Plein Sens virtuel d'été 2015 / 02

 

 Vive l'été 2015 ! 

 

 

 

 

 

 

  

 

 « Quand ils n'ont pas de moteur, les oiseaux sont 

obligés de battre des ailes pour voler . »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

  

 

 « Quand on ne la regarde pas, la mer en 

profite pour monter  . »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

 

«Il n'y a que le coeur qui aille aussi vite 

que les hirondelles.» 

 

Lacordaire (04 septembre 1835)     

-Lettre à madame Swetchine- 

                   

      

 

 

 

 

 

 

          

             

 

 

Les Mouettes cesseront

de rire de nous

de  Mylène Vignon

 

 

 

Au désert ligérien de la mer des faluns

Elle avait découvert l’ombre du matin

Entre ses cheveux de lumière

Nourrie d’oxymores

D’air de rien

De révoltes et de Graal

Se mirait en comète au flux d’un océan

Dans ce désert navrant que l’inculture étale

Elle est seule

Elle entend

La face cachée du vent

Neuve comme une infante

Blanche comme une vierge

Que le désert invente

Grain de sel, grain de sable, grain de vie

Madrépores endormis en ces eaux évanouies

Les pages d’une maison attendront l’improbable retour

Elle les imprimera à l’encre sympathique

Et pourvu que les âmes n’en soient pas étonnées

En l’île perdue des sables du silence

Elle dit :

Je rendrai au ciel son abîme

Où s’accroche le temps sachant…


 

 

Mylène Vignon DR

 

 

 

 

 

 

  

 

 « Il est incontestable, que de tous les arts, l'art culinaire

est celui qui nourrit le mieux son homme. »

  

Pierre Dac-Pensées et maximes         

( extraits de l'Os à Moelle)-        

 

 

 

«Les abeilles putinent, pour faire du miel dans des cruches . » 

 

Jerôme Duhamel -Le dico tout

fou des écoliers-

                   

 

 

 

 

          

 


 

FIGURE

 de Hervé Gosse

 

 

 

Figure jaune, violacée

Le nez en quart de brie

Fourré dans un tas de chiffons

De sales mouchoirs verdâtres

Figure cubique avec des marques

De moisissures blanchâtres avec

Du rouge à lèvres épais

Des flaques de sauce vinaigrette

Dégoulinant sur la tête avec

Du jus de viande rouge

Des Larmes de sauce tomate

Faisant glouglou sur les joues

Un beau visage bien tranché

D'un violent coup de hache

Aux yeux blancs, jaunes d'oeuf

Vidés de leurs coquilles, ramollos

Comme des prunelles sans noyaux

Des lèvres tordues de rire jaune

Des joues rosies, rougies, rôties

Brûlées çà et là par la cuisson

Des yeux pochés, poivrés, salés

Et fourrés sous la langue avec

Une salade d'oreilles bien fraîches

Et un menton mou tout dodu

Tel un baba trempé dans du rhum

Saucé dans de la crème anglaise

Une figure peinte, belle à croquer.


 

 

 

Hervé Gosse DR 2015

 

 

 

 

 

  

 

 « Si les avions n'étaient pas plus légers que l'air,

ils n'arriveraient pas à voler . »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

  

 

 

«La vie n'est pas un conte de fées.

C'est un compte de faits.» 

 

Henri Jeanson (1900-1970)-Soixante

dix ans d'adolescence- 

                   

 

    

 

 

 

 

          

             

 

 

Sur la plage aux pieds nus

de  Cypora Herszorn

 

 

 

Sur la plage aux pieds nus, je marche sous le Vent

Au gré des alizés et l’air sent la vanille ;

Les palmiers me saluent… Comme c’est émouvant

Et si bon de voguer en pirogue aux Antilles,

Jeter l’encre et mouiller dans ce port familier

Où Paul et Virginie ont vu tant de frégates

Qui s’envolaient alors, et porter des colliers

Epicés de senteurs de cocos, d’aromates.

D’ici, l’écho plaintif, mais joyeux des toucans

Retentit, coupant court à l’instant puéril

Où le relief s’endort dans le lit du Volcan,

Pour jaillir et renaître en enfantant des îles.

Là, les Dunes dorées, jonchées de Coquillages,

Ressemblent, tour à tour, ô divines Vestales,

A celles du Désert où le Simoun voyage…

Mais, ici, l’Océan en a fait ses vassales !

En camaïeux de vert aux reflets admirables,

Le bleu Lagon ravit l’allégorie des Cieux

Et, telle une sirène au galbé désirable,

Charme de ses attraits la faconde des Dieux !

Au lointain, je perçois -comme aux braises de l’âtre-

L’horizon mordoré où se couche, éphémère,

Le Soleil, filon d’or, sur des limons d’albâtre,

Avant de se glisser sous des draps outremer.

Et, le long des chemins aux foyers triomphants,

Des beautés aux seins lourds dans leurs robes créoles,

Dans l’agonie du Jour, pour calmer les enfants,

Chantent des mélopées dont les mots les cajolent…

Ô comme j’aimerais quitter mon gris Paris

Et rester, sans retour, dans ces îles lointaines,

Car jamais, par ici, l’hibiscus ne flétrit

Et le ravissement ne fait place à la peine !

