PleinSens
notre revue depuis sa création
(Historique-détails)
en remontant le temps, la suite dans "Dernières parutions"
Actualisation-mise à jour Novembre 2018



.jpg)
PleinSens n°21
"Le bal"
Les illustrations de cet article, tirées du PleinSens n° 21, sont de
Monique Planque, Marièva Sol et Nicole Durand.
.jpg)
PleinSens n°21 et le bal est donné… Il y a des petits pas de rimes et de prose au détour de toutes les pages… Il y a, aussi, les événements passés, présents et à venir de notre Ruche. PleinSens est une œuvre poétique autant qu’un lien entre nous, les adhérents, les passionnés, les amis.
D’abord, en pleine page numéro 2, il y a les dédicaces de nos amies… Louise Emily pour son recueil « Flammèches » et Valérie Bellet pour « Traverses »…Les multiples photos de Monique Planque et Daniel Audard, qui donnent un aperçu de ces soirées riches de partages et de rencontres, prouvent s’il en était encore besoin que la Ruche est avant tout un lien d’amitié et d’harmonie…Tous et toutes sourient à l’œil argentique comme pour avouer plaisir et merveilles dans le partage poétique…
Puis, en trois temps, le lecteur ravi glisse de poème en poème comme une valse… Mais comme toute musique se termine fatalement, la lecture se clôt par les infos et nouvelles de notre association. PleinSens se penche sur « Les contes en ritournelles » qui ont lieu dans les classes de CM1 et de CM2 de l’école élémentaire du 7 rue Championnet. Les conteurs Didier laloux et Alain Briantais sont les animateurs de cette initiation à la poésie et à l’expression, Bernard Philippon y apporte toute sa veine pédagogique et Pierre de la Galite chante dans les intermèdes musicaux plébiscités par les enfants. L’année passée fut un succès au-delà de leur espérance.
Et puis il y a les manifestations futures pour notre revue publiées en février 2011 mais passées pour nous autres… Le concert de Zita au restaurant La Kahina, le second Salon du Livre de la Jeunesse Solidaire où nous sommes encore en 2014 des intervenants privilégiés, la dédicace future de « Le monde à ma fenêtre » de Cypora Sebagh…
Enfin, il y a aussi un changement qui nous évoque des souvenirs émus. Jacques Ansan quitte sa fonction de président pour raison personnelle… remplacé par Michèle Lassiaz, notre présidente actuelle. Notre ami Jacques, que nous remercions vivement pour toute son énergie déployée et grâce à qui notre association ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui… Merci Jacques et à très bientôt…
Pour terminer ce petit périple de fin d’année 2009,
voici l’éditorial de ce PleinSens n°21, écrit par Monique Planque
Tournez ! Tournez ! Tournez encore ! Et chantez ! le bal n’est jamais terminé. Chaque jour, un nouvel air, une nouvelle rengaine, un nouveau tube nous entraînent… Est-ce un air nostalgique ? Est-ce air endiablé ? Musique douce ou musique assourdissante ? Mais la valse trop marquée socialement, s’est envolée, rangée au musette. Le Charleston est devenu démodé . La java, parmi les plus encanaillés, a été récupérée. Le Rock, lui, est devenu presque Blin Bling. Quant au tango, échappant aux trottoirs de Buenos Aires, il est venu s’échouer sur les quais de la Seine, soudain « Mode » et traversant toutes les couches sociales de la société.
Aujourd’hui, le Slam, par son originalité contestataire, plutôt narration scandée qu‘en folle danse, traverse notre corps et réveille nos esprits.
Les nouvelles sont ce qu’elles sont les amie-e-s…Réapprenons à danser : un petit pas de côté, un autre déhanché. Tout va exploser ! Mais non ! Ecoutez ! écoutez encore, chantez, dansez ! de nouveaux rythmes, de nouvelles musiques se font entendre de l’autre coté de la Méditerranée…
Allez, le bal poétique, liberté de nos pensées, de nos idées et de nos corps en mouvements, n’est jamais terminé…Allez, allez, chantez encore et dansez !
C’est toujours au tour de Marièva Sol
de choisir 3 poèmes sur les 38 publiés dans ce PleinSens.
Vous découvrirez ses choix, chaque lundi,
sur notre blog associatif.
.jpg)
bema

PleinSens n°20
"Le chemin"
Les illustrations de cet article, tirées du PleinSens n° 20,
sont de Jacques Ansan.

