Florilège de poèmes 01

 

Poèmes tous styles, académiques ou libres publiés ou recueillis par les membres adhérents ou sympathisants de la Ruche des Arts

 

 

Nota: Le menu est déroulant et remonte jusqu'en mai 2011

 
 
 
 

Alerte à Toi

de Hormuz Kéy

 

Ah marcheur d’où que tu viennes, attention,

 

Tu es ici, là,

 

Tu es ici à Paris,

 

Paris d’accueil,

 

Paris de la couleur,

 

Paris de la lumière,

 

Paris de l’image,

 

Paris de l’art,

 

Paris de la pensée,

 

Paris des idées

 

Paris de la liberté,

 

Paris de l’amour,

 

Paris de l’ivresse,

 

Paris de la fête,

 

Paris, l’incomparable,

 

Attention quand tu marches,

 

Le sol est mouillé, le sol est rouge,

 

Il y a des gouttes de sang sur le sol de Paris, sur le corps de Paris,

 

Ne les écrase pas,

 

Les gouttes suspendues de la vie sont tombées,

 

Ne pleure pas, avale ton sanglot.

 

Les retiens bien,

 

Ne les oublie pas,

 

Continue à marcher,

 

Continue à marcher…

 

 

 

Hormuz Kéy

Paris le 14 novembre 2015

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

A PARIS UN VENDREDI

 

 de Maryse Licette

 

 

Ils étaient jeunes

Ils aimaient la vie

Ils voulaient, en ce vendredi

Aller au concert avec des amis

 

Ils étaient jeunes

Ils respiraient la joie de vivre

Ils voulaient simplement

En ce vendredi clément

Etre avec des proches, des amis

A la terrasse des cafés

Pour bavarder, rire et chanter

 

Ils voulaient simplement

Vivre, vivre pleinement

 

Mais les assassins sillonnèrent

Le quartier et leur ôtèrent

Cette vie qu’ils aimaient tant

Ces jeunes qui avaient l’avenir

Devant eux, avec leurs projets

Leur enthousiasme, leurs espoirs

 

En quelques secondes, les meurtriers,

aveuglés par leur bestialité,

fauchèrent cette jeunesse à Paris...

nous sommes tous en deuil, depuis,

en France et dans le monde entier

mais nous surmonterons

notre haine, notre répugnance, notre colère

et trouverons la force de lutter

pour que triomphent la liberté, l’amitié

 

 Les jeunes sont notre avenir

 

 

Maryse Licette

Rosny-sous-Bois,

le 16 novembre 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tu es le temps, tu es le vent

 de Paul-Eric Langevin

 

 

"Tu es le temps tu es le vent
Tu as toujours le sourire
Tu me fais toujours rire
Tu es ma soif tu es mon champ 
Je suis ton espoir et ton désespoir
Et puis ta gloire et tes déboires
Je suis tes yeux je suis ton coeur
Je suis ton bonheur et ton malheur 
Et tous les deux nous découvrirons
Des sentiers que personne n'a parcouru
Et ensemble nous arriverons
Au bout de la route que nul n'a vue 
Nous sommes là assis sur le bord du chemin
Nous sommes dans les bras l'un de l'autre
Tu me serres fort contre ton coeur
Je te tiens là dans mon malheur 
Et tous les deux nous rencontrons l'autre
Et tous les deux nous irons jusqu'à la fin."

 

 

Paul-Eric Langeven
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Je vous souhaite

 

d' Agnès Raveloson

 

 

 

L'art de rester vivant dans son incandescence

A travers les mots qui font beaucoup de bien

Qui remontent le moral, aussi donnent sens

Une force, la beauté des idées, simplement

 

Il y a une façon simple de vivre heureux

En prenant juste ce dont nous avons besoin

Avec amour et passion, savoir ouvrir les yeux

Autour de nous, amis, famille, aussi plus loin

 

Rester inspiré, se laisser guider par son coeur

Surtout être soi-même, savoir se plaire

Savourer au passage, plaisir, petit bonheur

Même le Nutella a sa petite cuillère

 

J'ai décidé d'être heureux, c'est tellement bon

Et vous ? Aimer et se sentir heureux font du bien

Lire au coin du feu, limiter la télévision

S'émerveiller, cultiver ses dons paisiblement

 

Ainsi, je prends conscience de la chance que j'ai

D'être en vie, pouvoir continuer ce que je fais

Hélas, je ne peux pas m'empêcher de viellir

Mais, j'ai des idées et des ailes à offrir

 

La porte du bonheur est toujours ouverte

Restons attentifs, aussi veilleurs, il faut y croire

Pas de clé pour l'aventure et les découvertes

Une matière grise rose, contre les idées noires

 

Sur le nouvel agenda, que des lendemains

Il y a tant d'amour à donner, tant de projets

Des rêves, des surprises, de délicieux moments

Et une santé de fer, je vous souhaite cette année

 

 

Poème de nouvel an

 

d'Agnès Raveloson

 

décembre 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prendre l'enfant

dans ses bras

  

de  Marièva Sol

 

L’espace ouvert attend

Le vent retient son souffle

Figé le temps présent

D’un secret s’emmitoufle

 

Une étoile muette

Tresse des mots d’argent

Astrale et désuète

Pour quelques indigents

 

Les bergers des campagnes

Voient son scintillement

Leur regard accompagne

Son vol au firmament

 

Sous la céleste voûte

Laissant là leur troupeau

Ils se mettent en route

Au son de leurs pipeaux

 

Et là-bas sous l’étoile

 

Une femme a souffert

Pour un enfantement

Une humaine a offert

Dans un grand dénuement

 

Plus que l’éclat vibrant

De sa pure jeunesse

Un sol à l’immigrant

Qu’est Dieu dans sa faiblesse

 

Sait-elle cette innocente

Quels seront ses tourments

Et combien plus violente

Que son accouchement

 

La douleur indicible

Qui lui broiera le cœur

Au soir d’un jour terrible

En un sanglant malheur

 

Mais ici dans l’étable

 

 

Le futur immolé

Babille sur sa couche

Le bientôt flagellé

Porte tout à sa bouche

 

Le divin nourrisson

Sur sa froide litière

Secoué par un frisson

Cherche des yeux sa mère

 

Tourne un regard avide

Que fait briller la faim

Et son estomac vide

Vers son généreux sein

 

L’éternel est fragile

Il est né cette nuit

Sa parole est babil

Tout est petit en lui

 

Il est si vulnérable

 

Livré entre nos mains

Nous avons tout pouvoir

Pour l’adorer demain

Ou le trahir ce soir

 

Il nous offre sa vie

Et quémande la nôtre

Souverain asservi

Appelant des apôtres

 

Il est ce jeune enfant

Dont les deux bras se tendent

Et l’espoir triomphant

De la Joie en offrande

 

Qui répète sans cesse

Chaque nuit de Noël

Sa fidèle promesse

De nous ouvrir le Ciel.

