Plein Sens virtuel d'été 2016 / 02

Nouveaux poèmes !dans ce  PleinsSens virtuel  n°02...

 

Claudine Vanlé,Yves Picart, Louise Emily, Alain Briantais, Zaïa, Ludovic Chaptal,

Colette Sauvanet; Alain Pizerra, Fabienne Schmitt., Christian Lafont, Béatrice Albertat.

Michel Marceau Guillo, Oguène, Pedro Vianna, Michèle Lassiaz, Alain Briantais,

Fabienne Schmitt, ludovic Chaptal, Sylvie Hérout -dernier poème de l'été 2016-

 

Log Plein..

 

 

«Les peintres et les poètes ont toujours eu le droit de tout oser. »

 

Horace -Art poétique,  9-10 ;  env. 10 av. J.-C.-

  

 

 

« La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir, et la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir. »

 

Léonard de Vinci-Traité de la peiture- 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la brume

 

de Sylvie Hérout

 

 

 

 

Les rues granitiques sinuent

Démasquant la ville de pierre

Par touches légères.

 

Hors du gris granite grenu

Du clocher dressé sur le ciel

S’exhalent les chants.

 

Varech et fuel mêlés,

Odeurs de port breton,

J’entends le fer frappé.

 

Soleil restreint, brume mouvante,

Sable étréci, marée montante

Subreptice, jusqu’au jardin.

 

La tête dans le blanc ouaté,

Pieds glacés, morsure liquide,

Mon corps vit deux vies séparées…

 

Un soleil timoré

Féconde en tapinois

Les mots et les silences.

 

Des vaguelettes clapotent,

Une cloche tinte au loin,

Paix du matin.

 

La voile claque au vent,

Déjà les glaçons tintent,

Carpe diem.

 

Chaleur de kir, de pain, de feu,

Autour du secret, de l’intime,

Partage et fraternité.

 

Estomacs et cœurs pleins,

Bouquets de rires, émotion tue…

Le repas sent la fin.

 

 

 

Sylvie Hérout DR


 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

«L'automne fait les bruits froissés

De nos tumultueux baisers. »

 

Charles Cros  - Le Coffret de santal -

 

 

« L'automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l'hiver»

 

Georges Sand - François le Champi- 

 

 

 

 

 

 

 

Automne

de Ludovic Chaptal

 

 

 

 

Automne, fier automne, assassin des amours,

S’abaisse ton soleil et s’élève ta brume,

Dois-je souffrir longtemps ? Dois-je pleurer toujours

Le cœur de mes vingt ans noyé sous ton écume ?

 

Un cheveu blanc, déjà, remplace le lilas,

Une ride se creuse au sillon de la vie,

L’hirondelle s’envole et ne reviendra pas,

Se peut-il d’exister quelque autre tragédie ?

 

Le vent invite au bal les feuilles des désirs,

Il les emportera rouges et craquelées

Vers l’oubli, vers la fin où les rêves martyrs

Gisent dans le chagrin des larmes esseulées.

 

Automne, fier automne, assassin des amours,

Tu portes sur ton dos l’été dedans sa tombe,

Les soirs viennent plus tôt, viennent plus tard les jours,

Et la dernière feuille à l’arbre, meurt et tombe.

 

 

 

 

 

 Ludovic Chaptal DR

Mende 266 Juillet 2015

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

« Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,

chagrin d'amour dure toute la vie.»

 

 J.- B.  Florian - Célestine -

 

 

« Amour, tu as été mon maître, 

je t'ai servi sur tous les dieux, 

et si je pouvais deux fois naître,

comme je te servirais mieux.»

 

 Clément Marot -Epigrammes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jolie fleur

de Fabienne Schmitt

 

 

 

Hé ! Jolie fleur ! 