PleinSens n°20 clôt l’année 2010 par le thème du chemin. Comme toujours 36 poètes proposent 36 poèmes, chansons et autres textes pour notre plus grande joie.

Toutefois, comme une mémoire toujours vive, notre revue nous narre les tribulations artistiques de nos artistes. Ainsi, Jacques Ansan, dans son Mnémosyne, relate la soirée au jardin du Café Social « des odeurs d’Orient, des musiques arabo-andalouses, du raï, Oum Kalthoum et Edith Piaf ont fait vibrer les murs à pêches de Montreuil. » Puis conte une autre soirée : « Une soirée de rentrée, au café Bab’ilo, en septembre mêla avec bonheur poésie et musiques improvisées ; il faut dire que Joël Verron et Françoise Pujol sont les rois du bœuf et du slam, mots barbares pour désignés la liberté. »
Notre PleinSens n°20 prend la forme définitive de celui actuel. Nous constatons qu’en sa toute fin réside les infos des futurs événements de notre association. Ainsi, prépare-t-on, déjà, le Printemps des poètes 2011 et il y a réclame pour deux dédicaces pour deux nouveaux recueils de notre collection à la librairie L’Eternel Retour : « Flammèches » de Louise Emily et « Traverses » de Valérie Bellet… 
Unanime pour élire Bernard Chotil à l’académie française, le collectif de rédaction de notre revue (Jacques Ansan, Alain Briantais, Sylvie Hérout, Didier Laloux, Michèle Lassiaz, Alain Pizerra et Monique Planque) font la part belle à la lettre ouverte de Bernard pour les sieurs et les sieuses de l’Académie Française : « Je me permets de vous signaler que mon « Discours de réception » est déjà prêt. Irrigué par un lyrisme inédit et l’enthousiasme du néophyte il sera éloquent, dithyrambique, digne de figurer dans les annales académiques et apte à vous faire rosir d’émotion. » Et, en sus de lettre hilarante, PleinSens est agrémenté d’un article promotionnel pour le dernier ouvrage de Bernard Chotil : « Le chotisier de Bernard »
Bref, la saison 2010/2011 de notre association s’entame sereinement avec pléthore d’événements, jusqu’au prochain PleinSens où nous découvrirons de nouveaux changements tel qu’un nouveau président… Mais ceci est une autre histoire….
Pour terminer ce petit périple de fin d'année 2009,
voici l’éditorial de ce PleinSens n°20, écrit par Alain Briantais
"Tous les chemins mènent à Rome dit-on. Oui ! certainement…
comme ils mènent à Tombouctou, Saint Pétersbourg, Valparaiso
ou Gouy les Groseillers. Hormis les frontières et les barrières que les
hommes érigent sur son passage, un chemin mène toujours
quelque part. Certains sont lisses, rectilignes, monotones.
D’autres sont semés d’embûches ; se révèlent dangereux,
hasardeux, voire inaccessibles. Il y a des chemins qui
émerveillent et d’autres qui désespèrent. Il y a des chemins de
traverse qui nous conduisent à bon port, et des chemins tout
tracés qui nous égarent de nous-mêmes. Des chemins de ronde
dont nous ne ferons jamais le tour, et des chemins de croix
qui nous transformeront et nous aveugleront. Jamais
je n’oublierais ce petit chemin ombragé, à l’orée du bois,
quand ma main tenant ta main comme une pierre précieuse,
mon cœur battait la chamade infiniment plus fort que le vent
dans les feuilles légères.
Un chemin, c’est tout une aventure. Ce n’est pas une voie,
