Le 13ème Printemps des Poètes de la Ruche des Arts à Montmartre Paris 18ème -Thème AFRIQUE(S) s'est déroulé sous les meilleurs auspices Posté le 29/05/2017 - Par La Ruche des Arts, Michèle Lassiaz, Alain Briantais Christian Lafont Chr Sur le Feu de la Ruche

 

Le 13 ème Printemps des Poètes de la Ruche des Arts,

à Montmartre, Paris 18ème  

Thème: AFRIQUE(S)  ...

 

 

  ... s'est déroulé à la maison des Associations du 18ème arrondissement, ce  Samedi 25 Mars 2017, dans une ambiance joyeuse et chaleureuse...

 


 

 

L'invite de ce Printemps était:

 

Afrique[s], tu nous appelles !… Afrique[s], nous venons à toi !

 

Le thème de cette année nous invite à partager la scène avec des acteurs de l’Afrique, de découvrir chants traditionnels, musiques et contes chargés d’histoires anciennes, poésies troublantes et universelles. Nous aurons aussi le plaisir d’accueillir de nouveau Slam Ô féminin - gonflé dans leurs mots par les élans et les blessures de ce continent - que l’on dit « Noir » mais qui est du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest surtout profondément multiculturel.

 

La poésie ne connaît pas de frontières… Les poètes de la Ruche surprendront l’auditoire par leurs imaginaires, leurs générosités ou leurs colères, leurs chansons inattendues, leurs rires contagieux. Ils seront nombreux à dessiner des horizons contrastés.

 

N’en doutons pas.
Ce samedi après-midi sera délicieusement bruyant et joliment coloré !

 

Alors n’hésitez pas ! Venez vous joindre à nous…
Ce Printemps des Poètes 2017 fera germer des émotions ! 

 


Compte-rendu /Mnémosyne ci-après, par Fabienne SCHMITT...

 

 

 

Cette année, pour notre 13ème Printemps des Poètes, la chance était avec nous, car le soleil était au rendez-vous, et pas seulement sous le ciel de Paris, mais aussi dans les locaux de la Maison des Associations du XVIIIème.

Quelle ne fut pas la surprise des abeilles de la Ruche des Arts, amis et invités, venus nombreux, en entrant dans notre salle !

Un superbe décor de tissus batiks aux couleurs chamarrées, réalisé en collaboration avec l’Association « Cultures sur Cour », du quartier Simplon, s’étalait devant nos yeux. Comment pouvait-on mieux illustrer, il est vrai, le thème de cette année : « Afrique(s) »... Et bien d’autres belles surprises étaient au rendez-vous de cette exceptionnelle journée multiculturelle, et riche en émotions.

 

 

 

 

   

Notre Reine Michèle Lassiaz, elle aussi, portait un joli pantalon en batik pour inaugurer cet après-midi en couleurs, introduit par Bernard Philippon, qui a choisi pour nous un très beau texte d’ Abad Boumsong Somkong : « Mes frères poètes ». « Levons tous nos plumes vers le ciel, elles sont nos ailes ! »

 

Michèle nous emporte en Kabylie, région qu’elle aime tant, et nous dit sa « recherche du père », d’après l’histoire vraie d’un ami parti là-bas retrouver ses racines.

 

Oguène nous offre son « Afrique » extrait de son recueil « Errance ». Une belle ode à ce pays en souffrance, mais qui toujours « se redresse».

 

Soudain, une apparition ?...En costume traditionnel kabyle, son bendir (tamtam) à la main, Louisa s’avance, telle une déesse, et nous chante a capella des chants anciens de là-bas. Envoûtés par sa présence et sa voix profonde, nous sommes transportés …Elle chante l’exil, puis la joie d’une naissance, traditionnellement chantée par les aînées.

 

C’est un plaisir ensuite d’écouter May Duhameaux nous dire un texte rempli d’espérance, de Pierre Régnier, extrait de « Mourir moins sale » : « l’enfant kabyle », perdu dans un pays si loin du sien.

 

« Africa ! Africa ! » Scande Stéphane Cottin, qui nous raconte une histoire en noir et blanc…celle d’un homme qui interpelle un « nègre » de méchante façon, et qui recevra une bonne leçon, découvrant que celui-ci est un Consul !