 

Ne te trompe pas de bonheur

Prends pas la route à cent à l’heure

Y’a pas de R.E.R du cœur

 

Va pas dans les sens interdits

Toutes ces impasses du bout de la vie

Ces stations de métro pourries

 

Pour tes tramways nommés désirs

Pour tes richesses, pour tes délires

Y’a pas que la rue des plaisirs

 

Pas d’embarquement immédiat

Il te faut gagner des combats

La vie elle est sans foi ni loi

 

Le temps n’est pas recyclable

Ni économe, ni réformable

C’est bien le pire des comptables

 

Alors si tu veux chaque matin

Avoir du soleil dans les mains

Ne te goure pas de chemin

 

La vie t’inflige bien des parcours

Parfois trop lisses, parfois trop lourds

Mais un seul en vaut le détour

 

Je sais c’est pas toujours facile

Souvent injuste, souvent futile

Lorsque le bonheur se défile

 

Hé ! Jolie fleur !

 

Même si un jour tu n’en peux plus

Même si un jour tu n’y crois plus

Tu es meurtrie, tu es déçue

 

Tu verras, venu de nulle part

Sorti des limbes du hasard

Quelqu’un croisera ton regard

 

Et quand la route est sinueuse

Peine de bosses, qu’elle est boueuse

Ne te crois pas plus malheureuse

 

Continue sans te retourner…

 

 

 

 

Fabienne Schmitt DR 2016

- tous droits réservés 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

«Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage,

ou comme celui-là qui conquit la toison

Et puis s'en est retourné, plein d'usage et  raison

Vivre entre ses parents, le reste de son âge ! »

 

 Joachim  du  Bellay   - Les  Regrets - 

  

 

 

« Mais les vrais voyageurs son ceux-là seuls qui partent

Pour partir;coeurs légers,semblables aux ballons,

De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,

Et, sans savoir pourquoi, disent toujours:Allons.»

 

Charles Baudelaire-Les Fleurs du mal-

 

 

 

 

 

 

 

Partir

 d' Alain Briantais 

 

        

    Je laisse la porte ouverte

L’azur du ciel m’invite à l’abandon

Partir…

Une nouvelle fois, partir…

 

J’aime les trains

Quand l’été revient

Ce vagabondage de couleurs

Les enfants qui partent en colo

Et déambulent dans les allées

Parmi les bagages amoncelés

 

Les vaches s’en foutent des trains

Elles ne partent jamais… Les vaches

Au mieux d’un pré à l’autre

Au pire vers l’ultime voyage

 

Je laisse la porte ouverte

Faut-il vraiment la refermer  ?

Partir m’enthousiasme

Me rend fébrile

Et fragile à la fois

 

Une aventure à déchiffrer

Se laisser aller…

Oui… Aller

Pour revenir

Ou ne pas revenir

Qu’importe

 

Partir…

Partir dans sa tête…

Pour des rêves inespérés

Pour des mots espiègles

 

Partir…

Et ne jamais arriver

 

Ne jamais croire

Que l’on est définitivement arrivé

 

Ne pas rester

Ne pas s’établir

Être toujours en chemin

 

 

 


Alain Briantais DR 2009

in "essaimer "2013

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

«Ce qui est passé a fui,

Ce que tu espères est absent

Mais le présent est à toi.»

 

Proverbe Arabe -in Poésie en sous sol

Anthologie Editions Arcadia  (2009)-

 

 

« Prenez-moi tout,

mais laissez-moi l'extase

et je serai plus riche

que mes semblables.»

 

Emily Dickinson - Poèmes, in Poésie

en sous sol, Anthologie Editions Arcadia (2009)-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Nomade

de Michèle Lassiaz

 

 

 

 

nomade

nomade de coeur

nomade d'esprit

Je suis,

Aimante des découvertes

insolites,

Amoureuse des péripéties,

Jouïssant de me sentir étrangère,

hors de mes frontières,

Eblouie par les rencontres,

L'insolite 

est mon ami

L'imprévu

Bienvenu

 

 

                                                              

 

 

Michèle Lassiaz DR 

in Recto verso 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 « On a plus de mal à ne rien faire qu'à travailler. »

 

Ennius -Fragments II e s. av. J.-C 

 -

 

 

« L'invention engendre l'invention. » 

 

R.W. Emerson   - sociéty and

solitude " works and day "(1870)

 -

     

 

 

 

 

 

 

 Offrez à l'être humain

l'oisiveté

il en résultera

sans doute

une invention

 

 

 

 

Pedro Vianna DR

in Des jours sans gloire

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

« Une période d'échec est un moment rêvé pour semer les graines du succès.»