parfois sans issue, ni une route où l’on se double et se croise
sans se voir. Car le chemin porte en lui un autre langage,
un trésor merveilleux : il nous ramène au temps réel.
Il y a le temps de la marche. Un pas puis un autre à son rythme.
Il y a le sens de la marche. L’idée de la méditation signifierait :
être avec soi-même en accord avec le temps et l’espace.
Dans un monde où tout va de plus en plus vite, où précisément
les hommes semblent souvent s’ignorer et se croiser sans
se reconnaître, le chemin devient véritablement salutaire.
Il en est de même pour des chemins plus intérieurs.
Car comment suivre un chemin initiatique, un chemin spirituel,
ou tout simplement un chemin de vie en deux temps trois
mouvements ? Ce serait une imposture, voire du formatage,
de la télé réalité, de l’illusion.
Amis de partout, de nulle part et d’ailleurs, je vous invite
à prendre le- et les- chemin(s). Beaucoup vous permettront
de faire la nique à la banalité et à l’uniformité, de rompre
avec l’individualisme et l’indifférence.
Quant à vous, amis poètes, je vous invite à quitter la route
toute faite et poursuivre un chemin d’impertinence et de liberté…
Le chemin de la poésie, bien sûr !"
Edito d'Alain Briantais
C’est toujours au tour de Marièva Sol
de choisir 1 poème sur les 39 publiés dans ce PleinSens.
Vous découvrirez son choix, lundi prochain,
sur notre blog associatif.
bemaal
.jpg)
PleinSens n°19
"La Ruche à l'école"
Les illustrations de cet article, tirées du PleinSens n° 19, sont des
Enfants de la classe de CM1.
Quel curieux PleinSens que ce PlenSens-là. Point de poèmes de nos adhérents mais tout un travail d’une classe de CM1 de l’école élémentaire de Championnet. « Construire une histoire à partir d’un vieux stylo, d’un vieux ventilateur, d’un vieux
Quel curieux PleinSens que ce PlenSens-là. Point de poèmes de nos adhérents mais tout un travail d’une classe de CM1 de l’école élémentaire de Championnet. « Construire une histoire à partir d’un vieux stylo, d’un vieux ventilateur, d’un vieux ballon ou d’un viel ours en peluche.. L’écrire, la dialoguer, la jouer comme des comédiens… Non ! Comme des poètes ! Comme des chanteurs ! On coupe, on bricole, les mots, la plastique, la colle, le vieux papiers, les odes et les ballades, on peut tout mélanger » nous conte Jacques Ansan en préambule de ce PleinSens qui partage le travail de toute une classe aux lecteurs de notre revue…
Car un jeudi 14 janvier de l’année 2010, « Nous nous engageons tous sur le chemin de la poésie et de l’expression écrite et orale que la Ruche des Arts a intitulé Contes en ritournelle ».
Et Alain Briantais, Didier laloux ainsi qu’avec des chansons de Pierre de La Galite content les aventures de Cricri la fourchette. Puis, la constitution de 4 groupes d’enfant, tous dans la même classe de Marilyne Albert, se créée et voilà que les écrivains en herbe imaginent, eux-aussi, les aventures de 4 autres objets : Styli le stylo à plume, Junior l’ours en peluche, Domino le ventilo et Crion le ballon sauveur…Quatre contes qui deviendront quatre dialogues et quatre poèmes… « Nous voilà parti pour le grand voyage, à la découverte des mots, des expressions et des différents styles d’écriture »