 

     

 

Bien qu’il ne soit jamais allé en Afrique, Pedro Vianna nous étonne avec sa « leçon de pureté à appliquer dans les rapports avec le tiers monde à l’usage des élèves du 3ème cycle »… Signé « Docteur es Sciences de l’inanition ». Sourires…

 

Voici Serge Carbonnel qui nous délivre un texte bouleversant de celui qui « hait la haine », message d’espoir… « Tu parleras… Pour ces milliers d'êtres morts parmi les morts que l'on destine à la rage et à la haine dans les ténèbres des prisons…Parle » ! C’est « le Poète », de l’auteur Thomas Rahandraha.

 

Christian Lafont nous invite à l’accompagner à chanter…Devinez quoi ? « Seize tonnes », et même en franglais …-"en anglais Sixteen Ton's"-...Eh bien tout le monde s’y est mis !

 

 

Place aux petits enfants à présent, accompagnés par leur grand-mère Michèle Lassiaz. Inès nous récite « des pas dans le couloir », de Corinne Albaut, et Yanis, « le secret », de René de Obaldia.

 

Yves Alain a eu du mal à choisir dans les beaux écrits du peintre et poète engagé sud africain Breyten Breytenbach. Il nous offre « Testament d’un rebelle », hymne à la terre et à la vie. « Donne-moi une plume pour que je puisse chanter que la vie n’est pas vaine. »

 

Nous sommes ravis de revoir notre Catie Canta, qui nous chante le fameux « le lion est mort ce soir », ce qui enchante la salle qui reprend, et permet en outre à Bernard Philippon de tester sa voix …“Ah-weem-oh-way, ah-weem-oh-way”. L’ambiance chauffe !

 

     

 

Hervé Gosse, plein de sagesse aujourd’hui, nous livre son « Afrique » à lui, au cœur sec comme sa terre, invoquant le Dieu de l’eau et les tambours, et nous, sourds aux cris des enfants qui meurent.

 

« Sauras-tu ? », nous demande Alain Briantais. Son texte, lui aussi, pleure les plaies du Continent africain, en salue la beauté et la culture.

 

Voici un ami écrivain et comédien, Gilbert Ponté, qui nous régale avec la fameuse « femme noire », ode à la beauté féminine africaine, du grand Léopold Sédar Senghor. Ce dernier, poète écrivain, homme politique, fut le 1er Président du Sénégal, et le 1er africain à l’Académie française.

 

Place à Agnès Raveloson, qui nous emmène à la pêche vers le lagon, voir les tortues et les caïmans, nous décrit les femmes en paréo et les fleuves lents… C’est son charmant « Luxe bohême dans les tropiques ».

 

Bel hommage ensuite de Louise Emily à la belle et talentueuse Joséphine Baker, avec « J’ai deux amours »… Immortel, superbe !

 

Alain Namia-Cohen, fidèle ami de la Ruche, fait parler avec émotion « L’homme noir » à travers les mots de l’écrivain ivoirien Bernard Dadié. Un homme qui remercie le ciel d’avoir fait de lui « la somme de toutes les douleurs », lui qui a « porté le monde depuis l’aube des temps. »

 

     

 

Notre poète Serge Carbonnel revient nous faire partager son écrit, « Le masque égyptien de Bar-le-Duc », qui l’a subjugué lors d’une exposition…Ainsi, le masque lui a délivré son message, et souhaite qu’on l’entende. « C’est à vous d’exister ! », nous dit-il.

 

Avant la pause-goûter, Bernard Philippon fait danser les mots au rythme du tamtam de sa « Danse africaine », et nous entraîne dans une transe de son cru qui nous donne soif !

 

Après l’entracte, Evelyne  Gautheron se livre à un exercice difficile : chanter a capella, et en anglais, « Asimbonanga » (« Nous ne l’avons pas vu », référence à Nelson Mandela), du groupe sud-africain Savuka, dirigé par Johny Clegg, Bravo !

