Florilège de poèmes 02

 

 

Poèmes tous styles, académiques ou libres publiés ou recueillis par les membres adhérents ou sympathisants de la Ruche des Arts

 

 

Nota: Le menu est déroulant 

 

Le Partage

d' Oguène

 

 

 

 

Aux mains tendues

Le partage s'abandonne

Une seule se referme

En un poing serré

Et le refus se dresse

En un mur inabordable

Le partage

Se retrouve alors

Hypothéqué

En partager l'idée

Pour quoi

Pourtant

Irisant les bords d'une vie

Souvent impitoyable

Il sait renaître

D'une gouttelette de temps

 

Oguène DR

 

 

 

Et tout ce qui me hante

de Pedro Vianna 

 

Pour Eric

 

 

et tout ce qui me hante

ces images qui frappent contre les parois du passé

tel le sang affolé embrasé par le cri de douleur

tout ce qui me hante

ces images qui défilent figées dans un futur qui ne sera pas

tel l’élan brisé d’une vie au seuil de la mort

ce qui me hante

ces images rassasiées au-delà de l’envie

tel le temps égorgé au cours des nuits vouées au silence

qui me hante

ces images refusées par un avenir suspendu

tel l’amour égaré dans les labyrinthes où un lendemain mutilé

me hante

ces images froissées d’une fin non annoncée

tel le hurlement final que le silence éternel

hante

 

 

Pedro Vianna DR

dans l’avion Paris-Valencia,

13.VI.2018 in Des coups pour rien

 

 

 

 

L'Ardeur

d' Agnès Raveloson

 

 

 

 

L’ardeur est le mot qui n’abandonne jamais

A n’importe quel prix, le bonheur, les gens qui nous aiment

Relance inlassablement et puis la vie renaît

D’un tout petit rien, d’un grand tout, qu’il sème

En faisant confiance au monde, l’oiseau fait son nid

Une abeille, de corolle en corolle s’abreuve du nectar

Riche d’expérience, l’enfant tombe, se relève et rit

 

La mère tremble pour lui, un moment de cauchemar

Enfin triomphant le petit d’homme est debout

 

Mot qui va de l’avant, plein d’entrain, et de vie

Ouvre un jardin d’opportunités partout

Tout est possible grâce à une tenace énergie

 

Qu’être heureux c’est pouvoir voyager en soi-même

Une envie brûlante d’être l’auteur de son destin

Il est des mots fervents, un chemin qui y mène

 

Ne jamais lâcher prise quel que soit le chagrin

Etre heureux, des échecs apprendre les leçons

 

Recommencer lorsque nous faisons une erreur

Et avoir le courage de dire « je suis désolé », pardon

Non plus avare de mot pour dire « je t’aime » sans peur

On est heureux parce qu’on a une vie parfaite

N’est-ce pas plus heureux de retrouver l’amour

C’est aussi embrasser ses enfants, le cœur en fête

Et de grandir avec eux dans la joie chaque jour

 

Jamais n’abandonner les gens qui nous apprécient

Alors notre vie est une opportunité pour le bonheur

Même des moments poétiques avec eux, sans souci

A vivre, en amoureux des mots, à toute heure

Il y a la force dans le pardon, l’espoir dans le combat

Sécurité dans la peur, l’amour dans la discorde.

 

 

Agnès Raveloson DR

Printemps des Poètes 2018

 

 

 

 

 

 

 

Dans le train hors temps...

d' Eric Meyleuc

 

 

dans le train hors temps

hors sol

espace temps de tous les fantasmes

des êtres hors sol

hors temps

au langage hors espace-temps

onirique

érotique

bref

vous entrez dans la dimension poétique

à l’état pur

effet de l’oubli cinétique

roulement du repos sidéral

suspension d’un pont en trois points

mis entre deux points

un point de départ

et un point d’arrivée

tout le monde descend

retour aux pas de gare

perdus en échos

et gare aux vers du souvenir brisé

celui du départ

(toujours à recommencer)

qui se rappelle toujours à nous

cocon d’amours potentiels

refrains qui tournent de plus en plus courbés

un peu moins rondement

déraillent de plus en plus aiguillonnés

sillon de sable génétique

où mes pas de plus en plus lents s’enfoncent

de plus en plus

pour une suspension finale

éternelle

il manque une dimension

politique

la volonté

d’un tel désir de lévitation

interpelle

l’insatisfaction d’une certaine réalité schizophrénique

à suivre donc

 

 

 

Éric Meyleuc DR

14 juin 2017, au Bab’Ilo

transmis et en souvenir

 d'Eric par Pedro Vianna

 

 

 

 

J'ai chanté les mains

de Maryse Licette

 

 

Les mains de la maman

Les mains de l’enfant

Les mains du travailleur

Les mains du guérisseur

Les mains du pianiste

Les mains de l’amant

 

Mais jamais n’ai chanté

 

Les mains du chirurgien

qui, artistement,

taillent la peau

sculptent les os

modèlent les organes

 

les mains du chirurgien

qui, telles des brodeuses,

exécutent, habiles, des points

simples, compliqués, ourlés,

et même décoratifs.

 

Les mains du chirurgien

Véritable baume apaisant

 

 

Maryse Licette DR

Dresde 26 Juin 2016

 

 

 

 

 

 

Le phare de ton regard

de Jean Dominique Dupont

 

 

 

 

 

 

Quand tes yeux brillent sous la lumière

De la lune endormie ou d’un réverbère

Ils me jettent le rayon de leur regard

Qui se blottit au creux de ma nuit

Comme le faisceau jaillissant du phare

Trace sur les flots un sentier qui luit

 

 

 

Jean-Dominique Dupont DR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour mon plaisir

d' Agnès Raveloson

 

 

 

 

Parlez-moi, mes amis, d’amour attentif

A travers ce que la vie nous offre de plus beau

Réjouissons-nous, un cœur aimant est inventif

L’essentiel est d’apprendre à aimer, c’est un cadeau

Etre attentif à l’autre, être captif de l’amour

Zen attitude, mes amis, aussi chaleur, ivresse

 

Mieux, l’amour est partout, toute chose est amour

Ouvre ton cœur, refuge de tendresse

Il n’y a que des misères, comment peux-tu le dire ?

