Plein Sens virtuel d'été 2012

 

 

 

PleinSens virtuel jaune

 

  "Un touriste se reconnaît au premier coup d'oeil.

 C'est un individu habillé d'une manière telle

que s'il se trouvait dans son propre pays,

 il se retournerait dans la rue en se voyant passer."

 

Philippe Meyer

 


"Partir, c'est mourir un peu"

        Edmond Haraucourt
 

"Partir, c'est crever un pneu !"

 

Coluche
 

 

Voir Mars et Dormir

 

de Christian Lafont

    la complainte du p'tit noir, la jaquette 005

 

Nous étions réunis tout autour de l’âtre ;

Des brindilles crépitaient, le feu projetait

Par moments magiques, des étincelles bleues.

Enthousiasmé, oncle Gé mit sa main au feu,

Pour mieux apprécier la chaleur du foyer ;

Nos pensées cheminaient, l’imagination s’enflammait 

Nous étions bien heureux d’être tous rassemblés,

L’espace était pour nous comme un amphithéâtre.

 

Nous évoquions le temps où cousin Gaétan

Retendait les haubans de son chariot à voile,

Puis  nous promenait dans un grand champ d’étoiles ;

Bien sûr, c'était avant et nous étions contents ;

Il y a bien longtemps que la dernière fusée,

Nous amenait sur Mars son dernier contingent

De familiers, la Terre ayant explosé !

Nous avions réagi et c’était bien maintenant…

 

Très écourté, l’arbre généalogique,

Avait fait place aux chênes, cèdres et châtaigniers ;

Des dirigeants éclairés et plus critiques,

Avaient écarté les dictateurs allumés.

La pluie était tombée, l’air était pur et frais ;

En ce printemps martien, un nouveau soleil brillait,

A ce moment présent, tout apparaissait neuf

Car nous étions le vingt-neuf mai deux mille vingt-neuf…

 

Mais pourquoi faut-il que soudain tout s’effondre ?

Le grenier dans la chambre puis dans le salon,

Le salon dans la cave et dans les fondations !

Du sol au plafond tout finit par se confondre !

Et je tombe du lit, mon univers s’écroule !

Puis qu’est-ce que je fais au milieu de la foule ?

Et la pendule qui sonne, sonne…sonne…  

La pendule sonne… non ! C’est le téléphone !...

 

Amateur de « polars » et d’anticipation

Pieds sur la terre et tête dans les nuages

J’alterne la détente et les distractions ;

Et, jouant au  tarot sur mon ordinateur,

Songeant à la fois à quelque personnage

Je me suis endormi, me réveille en sueur

Très content toutefois de ce voyage épique

Et de cette incursion fantasmatique.

 

 

Poème de Christian Lafont 

  Paris 29 septembre2009

D’après Ray Bradbury

 

 

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bechmo

 

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"L'été se marque non moins

par ses mouches et moustiques

 que par ses roses et ses nuits d'étoiles..."

 

Marcel Proust

 

"Que la paresse soit un des péchés capitaux

 nous fait douter des six autres."

 

  Robert Sabatier

 

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Les bouts de la mer

 

(Ma fin de la terre) 

 

d'  Yves Picart

 

  

 

 

Il est un pays comme une terre

où de la pierre et de l’ardoise mêlées

sont nées de ces montagnes fatiguées

au ventre plein comme une mère

les maisons usées de nos pères

leurs diables et leurs démons

leur fierté, leur misère

et le parfum acide des ajoncs

 

2.

Il est un pays comme une péninsule

une extrémité qui ne dit son vrai nom

qu’à ceux qui en reviendront

où nul jamais ne capitule

avec cette rage de ceux qui n’ont rien

que leur courage de tracer des chemins

que battront demain les tempêtes

les rois engloutis et leurs défaites

 

3.

Il est un pays comme une île

qui vous accueille si le temps le veut bien

où les arbres se montrent dociles

aux vents auréolés des embruns

les rochers pleurent des larmes de sel

sur les épaves disloquées

de ceux qui l’ont trop aimée

et de leurs veuves éternelles

 

 

 

4.

Il est un pays comme un océan

une éternelle insoumission

une aire entre morts et vivants

par-delà l’horizon, une résurrection

la mer trace une courbe infinie

au-delà de nos peurs de nos vies

où finiront mes cendres et mon âme

et me berce déjà comme une femme

 

 

final :

Je reviendrai voir les bouts de la Mer

là où renaissent au début de la Terre

les espérances dans la violence

des vagues qui roulent et qui dansent

 

Il me faudra revenir au bout de la Mer

pour renaître au début de la Terre

lorsque mon âme connaîtra le silence

d’un reflet de lune dans l’onde qui danse

 

 paroles/ musique et Haïkus  : Yves P. Picart

 

 

 

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bechmo

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"Un des grands malheurs de la vie moderne,

 c'est le manque d'imprévu,

 l'absence d'aventures."
 