 

Poème de Noël de

 Marièva Sol

 

Photo 081

Horloge 3 Serge

  

 

Extraits de

Mille et un silences pour traverser le temps 

 

de  Serge Carbonnel

 

  

Voici  trois poèmes 

 du recueil de Serge Carbonnel
illustré d’éternité par l’auteur.

 

Horloge 1 serge

 

Art poétique ?

 

Un poème me tente

aujourd’hui je ne sais ce que mes maux vont dire

 

Quand j’écris le poème

à peine si je sais ce que mes mots vont dire

 

L’homme que je ne suis pas

ne voudrait pas mourir dans l’homme que je suis

je voudrais que mes mots puissent le réveiller

 

Lorsque j’écris soleil il faut que le soleil

enfin se lève en moi

 

Un poème me tente

il m’est un appel vague comme besoin de vivre

 

Quand j’écris le poème

je crois que l’on y voit les maux qu’il me faut vivre

 

et l’homme que je suis

ne voudrait pas mourir dans celui qui n’est pas

je sais bien que mes mots me sont déchirements

 

quand j’écris le mot monde

c’est pour le transformer

 

Un poème me tente

Il m’est désir soudain de l’avenir des maux

 

Quand j’écris le poème

je ne sais vraiment rien de l’avenir des mots

 

mais l’homme que je suis affirme

qu’il vous parle à travers sa durée

je voudrais que mes mots puissent alors nous lier

 

et quand j’écris révolte

il faut que la révolte enfin se lève en nous

 

LE POEME ME TENTE
C’EST LA MA SOLITUDE

 

Quand j’écris le mot pain

il n’y a pas de pain sur la table au chômeur

 

Un  silence violent creuse dans mes douleurs

 

Horloge 1 serge

 

 

Le voyage des mots ?

 

Sait-on où mène le voyage des mots ?

 

Horloge 1 sergeVers quels lieux de la pensée ou de la sensibilité ?

Car les mots bousculent les noms eux-mêmes

Et évoquent les lieux vers lesquels les rêves s’élancent.

 

El les rêves n’ont pas besoin de mots pour exister,

ni de silence pour mourir,

ni de bruits

pour sourire aux quatre vents des sables.

 

Ils n’ont besoin que d’être chair.

 

 

 

 

 

Le cri ouvre la bouche

 

 

Le cri ouvre la bouche

et reste inaudible

en explosion d’étoile

 

Le cri parcourt les veines

bouillant tumultueux

en chutes d’eau secrètes

 

Le cri chauffe la tête

ébouillante les sens

et lance la rupture

 

Le cri est plus qu’un cri

un adieu à l’humain

 

le cri n’est plus un cri

 

le cri est une absence

 

Horloge 3 Serge

 

Là-bas

 

Avant de boire l’eau

l’homme plein de silenceHorloge 3 Serge

capture les photons

provenant du soleil

il les met dans son corps

recrache sa lumière

comme un torrent d’amour

au cœur de l’univers

et regardant le ciel

il se gratte la tête

en souriant de joie

aux étoiles cachées

en se disant tout bas

que cette eau dans cette gorge

coule peut-être aussi

dans un frère lointain

 

 

 

 

Couv Serge Carbonnel-RectoBlog

 

serbema

 

 

 

Horloge 1 serge

Blog-Sain-.jpg

Extraits d'

Harmonie 

de  Gisèle Ory

 

  

Voici  courts poèmes et autres pensées 

 du recueil de Gisèle Ory
illustré par  les icônes peintes par l'auteure.

 

 

Blog-Sainte-Marie-Madeleine.jpg

 

"Pourquoi exiger d’un autre

Ce qu’on ne peut obtenir soi-même"

 

 

Une pensée d’amour

donne beaucoup de joie

elle enrichit le jour

en lui parlant de toi

et je l’entends toujours

murmurer tout bas

qu’il faut garder la foi

et tout arrivera

 

 

Attendre

c’est nourrir l’espoir

qui berce les illusions

je n’ai plus rien à dire

que de venir à moi

ce qui est mérité

 

Raphael-Blog.jpg

 

 

"La vérité est ce qui fait

sourire l’être quand

il est seul avec lui-même"

 

 

A se nourrir d’espoir

les illusions sont tristes

elles sombrent dans le doute

aux portes de l’oubli

et ne peuvent plus croire

aux promesses d’un soir

 

 

Le temps n’a ni poids ni mesure

il est toujours dans le présent

pour vous servir à chaque instant

ne l’accusez plus de ne pouvoir faire

ce que vous n’avez pas envie de faire

 

 

Poète d’un jour

qui rêve toujours

d’écrire la vie

des mots qui supplient

de tuer la haine

où la misère règne

où l’harmonie saigne

des larmes en peine

 

Annonciation-Blog.jpg

 

 

"L’art de penser

c’est respecter ce qui est"

 

 

L’étranger

 

Il ne vient de nulle part

n’appartient à personne

le ciel dans les yeux

le sourire lumineux

il s’adresse aux oiseaux

qui répondent aussitôt

ses lèvres sont chaudes

elles parlent d’amour

et chantent la vie

aux êtres chéris

son âme de foi

s’élève dans la joie

et son corps merveilleux

embrasse les cieux

 

 

Couv Gisele Ory-blog

 

 

bema

 

ann-pra-004

 

Extraits de

L’envol du Pipit farlouse

  de  An Pra

 

  

Voici quatre poèmes extraits

 du recueil de An Pra avec des illustrations

et des photographies de l’auteure elle-même...

 

 

Une Chanson d’amour

 

 

Transi brûlant

Une simple chanson d’amour

On croit qu’on en fait le tour

Renaît de nos cendres

 

C’est si prévisible et on en redemande

On le quémande

On se donne de la belle et de la demoiselle

On est  transi on est brûlant

D’amour

Et l’amour coule de source, sourd de soi

Sûr d’être pur

Et pourtant sans logique

Ce simple…

On le complique

Qui a cassé le mitigeur ?

On se brûle, on a mal

Et on pleure, et on râle

Avec lenteur, on se meurt

Mais ça prend combien d’heures

De renaître des erreurs ?

 

Transi brûlant

Sur les braises nos cendres

Ne me chante pas une chanson d’amour

 

  

payllusion-de-voyage-05

 

 

Machinerie

 

Tous les sorciers n’auraient pu

Sur moi une telle machinerie

Et toi d’un sourire tu as su

Lancer en moi la grande mutinerie

Car les soldats les plus fidèles

Qui tous répondaient à mon appel

Contre ma défense se rebellent

Tu as forcé, ordonné, obtenu

…Mais qu’as-tu au juste voulu ?