 

D’une parole, d’une action, tu peux aider

Atténuer la souffrance d’autrui, le séduire

Même las, il ne se laisse pas décourager

O ser la rencontre, l’amour peut tout entreprendre

Un sentiment magnifique au plus profond de soi

Regard de beauté qui peut nous surprendre

 

A tout instant, accueille la joie de croire en toi

Trop courte est la vie pour ne pas la vivre pleinement

Tu penses offrir un sourire, un p’tit clin d’œil

En sachant que la vie est un défi permanent

Ne te prive pas d’un petit séjour au soleil

Ton bien-être est aussi un plaisir partagé

Il n’y a pas de petit mais un grand bonheur

Face à la joie de la rencontre, à la joie d’aimer !

 

 

 

 

Agnès Raveloson DR

Mai 2018

 

 

 

 

Nouvelles Atlandide

d' Oguène

 

 

 

 

par ses soudaines morsures

la nature

violemment

nous rappelle

que nous lui sommes

infidèles

chaque jour

à chaque instant

nos paroles et nos gestes

la trahissant

nous nous éloignons

de plus en plus

d'elle

et nous

dans notre folie

n'entendons ni n'écoutons

sa voix puissante

nous rappelant

constamment

que nous sommes mortels

et qu'en ses eaux déferlant

sous les coups de boutoir

des vents des océans

nous pourrions facilement

disparaître à jamais

laissant peut-être pour tâche

aux générations futures

celle de déchiffrer

l'histoire devenus mystérieuse

de ces nouvelles Atlantide

 

 

 

Oguène DR

 

 

 

 

 

 

 

Poussières de femme

 

de Sylvie Hérout

 

 

Quand je me ferai nuage,

quand je redeviendrai lumière,

quand je ne serai plus qu’une image,

quand je partirai en poussière,

en fumée, en rosée…

je laisserai derrière moi

à jamais

 

Les soirs d’été qui ne savent pas finir

Le goût singulier de l’eau après l’artichaut du soir

Ma faim d’une main aimante quand le vertige m’aspire, quand le chagrin m’agrippe

Le fluide frisson de la mer qui m’enserre quand je nage droit vers l’horizon

Ton sourire au loin lorsque je cherche, dans l’éclat de ton regard,

tout ce que tu ne me dis pas

L’intime chaleur de ta peau, de ton corps contre moi

Les premières lueurs du jour au-dessus de la mer

un certain matin de juillet à cinq heures,

découvrant le profond de la nuit, le mystère de la vie

Nos soupirs exténués

La conscience d’exister dans la violence d’accoucher

La joue de Raphaël qui vient chercher contre ma bouche un baiser

Le plomb des secrets qui ne m’appartiennent pas

La tentation de la mort, l’aspiration du vide

La colère de ne pas oser oser

La tourmente du plaisir jusqu’à la douleur

Sentir ton corps bouger, et le mien, et le nôtre

Mes je t’aime expirés

Chaque caresse qu’il reste à inventer

 

Les possibles, les peut-être,

la certitude que demain peut encore advenir

dans le désir qui naît de rien,

paraît mourir,

et renaît encore.

 

Sylvie Hérout DR

 

 

 Ailleurs

 

de Cypora Boulanger

 

 

 

Je n’ai pas de mémoire, n’ai pas de passé,

Je n’ai pas de clocher, ma patrie c’est le Vent ;

Mon bateau essoufflé aimerait accoster :

Mon foyer est ailleurs : devant, toujours devant.

 

Mon berceau ? Cette Dune où s’égarent mes pas,

Où je glane l’espoir à l’écume de l’âme,

Où je sème l’amour, moissonnant çà et là,

Pour que sèchent les pleurs ou s’éteignent les flammes.

 

Au-dessus du chaos et d’îlots en nuages,

Sillonnant les chemins, les sentiers de ma Mer,

Sous un Soleil blafard ou des Cieux sans ramage,

Je m’invente un ailleurs loin des courants amers.

 

Mon ailleurs c’est le Ciel, mon ailleurs c’est l’Etoile,

En automne, en été, au printemps, en hiver,

Les embruns d’Océan, c’est le Vent dans les voiles,

Mon logis est partout : ma maison, c’est ma Mer…

 

…Un jour, je quitterai cet ailleurs que j’adore,

Et mon ancre rouillée pourra enfin s’asseoir

Sur le marbre glacé, lorsque le Vent du Nord

Emportera mon âme envolant sa mémoire.

 

 

Cypora Boulanger DR

-in Dessine-moi un po -aime-

 

 

 

 

 

 

à Félix Leclerc,

 

 Si tes « souliers » à toi « ont beaucoup voyagé »,
C’est le Vent qui poussa mon bateau sur l’Ecume,
Sur la Mer, j’ai vogué d’Atlantique en Egée,
Pendant que tu marchais, piétinant le bitume.

 

 Nous avons, tous les deux, contemplé les Comètes,
Toi, de ton banc de pierre et, moi, de l’Océan,
Lorsque je goûterai à l’Hiver des Poètes,
Je te retrouverai… étoile au firmament
.

 

 

 

 

 Coquelicots

 

d' Alain Briantais

 

 

 

 

Je les observe, insolents d’audace,

Le long d’une route écrasée de soleil

Je les devine, impatients dans les blés

Taches de rouge étourdissantes

Qui bousculent lassitude et banalité

Taches de rouge impertinentes

Qui ravissent, inspirent, ou questionnent

 

Tout à coup, les voilà regroupés,

Fort nombreux, incroyablement nombreux

Une banderole dépliée au-delà du fossé

Cent mètres de long et bien dix de large

Qui surprennent et captivent le passant

Est-ce une manif aux couleurs de révolte ?

Est-ce un concert, indiscret, éphémère ?