Mais, hélas, il est temps de laisser là mes rêves,

Les tam-tams oppressants ont de longs tempos tristes,

Car la splendeur, la grâce et la magie s’achèvent

Lorsque l’oiseau de fer atterrit sur la piste.

 

 

 

© Cypora Herszhorn DR

(extrait de J’AI CONJUGUE LE TEMPS

ISBN – 978-2-9538961-1-4)

 
 
 

 

 

 

  

 

 « Le Sage habite au septième étage. En période difficile,

il est donc mieux placé que les autres

pour reprendre le dessus . »

  

Pierre Dac-Arrières-pensées-

 

 

 

 

«Un brave général ne se rend jamais,

même à l'évidence . » 

 

Jean Cocteau (1889-1963)

                   

 

 

 

 

 

          

 


 

Expressions libres des uns,

Enchaînements pour les autres 

 de Stéphane Cottin

 

 

Parle mon ami

Toi mon frère qui sombre chaque nuit,

Comme une ombre sur le pavé, sans bruit,

Sais-tu qu'une loi écrite, te protégeait,

Et que ton droit, par l'état est bafoué.

 

Parle mon ami

Toi mon frère que par justice on enferma à vie,

Parce que la vie t'avait maudit jusquà la lie.

Pas d'amour, pas d'enfance, et des coups pour caresses.

Aujourd'hui on te livre à ta mort quotidienne par sentence.

 

Parle mon ami

Toi mon frère interné, derrière les murs du silence,

Dans le mouroir qui te psy la raison, et te cadenasse,

Ta bouche en cadence psalmodie des prières enragées

Qui disent: je n'ai tué personne, pourquoi m'assiéger?

 

Parle mon amie

Toi ma soeur, que des hommes iniques et d'un autre âge,

ont réduite, soumise, et muselée derrière un grillage;

Ce beau visage de femme, qu'une heure la lumière épousa,

Et qu'on enferme, et qu'on enterre sous la bourca

 

Parle mon ami

Toi mon frère mon camarade, qui trente années durant,

N'osa soulever un geste de défi, devant le patron gueulant.

Ce matin fermeture! Block-out! Congédié! Il a délocalisé.

Ailleurs, il va gagner de l'or. Sur le carreau il t'a laissé.

 

Parle mon ami

Toi mon fils d'Afrique noire, semblable au mien, ici heureux

Toi embarqué, sur un rafiot pourri à vingt ans, toi si audacieux

Sur les vagues en furies, parce que là-bas, chez toi, les tiens,

On vous a dépouillés de tout, pour que mon fils ici ne manque de rien

 

Parle ma planète

   Ô oui! Parle-moi du temps jadis et si ancien à ma mémoire,

Quand les hommes n'avaient pas encore écorché ton écorce

Volé tes réserves, souillé tes océans, dilapidé tes richesses

Dis-moi que le vent caressera encore, le visage des enfants

 

Parlez-moi

 

 

 

 

 

 

 

Stéphane Cottin DR

 

 

 

 

 

  

 

 « Le romantisme est fait avec des poésies

pleines de larmes . »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

  

 

 

« Le moment d'être sage est voisin du tombeau.» 

 

André Chénier-Elégies-                    

                   

 

     

 

« Pourtant j'avais quelque chose la!» 

 

André Chénier-En se frappant le front

le 25 juillet 1794 au moment d'être guillotiné-         

 

 

 

 

 

 

 

          

             

 

 

Il souffle de partout...

de  May

 

 

 

Il souffle de partout comme des airs de mort.

L’on n’entend même plus la source qui murmure,

Sous le sable s’éteint le soupir des lémures,

Tout se tait. Seul, au ventre un dernier vent nous mord.

Là-bas on assassine un essaim d’écolières

Assises étudiant à l’abri des longs murs

Pour apprendre à compter, à vivre un peu moins dur

 Qu’avant et devenir des jeunes filles fières.

Ici, en pleine rue, on éventre l’humour

D’un caricaturiste excitant le prophète,

A qui l‘on fait payer une faute un peu bête

Du prix de tout son sang qui imprègne la cour.

Plus loin on décapite un précieux patrimoine

Dehors ou au musée où se raconte l’art

De tant de ces sculpteurs qui défiant le hasard,

De l’Etre ont reproduit la créature idoine.

Il souffle de partout la mort comme des airs

Echappés des fourneaux des forges infernales

Qui anéantit tout, cette mort si banale

Transformant la nature en un vaste désert.