 

 Paramahansa Yogananda -  Poésie

en sous sol-anthologie(2009)-

 

 

« Et nous allons suivant le rythme de la lame, berçant notre infini sur le fini des mers.»

 

Charles Baudelaire Les fleurs du mal

Le voyage "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ô paresse !

de Oguène

 

 

 

 

 

Ne rien faire

Ne rien dire

rester là

A rêver

Béatement…

 

Ô paresse !

 

Ne rien faire

Ne rien dire

Rester là

A amasser

Tant d'étonnement

A goûter

Tant de friandises

de la vie…

 

Ô paresse !

 

Ne rien faire

Ne rien dire

Rester là

A rêver

Béatement…

 

Ô paresse

Ma tendre amie

De tous les instants…

 

 

 

 

Oguène DR

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

« Si Dieu ne pardonnait pas, son paradis resterait vide.»

  

Mohammed ben Cheneb

Proverbe Berbère - Proverbes du Magreb (1907)-

 

 

« Chacun met son être dans le paraître»

 

J.-J.  Rousseau  - pensées et

maximes (1712 - 1778)

 

 

 

 

 

 

 

 

 Et que l'Être paraisse

de MIchel Marceau Guillo

 

 

 

 

Et que l'Être paraisse!

Longtemps, comme un triste sire...

l'Homme y travaille

 

C'est ici.

Que plus rien n'existe,

Rien.

 

Alors, vient l'ivresse,

Et, jusqu'aux premiers instants même,

Là. Enfin, il se pense libre…

 

Il convoque les « (en)je (ux) ›› de ses noms...

L'égoïsme d'une raison « sans ›› raisons.

Et…

 

Malgré les horreurs, le labeur et la peur,

Que paraisse l'instant

Où vient l'enfant et mère paresse…

 

Et tout s'éteint ! Et jusqu'à ses passions, ses empressements,

Tout, sa faconde, tout! Jusqu'à sa plume bleutée,

Venant caresser d'un signe son visage d'égaré…

 

 

 

Michel Marceau Guillo DR

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

« L'indolence est le sommeil des esprits.»

 

 Vauvenargues  -  Réflexions et maximes ,

750 (1746)-

 

 

« Aucun  n'est plus affairé que celui qui a

le moins à faire.»

 

Proverbe anglais  Larousse-proverbes

sentences et maximes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui, c'est la flemme

de Béatrice Albertat

 

 

 

Travail, turbin, taf, devoir, boulot...

Travailler plus pour gagner moins

J'en ai soupe. moi, de l'activité

Le bien nommé gagne-pain

Ni beurre ni épinards

Soyez-en certains

Non l

Aujourd'hui je paresse

C'est la flemme, le repos, les vacances...

Rester allongée

Sur mon beau canapé

l'accoudoir en guise d'oreiller

Je vais pouvoir m'étirer

Me sentir exister

Enfin je vais rêver rêver rêver

Ce sera le pied l

Je ne veux plus rien faire mais alors

Plus jamais

Si ce n'est ...

Peut-être penser à ce que j'écrirai

Sur ma flemme - ne pas travailler

Ah l le revoilà ce mot détesté

Qu'il me laisse tranquille

Et je l'oublierai

A tout jamais

 

 

 

 

Béatrice Albertat DR

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

« Quand on est en avance,  c'est qu'on est à l'heure sur son retard.»