Théophile Gautier

 

"L'important c'est de n'être que de passage."
 

E. Dabit

 

 

 

 

 

L'île aux enfants

 

de  Krysten

  

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Sur la grande place de sable fin,

des ruelles pavées à l’embarcadère

 

—    des enfants jouaient.

 

Sur la place au baobab centenaire

un lézard se prélassait

 

… discrètement.

 

Mais bientôt l’Arbre l’interpelle :

—    Mon bon ami, j’ai vu des millions d’enfants

jouer sous mes branches ; j’ai vu aussi

des condamnés arriver, puis repartir

 

… entravés.

 

Je me souviens et imagine ces regards

louant ma robustesse et ma jeunesse

ou ne m’apercevant pas

les yeux rivés vers l’intérieur.

 

Chacun d’eux m’a fait grandir

et je garde en moi leur joie comme leur détresse

Vois-tu ces enfants aujourd’hui ?

Je veux qu’ils comprennent, en me regardant

 

… ce que j’ai à leur dire.

 

Le reptile répond, en baillant,

un son inaudible sous le soleil de plomb.

 

 

Poème de  Krysten.

Ile de Gorée, Sénégal, 18 octobre 2007

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graf de Tembs

 

 

bechmo

 

 

 

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"On ne fait pas un voyage.

 Le voyage nous fait et nous défait,

 il nous invente."

 

 

David Le Breton

 

"Le vrai voyage, c'est d’y aller.

 Une fois arrivé, le voyage est fini.

 Aujourd’hui les gens commencent par la fin."

 

 

Hugo Verlomme

 

 

 

Nuit sur le port

 

de  Cypora Herszhorn

 

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  Et le soir qui descend enveloppe la terre

Qui se laisse pousser tel un petit berceau,

Où l’enfant endormi abaisse ses paupières

En rêvant aux splendeurs des matins boréaux.

 

Les lumières du quai se perdent dans la brume

Où le vent a serti la mer en son écrin ;

Le poète esseulé que je suis se consume

En cherchant, tourmenté, la chaleur d’une main.

 

L’ombre laisse un moment son sourire lunaire…

Un jeune matelot joue de l’harmonica,

La grande-ourse, là-haut, écoutant sa prière,

Enlarme l’univers de somptueux éclats.

 

Et le Vieux Port s’endort. La nuit, en sombres tresses,

Se glisse dans ses flots en toute majesté

Et, amoureusement, tout comme une maîtresse,

L’étreint dans son linceul l’adoubant de baisers.

 

 

 

© Cypora Herszhorn

(extrait de J’AI CONJUGUE LE TEMPS)

 

 

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Tableau de Claude Monet

 

 

bechmo

 

 

 

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"En Provence, le soleil se lève deux fois,

 le matin et après la sieste."

 
Yvan Audouard

Auteur-Journaliste, Français.

 

"Le véritable voyage de découverte

 ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages,

 mais à avoir de nouveaux yeux."
 

Marcel Proust

 

  

 

 

 

Kilomètres à l'eau

 

de Sabine Kahsay-Habtemicael

 

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Juillet et Août

A la croisée

Des maillots ;

Sur l’autoroute,

Des gens pressés

Il est tôt

 

Eternelle joute,

Tous les étés,

Des autos

Qui sous la voûte

Illuminée

De flambeaux

Roulent et écoutent

La mélopée

Des tuyaux.

L’asphalte envoûte

L’âme surchauffée

Des héros,

La voie cailloute

Chassé-croisé

Parano.

Les frais s’ajoutent

Budget serré

Au recto ;

C’est la banqueroute

Péage payé

Au verso…

Pas une goutte

Ne doit filtrer

Du chapeau

A l’heure du doute

Il faut penser

Paréo

 

Bout de la route

Heure d’apprécier

Le repos

Au goutte à goutte

Glace pilée

Apéro ;

L’air maraboute

Les vacanciers

Il fait chaud

Mais ils s’en foutent :

C’est l’arrivée

Le drapeau !

 

 

Poème et dessin de Sabine KahsayHabtemicael

 

  2012 Juin Callig Cocktail

 

 

 

Bechmo

 

 

 

 

 

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"Rien de tel que des vacances ratées  

 pour vous réconcilier avec une vie de labeur"

 

Arnold Bennett,

 auteur anglais

 

"Moi, le seul voyage qui m'intéresse, c'est la mort.

 Parce qu'on ne rapporte pas de diapos."