 

 

 

May DR 2015

 

 

 

 

 

  

 

 « Les fleurs sont jolies parce que si elles étaient

moches on les achèterait pas . »

 

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

 

 

 

 

«Les auteurs modernes font des livres tellement petits, qu'on ne peut plus mettre des fleurs à sécher dedans. » 

 

Jean-Marie Gourio-Brèves de

comptoir 2000-

                   

 

    

 

 

 

 

          

 

 

 

 Coquelicots

de Alain Briantais

 


 

Je les observe, insolents d’audace,

Le long d’une route écrasée de soleil

Je les devine, impatients dans les blés

Taches de rouge étourdissantes

Qui bousculent lassitude et banalité

Taches de rouge impertinentes

Qui ravissent, inspirent, ou questionnent

 

Tout à coup, les voilà regroupés,

Fort nombreux, incroyablement nombreux

Une banderole dépliée au-delà du fossé

Cent mètres de long et bien trois de large

Qui surprennent et captivent le passant

Est-ce une manif aux couleurs de révolte  ?

Est-ce un concert, indiscret, éphémère  ?

 

Non, c’est l’avant-garde d’un tableau insensé

Une œuvre majeure, un éblouissement

Une folie que la nature impressionniste

Dessine sur plus d’un hectare

Un champ tout entier rouge de feu

Un champ tout entier rouge de vie

Qui offre aux elfes sa beauté magique

 

Je voudrais être un milan noir

Tournoyer tout là-haut dans la transparence

Et piquer comme un fou vers cette merveille

Drapeau incorrect qui ondule au vent fripon

Milliers de coquelicots fragiles et fiers

Outrageusement sensibles et séducteurs

Rassemblés dans leur offrande au ciel

 

Il faudrait s’en débarrasser

Crieraient les censeurs et promoteurs

Mais ce rouge garance, coquelicots,

N’est pas le rouge de la guerre

Pas plus que le grenat et le carmin

Les rouges de la jalousie qui tue

Ou de l’aveugle colère qui désunit

 

Ce rouge est le rouge de l’émoi

Qui pigmente les joues des filles

Le rouge de leurs robes légères

Qui s’ouvrent en corolles soyeuses

Sous des baisers ardents

Le rouge qui brûle sous le vent

Quand les blés appellent le désir

 

Si j’étais urbaniste respecté

Je les esquisserais ces coquelicots

Dans les villes rigides

Je les sèmerais à la volée

Et par grasses poignées

Pour que les amours juvéniles

Y goûtent l’irraisonnée fantaisie.

 

 

 

 

 

Alain Briantais DR

 


illustr.coquelicots extrait Baj

 

 

 

  

 

 « Un Ordinateur, ça sert à avoir l'air bête quand

on ne sait pas s'en servir . »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

  

 

 

 

« Vivez si m'en croyez, n'attendez à demain.

Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.» 

 

Ronsard-Sonnets pour Hélène-          

                   

 

  

 

 

 

 

          

             

 

 

Avis à toute créature

de  Nora Jean

 

 

 

 

Quatre roses dans le jardin cette nuit déposées. Les trois premières dans l’heureuse confusion de leur entretien se plaisent puis se taisent. La quatrième vers une possible confidence un peu se penche. Mais au doigt glissé un lien de rien lui suggère l’absence d’espérance. Enfin au moment de partir ces paroles murmurées « Prends tendrement dans tes bras –telle une mère son enfant chagriné- le ridicule d’un besoin d’être, le médiocre du désespoir, la pauvreté des sagesses et sans barguigner sombre dans le premier désert de rencontre. Ton corps de fleur depuis longtemps aura perdu la trace des pistes et leurs flèches obligées quant au creux d’une dune tu t’effondreras sous l’infime poids de la mort. Ne crains ensuite ni l’infernale enfonce des marécages ni la grime des paradis car jetant aux ronces fardeaux et grelots des mondes, tous les déflux de l’univers - un jour se connaissant tels - épouseront un néant de contre-azur, cela est sûr ».


 

 

 

 

Nora Jean DR 2015

 

 

 

 

 

  

 

 « Ronsard n'a écrit qu'un seul poème qui raconte une histoire de fille qui veut aller voir des roses . »

 

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

 

 

 

 

« Rien n'est moins sûr que l'incertain . » 

 

 Pierre Dac-Pensées-                           

                   

 

   

 

 

 

 

          

 

 

 

 Le Désert des sentiments

de Jean-Claude Junillon

 

 


 

Sous l’ordre minéral,

Le désert des sentiments,

Et l’agonie des langues liées par le silence…


 

Temple de la parole,

Le poète solitaire,

Espérance du nombre…

 

 

 

 

 

 

 

 

J.- C. Junillon DR

 

 


 

 

 

 

 

  

 

 « La vérité sort de la bouche des enfants même

quand ils mentent . »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

  

 

 

 

« La vérité vaut bien qu'on passe quelques

années sans la trouver.» 

 

Jules Renard-Journal-                         

                   

 

     

 

 

 

 

          

             

 

 

Désert  

de  Catie CANTA

 

 

 

 


 

Celui de la page blanche

J’ai le cerveau qui flanche,

Celui des beaux dimanches

L’ennui, pour seule présence.


 

Papier bleu nuit étoilé

Guidant les mages et les bergers,

Rêves nomades en transhumance

Qui ont bercé mon enfance.


 

Silence des hommes bleus

Là où tout est précieux,

L’eau, la vie, l’herbe….