  

Jérôme  Duhamel -Le Dico

tout fou des Ecoliers-

 

 

« Si la fortune vient en dormant ça n'empêche pas les ennuis (ou emm...nts ) de venir au réveil»

 

Pierre Dac - pensées et maximes-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Résistance passivement active

de Christian Lafont

 

 

 

 

J'ai résisté longtemps à l'envie de décrire

Ne pensant pas trouver le moment ou l'instant,

L'émotion du moment, et les mots pour le dire

Et dans un fauteuil, je résiste en attendant...

 

C'est dans la paresse que je résiste le mieux

Les neurones ayant pour moi beaucoup travaillé :

A l'activité trop brusque, je résiste morbleu !

Bras de fauteuil et oreillers ont besogné.

 

Ce mois, je dois œuvrer le vingt neuf février

Et lire sans hésiter la bougie du sapeur,

Ce surcroît de tache va bien sûr me fatiguer

Pour résister au travail je suis bien sans peur

 

A tous les courageux, je peux laisser la place

Car j'aperçois la-bas une belle terrasse

Et pour tous les audacieux que grand bien leur fasse 

je m'en vais boire un bon coup au café d'en face.

 

 

 

Christian Lafont DR 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

« Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.»

 

 Alexis-Félix Arvers  - Mes heures perdues-

 

 

« Un secret a  toujours   la forme d'une  oreille.»

 

 Jean Cocteau  Le  Rappel à l'ordre-Ed. Stock

(1926)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Secret

de Fabienne Schmitt

 

 

 

Dans l’aurore encore pâle

A l’aube d’un matin

Tu me sentiras, couchée dans ton rêve

Sans savoir qui je suis.

 

Tu me devineras à peine

Cherchant mes contours terrestres

Je n’existerai pas encore

Simple imaginée, inconsistante, inachevée

 

Aucun regard ne m’aura encore parcourue

Déformée, ou repeinte à ses normes

Je n’aurai ni nom, ni histoire, ni pays d’origine

Vapeur, nuage, volute, transparence

 

Les jours passants, tu me voudras chaque nuit

Et chaque nuit, je viendrai, me révélant un peu plus

Je deviendrai ton évidence, ton attente, ta question

 

Seul toi sauras me rendre visible

Je serai ta visiteuse du soir

Papillon de nuit derrière le rideau de tes paupières closes

Dansant comme un feu follet

 

Puis, ayant chahuté ton repos de guerrier

Je repartirai, laissant cette douceur inconnue

Scellée dans ta mémoire, au premier rai du matin

Comme une marque indélébile

 

Beaucoup de nuits passeront sans que je te revienne

Tu finiras par m’avoir presque oubliée

Mais jamais tout à fait…

Les nuits te sont trop longues

 

 

Un jour, un soir peut-être, au détour de ta vie

Tu me reconnaîtras…

Dans la brume, plein soleil, sous la neige

Ou la pluie, qui sait…Dans le cœur d’un printemps

 

 

 

Fabienne Schmitt DRaoût 2016

 inédit - tous droits réservés 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

«Il est plus facile de savoir comment on fait une chose

 que de la faire .»

 

Proverbe chinois   - Larousse des proverbes,

sentences et maximes- 

 

 

 

« Qui a le temps  et  attend  le temps, perd son temps.»

 

W. Camden -  Remains concerning britains(1614)

 

 

 

 

 

 

 

A mon Oreiller

d' Alain Pizerra

 

 

 

 

Sur le pavement des jours

tant de pieds-activité

piétinent sans répit

les interstices du rêve.

Roulés, dressés, machinés

ceux qu'ils portent

s'en vont à l'aveuglette

prenant pour leur destin

des choses trop quotidiennes

si dénuées de sens.

Roulant, tournant sans cesse

comme s'ils étaient en laisse.

Et pourquoi tant bouger

pris en charge, assistés, casés et surbookés

tout juste préoccupés

à passer le relais comme preuve d'exister ?

Mais pour ne pas penser

et parce que « ça se fait »  !

