui font de son corps un temple où ils prient ;

Aucun d’eux ne veut entendre son cri

Les morts n’ont pas de voix puisqu’ils sont des fantômes.

 

Si elle pouvait mettre le feu à son existence

Immoler ses jours comme on brûle une sorcière.

Mais quand on est maudit, et que seule la potence

Nous appelle, le chant de l’abîme est prière.

 

Vous qui lancez des pierres, vous qui les huez

Elles sont comme vous, c’est la même matière,

La même douleur les déchirant d’une horrible manière.

Vous qui les lapidez, savez-vous que vous les tuez ?

On est une femme même quand on est une prostituée.

 

 

Poème d’Abad Boumsong Somkong,

Extrait de « Le livre du néant »

Edition L’Harmattan

2008

 

 

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bema

 

PleinSens n°18

"Couleur femme"

 

 

 

Portrait Maryse-copie-1-"Pourquoi avoir choisi ce poème, Maryse Licette?" 

-" En quelques vers Michèle nous donne le tracé de son évolution ; on ne peut qu’aimer cette petite fille modèle/garçonnière, cette maman pleine de tendresse, cette battante/combattante, prônant l’amitié et la joie de vivre. Une femme qui nous montre l’exemple. Suivons-la !"

 

 

 

 

 

Couleur femme

  

de Michèle Lassiaz-Chambon

 

Naguère, je fus couleur

tablier bleu d’écolière

et aussi couleur gris garçon manqué

pour, des années plus tard,

devenir couleur rose bleu,

maman tendresse.

Couleur rouge passion

fut mon étendard

de femme engagée, révoltée

pour fleurir dans les manifs,

les grèves et les séquestrations

de P.D.G.

S’enroulent et dansent dans ma vie

Couleur jaune Amitié, couleur soleil.

Je demeure multicolore

au gré de mon cœur,

marquée

du sceau de la féminité.

 

Poème de Michèle Lassiaz-Chambon

D.R.

 

 

 

bema

PleinSens n°18

"Couleur femme"

 

 

 

Portrait Maryse-copie-1-"Pourquoi avoir choisi ce poème, Maryse Licette?" 

-" Poésie…mélodie qui nous tient et ne nous lâche plus, qui fait vibrer toutes les cordes sensibles… Robe trémière…rose trémière !? Beauté, grandeur, garde tous ses secrets, ses mystères. Sensible, subtile, sublime…

 En lisant et relisant ce poème, l’envie me prend de le chanter. Merci Alain pour ta sensibilité. Je suis sous le charme !

 

 

Photo 007

 

 

Girola

  

d' Alain Pizerra

 

Au clavier des cent doigts

Girola la fille

Va et revient en la

Au lavoir des cent pas

Gouttes amères

Sur la robe trémière

Insolée et fanée

Larmes du regard vide

Solfège de la pluie

Qui tombe sur le banc.

Girola perle ronde

Pervenche cicatrice

S’en va et ne revient

Sur sa peau

L’ondulation douce de la brise

Sur sa peau l’étonnement de l’air

Sur sa peau

Soixante-quatre double croches

Les hommes au café, les femmes en gâteau

Plaint-chant

Girola, rose verte

Qui restera fermée.

 

Poème d’Alain Pizerra

D.R.

bema

 

PleinSens n°17

"Le jeu"

 

 

 

Portrait..-"Pourquoi avoir choisi ce poème, Louise Emily?" 

-" Un jeune enfant participant à l'atelier d'écriture de Clara Murner ouvre, ici, les portes d'un paradis, de liberté et d'amour tout plein de charme émouvant de l'enfance."

  

  

 

 

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Texte d'enfant

  

d'  Illisible???

 

Ce texte fut écrit par un enfant durant l'atelier d'écriture de notre association,

tenu par Clara Murner... 

 

Il y a un petit ange sur le pas de l'entrée

 Il y a le sentiment de liberté

Il y a les envies de partir

Il y a comme un portail qui nous guide vers le paradis

Il y a dans ce monde un amour infini

 

  Poésie d'un enfant

Atelier d'écriture octobre 2009

 

 

bema    

PleinSens n°17

"Le jeu"

 

 

 

Portrait..-"Pourquoi avoir choisi ce poème, Louise Emily?" 