 

 

Wolinski

 

Dame paresse

  

de Zaïa  

 

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Laisse-moi tranquille Dame Paresse
Tu vois bien que je suis occupée
Il me reste encore une sieste
Après nous pourrons papoter

Tu sais que je suis la meilleure
Dès qu’il s’agit de récupérer
Au décibel des ronfleurs
C’est moi qui tiens le cocotier

C’est parce que j’ai sur l’estomac
Tout c'que j’dois encore digérer
Qu’il me faut trouver un matelas
Les petits plats font sommeiller

Laisse-moi tranquille Dame Paresse
Avec toutes mes velléités
Je me débats comme une tigresse
Après faut que j’aille me coucher

Quand je liste le travail à faire
Ca demande une telle énergie
J’ai plus de force pour la colère
Pire j’attrape des allergies

J’aurais dû être infirmière
Ou travailler dans la literie
Pour être pendant mes horaires
Juste à proximité d’un lit

Je suis Madame nobelisable
Vous n’connaissez pas mes travaux
J’ai inventé un lit pliable
Avec berceuse pour faire dodo

Faut pas abuser des bonnes choses
Même de la luxure en gratin
Se ménager des temps de pause
Sinon on court vite à sa fin

Laisse-moi tranquille Dame Paresse
Tu vois bien que je suis occupée
Il me reste encore une sieste
Après nous pourrons … roupiller
 

Poème de Zaïa Evain

 (22/09/09)

 

 

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Peinture d'Elilami

 

 

bechmo

 

 

 

 
 
 

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« Certes, un rêve de beignet

c'est un rêve, pas un beignet.

 Mais un rêve de voyage,

c'est déjà un voyage. »

 

Auteur inconnu

 

 

"A propos des vacances…
On ne saurait aller chercher trop loin

 le plaisir de rentrer chez-soi."


Paul Morand,

écrivain français

 

 

 

Alice photo 

 

 

 

 

 

Poème et Haïkus 

 

d'  Alice Crété 

 

 

 

Vacances

 

Que de jouets inutiles

sur le sable qui chante

et la mer qui frémit !

 

 

 

Istanbul

 

Derrière les voiles

Qui tissent lentement le silence

La mer d’or

Epouse l’espace.

 

 

 

Amorce

 

Nos cœurs en fusion

Foyers d’or

Plus rouges que des soleils couchants

Parlent à l’infini.

Amis !

Rêvez ici d’autres mondes !

Où l’amour serait une onde

Qui avive sur son passage

Tous les paradis naissants.

 

 

Textes d'Alice Crété

 

 

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Peinture de Ivan Avazovsky

"Vue de Constantinople au clair de lune"

 

 

bechmo

 

 

 

 

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"L'été qui s'enfuit est un ami qui part"

 

Victor Hugo 

 

"Vacances: Période de vie professionnelle durant laquelle les questions relatives à la pérennité de votre poste de travail sont résolues à votre insu par votre supérieur et de tierces personnes intéressées à prendre votre succession."

Anonyme

 

 

 

 

Onde antillaise

 

de  Pierre Daulcle

 

 7  Photo de  

 

 

Sous les ardeurs de la chaleur tropicale

Après une journée de farniente aquatique

Il est doux d'apprécier cette pluie dominicale

Qui rafraîchit l'air en chassant les moustiques

 

Mais aux Antilles les ondées ne comptent pas

C'est à peine si l'on aperçoit, émerveillé,

Une heure après l'orage, on ne le dirait pas,

Que cette belle journée blonde a pleuré...

 

Des champs où l'on prépare la récolte des cannes

S'élève la stridulation des sauterelles...

Des canetons suivent gentiment la mêre cane

Qui barbote, en pêchant, dans les eaux qui ruissellent.

 

Cette pluie, aux cultures maraîchères, salutaire

Présage une période de carême monacal

Où la terre assoiffée, sous les ardeurs solaires

Réclamera encore une ondée tropicale...

 

Des touristes en vacances se plaindront parfois

De cette alternance de beau temps et de temps froid

Qui à l'image du roulement saccadé du "Gwoka"

Rythme la vie courageuse des gens de là-bas...

 

poème de Pierre Daulcle

 

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 dessin de Rieu

d'après les croquis de Jules Crevaux

 

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"Où finit la paresse,

où commence la contemplation ?" 

 

Jean Dutourd

 

"On mesure le bonheur d'un couple à leurs photos,

 et les photos se prennent pendant les vacances ;

 sans les photos de vacances,

 on ne pourrait jamais prouver qu'on a été heureux." 

 

David Foenkinos

 

 

 

 

Peau et soleil

 

d'  Oguène

 

  MONI SAN Photo de Joseph Sibio 

 

 

 Peau et soleil

 Mariage subtil

 Si fort si fragile

 Tourmenté

 Et serein

 Le soleil s'est glissé

 Sur ma peau

 Et l'a caressée

 Il a suffi d'une fois...