 

Non, c’est l’essence même d’un tableau insensé

Une œuvre majeure, un éblouissement

Une folie que la nature impressionniste

Dessine sur plus d’un hectare

Un champ tout entier rouge de feu

Un champ tout entier rouge de vie

Qui offre aux elfes sa beauté magique

 

Je voudrais être un milan noir

Tournoyer tout là-haut dans la transparence

Et piquer comme un fou vers cette merveille

Drapeau incorrect qui ondule au vent fripon

Milliers de coquelicots fragiles et fiers

Outrageusement sensibles et séducteurs

Rassemblés dans leur offrande au ciel

 

Il faudrait s’en débarrasser

Crieraient les censeurs et promoteurs

Mais ce rouge garance, coquelicots,

N’est pas le rouge de la guerre

Pas plus que le grenat et le carmin

Les rouges de la jalousie qui tue

Ou de l’aveugle colère qui désunit

 

Ce rouge est le rouge de l’émoi

Qui pigmente les joues des filles

Le rouge de leurs robes légères

Qui s’ouvrent en corolles soyeuses

Sous des baisers ardents

Le rouge qui brûle sous le vent

Quand les blés appellent le désir

 

Si j’étais urbaniste respecté

Je les esquisserais ces coquelicots

Dans les villes rigides

Je les sèmerais à la volée

Et par grasses poignées

Pour que les amours juvéniles

Y goûtent l’irraisonnée fantaisie

 

 

 

 

Alain Briantais DR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Visages Humains

 

d' Agnès Raveloson

 

 

A vous mes frères et sœurs en humanité

Qui souffrez en votre corps et chair, ces mots choisis,

Pour vous mettre un visage humain, votre identité

Je vous appelle par votre prénom, je suis poésie

 

 

Hélène est une patiente hors paire,

Elle use de toutes les patiences du monde

Le corps épuisé s’abandonne aux soins nécessaires

Et souriante, elle n’est pas avare de mercis à la ronde

Ne tient pas rigueur, parle avec respect et discrétion

Elle est fière de ses fils aux mille et une attention

 

 

Ali est un patient plein de sagesse

Libéré du regard qui sépare et divise

Il n’a rien à dire d’autre comme gentillesse,

Que de vous dire l’essentiel, l’humain est sa devise

 

 

Amar est un patient à la fine silhouette

Marche lanterne pour le marathon de routine

A sa taille ficelle, il a dû bouder son assiette

Rêve-t-il des bons plats du pays d’origine ?

 

 

Gino est un patient d’une île aux menus épicés

Il arrive que son estomac ait bonne mémoire

Ne se retrouve plus dans ce milieu aseptisé

Où est le piment de la vie ?

Ce fût sa plus belle histoire

 

 

Marlène, patiente aux belles rides d’expression

Au collectif de kiné rêve de taille fine

Regarde le présent avec humour et émotion

Le bonnet autour de la tête lui donne bonne mine

Elle sourit, l’octogénaire n’a pas d’âge

N’est-ce pas le sourire qu’est l’éternelle jeunesse ?

Elle est debout, battante, sereine et sage !

 

 

Bertrand est un patient à sa propre image

En short ou pyjama, traîne savates à pas lents

Rires ou humour, le saint Bernard à l’ouvrage

Très grand gaillard, mais sensible curieusement

Remue le passé, brasse le présent à la brouette

A vrai dire, il a mal de ses aïeux malgré lui

N’apprécie pas les malveillants, les girouettes

Désormais baptisé le saint Bernard pour les amis

Bertrand étonnez-nous encore par vos chansons d’antan !

 

 

Merci à tous, personnels, amis du Petit Salon

Encourageons-nous à garder l’appétit et le moral

Raccrochons-nous à ceux, à celles que nous aimons

Confiance à nos dévoués soignants, au corps médical

Il y a tout le personnel de service, grand merci !

 

 

A vos côtés, il y a mille et un visages au présent !

 

 

Agnès Raveloson DR

Clinique de la Défense Octobre, Novembre,Décembre 2017

 

 

 

 

Le Visage

de la carte de France

de Jean-Dominique Dupont

 

 

 

Quelle étrange ressemblance

De notre familière carte de France

Avec le profil d’un visage

Qui s’imprime sur le paysage

Comme les cartes de Vidal Lablache

Sur les murs des classes du potache

La côte d’Opale et son front grimé

De Calais au cap Gris Nez

L’œil de la baie de Somme

Qui cligne au gré des marées

Pour rameuter sur les bancs de galets

Où ils feront un petit somme

Les colonies de nos amis les phoques

Aux moustaches si loufoques

Après les falaises de calcaire

De Saint-Valéry à Sainte-Adresse

Sous l’arcade sourcilière du pays de Caux

L’estuaire de la Seine

L’autre pupille de la Côte Normande

Se met en scène

A Deauville sur les planches

Au cri des mouettes blanches

Avec son tarin en phare le Cotentin

Ouvre son parapluie

De Cherbourg à Barfleur

La France hume le vent des embruns

Que lui content les récifs des îles Chausey

Semés comme des grains de beauté

Le Finistère lui fait une gueule de thon

Qui tire la langue à la presqu’île de Crozon

Devant les filles de Camaret en coiffe de linon

Le menton en galoche de la pointe du Raz

A largué la barque d’Ouessant

Sous le grain du chapelet des îles

Du golfe du Morbihan

Qui se cramponnent

A la barbiche de Pen’March

S’enroulant autour de la glotte

De l’estuaire de la Loire

Qui retentit des sirènes des paquebots

Au milieu du cri des guillemots

Le long cou de la Vendée baye aux Sables d’Olonne

Et s’étire vers la blonde Gironde

Les jambes sur les échasses de la Gascogne

Alentour du bassin d’Arcachon

La perle des huîtres reine des Marennes

Au creux de la nuque des Pyrénées

Qui dodelinent du chef

De la vérité de l’en-deçà

A celle de l’au-delà

De Collioure à Hendaye

En passant par Guétary

Sans prendre de pari

Ainsi voyage l’hexagone

De rivage en visage

Sur le reflet de l’onde vagabonde

Comme une mappemonde

Au gré des vents et des vagues

 

Jean-Dominique Dupont DR

 27 Septembre 2017

 

 

 

L'armoire

de Claudine Vanlé

 

 

 

 

Mon cœur est une armoire dont les portes ferment mal.