-" Ce joli poème allie la naïveté au fantastique, voire à l'absurde, avec une bonne humeur qui me plaît."

 

 

 

 

 

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Divertissement

  

d'  Evelyne Pernel

 

 

 

Le manège sur la place

Joyeusement tournait,

Les enfants criaient, riaient.

 

Mais un grincheux passa par-là,

Grimaçant, injuriant ça et là.

 

Vous ne le croirez pas !

Il arriva

Qu’un magnifique cheval de bois,

De colère, prit la mouche 

Et un coup de sabot lui donna.

Alors, le manège s’arrêta.

 

Le grincheux se mit à hennir,

Le cheval à hurler de rire.

Les enfants, ébahis, s’esclaffèrent.

Quelle affaire !

Dépité, l’intrus quitta les lieux

Et la musique repartit.

 

Quelques secondes après,

Le manège sur la place 

Joyeusement tournait,

Les enfants criaient, riaient.

 

 

Tiré de « Sous une pluie de plumes et d’étoiles »

d'Evelyne Pernel 

 

 

 

site internet d'Evelyne Pernel:

http://perneleve4.free.fr/

 

 

bema

 

 

 
 

PleinSens n°16

"Le rire"

 

 

 

Portrait..-"Pourquoi avoir choisi ce poème, Louise Emily?" 

-"  Prendre les choses avec humour sans toutefois tomber dans la vulgarité (dans "l'indignité" dit l'auteur), ce n'est pas toujours si aisé. Mais pour Zaïa, cela semble l'être, et elle vous donne l'envie de suivre son exemple. Rions donc avec elle!"

 

 

 

 

Et rire...

  

de  Zaïa Evain

 

  impro 042

 

 

Et rire, rire toujours

De ce qu’on est épargné

Rire de nos peurs, de nos angoisses

Du temps qui passe et qui laisse

Un peu partout sur notre enveloppe

Les traces de son timbre fripé

Dont les dents acérées nous laminent

Attention, souriez…bistouri

C’est dans la boîte en sapin cette fois-ci

Et rire, rire encore du gars hilarant qui

Nous toise, gonflé de pets d’orgueil

De ce nanti qui nous scrute avec sa loupe

D’argent et qui rate le meilleur de nous-mêmes

Et rire, rire du savon qui fait des bulles

De la tentation qui nous brûle

Qui nous possède et à qui on cède un peu,

Beaucoup et tout le terrain de notre volonté

Il faut rire, rire de tout, rire debout ou plié en deux

Comme le cheveu qui s’électrise et se coupe en quatre

Pour faire de son mieux jusqu’à se poser sur la langue

De la vipère, au point qu’on a le bassin qui se tortille

Et rire, rire de ce que tu fais de bien,

De ce que tu rates le mieux

Parce que l’important n’est pas d’être le meilleur

Mais d’être bien, d’être propre et d’être là

L’illusion permet d’exister, elle ne permet pas de vivre

Reste, quoi qu’il en soit, humble et lucide

Ton fauteuil sera vide quand tu partiras, crois-tu ?

Mais quand tu partiras on changera le mobilier

Tout au plus verra-t-on quatre traces de pieds

Laissons cela

Il faut rire, rire très fort pour ne plus entendre le bruit du silence

Rire, rire très fort pour chasser la déprime qui frappe à la porte de ton ego

Rire encore pour attirer les gens qui fuient la tristesse

Et sont le faire-valoir de ta solitude

Rire encore et toujours car peut-être demain sera meilleur qu’aujourd’hui

Rire enfin pour qu’à la grande foire de l’exigence

Sans rabais, sans ristourne, tu demeures intact et digne

 

Poème de Zaïa Evain

D.R.
Octobre 2005

 

bema

PleinSens n°15

"Les poètes"

 

 

DSC02419-“Pourquoi avoir choisi ce poème,  Sylvie Hérout?"

-"Apesanteur : pour la légèreté du rythme et du propos, du ton et des images, pour le mystère." 