  

 

ann-pra

 

Ballade pour un petit gars

 

Il a toute une armée de rayons

Roulant bon train sous ses talons

Mais il ne s’en veut pas capitaine

Car officiers sont tous croquemitaine

Et à suivre le rang on ne le prendra pas

 

Une fois pour toutes il a volé la clef des champs

Et peuvent bien courir après lui les méchants

Adroit pour trois celui qui le rattrapera

Lui sur sa bicyclette il n’en fait qu’à sa tête

Et elle est bien jolie sous ses cheveux en fête

 

Il a l’étoffe des vieux loups de mer

Mais il se préfère marin d’eau douce

Il n’est pas fier, le vent le pousse

Et sa course le conduit par hasard

Les sots diraient qu’il est bizarre

 

Il est parti, il a vu, il est revenu

Aucune île lointaine il les a toutes connues

Mais aucune de leurs chaînes ne l’a retenu

Il roule libre comme le grand océan

Il file à l’horizon car c’est là qu’il se rend

 

 

Et moi j’écrirais une ballade

Sur ce paladin des jardins trousseur de campanules

Qu’un jour j’ai rencontré, l’œil franc comme une bravade

Impudent coquin qui devant aucun ne recule

Chevalier des blés à qui on voudrait faire la guerre

Rien que pour demeurer doucement prisonnière

Ce gredin de campagne qui siffle dans les foins

Il est indépendant jusqu’au creux de tes mains

Passager clandestin que malgré soi on retient

Lorsqu’il se donnera il ne sera jamais tien

Il est comme ces animaux si beaux loin du village

Ceux qui lui ressemblent sont ainsi sauvages

 

 

 

 

Dans la vie

 

Dans la vie il faut

Mon petit

De l’amour, du sang et des spaghetti

Des spaghetti pour les filles brindilles

Du sang pour rouges les baisers

De l’amour pour en faire tout un monde

Des pâtes

Et de la sauce tomate

 

 

L'envol du pipit farlouse

 

 

bema

 

HipHopt.JPG

 

Extraits de

Dansez maintenant tout l'été et dans la bise 

 

de  Marièva Sol

 

  

J'ai écrit ce recueil pour accompagner par les mots

 mon exposition  de DANSES (Dessins aux crayons bleu)

 et PLOCs (Peintures aux encres de couleur)

à l'ESPACE ART GALLERY à Bruxelles en mai 2012

Voici trois poèmes qui en sont extraits:

 

 

Elle danse mon âme

 

 

Il danse mon rêve il danse

Sur les berges en lumière

Des torrents et des rivières

Où dans l’herbe je m’allonge

Pour me noyer dans un songe

 

Il danse mon cœur il danse

Sur les lèvres de l’aimé

Où il se penche affamé

De baisers et de tendresse

Au seuil d’une nuit d’ivresse

 

Elle danse ma joie elle danse

Sur les étoiles qui brillent

Dans un ciel feu qui fourmille

De célestes harmonies

Si proches de l’infini

 

Elle danse ma vie elle danse

Au fil bleu de mes destins

De famines en festins

Des fous rire de l’enfance

Au futur des jours de chance

 

Elle danse ma foi elle danse

De la crèche au Golgotha

De calvaires en piétas

Liant demain à hier

Par un ruban de prières.

 

Claquettest.JPG

 

 

 

Bastringue pour une biographie

     

 

Au bal de mon existence

J’ai dansé mes jours de chance

Et gigoté mes romances

 

Lorsque j’étais jeune fille

En agitant mes gambilles

Je partais en séguedille

 

J’ai appris sur un volcan

En brûlant et suffoquant

La gaillarde et le cancan

 

Dans les bras de la misère

J’ai fait trois tours à l’envers

Les pieds nus en plein hiver

 

Grâce à mon prince andalou

Un filou assez jaloux

Deux pirouettes avec un loup

 

Puis sans demander pardon

Quatre pas de rigodon

En prélude à l’abandon



Etant gourgandine

J’ai cherché pour la biguine

Une compagnie coquine

 

Au tango de la tendresse

J’ai tangué dans l’allégresse

Au rythme de tes caresses

 

Quand on se dira adieu

J’irai guincher dans les cieux

Avec les anges gracieux

 

Ce sera mon dernier bal

Enlacée au corps astral

D’un cavalier sidéral.

 

 

Charlestont.JPG

 

 

 

Quand Eole déchaîné tourbillonne

 

 

 

Bal

Brutal

Des vents fous

Qui tout à coup

Soufflent en tempête

Mugissent et répètent

 

Dans une danse macabre

Leur hurlement de mort et cabrent

L’arbre en une ronde furieuse

Vouent à une fin ignominieuse

Les gens emportés par ce quadrille impie

Malmenés comme des jouets et des toupies

Enfin rassasié le typhon s’éloigne

Et les champs dans leur nudité témoignent

De cette bacchanale vécue

Alors épuisé et vaincu

Le japon se relève

Contemple ses grèves

Et il cicatrise.

Douce une brise

Bien soumise

Fugace

Valse.

 

 

 

  Dansez maintenant tout l'été et dans la bise

 

 

bema

 

 

4eme-de-couverture-bistrot-des-poemes.jpg

 

Extraits de

Le bistrot des poèmes 

 

de  Benoit Dumont Gimenez

 

  

Voici trois poèmes extraits 

du recueil de Benoit Dumont Gimenez

Les illustrations que vous découvrirez

dans cet article, présentes dans le recueil,

sont de Marièva Sol.

L'illustration de la Première de couverture

est de Jacques Ansan

 

 

Les yeux ouverts

 

Je suis de ceux qui rêvent les yeux ouverts

On admire mieux de la lune l’immense vert

De notre terre bleue comme une orange.

Je suis de ceux qui nagent avec les anges.

Pardon aux piétons à qui j’écrase les pieds,

La tête pleine d’eau, j’ai le réel tout empêtré

De sublime avec les embruns de l’océan

En pêcheur d’images, je m’assois sur un banc.

 

Un poulpe s’accroche aux éperons d’un maréchal

Crottés par des Perlons, anarchisme radical.

Les usagers, avec le mal de mer du matin,

Prennent le poisson-chat de la ligne Quatre-vingt.

A marée haute, il est bondé comme de coutume

Et le courant de vie brûle de mille écumes.

 

Je suis de ceux qui brassent les yeux ouverts

On admire mieux de la mer notre atmosphère.

Pardon aux poissons à qui j’écrase les nageoires

Dans ma tête en l’air, j’ai le réel aléatoire

Je sculpte mes visions en folie docile ;

En homme poète, je m’assois sur une île.

 

Sur le cheval d’airain du général Nivelle

Je galope d’éclats de gouache en aquarelle.

Les usagers, dans les nuages, prennent le métro,

Mer de tranquillité terminus Porte Maillot.

Même au septième ciel, il est bondé.

Je suis de ceux qui vivent les yeux fermés.

 

 

2011

 

 

trois notesTrois notes

 

Nos existences tiennent en trois notes.

La seule partition dont on est certain.

Le prologue, l’action d’être en chemin,

Le final qui vient après la tremblotte.

 

La première est la note de ta naissance.

Quel incréé s’est tant créé à l’infini ?

Combien d’aînés se sont aimés en donner vie

Pour que le rien permette ta présence ?

 

La seconde est la seule en lumière.

C’est une montagne russe de sentiments.