Ici, est né le verbe.

 

 

 

Catie Canta DR 2015

 

 

 

  

 

 « Si les gens meurent moins de crise cardiaque, c'est

qu'ils meurent avant pour d'autres raisons . »

 

Jean Yanne -Tout le mondeil est beau,

tout le monde il est gentil-

  

 

 

 

« La liberté c'est un mot qui a fait le tour du monde

et qui n'en est pas revenu.» 

 

Henri Jeanson (1900-1970)                

                   

 

     

 

 

 

 

 

          

             

 

 

Désert  Désir

de  Yves Alain

 

 

Dédié à Ricardo Siguenza

 

 

 

Je te nomme, désert, où mon désir s'exile,

Désert des hamadas, désert des plateaux nus

Où le vent, seul vivant, se tord tel un reptile

Se dresse, s'enfle et siffle, aiguisant d'éclairs blancs

le minéral épars,

Noir,

Venu

( de quel astre tremblant?)

s'échouer sur ces terres stériles.

Je te nomme, désert, le lieu de mon exil.

Mes yeux cherchent en vain vers l'horizon le fil

D'un tassili plongeant dans les dunes dorées

De l'erg où croit, improbable, la centaurée,

Mais la plus humble fleur, mais l'herbe la plus vile,

Le souffle caressant sur l'échine servile

Des amoncellements moutonnant à l'envie...

Et quand l'aube, soudain éclate et fait briller

Maints joyaux que la nuit avait fait oublier,

Gemmes d'or, d'améthyste et de rose rubis,

Alors, dans tout ce feu du sable retrouvé,

Le cœur se prend à battre avec plus de vigueur

(Après tant d'atonie, le battement certain?)

Et l'oeil accoutumé reconnaît au lointain

La lente cheminée des chameaux endormis

Surlignant l'horizon ou quelques méharis

Franchissant l'étendue, cou tendu à l'arrache,

Eclairs roux chevauchés de diables blancs flottants,

Sans rien au bout des bras, ni lance ni cravache.

Ô les cris répétés fluant en stridulence

Des modernes goumiers échappés des gourbis

Abandonnés par place, innommés, noir fourbis

Que la lumière accuse et rend plus noir encore !

Et la vision s'enfuit …

Fugitive, une fleur, la pauvre fleur des sables

Sourit à l'étranger puis s'efface, incapable

D'exhiber plus longtemps son fragile appareil,

Un petit animal, sur le bord de son trou,

Chuchote un au revoir et rejoint son sommeil …

La lumière, soudain n'est plus qu'un océan

Blafard où toute forme chavire, néant

Des dunes effacées, de l'horizon perdu

Dans l'unique clarté du ciel et de la terre...

Le désert entrevu n'est plus qu'une étendue

Plate jusques à l'infini de cailloux et de terre

Où s'accroche parfois un maigre végétal

sans couleur, écrasé sous l'aveuglant fanal

D'un soleil défendu à nos faibles regards.

Soif, amère soif, soif ! La pensée s'annihile,

Nom, présent , passé, tout devient inutile,

Seule une angoisse étrange étreint l'âme docile

Au châtiment de feu que le ciel lui inflige.

 

 

Heureux celui qui peut, d'un cœur mâle et tranquille

Affronter cet espace et cette solitude !

Baptisé par le feu, dédaigneux de la soif,

Devenu de son dieu, par cela, homme lige,

Il sortira vainqueur, prêt aux épreuves rudes

De la vie. Et le soir, au bivouac, quand la nuit

Donnera à son cœur la fraîcheur, à ses yeux

Apaisés la splendeur de la voûte des cieux,

Un chant inaltéré, un hymne, une prière,

Fût-il moine ou soldat, fût-il même les deux,
Montera de son cœur, unissant ciel et terre.

 

 

Je t'ai nommé, désert, le lieu de mon exil.

 

 

 

 

 

Yves Alain DR 2015

 

 

 
 

 

 

 

  

 

 « Il n'y a pas d'arbres dans le désert parce qu'on

arrive pas à y faire pousser de l'eau . »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

  

 

 

 

« Fruits et racines ont même commune mesure

qui est l'arbre.» 

 

Saint-Exupéry -Carnets-              

                   

 

  

          

                Illustration extraite du livre de Geneviève Novellino "Une Traversée" aux Editions du Net

 

 

Sable stérile

de  Geneviève Novellino

 

 

 

 


 

Sable stérile

lumière de ciel figé

vent tombé

ni traces


 

Cœur débordant

lèvres sèches

des mots se tordent

air raréfié


 

Marche lente

boussole affolée

frisson de chaleur

froid des mains seules


 

Nuit verticale

ciel d’étoiles

silence à perte de vue

pas égarés


 

 


 

Geneviève Novellino  inédit DR
 

 

 

 

 

  

 

 « Dans les poésies un Alexandrin est un vers qui fait

plus ou moins douze syllabes . »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

  

 

 

 

« A peine ouverte au jour, ma rose s'est fanée » 

 

André Chénier -Elégies-                   

                   

 

    

 

 

 

          

 

 