Bien pendus, tout propres sur des cintres, mes bons sentiments:

L'amabilité, en prête à porter, prête à servir, à la moindre rencontre.

La compréhension, la bonne humeur,l'empathie sont un peu serrées,

Entre l'exubérance et la décontraction.

 

Juste en dessous, dans un tiroir plein à craquer

Et qui déborde, j'ai entassé mes rancœurs, mes déceptions,

La haine du voisin qui me pollue la vie avec sa musique,

La rage et le souvenir accablant de n'avoir pas pu, pas su

Dire ou faire ce que je voulais.

 

Et puis, sur les planches, bien rangés

Mes amours, mes enfants, mes petits enfants,

Avec leurs sachets de lavande odorante,

Leurs bouilles rieuses, leurs petits chagrins,

Leurs rires en grelots, leurs yeux confiants.

 

Sur la planche, tout en haut, difficilement accessible,

Des boîtes, des boîtes et des boîtes,

En fer, en bois, en carton,

Mille moments d'une vie,

Le jour où l'on devient orphelin,

La rencontre amoureuse, le bébé si fragile,

Les lettres d'espoir, les lettres d'adieu,

Toutes classées en liasse, avec leur petit ruban coloré.

 

Et sous l'armoire, poussés et repoussés si souvent

D'un coup de pied, tout au fond, pour les rendre invisibles,

La peur, la haine, la mort...

 

Tout est là, si dérisoire,

Si fragile et si précieux.

Moi seule ai la clé de cette armoire,

Qui n'est pourtant jamais fermée.....

Tant que me restera un souffle de vie.

 

 

 

Claudine Vanlé DR

Septembre 2017

 

 

 

 

 

Papier de rentrée

de Fabienne Schmitt *

 

 

 

Petit bateau de papier

Vogue sur ma page

 

Petit bateau d’écolier

Sage comme une image

 

Senteurs de craie, de crayons

Bientôt la rentrée

 

Il faut quitter la maison

Son chemin tracer

 

Petit bateau de la vie

Qui m’a transportée

 

Loin des promesses d’ici

Et des bonnes fées

 

Tu as tangué si souvent

Sans jamais verser

 

Sous les tempêtes du temps

Et sans renoncer

 

Tu as porté mes tristesses

Mes jours de bonheur

 

Tu as vaincu mes paresses

Brisé mes douleurs

 

Mais tu n’as jamais coulé

Tu es mon courage

 

Petit bateau de papier

Qui tourne mes pages

 

 

Un jour tu vas m’emporter

C’est écrit déjà

 

Vers une étrange contrée

Qu’on ne connaît pas

 

Alors on mettra les voiles

Pour le grand voyage

 

Dans l’océan des étoiles

Au grand large…

 

 

 

 

 

Fabienne Schmitt DR

 Inédit- fin août 2017- tous droits réservés 

* Déjà publié dans PleinSens virtuel d'été, mais d'actualité

 

 

 

 

 

 

 

Sensations

de Michèle Lassiaz

 

 

 

 

Les bruit s'eteignent
La nuit voilée
Se joue derrière les cheminées
Les murs et la nuit se fondent.
Les pas se meurent.
Puis quand tout semble consommé,
On perçoit des frôlements,
Des formes difformes
Agrandies par les ténèbres.
Monstrueux un être a passé
Terrifiant et merveilleux ce calme
Terrifiant ce miaulement agressif
Merveilleuse cette sensation
De voir et de vivre la nuit
La ville dort, la vie s'endort 
Et je demeure là, éblouie

 

 

 

 Michèle LASSIAZ DR

in Fleurs et pleurs )

 

 

 

 

 

 

 

À chaque peine

 

suffit son jour *

 de Pedro Vianna

 

 

À chaque peine suffit son jour

disait chaque nuit l’abat-jour

 

imaginaire

 

à l’ampoule innocente

accrochée au plafond indifférent

du cachot impuissant

 

de l’homme

symboliquement réel

 

écroué

pour cause de non conformité

 

qu’à tout prix on voudrait empêcher

de rêver

 

Pedro Vianna DR

in « au jour le jour »

et PleinSens n°39*

 

*Erratum, ce poème est paru dans le PleinSens n°39 avec une légère erreur de frappe d'écriture: à la ligne 8, il fallait lire comme ci-dessus "symboliquement réel" au lieu de "symbolique réel", nous vous remercions, amis poètes, et Pédro Vianna, en particulier, de bien vouloir  nous en excuser en apportant un peu de lumière au sujet évoqué

 

 

 

 

 

Moi, le farfadet ivre

de Cypora herszorn-Boulanger

 

 

Un jour, je m’en irai voguer dessus la mer

Avec, pour seul billet, un aller sans retour,

Mon chemin fut si long, mes lendemains si courts,

Et je n’en ai goûté que quelques fruits amers.

 

Surtout, ne pleurez pas ! Ne priez pas de grâce !

Non, ne me couchez pas au fond d’un cimetière !

Moi, j’ai besoin du vent qui souffle et qui m’enlace,

Et qui m’emportera jusqu’au bout de la terre !

 

Vous mes amis féaux, amours qui ne sont plus,

Eparpillez mes os là-haut sur les falaises,

Pour que je puisse encore -ô j’ai tant attendu-

Contempler l’Océan ; Chopin, sa Polonaise

 

M’emmèneront, alors, tel un farfadet ivre

Et je pourrai, ainsi, au-dessus de la mer,

Moi qui n’ai jamais eu la liberté d’y vivre,

De me promener, là, comme au bras de ma mère.

 

Vous me retrouverez, illuminant vos vies,

Quand vous contemplerez le lit du firmament ;

Je serai n’importe où -même au cœur de la nuit-

Et je vous bercerai au couffin du levant.