Le temps file et te pousse loin devant

Pendant que tu regardes trop derrière.

 

La note ultime vibre dans l’immortalité.

D’abord, fleurs et regrets éternels en couronnes.

Puis ta réalité ne sera que bout de génomes.

Tu deviendras maillon de la chaîne des aînés.

 

Un air n’exprimant qu’une anecdote…

Un tour et puis s’en vont les illusions.

Alors profite du son de l’accordéon.

Car, en fait, Ta vie tient sur une note.

 

2010

 

  Ma bardot

  Ma Bardot

 

Comme chaque jour, je me noie

A la pression du taulier.

Ma bouche est pleine de renvois.

Je suis mal dans mes étriers.

 

La pluie accable Paris.

Dans mon bistrot, je crève la mort.

Fait gris dans mon quartier pourri.

Et le patron qui m’ignore…

 

Des fois, y a de la joie,

Dans le cul de mon verre.

Des fois, sérieux, j’y crois

A quitter, pour de bon, ma bière.

 

A savoir pourquoi je bois,

Depuis le temps que je picole,

Je connais plus l’histoire, je crois.

Je l’ai noyée dans mon formol.

 

Je rêve d’un p’tit boulot.

Un truc simple, un plan michto,

Mais pas de gonzesse, pas de mélo,

Vu qu’en amour, j’ai eu ma Bardot.

 

Les clients l’appelaient Lolo.

Un beau minois. Un cul d’enfer.

Avec un gros cœur d’artichaut

Et de tendres yeux verts.

 

Elle m’a voulu. Elle s’est plantée.

Je l’ai prise. J’ai abusé.

Un prince charmant n’a, jamais,

Une ardoise au troquet.

 

Mais quelle idée tordue, elle a eue

De vouloir sauver l’ivrogne.

Vu que pour jouer l’élu

Faut des trous dans les pognes.

 

 

Pourtant, au début, j’y ai cru,

Comme une pub à la téloche.

Mots d’amour et jolie bru…

M’a même flanqué d’un gosse.

 

Le hic, c’est qu’à chaque rue

Y a des bistrots qui s’accrochent

A ton pas d’homme résolu,

A tes promesses pleins les poches.

 

De la mousse à la goutte

C’est comme la clef du sésame,

Jusqu’au dernier pour la route !

Allons, femme, c’est pas un drame !

 

Pis faut dire que j’ai abusé,

A rentrer toujours rance.

Oh ! Qu’elle pleurait… qu’elle hurlait..

Je lui ai collé quelques danses.

 

Un jour, elle a tracé sa route

Avec le môme et ma fierté.

Accoudé au zinc, je me dégoûte.

C’est bonne raison d’écluser…

 

Des fois, je rêve d’un petit boulot.

Un truc simple, un plan michto.

Mais pas de gonzesse, pas de mélo,

Vu qu’en amour, j’ai eu ma Bardot.

 

2010

  la complainte du p'tit noir, la jaquette 023

 

  beasyma

 

 

Voeux-ruche-blog-01.JPG

 

 

La Ruche Des Arts

vous souhaite

Une année fraternelle

 

 

Et vive la fraternité!!!

  

Voici quelques propositions que nous vous invitons

 à méditer avant de vous endormir:

 

 

L'éternité, l'Egalité et la liberté sont

des droits, la Fraternité est une obligation morale

Jacques Attali

 

 

J'ai rêvé d'un monde de soleil dans la fraternité

de mes frères aux yeux bleus.

Léopold Sédar Senghor

 

 

Une heure d'ascension dans les montagnes

fait d'un gredin et d'un saint deux créatures

à peu près semblables. La fatigue est le plus court

chemin vers l'égalité, vers la fraternité.

Et durant le sommeil s'ajoute la liberté.

 Friedrich Nietzsche

 

 

La fraternité du malheur est

la fraternité la plus rapide.

josé marti

 

L'égoïsme et la haine ont seul une patrie,

la fraternité n'en a pas!!!

Alphonse de Lamartine

 

 

Qu'est-ce que la démocratie,

sinon la fraternité entre les hommes et les femmes

et une certaine affection

sororale entre les femmes

Agatha Christie

 

 

le vin apporte plaisanterie et fraternité,

le vin nous attire maints amis,

l'eau les fait partir.

Michel Mocherosch

 

 

 

 

 

 

 

Amis poètes
la Ruche des Arts,
ces jours de fêtes
vient sans retard
vous souhaiter...
oyez oyez,
au violoncelle...
...Joyeux Noël ? 
Non, que nenni !
Joyeux poèmes
Tous bien finis
Qu'à tout vent sème
la hotte pleine
de tous nos dits
et mots écrits...

 

 Le texte est de Sylvie Hérout 

  Le sapin poétique est de Sabine Kahsay Habtemichael

 

 

 

 

Sous l'étoile de Bethléem

Pour Bianca

 

Quand le soir est venu

Je regarde dans la rue

Je vois les fenêtres ornées

De beaux sujets sculptés

Dans du joli bois clair

Que les lampes éclairent

                        Sous l'étoile de Bethléem

Sages sont les animaux

L'âne gris et l'agneau

Veillent sur l'enfant divin

Jusqu'au petit matin

                       

 Quand le soir est venu

Je flâne dans les rues

Et sens l'odeur sucrée

Des bonnes amendes grillées

Des chauds beignets tout ronds

Des pommes, sur un bâton

Piquées, rouges et luisantes,

A la chair succulente.

Les enfants, étonnés,

Se mettent, haut, à rêver

                       

 Quand le soir est venu

J'observe dans les rues

La foule, à pas pressés,

Parcourir le marché

Ouvert pour la Noël

Dans sa parure toute belle

                        Sous l'étoile de Bethléem

Je sais aussi que toi

Attends pleine de joie

Que vienne, mystérieuse,

La fête merveilleuse.

 

Poème de Maryse Licette

– Dresde, décembre 2006

Photo 081 

 

QUATRAINS DE NOEL
 
 
Sur l'asphalte souillé, la mendiante quémande.
Créature sans âge, femme sur le retour,
Depuis longtemps pour elle c'est le compte à rebours.
Elle n'attend de la vie rien d'autre qu'une offrande.
 
 
Gueule de clown barrée d'une étrange mimique,
Il arrache aux enfants à tout coup un regard.
Il s'amuse le bougre, fascinant et magique
A claquer sous leurs yeux de bizarres pétards.
 
 
Au pied du haut sapin, que coiffait une étoile,
L'enfant triste pleurait, silencieux et chagrin.
On ne devinait pas sous le flou de son voile
Le soupçon d'un sourire, le désir d'un câlin.
 
Poème de Sylvie Herout

 

be

 

 

 

Extraits de

Âme vagabonde 

 

de  Maryse Licette

 

  

Voici trois poèmes extraits

 du recueil de Maryse Licette
Photo (ci-dessus) de rosée du matin : David Desjardins

 puis tableaux de Friedrich et Pissaro...