On pousse des landaus

mornes et tristes.

Éclatements du samedi

et perceuse du dimanche.

Est-ce donc cela la vie ?

Civilisation des loisirs ?

Indécent pour cause

de mondialité aiguë.

Obscène

attraction du système qui génère le « faire ››,

faux pied-de-nez au néant,

et agite les peurs, ces peurs-fourmilières,

ces peurs qui rendent fou,

maboule la grosse boule !

Imaginer la vie et non la reproduire,

se perdre enfin en soi pour se chercher toujours.

Wou-Wei mon polochon !

 

 

Alain Pizerra DR

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

« Il faut laisser le passé dans l'oubli et l'avenir à

la providence.»

 

Bossuet  - Dictionnaire des citations de

langue française-

 

 

« Mes souvenirs sont si nombreux que ma raison

n'y peut suffire.»

 

 Charles Cros   Le  Coffret de santal-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paresse Chérie

de Colette Sauvanet

 

 

 

 

 

Paresse mon amie,

Ô paresse chérie,

depuis mon plus jeune âge

c'est avec toi que je partage

mes plus puissantes envies l

 

Celle de guetter par-delà la fenêtre,

derrière l'épaule de la maîtresse,

le doux sourire de ne rien faire l

 

Celle en sommeillant d'un seul œil ouvert,

de guetter la tâche accomplie

par d'autres à qui j'avais pourtant dit oui l

 

Celle encore d'oublier l'horloge,

si, dans tes bras, à rire a pleine gorge,

j'étais bien mieux qu'au boulot

avec tous leurs pointeaux l

 

Bien sûr pour terminer ma vie,

je dois un peu à mes désirs serrer un tantinet la vis l

 

 

 

Colette Sauvanet DR 2015

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

«On va dans la lune, et  chez nous, on peut même plus

faire cuire un oeuf.»

 

Jean-Marie Gourio- Brêves de comptoir- 

 

 

 

 « Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger.»

 

 Socrate  -  5ème  siècle -avant- jésus-Christ--

 (Cité par Diogène Laërce, Phil ill. ll)

 

 

 

 

 

 

 

Les pommiers ne font

pas de tartes

de Ludovic Chaptal

 

 

 

 

Que l'on signe toutes les chartes

Et décrets, même les plus cons ;

Les pommiers ne font pas de tartes,

Les prés ne font pas de jambons.

 

Les arbres ne font pas de bûches,

La laine ne fait pas d'habits,

Et ne se sèment pas les ruches

Ni les boites de raviolis.

 

Heureux qui dîne à l'industrie

Au temps où sont pleins les rayons,

Heureux avant la pénurie

De savoir-faire et de raisons.

 

Il est même, sous emballage,

Des plats tout cuits et prémâchés

Qui se vendent à l'étalage

Des hangars de supermarchés.

 

Pauvre de notre dépendance,

Un code barre dans la main,

Devant la corne d'abondance,

Il se peut qu'on meure de faim !

 

 

 Ludovic Chaptal DR

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

«Rien ne sert de plonger  si c'est pour faire

la planche.»

 

Pierre Dac - Arrrières pensées

(Pensées de bon sens)-

 

 

 

« On mange bien des perdrix sans oranges.»

 

 Antoine Oudin -Proverbes-

Curiosités françaises(1640)

 

 

 

 

 

 

 

Dame Paresse

de Zaïa

 

 

 

 

Laisse-moi tranquille Dame Paresse

Tu vois bien ! Je suis occupée

Je savoure encore une sieste

Après nous pourrons discuter

Tu sais que je suis la meilleure

Dès qu'il s'agit de lambiner

Aux décibels des hauts ronfleurs

J'ai décroché le cocotier

 

Laisse-moi tranquille Dame Paresse

Cest exténuant d'argumenter

Je me débats comme une tigresse

Contre toutes velléités

Quand je liste ce qui reste a faire

Dès qu'il me vient un peu d'envie

Je m'épuise a brasser de l'air

Et dois recharger mes batteries

 