 

Et je te tiendrai par la main

de Paul-Eric Langevin

 

 

 

 

 

 

"Je te suis dévoué corps et âme
Car tu sais toujours rallumer ma flamme
Tu es la magicienne de mes rêves
Et ne pas te voir j'en crève 
Tu seras toujours avec moi
Car ensemble nous sommes dans la joie
Mais comment inventer notre bonheur
Alors que tout en nous n'est que pleurs 
Peut-être alors faut-il partir
Ensemble vers quelque mystérieux avenir
Regarder dans la même direction
Et utiliser au mieux tous nos dons 
Que ferais-je si je ne voyais ton visage
Toi qui m'aide à trouver le passage
Vers quelque destination inconnue
Sans doute un paysage ou bien une rue 
Nous irions là-bas tous les deux
Le long de ton corps merveilleux
Et tes cheveux dansant dans le vent
Seraient pour moi d'immenses champs 
Où semer notre amour un peu plus chaque jour
Où échapper à la douleur pour toujours
Où trouver la force de vie
Où continuer malgré tous les cris 
Les cris des monstres et des fantômes
Qui nous envahissent de leurs symptômes
Ceux malgré qui on continue
A faire les fous, à sortir dans la rue 
Sortir avec toi un beau soir
Et puis arriver à te donner l'espoir
De te lever le lendemain
Car je te tiendrai par la main." 

 

 


 

Paul-Eric Langevin DR
 

 

 

 

 

 

  

 

 « L'Argent des uns n'a jamais fait

le bonheur des autres . »

 

Jean Yanne -J'me marre(2003)     

 

 

 

« Dieu a sagement agi en plaçant la naissance avant la mort; sans cela, que saurait-on de la vie ?» 

 

Alphonse Allais -Le Chat noir-

                   

 

   

 

 

 

 

          

 

 

 

La fonte des sables

de Mariéva Sol

 

 

 

 

 

 

Le désert a fleuri

Les sables ont souri

Le soleil se fait doux

Sur mes cheveux trop roux

 

Avec juste un baiser

Tu es venu briser

La vie désespérante

De ta petite amante

 

Me voici à genoux

Amoureuse d’un fou

Une brise bonheur

Me rafraîchit le cœur

 

Vois, mon âme aux abois

Inondée de ta Joie

Qui n’était que soupirs

Soudain se met à rire

 

Et tout ce qui m’accable

S’enfonce dans le sable

De l’éternel oubli

Je me couche en ton lit

 

Où tu m’as attendue

Au long des jours perdus

À te chercher en vain

Au fin fond des ravins

 

Et j’y hurlais ton nom

Prends-moi ne dis pas non

Épouse dès ici-bas

La Reine de Saba.

 

 

 

 

Marièva Sol DR

 
 

 

 

 

 

  

 

 « Ecrire c'est une façon de parler sans être interrompu . »

 

Jules Renard-(1864- 1910)            

 

 

 

« l'amour est aveugle, mais le mariage lui rend la vue. » 

 

Lichtenberg -Aphorismes (1790)-

                   

 

     

 

 

 

 

          

 

 

 

Mon cri dans le désert

de Serge Carbonnel

 

 

 

 

 

Dans le silence froid des noires solitudes

les cris sourds du passé chantent un amour de feu.

Où es-tu toi ma belle Si ton âme est trop pure

tu pleures le désert du ciel de tes grands yeux.


 


 

A la prime amourette mon cœur pur de jeune homme

a palpé le regret des sympathies de fer.

Où es-tu toi ma belle Je ne te veux pas comme

un grand soleil d'été qui chauffe le désert


 


 

Ma vie courte maudit cet inconnu futile.

Je ne sais si je dois t'attendre ou m'envoler.

Où es-tu toi ma belle Ton rire m'est utile.

Tous les autres au désert ne cessent de crier.


 


 

Le feu de l'esprit clair ronge le cœur fidèle

de l'homme fou rêvant du grand amour modèle.

Où es-tu toi ma belle Ton chant me fait souffrir.

Amis dans ce désert quel est notre avenir ?


 

 

Serge Carbonnel DR

 

 

 

 

  

 

 « Sur Mars, il fait 160 degrés à l'ombre, mais

on n'est pas obligé d'aller à l'ombre . »

 

Jean Yanne-Pensées, répliques,

textes et anecdotes (1999)  

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« Si tu veux comprendre le mot de bonheur, il faut l'entendre comme récompense et non comme but. » 

 

Saint-Exupéry -Citadelle-        

                   

 

     

 

 

 

 

 

          

 

 

 

 Le Baptême du désert

de Sylvie Hérout

 

 

 

 

Dès l’arrivée à Sabria, village-oasis bâti dans le sable c’est le choc de la plongée dans le monde immémorial de la culture nomade.

Ça commence avec le dîner sous la tente bédouine de la famille Saoud installée pour deux mois dans son campement de printemps, avec ses chèvres, ses moutons et ses poules. Au menu, couscous, orange et thé aromatisé aux plantes du désert.