 

 

 

Rosée du Matin

 

Dresde, le 27 décembre 2010…

 

Rosée du matin

Gouttes d’eau en lente coulée

Sur le bord de l’oreiller

Bien doux rêves envolés 

Est-ce du chagrin ?

 

Rosée du matin

Larmes délicatement versées

Par la nature réveillée

Que le soleil vient sécher

Petit, gros chagrin ?

 

Rosée du matin

Perles de cristal accrochées

Aux herbes et fleurs étonnées

Comme de fins colliers sculptés

Non, pas de chagrin…

 

 

barbati-20contempland-20luna.jpg 

 

Beauté argentée 

 

Rosny-sous-bois, le 23 novembre 2008

Tableau : « Deux hommes regardant la lune » de Friedrich

 

 

Sous son voile tout étoilé

La ville s’est retirée

Dans un long silence pieux

Que parfois seul vient troubler

Un klaxon fort éhonté

 

Pour le repos bien mérité

Le vent s’est tout apaisé

Dans les grands arbres noueux

Même les chouettes se sont tues

Dans leurs beaux songes perdues

 

Soudain, le ciel de nuit, bleu,

Ouvre son rideau nuageux

Et dévoile boule argentée

Livrant alors à mes yeux

Joli faciès lumineux

 

Entre deux arbres suspendue,

Par d’invisibles bras tenue,

Sous ta voilette nébuleuse

  Tu affiches sourire coquin

Sur ton visage mutin

 

 De peur de te déranger

 Aucune brise s’est levée

Pour poser de douces bises

Sur ta face toute tranquille

Eclairant, paisible, la ville

 

Je ne pouvais détacher,

A la fenêtre, médusée,

Hypnotisés, mes regards,

Car par une telle beauté

J’étais vraiment subjuguée !

 

Alors deux hommes seulement

Regardant le firmament

Manquaient pour que l’on se croie

Les spectateurs du mutisme

D’un grand peintre du Romantisme

 

 175798.jpg

 

 

Tendre Refuge

 

Rosny-sous-bois, octobre 2007…

 D'aprés« Paysage à Chaponval » de Pissarro

 

Par une chaude journée

Aux empreintes de l’été

Comme il est dans mes habitudes

J’allais toute en béatitude…

 

Soudain au détour d’un sentier

Emerveillée, là, je te vis

Au fond de la vallée blotti

Tes maisonnettes sagement alignées

Leurs paupières délicatement fermées

Sous leurs coiffes, bleuets et coquelicots

 

Tranquille tu dormais petit hameau

Dans le calme serein enveloppé

Le soleil, ses rayons étalant

Tels des cheveux d’anges caressants,

Te faisait oublier les labeurs

Et te berçait de sa douce chaleur

 

Comme par une baguette magique touché

Au bord de tes songes tu reposais

Rien ne venait troubler ton sommeil

Non plus que la vieille femme en éveil

Là-haut, de nuages auréolées,

Seules deux silhouettes livraient leurs secrets

 

Près de ton arbre aux mille pensées

Attendri par l’animal broutant

Par une chaude journée

Aux empreintes de l’été

 

Âme vagabonde 

 

 

bealma

 

 

 

Cypora 3

 

 

Extraits de

Le monde à ma fenêtre 

 

de  Cypora Herszhorn

 

  

Voici trois poèmes extraits

 du recueil de Cypora Herszhorn
illustrés par les photographies de Ruth Sebagh

 et de l'auteure elle-même.

 

 

Le regard de l’amour

 

Ton regard amoureux, épurant toute chose,

Tel un oiseau s’élance avant de se poser,

Sensuel et fervent, s’attacha à ma rose

Avec empressement, avant de l’effeuiller.

 

Et notre amour fut fort et jaloux…Mais si tendre,

Que mon corps s’enflamma sous le baiser fougueux

Que ta bouche m’offrit alors telle une offrande…

…J’en ai gardé le goût au-delà de l’adieu.

 

Si j’ai reçu ton cœur tout entier dans mon âme,

Un beau rêve d’enfant la tenait habitée

L’emplissant, doucement, d’un exquis vague à l’âme

Qui vint la tenailler jusqu’à la volupté !

 

Je le jure à présent qu’aucun être vivant

N’aurait pu séparer ni l’esprit, ni la chair !

Le fétu que j’étais aurait semé le vent,

Pourchassant l’importun jusqu’au bout de l’enfer 

 

 

cypora1 

 

 

Petits moineaux

 

Petits moineaux, j’entends vos cris dans la forêt

Et dans les marigots aux milles frondaisons…

…Puis, le soleil décroît à la morte-saison

et la neige emmitoufle le dessous des haies.

 

A la saison jaspée, quand revient le printemps,

Que perce le Muguet, hulule le hibou,

Je me prends à rêver quand le paon fait la roue

Et qu’il s’offre à sa mie en beaux frémissements.

 

Voici venir le temps des pourpres de l’Automne

Et les feuilles se noient dans l’eau de mon bassin,

En me tournant le dos d’un mouvement hautain,

Le vent poursuit sa course en courses monotones.

 

Petits Moineaux des bois, que vos chants qui résonnent,

Que ce soit au Printemps, en été, en hiver,

Ne s’éteignent jamais, même si c’est l’Automne :

Vous êtes les gardiens du paradis stellaire !

 

 

 

cypora 2

 

 

Le festin de Phoebus

 

La langue du soleil s’enroule à mes paupières,

S’attarde sur mon front et mes lèvres salées

Et, glissant sur mes joues, telle une dentellière,

Rebrode mes atours d’un napperon doré.

 

Je la sens qui musarde au creux de mon épaule

Puis, en bébé gourmand sur mes seins dévêtus

S’appesantit, avide, autour d’une aréole

Pour téter, goulûment, un peu de lait. Repue,

 

La voici qui gravit mon ventre de satin

Et se fait languissante au galbe de ma cuisse

Pour se blottir, enfin, sur mes jambes d’errain

Et s’endormir aux pieds du jardin des délices.

 

Et mon corps tout entier se vêt couleur olive

Sur le sable doré, en se gorgeant du miel

Que bave, peu à peu, la langue du soleil

En laissant sur ma peau un peu de sa salive.

 

 la complainte du p'tit noir, la jaquette 022

 

 

Extraits de

Recto-Verso 

de  Michèle Lassiaz-Chambon

 

 

Voici trois poèmes extraits du recueil de Michèle Lassiaz-Chambon
avec les illustrations de Seghir tamarzit et
 d'Alain Briantais.

 

Photo 071

 

Regards 

Regards perdus, égarés

D'hommes seuls

Croisés dans les rues.

Regards abattus, épuisés

de S.D.F rencontrés.

Regards engloutis

des alcools de métro.

Regards pétillants

Des maternelles.

Regards aguicheurs

Des jeunes en goguettes.

Regards éblouis

De la mère offrant son sein

A son tout petit.