 

 Peau et soleil

 Peau

 Tambour

 Magique

 Aux vibrations duquel

 L'air soudain fraîchit

 S'obscurcit

 L'éclipse provoque

 Orages et tempêtes

 Invisibles à l'oeil nu

     Mais si réels

 Qu'un séisme intérieur

 En déchire la texture

 Si rugueuse

 Et si douce

 A la fois

 

 Peau et soleil

 Peau

 Tambour

 Magique

 Si j'ose

 Eclate

 En mélopées

 Arrachées

 A mon cœur

 Brûlé

 Aux mille feux

 D'un soleil

 Inconstant

 Séducteur

 Prometteur

 Ravageur

 

 Peau et soleil

 Mariage subtil

 Si fort si fragile

 Tourmenté et serein

 Le soleil

 A déjà ébauché

 Tant de promesses

 Tant d'espoirs

 Evanescents

 

 Peau et soleil

 Peau

 Tambour

 Magique

 Cellules

 Assoiffées

 De sève

 Vitale

 Vos chants

 Vibratoires

 D'amour

 Ressurgiront

 En la présence

 Câline

 De l'astre

 Velléitaire

 

 Peau et soleil

 Peau

 Tambour

 Que le soleil

 Mette la clé

 Sous les portes du ciel

 Peau

 Tambour

 S'étiole en silence

 

 Peau et soleil

 Peau

 Tambour

 Résonne

 Féconde l'âme

 A l'aube

 De ce jour nouveau

 Fête païenne

 Chaque cellule

 Tendue

 S'apprête

 L'espoir

 Veut renaître

 En ce nouvel été

 Audacieux

 Et ivre de printemps

 

 Peau et soleil

 Mariage subtil

 Si fort si fragile

 Tourmenté

 Et serein

 Le soleil s'est glissé

 Sur ma peau

 Et l'a faite sienne

 Il a suffi d'une fois... 

 

 

 

 

Poèmes d'Oguène

(2012) -D.R.-

 

 

 

galets.jpg Photo de 

 

Jacques Biolley

 

 

bechmo

 

PleinSens virtuel jaune

 

"A quoi sert de voyager si tu t'emmènes avec toi ?  

 C'est d’âme qu'il faut changer, non de climat."

 

 

Sénèque

 

"Le tourisme est le moyen qui consiste  

 à amener des gens qui seraient mieux chez eux

 dans des endroits qui seraient mieux sans eux."

 

 

 

Philippe Meyer

 

 

 

Enfances

 

d'  Alain Briantais

 

Cette nouvelle n'est certes pas un poème, et n'est d'ailleurs pas, dans la thématique de notre PleinSens virtuel. Toutefois, il était temps de mettre en avant la prose de notre ami Alain qui n'a encore jamais été mis à l'honneur sur notre site, bien qu'intervenant assidûment et graphiquement. C'est aujourd'hui chose faite:

 

 la complainte du p'tit noir, la jaquette 009 

 

Les avatars à tête de macaque partirent d’Yzitkar, l’immense métropole de la contrée sud. Ils franchirent la coque d’œuf, sorte de champ électromagnétique en forme de dôme qui couvrait et protégeait l’ensemble de la mégacité. Filant à la vitesse de l’éclair, ils traversèrent les fôgloks, interminables cités dortoir, et foncèrent vers Straéhcural. Pour la énième fois, ils étaient à la recherche de Siatnairb l’insoumis. Et pour la première fois peut-être, le réseau était clair, ils l’avaient parfaitement localisé, et semblaient le tenir.

 

La société planétaire allait-elle enfin connaître cette paix cellophanée à laquelle les puissants aspiraient depuis si longtemps ?

 

Il faut dire qu’en ces temps-là, le monde nouveau, et ancien à la fois, avait bien changé, profondément changé. Les transhumanistes avaient en quelques décennies rendu les hommes dociles et silencieux. La docilité s’était installée en peu de temps au regard de l’histoire. Les grandes firmes pharmaceutiques avaient lancé l’assaut. Elles avaient d’abord semé, puis soigné à leur manière les grandes pandémies. Les ancêtres des avatars furieux, à tête de chien ceux-là, s’étaient chargé de réprimer les populations récalcitrantes refusant avec force vaccins, patchs et  nanoparticules. Le silence, lui, avait tracé son sillon de façon bien plus sournoise en trois ou quatre générations. Reliés perpétuellement les uns aux autres et plongeant sans cesse avec gourmandise dans les mondes virtuels, les humains avaient d’abord échangé de clavier en clavier, puis de puce en puce, puis d’esprit en esprit… Et la parole s’était définitivement tue. Elle s’était tue, entraînant en cascade des conséquences irréparables.