J'aurais dû être infirmière

Ou travailler dans la literie

Pour être pendant mes horaires

Juste a proximité d'un lit

 

Qu'il serait donc nobélisable

Celui qui compte dans ses travaux

une forme de lit pliable

Avec berceuse pianissimo

 

Faut pas abuser des bonnes choses

Mais sommeiller ça fait du bien

Aérienne métamorphose

Entre le néant et le rien

 

Et pourtant,

 

A répandre fièrement sa mollesse

Entre les draps d'une paillasse

Que c'est dévorant la paresse

C'est une moitié de vie qui passe

 

 

 

Zaïa DR

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

«Il est difficile de trouver le bonheur en nous et 

impossible de le trouver ailleurs.»

 

 Chamfort  (1741-1794)  Caractères et anecdotes -

  

 

 

« La poésie, ça sert à parler quand on est amoureux.»

 

Jérôme Duhamel  - Le Dico tout fou des Ecoliers

 

 

 

 

 

 

 

Jardin des Batignolles

 

d' Alain Briantais

 

 

 

 

                             

Jardin des Batignolles
un banc
au soleil de midi
il se laisse bercer
sous l’astre chaud
sous l’objectif
d’une amie photographe

le printemps pour témoin
il a retiré ses lunettes

se laisse deviner

 

Jardin des Batignolles
dans sa longue esquive du soir

le même banc
il regarde les photos
les étudie de près

est-ce lui ?

il rougit

sourit un peu
il n’a jamais été aussi beau

ça le trouble

et l’enchante à la fois

 

Jardin des Batignolles
dans la nuit blafarde
et sous le chuchotement des arbres
plus d’interdit

il a franchi la grille

il sera demain Hamlet

Arlequin
et tant d’autres

 

Jardin des Batignolles

dans le matin bienveillant

sous le regard délicieux
des azalées grandiloquentes
et des camélias timides

Il sera lui-même

lui-même plus que tout

et c’est déjà beaucoup

 

 


Alain Briantais DR  

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

«La devise du bon météorologue, c'est:

" Chaque chose en son temps ". »

 

Pierre Dac - Arrrières pensées-

 

 

 

«Il faut donner du temps au temps.»

 

Cervantes -(Proverbe cité par)

 dans Don Quichotte 1, XXXiV, (1605)-

 

 

 

 

 

 

 

Quand la belle saison revient

de Louise Emily

 

 

 

 

Quand la belle saison revient

et que les fleurs partout abondent,

je me promène avec mon chien

en saluant brunes et blondes.

 

Le plein été me voit bientôt

me prélasser dessus les plages,

danser le soir valses ou tangos

Ce sont les plaisirs du bel âge.

 

L'automne arrive et je savoure

les produits de notre vendange:

les vins issus de raisins lourds,

les poires, les figues et les oranges.

 

Puis c'est l°hiver, le feu dans l°âtre,

les cinémas et les théâtres.

Tout ça je l'aime - avec ivresse -

C°est le plaisir de la paresse.

 

Mais ce que j'aime plus que tout

C”est de ne rien faire du tout.

 

 

 

 

Louise Emily DR

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

«Qui ne saurait haïr, peut-il vouloir qu'on meure ? »

 

Molière -Amphitryon ii 6 Alcimène

  

 

 

« J'ai appris  qu'une vie  ne vaut rien, mais que rien

ne vaut une vie.»

 

André Malraux - Les Conquérants

(Gallimard)

 

 

 

 

 

 

 

Dans les yeux de Cabu

 

Chanson (version poème) de Yves P.Picart

 

 

 

1.

Combien de fureur,

de cris et de pleurs

avant que ne bascule un cœur

de l’autre côté de la terreur

 

Encore les corps qui souffrent

l’odeur de poudre et de souffre

et nos esprits déjà si las

de tant de morts sans combat


 

Refrain. 1

Alors, parfois j’ai envie

loin des hommes, de partir

de me forger un paradis

et ne garder que le souvenir

d’une brume, d’un rêve perdu

 

 

2.