 

  

 

à Yanis

 

Tes yeux

Sont les étoiles de ma vie

Ton sourire

La lumière de mon coeur

Tes paroles

Le miel de ma pensée.

 

Photo 070

 

 

Place du Tertre

 

à Monique

 

Les derniers peintres

désertent la place du Tertre.

Poussées par un vent glacial

les feuilles jaunies virevoltent

autour des rares chevalets.

Au café, "Le clairon", deux manouches

grattent sur leurs guitares

des airs d'autrefois..

Les touristes attardés délaissent les lieux

engoncés dans la nuit

encore quelques accords mélancoliques

quelques lumières de bistrots

Et le silence s'installera

Pour quelques heures

Sous la houlette

du Sacré-Coeur

 

décembre 2006

 

 

Photo 069 

 

 

 

 bemo

 

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 022

 

 

 

 

 

pc sécurité dsea 009

 

 

 

Errances

 

d'Oguène

 

 

Voici six poèmes extraits du recueil d'Oguène
avec les illustrations de l'auteure elle-même:

 

 

Moissons 1

 

Nous moissonnons

L'herbe sous nos pieds

La pierre frissonne

Et l'amant de nos soirées

S'approche doucement

Au détour du chemin

Caressant nos épaules

Il vient se nicher

Au creux de nos reins

Jusqu'à ce que l'ombre

Nous saisisse

Nous enveloppe

Et de ses mains humides

Rafraichisse nos coeurs

Trop chauds

Des rayons de l'été

 

pc sécurité dsea 010

 

 

 

 

 Moissons 2

 

Les formes moites de la terre

Glissent sous les haillons

de l'automne vieillissant

Moelleux

Nos pieds se crispent

Sur les noeuds serrés

De son corps durci

Nous pénétrons le vallon

De la loge des Chouans

Si nous sommes brigands

Nous sommes aussi ses amants

Comme le soleil est le nôtre

Chaque fois qu'il nous abreuve

Et nous dispense sa sève ardente

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moissons 3

 

Nous changeons de couleurs

Nous changeons de parfums

La terre se contracte

Son corps nous accueille

Incertains

En nattes tressées d'épis verts

Des branchages flottent

Et viennent nous effleurer

Nous sommes pionniers

Ensemble nous traversons

Le Kaléidoscope

De nos corps irradiés

 

 

 

 

 

pc sécurité dsea 012

 Pourtant...

 

Temps de neige

Temps de pluie

Le vent accompagne

Notre peine

Pourtant l'espoir se mêle

A la bourrasque

Que devient notre vie

Au long des jours

Gris d'incertitude

Gris d'angoisse

Temps de neige

Temps de pluie

Nos émotions claquent

Et se déchirent

Feuilles perdues

Au pied du tronc blanchi

De notre destin meurtri

Temps de neige

Temps de pluie

Le vent accompagne

Notre peine

Pourtant l'espoir renaît

Dans la bourrasque

Qu'est devenue notre vie

 

 

 

 

 

 

pc sécurité dsea 011

 

 Le Clown jongleur 1

 

Tes mains révélaient

Tes secrètes pensées

Indifférentes

Figées

Muettes

Passionnées

Chaudes

Vivantes

Vagues paisibles

Vagues enfiévrées

Vagues éclatées

Vagues dispersées

Elles m'ont ensorcelée

 

 

Le clown jongleur 2

 

Une légère écume

En vagues neigeuses

Roule et recouvre

Les branches colorées et nacrées

Des petites étoiles qui ourlent

Le coin de tes lèvres pourprées

Ton regard doré

Sur la partition secrète

De nos pensées

S'est posé

Ton corps puissant

Sous le tissus soyeux

De ton costume-jockey

Frémit

Ton abondante chevelure bouclée

Au rythme endiablé

Par tes gestes de jongleur

Imprimé

Bondit et danse

Les balles multicolores

Jaillissent

Messagères des illusions joyeuses

D'où notre enfance

De tant d'années d'adulte figé

Renaît

Libérée en un rire fugueur

Ondes éclatantes

L'air les sème

A tous vents

Déferlantes de perles

Sonores et ruisselantes

 

 

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette-copie-1

 

 

besymomo

 

 

La Galite c’est une île minuscule, perdue en Méditerranée,
 entre la Sardaigne et la Tunisie. C’est une île volcanique,
aride et sauvage. J’y suis né, j’y ai passé toute mon enfance.
C’est en souvenir de mon île que je m’appelle Pierre de la Galite,
comme une pierre de la Galite”

 

 

l-copie-1.jpg

 

  Pierre de la Galite a besoin de nous !

 

Pierre, notre ami, a 15 chansons toutes prêtes à être enregistrées.
Bon nombre de ses amis attendent avec impatience la sortie de
son nouvel album, pour être surpris une nouvelle fois par la beauté
de ses paroles, par sa douce voix aussi joyeuse que mélancolique,
par ses refrains oniriques que l’on se surprend à
chantonner toute la journée…

 

Oui, mais voilà… il y a comme une petite difficulté…
Mais laissons Pierre nous l’expliquer au travers des paroles
de l’une de ses nouvelles chansons :

 

J’ai besoin de pognon
J’en ai fait un’ chanson
Le boulot ne paye plus
Tout’ façon y’en a plus
Ceux qui en ont un peu
Ils le gardent pour eux
Ceux qui en ont beaucoup
Ne partagent pas c’est fou

Cherchez bien dans vos fouilles
Un’ petite pièce qui rouille
Un billet chiffonné
Est peut-être égaré
Cherchez bien dans vos poches
Un sourire de Gavroche
Un geste d’amitié
Un mot d’humanité...

 

Pierre a donc besoin de nous tous. Voici sa proposition :

 

"Un CD c’est 15 euros. Il suffit de me les envoyer et vous recevrez le CD dès sa sortie. Beaucoup d’artistes gèrent de cette manière la création d'un album. Je ne peux

que souscrire à cette nouvelle forme de mécénat. J'ai besoin de pognon et vous aimez mes chansons..."

 

 

 

 

... J’ai besoin de pognon
J’en ai fait un’ chanson
J’ai beaucoup travaillé
Je me suis fait virer
Ne changez rien pour moi
Gardez bien votre emploi
Je peux vous l’avouer
J’ai plus envie d’bosser

Cherchez bien dans vos fouilles
Un’ petite pièce qui rouille
Un billet chiffonné
Est peut-être égaré
Cherchez bien dans vos poches
Un sourire de Gavroche
Un geste d’amitié
Un mot d’humanité...

 

 

Si vous souhaitez aider Pierre, veuillez vous faire connaître sur notre adresse e-mail

 laruchedesarts@hotmail.fr

 

Et nous lui transmettrons vos coordonnées. Nous espérons sincèrement qu’un élan d’amitié et de fraternité pourra nous permettre d’écouter encore et encore ses merveilleuses chansons.

 

A vot’ bon cœur, les aminches...