 

Sans la liberté insondable des mots, l’amour s’était tu lui aussi à son tour. Sans amour, le désir s’était alité, les naissances s’étaient raréfiées, les femmes avaient perdu la source et l’eau à la bouche. Le charme et tous ses atours s’étaient retrouvés séquestrés dans les profondeurs des rêves cloisonnés. Aussi, à Izitkar, à cet instant précis que j’évoque, il n’y avait plus d’enfants. Pas un bébé qui braille ! Pas un môme qui joue la bouille éclatée par la joie ! Pas un ! À Izitkar, plus de femmes, presque plus. Quelques-unes clonées, à la plastique lisse et aux contours enjôleurs répondaient parfois aux désirs orgiaques de quelques dizaines d’illuminés centenaires en charge de l’économie mondiale. Ceux-là, dans leurs private home, étaient alors dans la fleur de l’âge. Il faut dire que  les transhumanistes avaient auparavant réussi à repousser brillamment les limites du temps. Il était alors très fréquent de voir des bicentenaires et des tricentenaires s’attaquer à des marathons démentiels sur des tapis roulants. Puis d’autres s’amuser à refaire les guerres avec des sauterelles immatérielles s’affrontant dans la stratosphère de leurs studios.

 

Oui ! En ces temps-là, la planète était véritablement méconnaissable ! Plus d’enfants, plus de femmes… des hommes à la vie robotisée. 

 

La géographie du globe, elle aussi, était méconnaissable. La nature elle-même… domptée par les sciences. La lumière du jour ? N’en parlons pas… Qu’était devenu le jour sans soleil et sans lune ? La lumière du jour, je n’ose le dire, était artificielle. Elle dépendait du bon vouloir des grands horlogers, sortes de gourous qui administraient  le temps et géraient l’éclairage principalement dans les grandes villes et leurs alentours insipides.

 

Ailleurs, le noir ! Un noir opaque qui avait transformé la plupart des terres agraires et des régions boisées en désert. Des déserts, il faut le dire, qui s’étaient considérablement étendus avec la raréfaction de l’eau confisquée par quelques maffias surpuissantes avant de subir le rétrécissement des mers et des océans.

 

Oui ! En ce temps-là, la terre ne respirait plus, ou presque plus. Elle ressemblait à ces vieilles oranges, vidées totalement de leur jus, que l’on oublie et que l’on abandonne durant des mois dans un panier en osier ou dans une corbeille de fruits. De ces oranges cadavériques, qui sont desséchées, desséchées, desséchées. De ces oranges qui ne pourrissent pas mais se recroquevillent, se rabougrissent, se désaturent. De ces oranges qui perdent leur couleur, leur rondeur et leur silhouette, leur goût et leur saveur, leur sang.

 

Pourtant… Dans ce noir opaque, une couleur ! Pourtant… À la surface, et dans la chair même de cette orange agonisante, une veine ! Une veine qui coulait encore : Straéhcural !

 

Straéhcural, aux portes de l’Orient… Straéhcural, la Réfractaire, la Rebelle… La Source des sources pour ses résidents… En réalité, une mangrove, une vaste mangrove, en grande partie souterraine, qui plongeait dans les entrailles de la terre. Un labyrinthe constitué de milliers de galeries bordées d’arbres et de fleurs rutilantes. Un univers insensé où les oiseaux piaillaient, se moquaient, sifflaient, slamaient. Où l’eau coulait encore à foison dans sa limpide entité. Straéhcural, qui abritait alors les descendants ayant échappé à la grande mutation biogénétique des années moins trois cents. Straéhcural était tout cela à la fois.

 

Elle avait résisté après les années 2520-2530, période où les transhumanistes avaient développé leurs funestes desseins, et jusqu’à l’année Zéro, année d’inversion du temps suite à la disparition simultanée du soleil et de la lune. Puis après, jusqu’à cette année moins quatre cent cinquante-trois, où cette histoire se situe . Comment ? Comment Straéhcural avait-elle  pu résister si longtemps à la séquestration du monde ? Comment ? Je n’ose poser la question, et la réponse est si simple qu’elle m’étourdit encore. Straéhcural avait tenu par les mots ! les mots ! Par les mots et la langue ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, par les mots !

 

Mais revenons à nos avatars belliqueux. En rangs serrés, les voilà qui revenaient vers Izitkar. Leur mission était remplie… Enfin ! Bien remplie cette fois-ci ! Ils ne manifestaient aucune joie, aucune fierté, rien, le job était fait, c’est tout. Au milieu de ces cohortes, des sortes de cages transparentes, immatérielles, reconnaissables uniquement aux faisceaux bleu lumineux qui en dessinaient le contour. Des prisonniers semblaient suspendus dans le vide. Ils avaient l’air couchés, recroquevillés sur eux-mêmes, dans la position d’un fœtus. Il y avait un grand nombre de cages immatérielles, et beaucoup, beaucoup, beaucoup de prisonniers. Des hommes, des femmes, des enfants. Parmi eux, vous l’avez deviné : Siatnairb. Un drôle de personnage, ce Siatnairb ; descendant d’une grande lignée de poètes, amuseurs en tout genre, comédiens. Un agitateur de partage et de rencontres qui devinait alors assurément la mort inéluctable de Straéhcural. Il pleurait, pleurait de rage en imaginant ce paradis perdu. Oh, c’est vrai, ils s’étaient crus, lui et les autres, inatteignables, introuvables, totalement protégés par les dieux.