 

Serrés autour du feu, sous la lumière des étoiles, frissonnants sous le vent qui se lève mais vite réchauffés par le sourire bienveillant de la famille, nous nous sentons des princes, installés-là dans l’évidence de la chaleureuse simplicité de l’accueil.

Chaleur et simplicité toujours présentes durant les quatre jours de marche dans le désert sous la conduite des deux frères, Habib, tout intériorité et sensibilité, Mohamed, tout sourire et légèreté.

 

Quatre jours à marcher avec eux, nos pas dans le pas imperturbable des dromadaires, à travers les vastes étendues de sable et de dunes, de plantes et d’arbustes, sous le vent, le soleil ou la pluie… Eh oui, même la pluie qui, parfois, masque le soleil et le ciel bleu immense, mais que le savoir-faire des chameliers, prompts à nous mettre à l’abri, à préparer les repas comme si de rien n’était et… à calmer le ciel, rend joyeuse.

 

Bonheur du bivouac recommencé chaque midi, chaque soir, en découvrant notre nouveau lieu de vie provisoire, ses ressources, sa beauté.

Bonheur de la cérémonie du repas : pain cuit dans le sable, sous la braise ; fraîcheur suave des salades ; dîners roboratifs, couscous ou pâtes aux légumes qui débordent des assiettes toujours trop remplies.

Bonheur d’écouter nos chameliers nous raconter la vie ancestrale des nomades.

 

Étonnement constant de découvrir le désert avec ses plantes et ses animaux de toutes sortes, au milieu d’un monde minéral empreint de passé… Un monde de signes pour nos guides aux yeux de lynx qui savent, dans chaque trace, trouver des repères, de sorte qu’ils slaloment entre les dunes et les buissons avec une science jamais mise en défaut, et nous désignent tout ce que nos yeux qui ne savent pas voir n’avaient pas détecté.

 

Et nous, juste attentifs à ne pas nous laisser trop distancer le temps d’une photo.

Je croyais le désert monotone, silencieux et… désert. J’y ai découvert la vie. Une vie dont le centre est la vie.

Mieux qu’un voyage, une expérience, d’où je reviens… autre.

 

 

 

Sylvie Hérout DR

 

 

 

 

 

  

 

 « Ce ne sont pas les coeurs purs qui évitent l'averse,

mais les gens  munis de parapluie . »

 

Anatole France-(1844-1924)-  

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« C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière. » 

 

Edmond Rostang-Chantecler-  

                   

 

     

 

 

 

 

 

          

 

 

 

 Pale Rider

de An Pra

 

 

 

 

Appelez-moi cicatrice

Sur mon canasson triste

Je descends la piste

Est-ce que j’existe encore ?

 

 

Je me souviens d’avoir piétiné la mort

Saleté de serpent qui se tord

Le venin a suivi la veine cave

Et je me sens cadavre

 

 

Une canaille de plus à compter

En enfer

Trois cents années que j’erre

Sur ma carne aux orbites vitrées

 

 

 

 

 

An Pra DR

in L’envol du Pipit farlouse

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 « Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre,

c'est regarder ensemble dans la même direction . »

 

  Saint Exupéry-Terre des hommes-  

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« Le bonheur, n'est jamais triste ou gai,

il est le bonheur . » 

 

Armand Salacrou-Histoire de rire-  

                   

 

     

 

 

 

 

          

 

 

 

 Les Amants magnifiques

de Jean-Claude Junillon

 

 

 

 Enfant, la terre fut sa dure matrice

Qui le laissa droit, sans le moindre artifice.

Tout entier soumis aux plus rudes labeurs,

Il n’eut que ses mains pour offrande,

Et un cœur neuf, pour qui saurait le prendre.

 

Elle, la tête faite aux duretés de la vie,

Avait su garder de la prime jeunesse

Toute l’allègre vivacité

En surplus de cette beauté que rien ne presse,

Hormis le grand besoin d’aimer.

Et lorsqu’au détour d’une ruelle ils se sont rencontrés,

Ils reconnurent en eux le signe grave et juste

De qui avait souffert,

Et qui avait la force.

 

Aussitôt, ensemble, ils se sont construit une destinée,

A coup de peine et de sueur,

Avec leurs mains, mais surtout avec leurs cœurs,

Obstinés,

Ordonnés,

Passionnés.

 

Six décennies leur furent alors comptées,

Toujours dans les rires,

Pour le bonheur de vivre,

Dans le bonheur d’aimer !

 

Et puis la vieillesse, cette gueuse sordide,

Est venue leur imposer son empreinte de fer,

Courbant les corps qui peu à peu se rendent,

Mais sans pouvoir leur ôter ce que, de concert,

Ils avaient su tisser avec le temps, pour mieux sceller leur entente.

 

Alors peu importait si, dans cet ultime combat,

Le cœur de l’un ahanait sous l’effort,

Ou que le pied de l’autre, sur le moindre obstacle, mettait bas :

Les deux amants visaient le même port.

 

Car chacun de l’autre se voulait l’ultime gardien,

Tout en sachant qu’il ne lui survivrait pas,

Mais fort de cet indéfectible lien,

Ensemble ils espéraient aborder les rives du trépas.