 

 

 

 

 

Apesanteur

  

  de  Michel Mathieu

 

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 019  Michel Mathieu est assis, à coté d'Alain Pizerra

 

 

La vie s’est rendormie.

Feras-tu grâce,

Mort ma momie ?

Je babille

Balbutie

escarboucle escarbille.

Tu te tais à tue-tête.

Sans caddie

sac à dos

sans cadence.

Tu ne feras pas grâce.

Tu me diras :

« Remonte à ton fil

Funambule

 Retourne à ton rêve

somnambule.

 

Contente-toi de coudre

Ton poème ravaudeur

maraudeur.

Pardonne-moi,

mon âme enamourée.

Celui qu’il faut aimer

dans le miroir du monde

est absent.

L’ivresse de la nuit

A l’Orient désert, de renaître

Accomplit le détour

Inouï

J’existe et je n’existe plus

J’extase

 

Poème de Michel Mathieu

D.R.

 

 

 

bema    

PleinSens n°15

"Les poètes"

 

 

DSC02419-“Pourquoi avoir choisi ce poème,  Sylvie Hérout?"

-"Célébration du poète: Belle évocation et invocation du poète "qui dit avec des mots simples des choses essentielles"

 

 

 

 

 

 

Célébration du poète

  

  de  Paul Couëdel

 

 

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Dire avec des mots simples

Les choses essentielles

Le modeste bouquet

Qui donne au guéridon

Sa raison d’exister

Le sourire élargi

Du bébé satisfait

Qui découvre ses doigts

L’averse salvatrice

Bénissant le jardin

Qui lâche ses parfums

Comme autant de mercis

La marche usée du seuil

Autorisant l’entrée

Le parfum du Jasmin

Pour enrichir le soir

La tendresse nocturne

Recouvrant la maison

De ses bras silencieux

 

Célébrer la douceur des choses

Le bleu de la mésange accrochée au rameau

Le parfum riche des pivoines

La fine aigrette de l’arbre à soie

Le rire des enfants qui fleurissent le jour

La fraîcheur de la brise caressant le visage

La musique de l’eau à travers les cailloux

La saveur d’une orange à Noël

Ton doux regard qui enlumine le quotidien

Ce goût de plage qui traîne sur ta peau

 

 

Poème de Paul Couëdel

Extrait de « L’air de rien »

(Edition du petit véhicule, 2007)

 

 

bema

 

PleinSens n°15

"Les poètes"

 

 

DSC02419-“Pourquoi avoir choisi ce poème,  Sylvie Hérout?"

-"Poètes réveillons-nous : Une belle conjugaison - et valorisation - des différentes fonctions du poète

 

 

 

 

 

 

 

Poète réveille-nous

  

  de  Alain Briantais

 

 la complainte du p'tit noir, la jaquette 009 

 

Poète, réveille-nous

A la lueur des mots, réveille-nous

Des matins gris qui tuent l’espoir

Des circulez y’a rien à voir

Des politiques aux idées noires

Poète, réveille-nous

 

Poète, libère-nous

A la tendresse des mots, libère-nous

Des certitudes qui nous égarent

Des jugements qui nous effarent

Des jalousies qui nous séparent

Poète, libère-nous

 

Poète, bouscule-nous

A la force des mots, bouscule-nous

C’est le pauvre gueux alangui

Que tu glorifies dans la nuit

Ou l’enfant perdu qui revit

Poète, bouscule-nous

 

Poète, éblouis-nous

De l’insoupçonné des mots, éblouis-nous

Du verbe insoumis que tu oses

Du rire libéré qui explose

Du ciel méconnu de ta prose

Poète, éblouis-nous

 

Poète, réjouis-nous

Du miel des mots, réjouis-nous

Quand sous ta langue, surgit l’ivresse

Du cœur, du corps, de la tendresse

Que toutes les fleurs sont des promesses

Poète, réjouis-nous

 

Poète embarque-nous

A l’aventure des mots, embarque-nous

Quand tu ignores tous les présages

Que rien ne peut te rendre sage

Et que la joie brûle ton visage

Poète, embarque-nous

 

Poète, réveille-nous

Libère-nous

Bouscule-nous

Eblouis-nous

Réjouis-nous

Embarque-nous

 

Poète, réveille-toi

Poète, réveille-nous

Poète, réveille-toi en nous.