 

Les avatars retraversèrent les fôgloks dans le sens inverse sans que rien ne bouge, puis entrèrent dans Izitkar. Mais alors qu’ils approchaient du centre stratégique de la mégacité, un son phénoménal et incompréhensible envahit toute la contrée et plus encore. Etait-ce un cri ? un râle ? un balbutiement ? Un chant ? Le son décuplé courait et rebondissait de partout. L’immense maillage des nano leds lestés en altitude commença à vaciller. La lumière artificielle hoqueta une fois, puis s’éteignit d’un coup, d’un seul, abandonnant les grands horlogers à leurs tablettes et leurs angoisses. En une parcelle infinitésimale de temps, la nuit noire tomba sur la mégalopole. Le son puissant vibra une deuxième fois comme un souffle chaud. Il se prolongea et l’on perçut comme un sifflement :  « ceeeeeeee…….. ! »

 

De la ville, on ne voyait plus rien. Plus rien ne semblait bouger. Les avatars, peut-être, étaient figés sur place ? Siatnairb et ses frères prisonniers, derrière leur prison de verre, espéraient-ils un signe du destin ?

 

C’est alors que se produisit le plus inconcevable des scénarios. Une lueur s’esquissa de l’Est à l’Ouest, et du Nord au Sud… à la lisière de tous les horizons. Un soleil, puis deux, montèrent de nulle part dans le blanc laiteux d’un espace cosmique soudain recouvré. Ils s’immobilisèrent au zénith avec une fierté insolente qui éclaboussa de lumière la terre meurtrie. Mais à peine étaient-ils fixés là-haut qu’un condor aux dimensions surnaturelles surgit. Ses ailes étaient immenses, et le bout de ses rémiges effleura alors les deux soleils jumeaux, à droite et à gauche. Il fonça vers le sol, et la courbe de son vol s’infléchit. Alors qu’il rasait la ville, son bec s’ouvrit en grand et le son s’échappa pour la troisième fois dans tout l’espace en délivrant alors son mystère : « Enfaaaaaaaaanceee…….. ! ».

 

On eut l’impression que la terre entière tremblait sous ce cri.

 

Le condor disparut vers le Nord, et réapparut au Sud. Plongeant une deuxième fois vers Izitkar, on distingua alors sur son large dos sept enfants. Exactement sept enfants. Des enfants débordant de rire, qui se mirent à jeter sur la terre des mots. Oui ! des mots. Tout simplement des mots ! 

 

Et les mots tombaient. Ils tombaient sur la ville, sur les fôgloks, sur les déserts. Et le condor tournait, tournait, tournait autour de la terre. Et les enfants jetaient, jetaient, jetaient … les mots, les mots les mots. Et plus ils en tombaient sur la terre, plus ils la cognait, plus ils la frappaient, plus qil semblait que celle-ci se réveillait. Et le condor tournait, tournait, tournait encore criant incessamment  « Enfaaaaaaaaanceee… Enfaaaaaaaaanceee  Enfaaaaaaaaanceee.

 

Alors la terre se mit à trembler. Elle vibrait, se secouait, se libérait. On aurait dit… On aurait dit… On aurait dit que… C’était insensé… !  Des arbres perçaient le sol. Des arbres et des forêts entières poussaient en un clin d’œil. Des arbres, des blés, puis plus loin des sources, des sources venues d’on ne sait où. Visiblement, l’orange renaissait à une vitesse astronomique. Et le condor volait, tournait encore… Et les sept enfants sur son dos, exultaient de joie et d’émerveillement.

 

Dans la ville… Oh ! dans la ville !… Plus rien ne tenait. Izitkar, l’indomptable, était une proie à la mort. Les tricentenaires, bicentenaires et centenaires se fissuraient irrémédiablement. Leurs jambes et leurs pieds se dérobaient tandis que leur peau se décomposait. Leurs yeux se rétractaient et disparaissaient dans leurs orbites. Il ne subsistait bientôt qu’un banal petit tas de poussière. Il en était de même dans les fôgloks, comme s’il fallait d’un coup rageur oublier tout le passé. Les grands horlogers, les maîtres du monde et les administrateurs des contrées avaient déjà rejoint les abysses des enfers. Ils avaient rendu l’âme du coup, d’un seul, lorsque les deux soleils jumeaux s’étaient fixés au Zénith. Quant aux avatars, sans maîtres et sans commandements, ils s’étaient auto-sacrifiés tout simplement. Disparus, rayés eux aussi d’un présent insensé.

