Retour sur la Scène ouverte poétique de la Ruche des Arts- Thème L'ivresse Posté le 05/06/2017 - Par La Ruche des Arts, Michèle Lassiaz, Chr Sur le Feu de la Ruche

Scène ouverte poétique de la Ruche des Arts- Thème: L'ivresse

 

 

 

Scène ouverte ayant eu lieu le Mercredi 26 Avril 2017, de 19h00 à 21h00, au Café-Club BAB-ILO 9 rue du baigneur Paris 18ème

En voici le Compte-rendu/mnémosyne par Hervé GOSSE

 

L'ivresse à tous les étages et dans toutes ses déclinaisons


 

Michèle LASSIAZ ressent une première ivresse en se souvenant de ballades en vélo, dans le Jura, alors que des notes de musique trottaient dans sa tête. Elles y roulaient plus vite que son vélo et son esprit était traversé par un air frais, vivifiant. Les chansons sentaient l’air des montagnes,

Stéphane COTTIN dépeint l’ivresse des couples à PARIS dont les femmes, à talons hauts, sous l’effet de la drogue, flottent au bord de la Seine, s’accrochant à leurs amants, aimantés l’un à l’autre, et partageant leur camelote, dans un flot de paroles, déversé comme une eau forte, délavée, sur le papier qui flotte sur le fleuve.

 

 

ANEFRANCE rappelle que BAUDELAIRE nous a exhortés à nous enivrer, sans trêve, sans nous relâcher, de vin, si l’on préfère mais pourquoi pas aussi de vertu et si l’on en a assez, de poison. Remplissons donc nos flacons et regardons l’horloge car, à toutes les heures, ses aiguilles nous indiquent qu’il est temps de s’enivrer.

Louise EMILY a une soif terrible mais se méfie du verre de trop qui donne la vision d’un horrible chien, qui arpente les ruelles et va se nicher dans les catacombes. L’ivresse invite à s’allonger sous un vieux chêne vert, dans un vieux bistrot, devant un verre, qui n’est pas de trop, pour que cesse la gueule de bois quand on est aux abois.

Cypora HERZHORN évoque l’ivresse de sentir le vent dans ses cheveux, dans un lit enlacée à celui qu’elle peut voir et toucher. L’eau coule sur la peau, par la fente, elle serpente, comme dans le lit de la rivière.

 

 

OGUENE compte un, deux, trois et, à Munich, la bière coule à flots, pour un flot de danseurs et de danseuses qui entament les premiers pas lors d’ un bal masqué, en cachant leur verre pour éviter de danser à l’envers et que leur cœur chavire dès la première gorgée. Ils liront au fond de leur verre le nom de leur partenaire.

Christian LAFONT, dans l’ivresse des cimes, prend de la hauteur et lève son verre à la santé des formes généreuses, celles des gentilles montagnes et des douces collines qui encouragent à grimper, enivré par un air frais qui soûle un peu, un air de chanson à boire avec modération.

( ) chante Claude NOUGARO qui étanche sa soif de chansons grâce au bidon qu’il porte en ville. La ville a de plus en plus un gros bidon, car on y boit pour oublier les bidons-villes où la pauvreté est de plus en plus vile. Les habitants des bidons-villes tendent leurs gamelles et tapent sur des bidons mais ils n’ont pas de grosses gamelles et de gros bidons.

 

 

 

 

 

Serge CARBONNEL se dit libre de boire tout son soûl, jusqu’au tombeau, la mise en bière, quand la mort nous chope, et nous laisse au fond d’un trou. Ne laissons pas une goutte, asséchons la fiole des larmes et vivons jusqu’au bout, «  ivrement », librement. Buvons au verre plus ou moins plein de la folie qui nous fait du bien.

 

Fabienne SCHMITT ré-entame le débat entre l’alcool et l’eau ferrugineuse. Où puise-t- elle l’ivresse quand elle veut se souler de littérature, grisée par le silence des montagnes ? Etre bien ivre, est-ce bien vivre ? Comment franchir le sommet du dilemme ? Faut-il se jeter à l’eau tout de suite ? Nul n’est devin pour trancher la question.

Alain BRIANTAIS confie s’être saoulé à ne plus savoir s’il fallait dire oui ou non tant il tanguait devant la beauté de cette inconnue qui faisait chavirer son cœur noyé par l’ivresse d’un transport qui l’éloignait du rivage des sentiments connus.

 

 

Alain PIZZERA est saoulé par le spectacle de ce monde obscène et repu, tâché par les vomissures du nous. A cause de notre bave d’analphabètes, nous restons victimes de la cruauté du ciel et adeptes des mimiques sociales et des bigoteries multiples, jusqu’à croupir et mourir de l’usage des mots trop bien coiffés.

MIREILLE  évoque l’ivresse de vivre et d’aimer, sous les vents du grand large, en amoureuse revigorée qui brave les frimas et même les grands froids, qui retiendraient à terre plus d’une autre, une autre qui n’oserait pas s’embarquer.

 

Hervé GOSSE conte l’histoire du maréchal ferrant qui buvait ses trois bouteilles de vin par jour et se disputait sans cesse avec sa femme et avec sa mère, montant à chaque fois de toute pièce des scènes vécues pour amuser tout un village.

 

 

Stéphane COTTIN dépeint l’ivresse du voyageur entre les vallons, les gorges profondes et les monts de Vénus ; c’est le promeneur guidé par la muse du jardin, qui favorise de tout son coeur la culture du sexe.

OGUENE évoque l’ivresse qui cesse à la dernière danse quand un cavalier mal embouché, aux pieds éculés, piétine, et se met à l’arrêt dès la première station.  

 

Et toutes et tous en pleine forme se donnent rendez-vous pour la prochaine scène ouverte de la Ruche des Arts, le mois prochain au Bab Ilo...

 

 

 

 

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Michèle Lassiaz
Compte-rendu-mnémosyne
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Christian Lafont