 

Poème d’Alain Briantais

D.R.

 

 

 

 

bemaal

PleinSens n°14

"Le temps"

 

 

DSC02419-“Pourquoi avoir choisi ce poème,  Sylvie hérout?"

-" Tictac : Hymne à la vie plein d’humour qui s’inscrit dans la matérialité du temps tel que le mesure la pendule." 

 

 

 

 

 

 

 

Tic Tac

  

  de  Colette Sauvanet

 

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Tictac ! tictac ! dit la pendule

Toctoc ! toctoc ! crie l’habitude

Férié ! Répète le calendrier

Fermé ! assène le guichetier

Ridé ! grimace le miroitier

Périmé ! rouspète l’épicier

Intérêts ! calcule le gros banquier

 

Pourtant le baiser que tu me fis à l’heure du midi,

C’était hier ?

Aujourd’hui ?

On me dit que c’était bien avant la mort de Gandhi.

 

Midi n’est plus,

Mais moi j’y suis !

 

Hier non plus, ni même Gandhi,

Mais moi j’y suis !

 

Tes lèvres bruissent sur mes lèvres

« Tu es ma joie et mon délice,

je suis ta source, tu es ma vie »

 

Midi n’est plus,

Mais moi j’y suis !

 

Ce sera hier, ou aujourd’hui,

C’était demain,

Tu t’en souviens ?

Je n’en sais rien.

 

Ton baiser, nos rires emmêlés,

C’est tictac ! tictac ! dans ma mémoire,

Dans mon cœur, c’est toctoc ! toctoc !

 

Tictac ! Tictac ! dit la pendule

Toctoc toctoc, dit l’habitude

 

Toujours ! crie mon amour.

 

Tactique ! tactique !

C’est juste une stratégie cosmique

 

Tactique ! Tactique !

Surtout, pas de panique !

 

 

Poème de Colette Sauvanet

Septembre 2008

D.R.

 

bema

 

PleinSens n°14

"Le temps"

 

 

DSC02419-“Pourquoi avoir choisi ce poème,  Sylvie hérout?"

-"La nuit : toute la nostalgie que génère la conscience du temps qui passe, dans un rythme classique

 

 

 

 

 

 

 

La nuit 

  

  de  Claude Grosjean

 

 

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  Pastel de Laure Peypoux

www.laure-peypoux.com

 

  

Le temps qui sait si bien ravager les visages

Et ne laisser plus rien de ce qui nous séduit.

Que l’on ait été fou, que l’on ait été sage,

Du feu qui nous brûla, ne reste que la suie…

 

Les avons-nous aimés. Leur avons-nous menti

Ou dit la vérité ainsi qu’il est d’usage ?…

Reste le tendre souvenir de nos tendres amies,

Ce bien maigre débris d’un temps anthropophage…

 

Dès que la lune court au milieu des nuages

Afin d’être moins nue quand est venue la nuit,

Plantes déracinées-modestes coquillages,

Un jour déposés là par la mer en furie.

 

Si je ferme les yeux, je rencontre des filles ;

Certaines sont fardées, d’autres ne le sont pas.

Il y a dans leurs yeux comme un feu qui pétille.

Elles n’ont point vécu, pourtant ; elle sont là !..

 

Passantes sans souci, sœurs de mon infortune,

Enfermées dans ma vie comme dans un couvent.

Majestueuses beautés, fille au clair de lune,

Dans la magie du rêve et que je vois souvent…

 

Les ai-je rencontrées dans une autre existence ?

-Présentes comme autant d’énigmatiques fées,

Pimpantes, bien en chair et vêtues d’innocence,

Qui, si vieux que je sois, ne m’ont abandonné…

 

Découvrir chaque nuit des étoiles nouvelles

En Vasco de Gama perdu dans l’océan.

Le temps ayant passé, je peux vous trouver belles

Et ne vous regarder qu’avec des yeux d’enfants…

 

 

Poème de Claude Grosjean

29/07/2005

D.R.