 

 

© Cypora HERSZHORN-BOULANGER

(Extrait de DESSINE-MOI UN PO-AIME)

 

 

 

 

 

 

AFRIQUE 1

de Jean-Marc Denis

 

 

Les années qui défilent sur des images qui semblent d'un autre âge

Des hommes le dos courbé, le regard épuisé dans un monde d'esclavage

Le regard des enfants soldats qui depuis longtemps déjà n'en sont plus

L’espoir au fond de leurs yeux trop vides depuis toujours qui s'est tu

Ces images chaque jour de l'Afrique qui défilent sur nos tristes écrans

Dont bien souvent on détourne les yeux et par peur on cache à nos enfants

Pourtant ce pays porte en lui les rêves les plus fous, des couleurs magiques

Mélodies au rythme lancinant qui bercent le soleil rouge qui descend en musique

Quelques hommes et femmes qui dansent au son vibrant des tam-tams

D'une transe enragée ils disent adieu aux anciens accompagnants leur âme

C'est l'Afrique ancestrale, celle de la famille, du respect et de tous les partages

Celle pour laquelle j'aimerai sans doute un jour partir sans regrets ni bagages

Oubliant notre monde si souvent encombré de gâchis et de trop de fioritures

Où depuis si longtemps nous avons perdu le sens du partage et de l'ouverture

 

 

 

 

Jean-Marc Denis DR

Afriques -Mars 2017

 

 

 

 

 

 

 

2017 Année de poésie et de rencontres

d' Alain Briantais

 

 

A vous tous, poètes ou proches de la Ruche des Arts, 

je forme le vœux que 2017 soit une année de mots libres et audacieux, 
l’ouverture et non la fermeture.
 
Tous mes vœux de tendresse et de joies partagées pour chacun de vous.
 

 

Alain Briantais DR

Carte deVoeux 2017

 

 

 

Il paraît que…

d' Hervé Gosse

 

 

Il paraît que celui qui écrit bien

Ecrit de fil en aiguille sur son chat

Ecrit sur son chat plus d’un chapitre

Ecrit sans faire de pattes de mouches

Ecrit avec un style qui fait mouche

Ecrit ses idées sans les dévoiler

Ecrit ses idées de gauche à droite

Ecrit pour être traduit dans sa langue

Ecrit en donnant sa langue au chat

Ecrit un mot si sa chandelle est morte

Ecrit quand il n’a plus de feu

Ecrit quand un ami prête sa plume

Ecrit que cela ne va pas de soi

Ecrit en vers avec une plume de soie

Ecrit soit des chiffres soit des lettres

Ecrit soit couché soit debout

Ecrit soit penché soit bien droit

Ecrit consciemment ou inconsciemment

Ecrit ni très tôt ni très tard

Ecrit tôt ou tard ce qu’il a sur le cœur


 

Celui là écrit bien, paraît-il .


 

Hervé GOSSE  DR

 la Rumeur Decembre 2016

 

 

 

 

 

L’hospitalité

d' Agnès Raveloson

 

 

Au cours des flux migratoires d’hier et d’aujourd’hui

A travers les siècles et les regards des historiens

L’accueil des émigrés était-il toujours bienvenu ?

Et si c’étaient nous les émigrés du temps présent ?

 

Un autre regard, chaque être humain est un étranger

Celui qui frappe à la porte attend l’hospitalité

Il aimerait être reçu et même être invité

A partager tout ce qu’il y a au four pour le dîner

 

Il n’est rien de plus agréable à l’homme fatigué

Que d’entendre dire, mange avec nous, assieds-toi

Le vin est excellent, belle est l’hospitalité

La joie de recevoir et d’accueillir chez soi

 

On se rappelle longtemps de l’hôte bienveillant

Mais cette vertu a ses limites, voir ne plus exister

Les vulnérables, les pauvres sont souvent

Ignorés, on leur vend cher l’hospitalité

 

Le partage pur et simple est aussi l’hospitalité

Saint Matthieu résume mieux cet état d’esprit

« J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger,

J’étais étranger, vous m’avez accueilli »

 

L’hospitalité devenait une valeur, un héritage

Lorsque frappait à la porte un inconnu

« L’assiette du pauvre » était prête pour son passage

Celui qui frappait se savait être attendu

 

L’hospitalité est l’accueil de l’Autre

Rencontre de l’homme dans les liens de l’humanité

Se laisser accueillir en accueillant l’Autre,

Plaisir de recevoir aussi devoir d’hospitalité

 

 

Agnès Raveloson DR

Septembre 2016

 

 

 

Vous qui tournez tournez

d' Alain Briantais

 

 

Vous qui êtes si belle dans vos escarpins blancs

Et vos chevilles fines qui chantent dans le vent

Vous qui tournez tournez au bras de ce beau brun

Au son d’une valse tendre qui poursuit son chemin

Pourquoi vous retourner et cueillir mon émoi

Je ne sais pas danser et me sens à l’étroit

 

Vous qui vous déhanchez sur ce rock explosif

Qui soul’vez la poussière et les désirs furtifs

Vous qui tournez tournez sous la chaleur intense

Comme un astr’ éclatant dans l’univers immense

Pourquoi vous reposer pour un brin de causette

Je n’suis pas volubile quand la fièvre me guette

 

Vous qui semblez si sage dans votre coin perdu

Qui buvez menthe à l’eau et non vodka qui tue

Vous qui tournez tournez vos mains dans vos cheveux

Et repoussez maintes fois les cavaliers fougueux

Pourquoi vous retrancher comme je le fais moi-même

Et repartir chez vous avec votre âme en peine

 

Tournez tournez tournez le bal a pour dessein

De nous laisser troubler par les bras du destin

Quand elle a pris ma main sans me laisser le choix

J’étais au paradis pour un festin de roi

Sa joue contre ma joue a brisé mes silences

Sa robe si légère m’a laissé sans défense…

 

 

Alain Briantais DR

 

 

 

 
 
 La gourmandise
de Claudine Vanlé
                                                                            
 
Tout est, pour le gourmand, objet d’étonnement.
Une odeur, un parfum, une couleur qui brille.
L’attente de la pluie, le vent qui émoustille.
Il aime à savourer la douceur d’un moment.
 
Dès que lui apparaît la source d’agrément,
Ses sens sont en éveil, il a l’oeil qui pétille,
Il salive d’avance et sa lèvre frétille.
Son attente est fébrile, et son geste impatient.
 