 

pochettenet1

 

 

... J’ai besoin de pognon
J’en ai fait un’ chanson
Si j’m’en sors pas je meurs
Ou je me fais voleur
Vous ne s’rez pas gagnants
Ca coût’ra plus d’argent
Pour construire des prisons
Et payer les matons

Cherchez bien dans vos fouilles
Un’ petite pièce qui rouille
Un billet chiffonné
Est peut-être égaré
Cherchez bien dans vos poches
Un sourire de Gavroche
Un geste d’amitié
Un mot d’humanité

J’ai besoin de pognon
J’en ai fait un’ chanson
Chantez donc avec moi
Qui sait ça servira
Qu’un revers de fortune
Vous laisse nu sous la lune
Vous aurez l’occasion
De chanter ma chanson

Cherchez bien dans vos fouilles
Un’ petite pièce qui rouille
Un billet chiffonné
Est peut-être égaré
Cherchez bien dans vos poches
Un sourire de Gavroche
Un geste d’amitié
Un mot d’humanité

Cherchez-bien dans vos fouilles
Un’ petite pièce qui rouille
Un’ petite pièce

 

Paroles de Pierre de la Galite

 

 

bechmoal

 

 

pc sécurité dsea 017

 

Demain sera un autre jour

 

de  Michèle Lassiaz Chambon

   

 

Voici trois poèmes extraits du recueil de Michèle,
avec les illustrations d’Anne de Constantin

 

 

Des petits riens

 

Petits bonheurs sans fin de rien

Une branche d’églantier 

Sortie d'un fourré 

 pc sécurité dsea 018

 

Le sourire furtif d’un inconnu croisé

Le retour d’un ami longtemps éloigné

Jamais oublié

 

Les ronronnements d'un matou

Enfin retrouvé

 

Les senteurs du tilleul d’à côté

L’émoi d’une chanson toujours appréciée

 

Un déjeuner inattendu

Sur l’herbe fraîchement coupée

 

Une marche sous le crachin

D’une fin de journée

 

La découverte d’un ruisselet dans un pré

Une échappée de maternelle

 

Les accords cristallins

D’une harpe dans le métropolitain

 

La tétée d’un bébé dans un train

Merci pour ces multiples petits riens

 

remerciements à Yves

 

 Je suis

 

Sac à rires

sac à pleurs

en alternance

pc sécurité dsea 019je suis.

Dans le plein

ou dans le rien

dans l’abandon

ou dans la fusion

dans la présence

ou dans l’absence

je suis.

Dans l’intolérance

et dans la tolérance

j’alterne.

Dans les rêves

et dans la danse

je suis.

Dans l’humour

ou dans la nostalgie

dans la sagesse

ou dans l’extravagance

je suis...

Et dans l’amour

je voudrais être

toujours.

 

 

 

pc sécurité dsea 021

Couleurs

 

Des touches de couleurs serrées sur un trottoir

De la rue Montorgueuil

Des agglutinés bavant devant un saltimbanque

Des badauds déambulant fontaine des Innocents

Des croquants de la butte Montmartre

Des amerloques sur les Champs

Des mitrailleurs de la gâchette, parvis Notre-Dame

Des fanfares bruyantes rue de Buci

C’est ça Paris

 

Des traînards, rue des Lombards

Des fêtards, rue de Lappe

Des routiers vieillots à Montreuil

Des sans lendemains dans le métropolitain

Des noceurs aux Quatre Chemins

Des farceurs à Saint-Germain

C’est ça Paris

 

Des foules bigarrées des puces de Clignancourt

Des impromptus rue Saint-André des Arts

Des bourlingueurs fontaine Saint-Michel

Des hirsutes, des paumés, des faiseurs

Des harangueurs au forum Pompidou

C’est toujours ça Paris

 

   Des bon chic, bon genre de la rue de Passy

Des africaines enrubannées, nattées

Vendant leur maïs cuit au marché, rue de Jean

Des boutiques d’étoffes chatoyantes de la Goutte d’Or

D’où s’échappent des djellabas

Des kyrielles de restaurants asiatiques

Grimpant rue de Belleville

Et des boutiques alléchantes

Aux odeurs d’Orient, passage Brady

C’est aussi ça Paris

 

L’église rustique, tranquille de Saint-Médard, rue Mouffetard

L’échappée de Saint-Eustache

  Et l’humble Saint-Julien-le-Pauvre

L’indéfinissable Notre-Dame

L’insolite patisserie, basilique du Sacré-Coeur

L’élégante Sainte-Chapelle

La raffinée Saint-Séverin

Et la modeste église des Billettes

C’est encore Paris

 

Ceux qui vous bousculent sans vous voir

Ceux qui ne voient rien

Harassés par le train-train

Ceux qui frémissent de bonheur

A rêvasser sur la passerelle des Arts

 

Ceux qui s’avachissent sur les grilles des bouches de métro

Ceux qui boivent au goulot

Ceux qui n’ont plus rien

Que la désespérance, métro Rambuteau

Ceux qui sourient encore

Au bonheur de regarder les promeneurs

Jardin du Luxembourg

Et ça, c’est encore Paris

 

 

à Hervé

 

 

 

pc sécurité dsea 016 

 

bemialmsy

 

Ruche des Arts

la-complainte-du-p-tit-noir--la-jaquette-075.jpg

 

 

 

Traverses

 

de Valérie Bellet

 

 

Aprés vous avoir récemment fait découvrir l'univers poétique de notre amie Valérie Bellet, voici quelques textes et poèmes empruntés ici ou là dans son recueil "Traverses". Edité par notre collection associative "La collection du cercle des poètes du 18éme" cet ouvrage est illustré de trés belles photos de Brigitte Masalves.

 

 

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 072

          Maux ments

 

       Y a des moments

       Ou c'est pas l'moment

       Y a des moments

       C'est l'moment

       Mais y a pas l'espace

       Pour vivre le moment

       Et y a des moments

       Y a l'espace

       Mais c'est pas l'moment

       Eh bien moi,

       J'sens que c'est l'moment

       Et même que j'ai l'espace

       Pour vivre l'moment

 

 

 

 

 

 

 

 la complainte du p'tit noir, la jaquette 073

 

 

 

          Courant d'ére

 

      Et moi je ris

     La bouche grande ouverte

     Je laisse passer l'air de mes envies

     Et sur la planche de mon délire

     Je mosaïque mon désir

     Danse de lumiére

      Sur mon corps éphémère

 

 

 

 

 

 

 

Qué Passa

 

 Je suis assise sur un nuage qui va

J'ai froid aux pieds

Je perds le nord

Je suis déboussolée

 

J'ai des visions

Peut-être suis-je ensorcelée?

 

Le monde s'endort

Des femmes en haillons

Se mettent à chanter

A crier,

A danser

Le vent se lance dans les chapeaux des passants

Des têtes s'envolent

Une main boudeuse en plein boulevard

Une main qui hurle

Qu'elle n'a jamais tué

Qu'il nous faut pas tout croire

 

Je suis assise sur un nuage qui va

J'ai froid aux pieds

Je perds le nord

Je suis déboussolée

 

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 071 

 

 

 

Pour se procurer "Traverses" de Valérie Bellet 

 

laruchedesarts@hotmail.fr

 

 

 

 

 

  besydi

sapin-de-noel

 

 

C'était à Bethléem...