 

Dans cette sorte d’apocalypse, seuls quelques fous, quelques innocents, quelques inconscients ayant ramassé les mots sur le sol, semblaient épargnés. Un grand nombre d’entre eux couraient désordonnément les uns vers les autres, en se frôlant et en poussant de petits cris, tels des oisillons frappés par le printemps.

 

 

« Et Siatnairb ? » me direz-vous. Il était là avec sa grande famille, à l’entrée de cette mégalopole à l’agonie. Couchés dans une herbe naissante et déjà très grasse, fixant le ciel, ils chialaient et riaient tous d’un bonheur indescriptible.

 

Le condor réapparut à l’Est, plana un long moment comme s’il voulait goûter toute la réalité. Avec une souplesse remarquable, les sept enfants sautèrent sur la verte prairie qui s’était formée. L’oiseau magique grimpa vers les astres, passa entre les deux soleils avec une grande légèreté, et disparut. Les deux soleils jumeaux se rapprochèrent et se fondèrent l’un dans l’autre. La terre vibra un instant. Un seul souffle s’imprima dans l’indicible : Enfances.

 

 

 

Nouvelle d'Alain Briantais

 

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PleinSens virtuel jaune

 

 

"L'été est une saison qui prête au comique.

Pourquoi? Je n'en sais rien. Mais cela est."

 

Gustave Flaubert

 

"Un touriste,

c’est quelqu’un qui parcourt des milliers de kilomètres

 pour se faire photographier devant sa voiture."

 
Emile Genest,

Acteur canadien (1921-2003)

 

 

 

 

 

Sous les pavés

 

de  Cypora Herszhorn

 

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Sous les pavés...la plage
Et, dans mon cœur, la mer
Qui va de page en page
En vagues outremer.

Le soleil sous l’orage
Et l’azur sous la pluie,
Et, dans mon cœur peu sage,
De la mélancolie.

La rose à mon corsage
Se fane sous mes doigts,
Mon cœur a fait naufrage
Et son âme a si froid.

Dans les cieux...des nuages
Et, dessous, l’arc-en-ciel,
Mais, de mon cœur en cage,
L’amour s’est fait la belle.

J’ai déchiré la page
Où me chantait la mer,
L’ai jetée au rivage
De mon cœur à l’envers.

Sous les pavés...la plage,
Pourtant mon cœur se serre
Et mes larmes saccagent
Les vagues outremer.

 

 

© Cypora Herszhorn

(extrait de LE MONDE A MA FENETRE)

 

 

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Tableau de Catherine Francillard

 

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PleinSens virtuel jaune

 

 

"Heureux le touriste

 qui a tout vu avant l'arrivée des touristes !" 
 

Bernard Arcand,

 Anthropologue canadien

 


 

"En route, le mieux c'est de se perdre.

Lorsqu'on s'égare, les projets font place aux surprises

et c'est alors, mais alors seulement,

que le voyage commence."

 

Nicolas Bouvier 

PleinSens virtuel jaune

 

 

"Les seules vacances de l’homme sont les neuf mois

 qu’il passe dans le sein maternel."
 

San-Antonio,

 personnage de roman

 

"Il est étonnant de voir que les gens passent plus de temps

 à préparer leurs prochaines vacances que leur avenir."

 
Patricia Fripp,

 Conférencière américaine

 

 

Mon île

 

de  Pierre Daulcle

 

7

 

 Sais-tu que vers le sud à une heure de rame

Il existe une terre où ne vit pas une âme.

Le sol est envahi par les fleurs, les oiseaux...

C'est mon île!

 

Imaginaire elle est, bien sûr tu le comprends!

Là-bas il fait toujours un magnifique temps.

Enivré, on respire une odeur de verdure

Et l'on connaît le doux contact de la nature

Dans mon île

 

Un ruisseau lentement la traverse en chantant,

Et fraîche, coule l'eau sur les cailloux dansant

Mêlant sa mélodie au gazouillis des Merles

En reflets s'irisant comme de fines perles

Sur mon île

 

Lorsque mon ciel est gris, c'est là-bas que je fuis,

Echappant à l'orage, aux progrès, aux ennuis!

Très doucement je rêve et mon âme se calme

Entre les floraisons et les feuilles de Palme...

De mon île

 

Pour chasser mes tourments je plonge dans l'eau fraîche

Et crois me délivrer de tout ce qui m'empêche

De vivre, d'être heureux comme en un paradis,

Mais seul, je m'y ennuie...Alors, viens avec moi...Dis?

Dans mon île

 

poème de Pierre Daulcle

 

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Peinture de Jean-François Larrieu

"L'île aux trésors"

 

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PleinSens virtuel jaune

 

"Il n’y a d’homme plus complet

 que celui qui a beaucoup voyagé,

 qui a changé vingt fois la forme
de sa pensée et de sa vie."