Il peut enfin goûter ce que tant il désire.
D’une onde de plaisir, il se laisse envahir.
Lentement, il déguste, comme une friandise,
 
La gorgée de bon vin, la bouchée qui ravit,
La phrase qui séduit, la douceur de la nuit,
La mélodie qui charme ou le baiser qui grise.
 

 

                            Claudine Vanlé DR
 (sonnet) 2016
 
 

 

Je me souviens

de Paul-Eric Langevin

(à la manière de Georges Perec):

et à la mémoire d'Anne-Marie Desbat-Langevin 

 

 

Je me souviens du Noël 84 ou 85 au cours duquel nos parents nous avaient offert, à ma soeur et à moi, d'énormes peluches, un ours et un éléphant.

 

Je me souviens que nous étions tous les quatre au restaurant lors d'un séjour en montagne et que ma soeur, qui avait un ou deux ans, se cachait sous la table.

Je me souviens que lors d'un autre séjour en montagne, immédiatement après le décès de mon père, je pleurais sur les marches de l'escalier et que ma mère m'a réconforté.

 

Je me souviens des promenades en montagne avec Anne-Marie et Isabelle, pendant toutes ces années, et qu'Isabelle toute petite adorait la tarte aux myrtilles.

Je me souviens que ma mère, ma soeur et moi aimions rire avec un de mes amis d'enfance, Guillaume Gaudry, qui avait un très bon sens de l'humour.

Je me souviens de rires au restaurant avec Pépé, Mémée, Maman et Isabelle dans un petit village de campagne.

 

Je me souviens de fous-rires au restaurant à Belle-Ile en Mer avec Maman, Olivier et Isabelle, Mémée était très mécontente.

Je me souviens que Maman aimait la quiche lorraine et nous en faisait souvent.

Je me souviens de ses ratatouilles et de ses préparations de légumes.

Je me souviens qu'elle préférait toujours les plats salés aux plats sucrés.

Je me souviens qu'elle travaillait dur pour préparer ses cours du collège et du lycée.

Je me souviens que lors du passage de la comète de Halley en 86 ou 87, je m'étais passionné pour le sujet en échangeant beaucoup avec elle.

Je me souviens de soirées passées à rire et à jouer aux cartes à la campagne avec elle, avec Raphaël et avec toute la famille.

 

Je me souviens que lors d'un déjeuner avec Papa, Maman, Mamie et Isabelle à la campagne, Papa avait piqué une colère et jeté ses couverts par dessus le parasol et que Maman était bien embêtée.

Je me souviens que Maman m'aidait à préparer mes cours de chimie au lycée pour préparer mes examens et que je m'énervais un peu quand je ne comprenais pas.

Je me souviens de tous les livres qu'elle lisait et qu'elle collectionnait et que je suis devenu un amoureux des livres plus tard.

 

Je me souviens des déjeuners avec Maman, Luce et Isabelle au restaurant le Royal toutes les semaines et que nous aimions manger des glaces.

Je me souviens que Maman avait sympathisé avec un historien passionnant et âgé dans ce même restaurant.

 

Je me souviens de notre séjour à Venise en 94, Isabelle, Maman et moi allions dîner dans des trattorias et Maman avait sympathisé avec un anglais.

Je me souviens de notre séjour à Florence à la campagne en 95 ou 96, toute la famille était là et Maman a adoré visiter la ville et les jardins suspendus.

 

Je me souviens qu'en commençant une psychanalyse en 99, on m'a cité la phrase de Shakespeare suivante: "La vie n'est qu'une ombre qui passe, un pauvre acteur qui s'agite et parade une heure sur la scène puis on ne l'entend plus, c'est un récit plein de bruit et de fureur, qu'un idiot raconte et qui n'a pas de sens." C'est le hongrois Bruno Verebely qui m'a fait part de cette citation.

 

Je me souviens d'avoir vu le film "Forrest Gump" de l'américain Robert Zemeckis en 95 ou 96 et que la phrase fétiche du personnage était: "La vie est une grande boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber."

Je me souviens de la phrase testament du philosophe Jacques Derrida en 2003 ou 2004, qui nous suppliait de ne pas être tristes, de sourire comme il nous aurait souri jusqu'à la fin, d'aimer la vie et d'aller vers la vie malgré tout.

 

Je me souviens qu'Anne-Marie, déjà très malade, s'occupait avec joie de ses petites nièces pendant les vacances."

 

Paul-Eric Langevin DR

 

 

Quand je partirai

d'Anne-Marie Desbat-Langevin

 

Transmis par Paul-Eric Langevin

Août 2016 - en mémoire de sa maman

 

 

 
 
Dans les yeux de Cabu
 
Chanson d'Yves Picart

 

 

 

   Yves Picart DR 2016

Paroles et Musique

Illustrations de leurs auteurs Droits réservés

 

 

 

Dans les yeux de Cabu

 

Chanson (version poème) de Yves P.Picart

 

 

 

1.

Combien de fureur,

de cris et de pleurs

avant que ne bascule un cœur

de l’autre côté de la terreur

 

Encore les corps qui souffrent

l’odeur de poudre et de souffre

et nos esprits déjà si las

de tant de morts sans combat


 

Refrain. 1

Alors, parfois j’ai envie

loin des hommes, de partir

de me forger un paradis

et ne garder que le souvenir

d’une brume, d’un rêve perdu

 

 

2.

Combien de Führer,

de prophètes de malheur

de cohortes de mauvais apôtres

pour dresser un frère contre l’autre

 

Dans la fumée des bombes

debout devant l’hécatombe

que nous reste-t-il d’humain

à offrir à nos enfants demain ?

(au refrain)

 

 

3.

Combien de bourreaux

frappent encore en écho

qui fera taire enfin le lâche

et sanglant cri de la kalache

 

Pourquoi tuer à dessein

pour un mot, pour un dessin

tuer ce qui en nous peut naître

l’humour d’un homme, la ferveur de l’être

(au refrain)

4.