 

de Cypora Herszhorn-Sebagh

 

 

C'était Noël hier, une nuit merveilleuse

Où l'âme d'un enfant est venue scintiller

Et, dans le firmament, la lune était envieuse

Car une étoile d'or s'était mise à briller.

 

Si pure et si divine, aussi blanche que neige,

Que son tout premier cri escorté par le vent,

S'élevant tout là-haut en fugue et en arpèges,

Ecarquilla les cieux avec étonnement.

 

C'était à Bethléem dans le froid de décembre

Que, dans un lit de foin, deux pélerins transis,

Ne sachant où aller, se firent une chambre:

Il s'appelait Joseph et elle était Marie.

 

C'est alors, qu'au matin de cet instant magique,

Entre l'âne et le boeuf, se sont agenouillés

Des mages et des rois, des souverains celtiques,

Apportant des présents, des rubans, des colliers.

 

Et, depuis ce temps-là, chaque fin de décembre,

Sous la lune et l'étoile enfin réconciliées,

Sur un traîneau de bois chargé de jade et d'ambre,

C'est Noël qui revient dans ma cheminée.

 

 

Cypora Herszhorn-Sebagh 

Extrait de "Le monde à ma fenêtre"

Edition "Collection du cercle des poètes du 18ème"

 

 

 

symo

 

 

AfficheOrange

 

 

Billet-poème de Bernard Philippon

 

A propos de  La rue à l'en-[vert]

  Octobre 2011

 

  Le dimanche 18 Septembre, La Ruche des Arts a souhaité au travers de l'évènement "La Rue à l'en-[vert] faire naître une autre vision de l’espace public partagé, car il n’est, selon nous poètes citadins, de ville à dimension «humaine» sans poésie, ni sans écologie !

 

 Aussi, nous avons proposé, autour d’une table accueillante, de permettre à tous les passants de s’asseoir quelques minutes afin de laisser leur esprit vagabonder dans un espace dédié à la poésie autour de thèmes intimement liés à la nature et à son respect.

 

   Envisageant également de renouer avec la tradition populaire des chanteurs de rue, certains de nos membres ont chanté, ont déclamé et, même, fait chanter les passants.

 

 

 

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 017

 

Bernard Philippon fut celui qui fit devenir poète de simples passants.

Voici le billet-poème qu'il a écrit pour nous conter cette journée si particulière:

 

 

Ru(e)-che à l'en-[vert]

 

 

"Paris plage", pari sur Seine...

Tournons la page en courts poèmes :

Adieu voitures, vivent les vers,

Rue du Poteau : "Rue à l'en-[vert]!"

 

Vous Parisiens, vous Parisiennes,

Fils de butte, enfants de bohème,

Fêtons une rue sans voiture :

Retour de l'homme à la nature...

 

Ouvrez, ouvrez tous vos esprits

A quelques heures de bon temps pris...

Ouvrez, ouvrez tous vos logis

A quelques heures d'écologie.

 

La rue ce jour nous appartient !

Amis passants, soyez sereins:

Joie d'écrire vous tend la main ;

Nouveau dimanche en mieux... en bien !

 

 

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 012 

Ici s'écrit la poésie

En beaux quatrains à l'improviste

Tirant au sort rîmes jolies,

Devenez tous écologistes !

 

Car le thème aussi est tiré

Parmi un choix parlant : "Nature",

Phénomène de société

Dans l'air du temps - Belle aventure !

 

Et c'est ainsi, bon an mal an,

Qu'une trentaine de passants

se sont laissé prendre au tournant :

Plaisir d'écrire, plaisir troublant !

 

Certains ont eu du mal,

- Bien peu d'entre eux a renoncé -

Disant "la fleur" ou "l'animal"

En des quatrains bien balancés.

 

Tous, ont paufinés leurs écrits

Et pris le temps de versifier.

- Vagabondages de l'esprit -

Leur poème, ils nous l'ont confié...

 

En voici reproduits ici

Quelques extraits à partager ;

Passants ravis les ont produits

Dans un moment de liberté...

 

***

 

Et vive la Rue à l'en-[vert] !

Un beau dimanche sans voiture,

Des vers en vert pour changer d'air

Et vivre ensemble l'écriture...

 

 

 

Billet-Poème de Bernard Philippon

 

 

la-complainte-du-p-tit-noir--la-jaquette-002-copie-1.jpg 

 

Suite de cet article, Les quatrains de la Rue à l'en-[vert]

Où nous publions dix des plus beaux quatrains, selon Bernard, qui furent créés par les passants-poètes...

Où vous admirez, enfin, quelques uns de nos artistes sur la scéne de la Rue à l'en-[Vert]...

 

 

41398 100000494839695 3046 n Un grand merci à Yves Picart qui, depuis plus d'un an maintenant, participe avantageusement aux activités de notre association.
Comme vous l'aurez remarqué à la parution de précédents articles, ses pensées brèves ainsi que ses haïkus contribuent à l'enrichissement poétique de notre blog.

Pour découvrir d'autres créations de notre ami, il suffit de cliquer sur les liens suivants:

 

Un Haïku d'Yves

Un nouvel haïku d'Yves Picart

 

 

41398 100000494839695 3046 n 

Une création D'Yves Picart

 

 

2-ecolier-.jpg

 

 

Un autre haïku publié sur ce blog:  Un Haïku d'Yves

 

 

 

 

 

41398 100000494839695 3046 n

 

  Une création D'Yves Picart

 

Talon aiguille 

 

 
 
 

 24347 1214324767956 1523931712 30438938 2389119 n

 

 

AUFKLÄRUNG

de Sylvie Bourgouin 

   

Les Lumières

Hymne de joie

Viva Liberta

 

Les Lumières

Magnificat

Or et blanches dames

 

Les Lumières

Coquilles Vénus

De la Raison Pure

 

Les Lumières

Candide Egalité

Esprit des Lois

 

Les Lumières

Panthéiste clarté

Des idéalismes

 

Les Lumières

Inondation des Pensées

Limon fertile des oreillers

 

Les Lumières

Soyeuses étoffes

Culte des pommes

 

Les Lumières

Verrous ouverts

Sur les arbres du Livre

 

Les Lumières

Contractuelles

Des confréries

  

Les Lumières

Voyage au centre

Des bassins

 

Les Lumières

Correspondances

Des travaux des chantiers

 

Les Lumières

Flamme claire

Des Grands Soirs

 

Les Lumières

Miroir des jaunes

Reflets des Temples

 

Les Lumières

Hégémonique journée

D’une Europe baisée.

 

  

 

Poème extrait de

  LIBRES COURS

  De Sylvie Bourgouin 

  poésie et guitare, 1995

 édition Thierry Sajat, août 2009.  

 

 

mo 

Ruche des Arts