Alphonse de Lamartine

Poète français (1790-1869)

 

 

 

 

"Être en vacances,

  c’est n’avoir rien à faire et avoir
toute la journée pour le faire."

Robert Orban

écrivain

 

 

 

L'été est revenu

 

de  Maryse Licette

 

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Rendez-vous est donné

Avec la Commedia dell’arte…*)

 

Après les caresses brûlantes

De la journée

La Nature s’est enveloppée

Dans la fraîcheur apaisante

De la nuit

Et se laisse bercer

Par les tendres gazouillis

Des oiseaux fatigués

Blottis au creux de leurs nids

Tandis que, dans leur frémissement,

Les arbres se mettent au diapason…

 

Un silence religieux s’étend

Sur le Théâtre de verdure dont

Seule la scène retentit

Des joyeux cris

Et déclamations des comédiens

Qui, dans un échange mouvementé

De railleries, mensonges, déceptions,

Intrigues et passions,

Se meuvent, endiablés,

Devant les spectateurs charmés,

Suivant, amusés,

Les acrobatiques évolutions

D’Arlequin et autres serviteurs

Suscitant parfois la peur

 

Et la Lune, du haut des cieux,

Regarde d’un air malicieux

Le ballet mystérieux

Des chauve-souris.

Alors, on sent planer

Les esprits des forêts

On voit aussi les fauves rôder…

Shakespeare aurait-il pu imaginer

Cadre plus merveilleux et secret

Pour le Songe d’une nuit d’été ?

 

(*) Festival de la Commedia dell’Arte à Rosny-sous-Bois

 

 

  Poème de Maryse Licette

-D.R- Juin 2012 

 

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  Peinture de Robert Allée 

 

bech

 

 

 

PleinSens virtuel jaune

 

 

"Si l'on passait l'année entière en vacances,

 s'amuser serait aussi épuisant que travailler."

 

Shakespeare

 

 

 

"Pourquoi, en vacances, s’obstine-t-on

à choisir douze cartes postales différentes

alors qu’elles sont destinées à douze personnes différentes?"

 
Sacha Guitry

 

 

Village provençal

 

de  Cypora Herszhorn

 

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La route ensoleillée nous guide pas à pas
Bordée de-ci, de-là, de taillis, de lavande,
Les roses se pavanent dans les mimosas
Le zéphyr épicé fait frissonner la lande.

 

Le village est en bas, et ses blanches maisons

Aux toits immaculés dorment  sous le soleil,

Et le bois, revêtu d’une verte toison,

S’exalte au bruissement des éternelles treilles.

 

Un chemin escarpé descend tout doucement.

Le ciel est un miroir où se grise la mer,

Les barques, amarrées tout comme des amants,

Ondulent et ondoient dans les flots outremer ;

 

Elles tanguent, ainsi, de bâbord à tribord.

S’exhalent les parfums de la brise au printemps

Eveillant un désir immuable, et nimbant

L’horizon tout entier dans les eaux bleues du port.

  

 

© Cypora Herszhorn

(extrait de J’AI CONJUGUE LE TEMPS)

 

 

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Photo de JSmith

 

bech

 

 

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Avant la sieste 

 

de Zaïa

 

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Petit coin de paradis où tout paraît immense
Où les oiseaux labourent le ciel dans tous les sens
Sous l’ombre bienveillante d’un chêne éternel
A l’écart des micocouliers
Loin de la véranda depuis longtemps quittée
Jolie table dressée au soleil de Provence
Te voici généreuse de convivialité

Les enfants courent autour, ils vont tout renverser
Ca joue à cache-cache ou bien à chat perché
Il y a de la limonade et de l’eau pétillante
Une voix masculine s’élève menaçante
C’est toujours comme ça avec l’immensité
Il faut s’agglutiner

Sur la nappe blanche des saladiers remplis
Avec des couleurs aux peintures de Cezanne
On tombe les bretelles, les robes sont fleuries
On prévoit des fruits rouges, du café, des tisanes
Et des rires de conversations
Pour couvrir le violon des cigales

Il fait chaud
Ils ont dit qu’il ferait chaud à la météo
Avec l'hiver glacial, c'est bon pour les vieux os
Ne bougez plus pour la photo


Il fait chaud
C’est bon pour les chapeaux de paille
Et les peaux dorées pain d’épice
Mais c'est si dur pour le travail
Quand le repos est un délice
Encore une petite gorgée d’eau ?

Mettre une touche sur ce tableau
De rouge, de bleu, de jaune, de vert
Faire chanter la palette indigo
Qui finira aux antiquaires
Des souvenirs joyeux d'hier

Après la sieste
Evidemment

 

Poème de Zaïa Evain

 

repos.jpgTableau de Vincent Van gogh 

 

 

 

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