 

Pourtant, à cette ardente supplique

Les cieux furent hermétiques,

Et laissèrent la mort frapper à sa guise.

 

Bientôt la faux tomba mais sur une seule tête grise,

Puis sans s’attarder davantage, abattit le survivant,

Eploré et consentant.

 

Mais jamais tout au long de ces heures tragiques,

Ni l’un ni l’autre de ces amants magnifiques

 Ne renia le sceau indicible de l’élection,

Que toute leur vie, avec passion,

Ils ne cessèrent d’honorer.

 

 

 

 

 

J.- C. Junillon DR

 

In memoriam GR et MR


 

 

 

 

 

 

 

  

 

 « L'Avenir n'est interdit à personne . »

 

 Léon Gambetta                      

 -

 

 

«Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté

Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté

Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées

Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées. » 

 

Stéphane Mallarmé-Poésies-

                   

 

    

 

 

 

 

          

 

 

 

 Adieu  la ville

de Luce Buchheit

 

 

 

 

Un rugissement d’engin diabolique déchire l’air nauséabond, chargé de déchets séculaires. Les pigeons fuient, et leur vol alourdi de carbone et de peur compose un ballet macabre. Derrière moi, lentement disparaît la ville tentaculaire. Elle laisse sur l’horizon zébré une traînée laiteuse, salie par des siècles morbides.

Je jette mes illusions épuisées de déceptions sournoises. Je rejoins l’Algérie. Elle me demandait retour depuis longtemps. Je rêvais d’un ciel bleu intraitable, inflexible, frère de l’infini. Je prends la route du désert.

Avant de traverser l’immensité sableuse en minibus, j’entre dans cet univers magicien, en marchant, pour laisser à mon esprit un espace oublié. Je marche d’un pas sûr, en pensant à peine à ma destination. Je suis sûre d’être là où il faut. L’uniformité insondable du paysage adoucit mon inquiétude, me rend à moi-même. Je goûte ma solitude, si longtemps espérée.

A ce moment précis de mon voyage, surgit une voix. Vient-elle du désert, ou de mon esprit qui semble flotter au-dessus de moi ? Elle me dit :

  • Que viens-tu chercher dans cet endroit aride, oublié par les dieux ?

Je sursaute, et, sans qu’aucun son ne sorte de mes lèvres, je réponds:

  • Je ne cherche rien.

La voix, doucement, poursuit:

  • Que pourrais-tu trouver ici que tu n’aies pas chez toi, là-bas où tous tes désirs peuvent être comblés sans que tu n’aies, ni à te déplacer, ni à peiner ?

Le désert a-t-il donc de vrais pouvoirs magiques ? Suis-je folle, ou ensorcelée ? Mes pensées me sont devenues transparentes, je les lis, et je dis:

  • Je cherche un lieu pur, silencieux, inaltérable, dont le cœur serait une rose des sables résistant aux tempêtes. Une consolation à ma peine si vieille. Je cherche à m’alléger de cette part de moi perdue dans la course aux chimères, dans les bourrasques d’une vie insensée. J’appelle de mes vœux l’apaisement de mes sentiments éparpillés aux huit pointes de la rose des vents.

 Et puis, sans que je n’aie fait un seul mouvement, je sens un frôlement sur ma peau. Je pousse un cri. J’ouvre les yeux. Je suis allongée en travers de mon lit. Ma compagne est penchée sur moi. Elle me caresse le front :

  • A qui parlais-tu, que se passait-t-il?

Son regard est tendre et inquiet.

  • J’étais si bien dans le désert, tu sais, viens avec moi.

Elle passe une main sous ma nuque. Son sourire est revenu, elle me dit :

 

  • Il est beau, ton rêve.

 

 

Luce BUCHHEIT DR

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 « Il n'y a rien de plus difficile à consoler

qu'un paysage désolé . »

 

  Pierre Dac- Arrière-pensées-                

 -

 

 

«Les déserts sont abondamment peuplés de sable. » 

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

                   

 

    

 

 

 

          

 

 

 

 C'est le désert

autour de moi

d'Hervé Gosse

 

 

 

 

Dans les rues désertes

Je marche au soleil

Un mouchoir sur la tête

Et ma gourde à la main

Personne aux fenêtres

Que des portes fermées

Ici, ni hommes ni bêtes

Tout est désert

Des dromadaires

Ou des chameaux

Je n’en vois pas

Et des amis aussi

C’est le vide autour de moi

Où sont les ermites ?

Où sont les grottes où ils habitent ?

Ici, la ville est ensablée

Totalement inhabitée

Et là-bas, la plage est vide

La mer ne remonte pas

Personne ne s’y baigne

Où sont les coquillages ?

C’est le vide dans ma tête

Je n’y comprends plus rien

A l’horizon, un mur

Derrière, un petit train

Une canne sur le mur

A son pied, un gant

Un ballon vert,

Du pain et un œuf dur

Puis plus rien

Mais, ici, c’est toujours

Une rue déserte

Personne aux fenêtres

Et là-bas, une plage abandonnée

Et seul, au loin, sur le sable

Un homme attend

Qui est-ce ?