Combien de Führer,

de prophètes de malheur

de cohortes de mauvais apôtres

pour dresser un frère contre l’autre

 

Dans la fumée des bombes

debout devant l’hécatombe

que nous reste-t-il d’humain

à offrir à nos enfants demain ?

(au refrain)

 

 

3.

Combien de bourreaux

frappent encore en écho

qui fera taire enfin le lâche

et sanglant cri de la kalache

 

Pourquoi tuer à dessein

pour un mot, pour un dessin

tuer ce qui en nous peut naître

l’humour d’un homme, la ferveur de l’être

(au refrain)

4.

Comment départager

ce qui de nous homme fait

ce qui nous fait encore aimer

de ce qui nous fait aussi tuer

 

Au pays des âmes mortes

où la haine les emporte

moi, je préfère rester vivre

au pays des âmes libres

 

 

 

 

 Refrain. 2

Même si, parfois j’ai envie

loin des hommes, de m’enfuir

de me forger un paradis

pour garder juste le souvenir

d’une brume, d’un rêve perdu

dans les yeux de Cabu

 

5.

Et si cet effroi revient

Qu’il n’éveille que l’humain en moi

Entre colère et compassion, c’est sûr

J’espère choisir le chemin le plus dur

 

Pour enfin ne plus penser

à ce qui a pu se passer

à l’instant ultime, à ce qu’il a lu

quelque part dans les yeux de Cabu

 

 


Yves Picart DR  

Paroles et musique

Illustrations de leurs auteurs Droits réservés

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

«Dieu ! Pourquoi l'orphelin dans ses langes funèbres

Dit-il: "J'ai faim."  L"enfant,n'est-ce pas un oiseau

Pourquoi le nid a-t'il ce qui manque au berceau. »

 

Victor Hugo -Les Contemplations-

  

 

 

« La faim dans le monde est un grand problème

surtout pour ceux qui n'ont rien à manger.»

 

Jérôme Duhamel - Le Dico tout fou

des Ecoliers-

 

 

 

 

 

 

 

Le Corbeau et les moineaux

 

Fable de Claudine Vanlé

 

 

 

 

 

Sur les sillons gelés

D’un grand champ moissonné

Un vieux corbeau se lamentait.

Il croassait et il geignait.

Et se plaignait de la dureté des temps:

“-C’était bien mieux avant!

Pas de fusils qui tuent....

Pas de pièges à glu...

Pas de grains transgéniques...

Et pas de pesticides...

Pas de fils électriques

Et pas de pluies acides...

Nous étions gros et gras,

Nourris sans embarras.

Pour tous les volatiles,

La vie était tranquille!”

 

À l’autre bout du champ,

S’ébattait en piaillant

Un groupe de moineaux,

Sautant autour d’un seau.

Ils picoraient avec voracité

Dans des sacs éventrés.

“Quelle aubaine, ces poubelles!

Que de saveurs nouvelles!

Jamais dans le passé,

Ainsi, on ne se régalait!

Et ces mets exotiques,

Quels goûts mirifiques!

C’est vraiment un régal

Qui n’a pas son égal!”

 

Il en est des oiseaux comme de beaucoup de gens.

Les uns à tout propos voient des inconvénients.

La vie leur est fardeau.

Ils geignent à tout propos,

ne voient dans le présent

que sources de tourments.

Les autres, remplis de gourmandise,

sont prêts à tout goûter,

prennent la nouveauté

comme une friandise.

 

Fi de l’acrimonie

Et de l’esprit chagrin.

Prenez comme un défi

d’avancer vers demain....

Vivez le temps présent

Et soyez-en contents!

 

 

 


 

Claudine Vanlé DR  

A la manière de Jean de La Fontaine 


 

 

 

 

 

 

 

 

  

          

 

 

 

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