 

   

 

Fabienne Schmitt nous invente l’histoire du petit Kirou et de sa maman, assis tous deux au pied d’un baobab ; la maman parle avec tendresse de son pays à son fils, puis lui lit un texte de Léopold Sédar Senghor : « Chaka », extrait « d’Etiopiques ». « Que du tam-tam surgisse un monde nouveau ! »

 

Stéphane Cottin reprend place avec « Afrique, clair obscur, » de son cru, nous incitant à « quitter notre blancheur grisâtre » face à l’Afrique déesse, « magnifique et troublante » comme les femmes de là-bas…

 

Revoici la belle Louisa et son bendir, qui veut nous transmettre la joie, les couleurs, les sourires de son pays ! C’est la fête, elle chante les nouveaux mariés du jour, et nous l’accompagnons tous en frappant dans nos mains ! Dans la salle résonnent les « youyou » des amies de son pays…Un bonheur !

 

Le silence finit par se faire quand Alain Briantais reparait avec « Lampedusa », tiré du « Mûrier triste dans le printemps arabe », édité en 2016, œuvre de Tahar Bekri, écrivain tunisien réputé. Vous le devinez, c’est une poésie pour la liberté.

 

 

Mais quelle belle surprise ! Tahar Bekri nous a fait l’honneur de sa présence et de son talent…Il va nous lire quelques-unes de ses oeuvres : « Comme un jacaranda, à Lisbonne », « Dans la palmeraie de l’enfance », puis « Défendre la beauté du monde ». Ce dernier texte, écrit après le 11 septembre, a été traduit en plusieurs langues, et célèbre le printemps, l’amour de la terre.

Il nous fait ensuite découvrir « Au souvenir de Yunus Emre », (grand poète turc qu’il chérit particulièrement), avec un texte dédié aux martyrs de la révolution, un questionnement sur l’abandon de la spiritualité originelle, le pourquoi de la haine, l’oubli de l’amour initial.

Tahar Bekri termine avec « Place de la République », hommage à la liberté. Nous remercions et applaudissons vivement ce poète engagé qui lutte intensément pour la paix et la solidarité au-delà des frontières. Un beau partage…

 

Tiens…On dirait bien Marco O' Chapeau, notre cher clown, tout de batik vêtu lui aussi ! A tel point qu’il nous dit s’appeler Sissouko N’Go Bolo, qu’il veut faire du théâtre, mais que tout le monde se moque de lui …Finalement, après une longue route, il revient dans son village, et il réussit ! C’est bien Marco…

 

   

 

Colette Sauvanet nous offre un peu de ses « Bulles » poétiques. Son poème « dodelino » danse et chante joliment en mots noirs et blancs rythmés, au fond du métro parisien, deux frères de misère.

 

Léopold Sédar Senghor est à nouveau à l’honneur. Alain Namia-Cohen- nous dévoile « Poème à mon frère blanc », qui nous en fait voir de toutes les couleurs avec beaucoup de vérité et d’humour.

 

Décidément, encore une surprise de taille ! Nous avons droit à un défilé de mode africaine, organisé et créé par « Cultures sur Cour ». De ravissantes jeunes filles d’origine africaine nous présentent leurs tenues aux couleurs chatoyantes.

Un joli moment créatif et original qui nous enchante les yeux et le cœur.

Nos remerciements et nos félicitations aux responsables et animatrices de cette association

dynamique, qui n'ont pas ménagé leur peine, pour assurer le succès de cet événement.

 

 

   

 

 

Place à Yves Alain, avec « l’enfant dort », de l’un des plus grands poètes africains, Gérald-Félix Tchicaya U Tam’si, originaire du Congo. Un texte plein de douceur… « Le tamtam s’ébruite, la lune est tranquille, le temps passe sur ses montures de silence »…

 

Serge Carbonnel nous fait connaîtreYambo Ouologuem, écrivain malien, prix Renaudot en 68 ; il a choisi « à mon mari » un poème avant-gardiste écrit dans les années 60, car il donne la parole à sa femme, avec un ton aigre-doux : « de sous-développée, tu as fait de moi une sous-alimentée ».

 

Anefrance nous réjouit comme de coutume, et offre sa gouaille  à « La prière du petit enfant nègre », de Guy Tirolien, poète Guadeloupéen. Le petit enfant n’a pas envie de devenir un « Monsieur », et préfères les jolis contes plutôt que l’école.