Comment départager

ce qui de nous homme fait

ce qui nous fait encore aimer

de ce qui nous fait aussi tuer

 

Au pays des âmes mortes

où la haine les emporte

moi, je préfère rester vivre

au pays des âmes libres

 

 

 

 

 Refrain. 2

Même si, parfois j’ai envie

loin des hommes, de m’enfuir

de me forger un paradis

pour garder juste le souvenir

d’une brume, d’un rêve perdu

dans les yeux de Cabu

 

5.

Et si cet effroi revient

Qu’il n’éveille que l’humain en moi

Entre colère et compassion, c’est sûr

J’espère choisir le chemin le plus dur

 

Pour enfin ne plus penser

à ce qui a pu se passer

à l’instant ultime, à ce qu’il a lu

quelque part dans les yeux de Cabu

 

 


Yves Picart DR  

Paroles et musique

Illustrations de leurs auteurs Droits réservés

 

 

 

 

Assez ! 

de Zaïa Evain


J'ai des siècles de haine à verser sur le monde 
Suffit ! Ne dites rien, écoutez ma faconde ! 
Assez de la misère, assez de ces morsures ! 
La vie ne serait-elle qu'une vaste imposture ? 

Je n'en peux plus de voir l'hypocrisie des hommes 
La main qui tient le fouet pour la bête de somme 
La pierre immaculée des marches des églises 
Qui n'ont pas su à temps arrêter la bêtise 

De ces estomacs vides je ne peux me repaître 
Offerts au déjeuner comme un bouquet champêtre 
Il m'est insupportable et j'en ai la nausée 
De savoir qu'en haut lieu tout est bien orchestré 

Cessez la mascarade à quoi tout cela rime ? 
Rechercher son salut aux entrailles du crime 
Combien de sacrifiés à ce triste dessein ? 
Sur l'autel de l'absurde, il ne restera rien

 

 Impudique colombe aux ailes déplumées

J'ai la rage en songeant à ces vies dévastées

Pardonnez si mon cri n'est qu'un cri de colère

On rêve de la paix, on fomente la guerre.

 

 Assez ! Assez ! Assez !

 

 

Zaïa Evain DR

Janvier 2016

 

 

 

 

 

 

Marianne résiste

d' Agnès RAVELOSON

 

 

 

Tu es inconsolable, le monde est cruel,

Des barbares ont arraché la vie à tes enfants.

Comme au lendemain de Noël, écoutez pleurer Rachel,

Après les affreux massacres des Saints Innocents !

 

Abattus en plein exercice avec lâcheté,

L’arme au poing, d’autres avaient comme outils leurs crayons,

Pour le plaisir de danser, de boire un verre au café,

Tous sont tombés, sous les rafales de balles, sans exception !

 

Après les défilés de roses et de prières,

Les larmes, les condoléances les plus tristes,

La joie de l’espérance incendie leurs bannières

L’Arc de Triomphe est ranimé. Marianne résiste !

 

L’amertume aussi bien le sel de tes larmes

Assainissent une patrie féconde, la relève existe.

Au cœur d’un sujet brûlant, une force d’âme,

Stop aux briseurs de rêves. Marianne résiste !

 

La violence implique toute l’humanité

Haine et sang versé tissent les actions terroristes,

Restons debout, unis, nos valeurs sont touchées

Echec à l’étouffeur de sens. Marianne résiste !

 

La liberté ne se donne pas, elle se prend

L’effort de défense est une vision pacifiste

Forte, nourrie de convictions, allez de l’avant.

Pavoise tes couleurs. Marianne résiste !

 

Une puissance printanière reverdit

Au-delà des compassions, la vie n’est plus triste

Continuons à vivre comme d’habitude, un défi

La routine du malheur n’existe pas. Marianne résiste !

 

Cent ans de poésie, sans arrogance ni sang versé,

La culture, l’art, l’humour, l’incontournable piste,

Sur une terre d’espérance, les graines sont enterrées.

Tes enfants ont les yeux levés vers toi. Marianne résiste !

 

Au cœur des évènements, même les plus tragiques,

Quel monde merveilleux cette pépinière d’artistes.

Ce soir je m’en vais au théâtre, c’est fantastique !

Je n’ai de raison que ton nom, Liberté ! Marianne résiste !

 

 

Agnès Raveloson DR

Printemps des poètes 2016

 

 

 

 

 

Bruxelles !

de Cypora HERSZORN - BOULANGER

 

 

 

« Avec la mer du Nord » aux tragiques sanglots,

« Des vagues » vermillon où ondule la peur,

« Et des vagues » crédo pour endiguer l'horreur

Qui n’entendront jamais plus le vent en écho ;

Avec à l’infini des chagrins échoués,

« Avec le vent de l'Est », l'entendez-vous pleurer

Ce « plat pays » qu’on a meurtri ?…

 

« Avec ses cathédral’s », ses temples, ses mosquées,

Où tintinnabulaient des beffrois, sans clivage,  

Où l’on vivait heureux prêt à se concéder

Le moindre des égards, sans oiseux commérages,

Et des chemins ouverts aux essaims métissés ;

« Avec le vent de l'Ouest », se prêtant à rêver…

…Ce « plat pays » qu’on a meurtri.

 

« Avec un ciel si noir, qu'un canal » se déchire,

« Avec ce ciel » défait qu'il faut réconforter,

« Avec un ciel si noir » qu’il en vient à frémir

« Quand, sous le vent du nord », il prie agenouillé.

Que soient maudits tous ceux qui l’ont écartelé !

Comme il est accablé, comme il nous fait pitié…

…Ce « plat pays » qu’on a meurtri.

 

<p ob-section="" ob-section-html"="" style="box-sizing: border-box; margin-bottom: 1em; font-size: 1.4em; word-wrap: break-word; max-width: 100%;">

© Cypora HERSZHORN-BOULANGER

(Tous droits réservés)

 

 

(Sur musique et paroles d’une chanson de Jacques Brel – « Le plat pays »,

et en hommage à toutes les victimes de la barbarie tombées en ce matin

du 22.03.2016 en Belgique)

 

D’infinis paysages

Je m’offre le monde

d' Agnès RAVELOSON

 

 

Corbeille de mots

Les prémices du printemps

Un brin d’amitié.

 

 

Vert, jaune printanier

Et cortège boutons d’or

Flirt des papillons.