Qu’est ce qu’il attend ?

Que la mer revienne ?

Avec les coquillages ?

J’attends qu’il bouge

On dirait un piquet de bois

Mais d’attendre

En plein soleil

La sueur sur le visage

Le temps s’écoule

Ma montre ramollit

Mes pensées ralentissent

Mes idées s’évaporent.


 

Hervé Gosse DR2015

 

 

 

 

 

  

 

 « On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel

est invisible pour les yeux. »

 

  Saint Exupéry- Le Petit Prince-         

 -

 

 

«Les Canadairs sont de gros avions qui se servent

de l'eau comme carburant. » 

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

                   

  

 

 

 

 

 

               Illustration de Nicole Dang

 

 

 

 DÉSERT

de Nicole Dang

 

 

 

 

La joie d’un matin qui s’éveille

La mélancolie d’un soir qui s’éteint…


 

DESERT

La naissance d’un monde

Couleur « pétales de roses »

Berceau d’une Humanité

Apeurée, fragile, sans identité…


 

DESERT

Des dunes comme des lignes qui ondulent,

Dans des flous lointains couleur violine,

Des dunes couleur de feu

Quand le soleil s’embrase et meurt…


 

DESERT

Des dunes de sable chaud

Dont les grains crissent sous les pas,

Des traces de pas qui se perdent à l’infini…


 

Mais DESERT

Froid où souffle un vent glacial

Qui gémit comme un animal blessé

Des pierres ciselées par le vent

Qu’enserrent des cimes enneigées…


 

DESERT

Des hommes le traversent péniblement,

Emmitouflés, le dos courbés,

Mais quand ils lèvent les yeux au ciel,

Les étoiles les rassurent, leur sourient…


 

DESERT

Ou la fin d’un monde,

Où les hommes errent sans ombre,

Comme naufragés sur un radeau

Au milieu d’un océan de sable…


 


 

MAIS SOUDAIN,

Une drôle de petite voix qui dit

« S’il te plaît, dessine-moi un mouton »

La voix d’un enfant porteur d’espoir !

Car « même perdu au milieu du désert

A mille mille de toute région habitée »

Il y aura toujours « un petit Prince »

Qui dira « Dessine-moi un mouton »

Et au ciel des étoiles qui « savent rire »…


 


 

Nicole Dang DR 2015

En hommage à Antoine de Saint-Exupéry et à son « PETIT PRINCE »

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 « L'homme est plein d'imperfections, mais on ne peut

que se montrer indulgent, si l'on songe

à l'époque où il fût créé. »

 

  Alphonse Allais-        

 -

 

 

«L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut

que qui veut faire l'homme fait la bête. » 

 

Pascal-Pensées-          

 -

   

 

 

 

 

 

 

 

 Je déserte

d' Alain Pizerra

 

 

 

 

Je déserte ce monde fessu, repu
où les pauvres s’enfoncent
et l’on rote devant eux.

Je déserte le blockhaus du « deux »
celui familles huis-clos ou bobo-culavé
et les perruchonneries en cages sécurisées.

Je déserte la cruauté du ciel
qui exile l’humain
coupable de croire en lui.

Je déserte la foule,
champignon grimaçant,
ses baves d’analphabètes
gavés des nuits comptables
de la gras-attitude.

Je déserte les « zumins »
reproduisant l’espèce,
une espèce sans espace,
progéniture d’esclaves
aux mimiques sociales.

Je déserte

la représentation de ces ombres résignées,
théâtre pour morts-vivants,

les bigoteries multiples,
kyrielle des peurs de vivre,

les singeries vides de sens
bouffons et leurs grelots.
Condoléances miteuses
pour les larmes versées
sur la mort d’une mère
où l’on ne triche pas…

 


 

Et je déserte aussi
ce qui nous fait croupir,
et qui nous fait pourrir :
le respect-marionnette,
les peurs assurance-vie
pour au-delà fumeux
et palingénésique.
Une vie, c’est tant déjà !
Obligeance à l’étoile
qui accueille nos dérives.

Je déserte toutes ces choses
et je déserte enfin
ces mots trop bien coiffés
et leurs rimes-courbettes,
leur préférant des taches,
une pensée vagabonde,
et puis des nuits hirsutes
sans le silence blafard,
l’ombre morne des églises.

Et j’accueille le désert
qui chante du cri des pierres
éclatant dans la nuit…
Une brûlure glacée : réveil
qui signifie le paradis.

Je pars pour des lointains
que l’on ne connaît pas
et leur dialogue au vent,
ce chant originel
qui fait naître les dunes.

Et puis des horizons nouveaux,
insoupçonnés,
où il n’y a rien à vendre
pas de portes à ouvrir,
larbins pour les garder.
Robe de nuit glacée
sur le désert brûlant.

A travers les sables
l’ombre de l’oiseau,
l’oiseau ardent,
étreint le royaume dans la lumière,
ultime vérité.     

 

Alain Pizerra  DR