 

 

bema 

 

PleinSens n°14

"Le temps"

 

 

DSC02419- “Pourquoi avoir choisi ce poème,  Sylvie hérout ?”

- “Mouillage : qui rend bien l’éternité de l’instant dans un hymne à la femme et à  la mer !”

 

 

 

 

 

Mouillage 

  

  de  Stéphane Cottin

 

 Paris juin 2010 017[1] 

Stéphane Cottin est au centre de la photo

 

  

La semeuse a posé

Sur la terre son or

Des senteurs d’alizés

Montent là-bas du port

Des éclats de lumière

Descendent en nuées

Jusqu’aux mâts des faîtières

Où dorment les bergers

Sur la porte des songes

On peut lire simplement

Silence à vous les anges

Je rêve à elle maintenant

J’incline à m’élever

Très loin du vaste monde

Jusqu’à l’autel dressé

Ma sirène des ondes

Je fais ici serment

D’être à toi troubadour

Et le meilleur amant

La nuit comme le jour

D’arrimer à ton quai

L’amour qui prit le large

De ne plus m’échapper

Quand le vent est d’orage

De suspendre à mes mots

L’objet de tes désirs

Jusqu’à devenir sot

Si c’est là ton plaisir

Fais de moi ton esclave

De blé ton grenier plein

Je remplirai ta cave

Du meilleur de mes vins

Mais soulage ma fièvre

O fruit de ma passion

Par un oui sur tes lèvres

Célébrons notre union

Ma reine sous ton charme

A cette heure sans pareil

Je dépose mes armes

Mon unique soleil

Ivre de dévotions

Je soumets à ta grâce

Toute ma soumission

Avant que je trépasse

Je vais en dérivant

Avec le vent du large

Mouiller près des arpents

De ton lointain rivage

 

Poème de Stéphane Cottin

D.R.

 

 

 

 

bema

 

 

 

PleinSens n°13

"Les utopies/Le rêve"

 

 

IMGP1424.JPG-“Pourquoi avoir choisi ce poème,

Sabine Kahsay Habtmichael ?"  

-“J’ai choisi ce texte parce qu’il me fait rêver ! Ah, la poésie du gardien du phare, seul face aux tempêtes, à la mer et à la vie ! J’adore cette image. Et la surprise de l’identité du “je” n’est-elle pas infiniment poétique…?

L’utopie bien souvent nous emmène vers des contrées lointaines, qui, une fois découvertes perdent de leur attrait, alors on repart, vers d’autres contrées lointaines, et l’histoire se répète, inexorablement ; “au risque de m’égarer”… Nos rêves trouveront-ils davantage leur réalisation dans un ailleurs, et combien d’ailleurs faudra-t-il visiter avant de trouver le bon ? Chacun de nous doit apporter ses propres réponses à ces interrogations, faire ses propres recherches : “L’expérience reste mystère Tant qu’elle n’est pas vécue”… Mais ne vient-il pas toujours un temps où, comme le suggère Rachel, las de ces voyages incessants, on est heureux de simplement construire un nid ? 

Et si l’utopie ultime, c’était justement de trouver sa place, de “Savoir où se poser” ?…”

 

 

 

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Photo de DanielleTiprez 

site internet: www.focus64.canalblog.com 

 

 

 

Se poser

  

  de  Rachel Guez

 

 

C’est un homme qui rêve.

 

Un livre à la main,

Il prie, fixant les cieux,

         Espérant chaque matin,

Un horizon plus bleu.

 

Il s’approche, et me dit :

         « Je crois te reconnaître ,

Jadis, ta tribu chantait sous ma fenêtre.

 

Même s’ils ne reviennent pas Tu es ici chez toi.

Il fait froid et tu trembles, viens rentrons

Sous mon toit. »

 

Et le gardien du phare me sort du marécage.

Il me donne à manger et nettoie mon plumage.

 

« Si tu restes un peu,

Je pourrai te conter

L’histoire de tes aïeux

Qui s’étaient exilés.

 

Ils avaient dû migrer

De leurs îles lointaines,

Pour venir s’abriter

Fuyant ce temps de haine.

 

Tu es plus libre qu’eux,

Cette terre t’a vu grandir,

Tu peux quand tu le veux,

Partir ou revenir. »

 

Je regarde le sage,

Son sourire bienveillant.