 

 

Un épi de riz

Un perchoir de rêve

Belles libellules

 

 

L’ouate blanche

Comme neige dans un champ

Edredon coton.

 

 

Vert émeraude

Ecrin d’azur, bleu lagon

Des cœurs en folie

 

 

Fraiche tonnelle

Allée de bougainvilliers

Volcan de baisers

 

 

 

 

2

 

 

Sous les cocotiers

Métissage des couleurs

Alliances en or

 

 

Orangers en fleurs

Les longues traines blanches

Les filles d’honneur

 

 

Vanille, safran

Gingembre, poivre, cumin

Ame indigène.

 

 

Frêle pirogue

Sans souci du lendemain

Glisse au fil de l’eau.

 

 

Flamboyant soleil

Se couche dans l’océan

Calme les requins.

 

 

Mes yeux caressent

D’infinis paysages

Je m’offre le monde

 

 

 

Agnès Raveloson DR

Printemps des poètes 25.03.2011

 

 

 

 

 

Spadassins primitifs

de Cypora Herzorn-Boulanger

 

 

Spadassins primitifs, prédateurs pitoyables,

Vous qui, au nom D’UN DIEU venez tout faire sauter,

De viles intentions votre foi est pavée,

La HAINE est en VOS cœurs, hideuse, abominable !

 

Où le péril choisi nous paraît lamentable.

Vous vous voyez MARTYRS, vous croyant invincibles,

Vous feignez d’être HEROS, mais n’êtes que COUARDS

Qui prenez au viseur des INNOCENTS pour cibles,

Et vers les corps meurtris n’avez aucun regard.

 

Pourtant LES DIEUX, là-haut, n’ont rien d’aussi cruels !

C’est VOUS qui ne savez démêler leurs messages

Kamikaz’s enragés aux idées d’un autre âge,

Radotant en écho d’un ton sempiternel !

 

Meurtriers ! Assassins ! Exécuteurs obscènes !

Quand vous écoperez de son Divin Courroux,

ALLAH, ce Manitou de votre ultime scène,

Vous précipitera au schéol des voyous !

 

Alors quand s’ouvriront les Portes de l’Enfer

Vous happant et jetant dans la fosse commune,

Vous maudirez le sort qui vous lie et vous ferre,

Sous le regard vitreux et cireux de la Lune ;

 

Et, tel que Pharaon aux temps des pyramides,

Il gommera vos noms de tous les édifices,

Vos restes pourriront en des fosses putrides,

Que chacals affamés laperont de délice !

 

© Cypora HERSZHORN-BOULANGER

(Tous droits réservés)

 

 

 

 


 

 

De Fleurs en Fleurs d'Oranger

de ThIAN

 

 

Photo de Thian

 

Je vous écris de fleurs en fleurs d'oranger

de celles qui ne meurent jamais 
sans avoir senti le parfum du danger
Je vous écris des bouquets qu'on laisse sécher
près d'une bougie sur le trottoir
je vous écris sans faire d'histoires
sans même vouloir vous déranger
Je vous souhaite cette année encore
la bonne année dans le plus beau décor
je vous écris de fleurs en fleurs d'oranger
 
 
ThIAN DR Voeux de création 
bourdonnante Janvier 2016

 

 

 

Je voudrais que souvent

de Serge Carbonnel

 

 

Serge Carbonnel  DR

Janvier 2016

 

 

 

 

 

PARFUMS

de Colette Sauvanet

 

 

Les odeurs du mois de juin

ont frappé à ma fenêtre ce matin.

 

La dentelle de ma collerette a frissonné dans la fragrance

de la glycine

mêlée au miel de l’aubépine.

 

J'ai ramassé à la volée

les senteurs de mon passé:

 

La moiteur de ta peau vanillée,

l’âpreté de tes  aisselles musquées

enivrent encore  ma narine.

 

Ô  ma mère !  ta peau délicatement fanée,

Tes pommettes à peine poudrées

juste un zeste citronnées,

 

Musiquette surannée

Ton caraco encologné

comme les houppettes des bébés

 

Ta lavande Yardley 

ou Roger & Gallet

 

Ô ton petit mouchoir au parfum oublié  

 

 

 

Colette SauvaneDR

in "Bulles" Novembre 2015

photo Dimari

 

 

Il y a plus d’un demi-siècle

d'Agnès Raveloson

 

 

Le certificat de passage de l’Equateur

M’a été attribué, pour mon baptême de l’air.

J’ai quitté ma Grande Ile, un été de grande chaleur.

Après douze heures de vol, j’ai changé d’hémisphère.

 

Et le soleil était plus brûlant qu’aujourd’hui !

Venez, on y retourne sous les Tropiques,

En rêve, en bateau, par avion, soyez les bienvenus.

Un grand bol d’exotisme n’est pas utopique

 

La faune et la flore, la douceur de vivre,

La barrière de corail, la houle océanique,

L’Océan Indien nous raconte et se livre,

Les baleines à bosse rentrent en Antarctique.

 

De branches en branches, lémuriens au charme fou

En réserve naturelle, milieu fantastique,

Font leur numéro, de haute voltige, pour vous.

La déforestation menace l’espèce endémique !

 

Au rythme des pousses-pousses, taxi le moins cher,

Richesse et pauvreté, le contraste est partout,

Esclavage volontaire, forcé par la misère,

Sous le regard des ancêtres, en tout et pour tout.

 

Superbe coucher de soleil sur la mer,

Une architecture tropicale contemporaine,

Une atmosphère d’espace et lumière,

Bungalow, pied dans l’eau, le luxe bohème.

 

Incontournable hommage à notre grand-père,

Quand nous tombions, pleurant, les genoux couronnés,

Vous avez cueilli le coton pour vous soigner, j’espère, 

Son humour valait mieux que le coton -tige aseptisé.

 

Au bout du chemin, sont nos chers aïeux, ci-git

Dans un fier monument érigé de terre, en granit

Mon grand père, drapé de linceul de soie, n’est plus

Quant à moi, entourée de sa paix, je ne pleure plus !

 

 

Agnès Raveloson

Novembre 2015

 

 

 

  photo Dimari