 

C’est un texte présent sur la 4ème de couverture de : « Allah n’est pas obligé », d’Ahmadou Kourouma, Ivoirien, prix Renaudot et Goncourt des lycéens 2000, que nous lit Bernard Philippon. C’est un enfant soldat qui parle, guerrier soi-disant au nom d’un dieu. De la mitraillette, l’enfant dit : "C'est facile. On appuie et ça fait tralala."

 

 

     

 

Oguène passe…et nous fait à nouveau rêver avec son bel « Homme bleu », extrait de son recueil.

 

Toujours attendus, Didier et Zita arrivent…Oh ! ….L’Afrique est immense…Oh ! ils font beaucoup de bruit…Oh ! Reprend la salle qui rit beaucoup…Oh ! C’était quand même « Caravane » de Duke Ellington, qu’ils nous ont interprété à leur façon.

 

Mini pause avant la 3ème partie…Puis notre invitée Maria Kate, parisienne congolaise, vient nous chanter un de ses titres dans sa langue d’origine, qui nous emmène loin, avec une très belle mélodie pleine de soleil. Il fait chaud dans la salle !

 

Daouda Keita est un poète malien dont Fabienne Schmitt a fait connaissance lors de d’une soirée dédicace. Elle nous lit 2 textes de son nouveau recueil « Le vieux baobab et le vieux chêne ». Le soleil emplit les lieux et « Dieu énergie » est né.

 

   

 

« Touché-coulé » avec Serge Cottin ! C’est le titre de son recueil dont il nous dit « hommage aux femmes », femmes de partout et d’ailleurs, de toutes les couleurs…Il faut que les femmes soient à l’honneur !

 

Tahar Bekri ne nous quitte pas avant ce bel hommage à Sédar Senghor, qu’il admire tant ; il est allé sur sa tombe, au cimetière de Bel Air à Dakar, et tient à nous lire son texte particulièrement émouvant : « Senghor à Bel Air ». « Qui dira à la mer la douleur de l’écume. Le silence de la tombe sous nos fronts émus »

Encore merci de votre présence Monsieur Bekri.

 

Bientôt la fin de cette incroyable après-midi. Le dernier texte, comme le premier, sera dit par Bernard Philippon, et du même auteur, Abad Boumsong Somkong, issu de son « Livre du Néant » : « Aux poètes », car « Ecrire c’est être grand ». Morceau choisi…

 

Quoi de mieux qu’une fin en musique, rythmée par la voix chaude de Louisa, frappant son bendir, son chant traditionnel sur l’exil envoutant la salle toute entière. On ne peut guère résister, on frappe des mains et des pieds, on se lève, et on danse !

 

Nos printemps ruchois sont tous inoubliables, mais celui-ci fut particulier, empreint de parfums d’épices, de couleurs vives, de chants et de danse, de soleil et de sourires nouveaux…Il nous a permis de découvrir l’univers culturel et la grandeur des terres lointaines africaines, leurs joies comme leurs souffrances, et les écrits magnifiques de leurs grands poètes. Un melting pot plein de chaleur et de partage, une ode à la différence, qui nous humanise et nous enrichit. A renouveler sans modération …

 

 

 

 

     

 

 

 

 

 

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La Ruche des Arts

Site Internet

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Mail/Courriel

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Pour tous renseignements :

La Ruche des Arts (Michèle Lassiaz : 06 19 71 33 80)

 

 

 

 

 

 

 

La Ruche des Arts

Organisation: Michèle Lassiaz

et le Conseil d'administration

PDP 2016:et MDA paris 18

Affiche Alain Briantais

Programmation additifs

Alain Briantais Didier Laloux

Compte-rendu/Mnémosyne

Fabienne Schmitt

Présentation scénique

Bernard Philippon

Serge Carbonnel

Photos de leurs auteurs

fournies par les artistes

Cutures sur Cour pour

les décors et le défilé de mode

Nafissa et Morgane

Photos scéniques

Adaptations et

Mise en page web:

Christian Lafont

 

 

 

Chraldi