 

« Cette côte n’est pas une cage,

Mais je suis goéland

Il me faut de mes ailes,

Ouvrir d’autres chemins,

 

         Au risque de m’égarer,

Pour m’apaiser, enfin.

 

Que m’importe ce que d’autres

Ont vu ou entendu !

 

L’expérience reste mystère,

Tant qu’elle n’est pas vécue. »

De son bras étendu,

L’homme montre l’océan.

 

 « Voici le temps venu,

D’entonner d’autres chants.

 

Les échos de nos côtes,

Retentiront sous peu,

De tes nouveaux accords.

 

Tu diras joyeux,

En construisant les nids 

 De tes futures couvées.

 

Le bonheur, c’est aussi :

 

Savoir se poser ! »

 

Poème de Rachel Guez

(juin 2000/décembre 2003)

D.R.

 

 

 

  bechmach

 

 

 

PleinSens n°13

"Les utopies/Le rêve"

 

 

IMGP1424.JPG-“Pourquoi avoir choisi ce poème, 

  Sabine Kahsay Habtmichael ?”

-“Christian cite le recueil de nouvelles “Tout à l'Ego”, de Tonino Benacquista, que j'ai adoré. 

L’idée de cette boîte noire, dans un recoin de notre cerveau, qui enregistrerait toutes nos pensées, tous nos rêves, toutes nos actions, toute notre vie en somme, ouvre un immense éventail de possibles. Avec cet outil de relecture de notre histoire, nous pourrions réécrire avec précision les passages un peu flous, redessiner les visages oubliés, étudier le chapelet des causes et des conséquences, déterminer à quel moment nous avons fait le mauvais choix, ou pris la bonne décision. Ce serait comme une deuxième chance ; le passé resterait tel quel, mais le futur prendrait un tour nouveau. 

Est-ce une utopie ? Ne peut-on pas croire qu’une telle “boîte noire” existe ? On dit bien que l’être humain n’utilise qu'une toute petite partie des capacités de son cerveau... que nous permettrait le reste ?

Le poète, pour composer ses rimes, ne part-il pas fouiller dans ces méandres ? 
Christian, lui, a ouvert sa boîte, et dans son sommeil “sublimi/paradoxal”, elle n’est toujours pas fermée…”

 

 

  

 

Boîte noire

et matière Grise

  

  de  Christian Lafont

 

Au hasard des pages d'un polar d'occasion,

Ou dans une chanson, que l'on dit "Art mineur"

On est parfois entraîné dans de grandes réflexions

Et l’on n’est pas très loin de l’accord « dit majeur ».

 

Plongé dans une nouvelle « polarisante »

Extraite du recueil intitulé « Tout à l’Ego »

Je découvrais les thèses stupéfiantes,

Du renommé BENACQUISTA Tonino

Et notamment « L’histoire d’un mec »

Qui, après accident, dans le coma,

Divagua, débita des « salamalecs »

Délira, tint des propos extravagants,

Qu'une gentille infirmière enregistra

Et lui restitua confidentiellement,

Lui expliquant que cet état psychologique

Valait bien quelques séances psychanalytiques,

Et, qu’en revisitant « cette boîte noire »

 Il pouvait réexaminer son histoire.

 

C’est ainsi qu’il fut bien surpris,

De l’étonnant contenu de sa mémoire

Et de l’itinéraire reconstruit,

Qu’il fut obligé de croire.

 

En écoutant la radio, j’écris ces lignes ;

 

Insidieusement, je prends pour un signe,

La chanson engagée, qui m’incite à penser,

Qu’en explorant ma trajectoire

Après une période mouvementée

Je réussis maintenant à dire et écrire…

Je peux peut-être même sourire,

De la cascade « d’emmerdements »

( Pas de meilleur synonyme,

pour justifier la rime)

Le film se déroule inexorablement

Après les nuits blanches, je dors comme un bébé

Je rêve, « sublimi/paradoxal » et « la boîte noire »

N’est toujours pas fermée…

 

poème de Christian Lafont

(24/04/08)

D.R.

 

 

 

bechma