« Deux mois et demi plus tard, après six séances en tout (…), après de nombreux échanges, quelques rappels à l’ordre et de franches rigolades, , après un travail complémentaire par Marilyne la maîtresse et Bernard Philippon le directeur, les enfants touchent au but…. »
Le PleinSens n°19 est entièrement voué à l’œuvre magnifique de tous ces petits conteurs/acteurs/poètes de l’école de Championnet. Et l’aventure est si belle que, lors du Salon du Livre de la Jeunesse Solidaire le 11 avril 2010, « Trois jeunes pousses de poète, représentant tous leurs camarades ont interpréter quelques extraits de leurs contes. C’est ainsi que Juliana, Marwah, Audrey, plus ou moins tremblantes, ont lu avec brio poèmes, dialogues et contes. »
Sinon, notre association se porte très bien en ce dernier trimestre 2010 et je vous remercie de vous en inquiéter. Les concerts de Jean-jacques Bellot, Joël Verron, Vanina Michel, tous patronnés par notre association, ont rempli de joie la cave du Bab’ilo. Tout comme le spectacle « Traverses » de Valérie Bellet fut magnifique et la dédicace Louise Emily, une réussite….

Pour terminer ce petit périple de fin d'année 2009,
voici l’éditorial poétique de ce PleinSens n°19, écrit par Bernard Philippon
Ecrire, écrire encore et puis toujours écrire,
Lire tous ces écrits et aimer les relire,
Et même les jouer et pouvoir vous le dire…
Quel bonheur d’écrire quand il devient plaisir !
De ce très beau projet, tel était donc le but :
Permettre aux élèves d’écrire dans la joie,
D’inventer des histoires avec de belles chutes ;
Toujours valorisant, dépassement de soi.
C’est ainsi qu’un beau jour, notre Ruche des Arts
Décidant d’agrandir le choix de ses actions,
Rédigea projet neuf, sans tambour ni fanfare,
Y impliquant quatre de ses siens compagnons…
Alain grand écrivain inventa plusieurs contes,
Où de simples objets se mettent à prendre vie.
De bien belles histoires où chacun raconte
Développement durable et écologie.
Quand à notre Didier, il les mit en théâtre,
Avec tous ses effets et ses portées de voix,
Dialoguant histoires de manière opiniâtre
Afin de captiver de chaque enfant l’émoi.
Pierre de la Galite intervint « enchanteur »
Réjouissant les enfants de ses douces chansons
Car à peine entendues, les reprenaient en chœur
Paroles et musiques sucrées comme bonbons.
Bernard, le directeur, toujours instituteur
Fit encore évoluer ce projet d’écriture
Car cheville centrale et coordonnateur
Il voulait réussir cette belle aventure.
Editorial tout en rimes de Bernard Philippon
C’est au tour de Benoit Dumont Gimenez
de choisir 1 histoire sur les 3 proposées par les enfants dans ce PleinSens.
Vous découvrirez ses choix, chaque lundi,
sur notre blog associatif.
bema

PleinSens n°18
"Couleur femme"
Les illustrations de cet article, tirées du PleinSens n° 18,
sont de Michael Parkès.

« De nouveaux poètes nous ont trouvés, rue du Baigneur, pas besoin d’apporter son maillot, la piscine est vide, des amis et des voisins viennent en spectateurs. (…) Le Bab’ilo se révèle un véritable lieu de poésie pour ce doux automne (..) » nous clame Jacques Ansan, dans son mnémosyne de ce nouveau PleinSens, publié en hiver 2010. Car nos scènes ouvertes poétiques « nous font oublier un instant notre quotidien morose » continue Jacques.
Pourtant cette légère amertume de notre ami est antinomique d’avec les actions multiples de notre association. D’abord, il y a notre revue qui propose pas moins de 37 poèmes sur le thème emprunté au Printemps des Poètes de 2011, et dont la résonance percute la lecture de tous les univers.
Didier Laloux, Louise Emily et Valentine Ducray présentent un spectacle de chansons amusantes d’après-guerre au café social Dejean. Les concerts, patronnés par notre association, fleurissent tous les mois sur la scène de notre cave favorite : Jacques Tassel chantera Brel, Zaïa fera son One Woman-Show « La gueule de l’emploi », puis Isabeau de Paname et Joël Verron distordront la métaphore par le biais d’un nouveau répertoire. La salle sera comble à chaque spectacle. La Ruche des Arts lutte, avec énergie, contre la morosité ambiante.
Bernard Philippon, imperturbable au froid gris, continue toujours ses ateliers d’écriture,
son rendez-vous mensuel une semaine avant notre scène ouverte poétique. Clara Murner tient, toujours également, son atelier d’écriture pour les enfants. D’ailleurs, deux très jolis poèmes sont publiés dans ce PleinSens.
La dédicace du recueil d’Oguène « Errances » ne s’est pas faite à la Kahina, comme le PleinSens n°17 l’avait annoncé. Ainsi « Errances » errera pour trouver un lieu, une librairie qui puisse accueillir la cohorte de poètes et de compagnons, prêts à en découdre, afin de fêter la magnifique poétique de notre amie Oguène. Ce sera suite à une suggestion de Jacques Ansan et un long entretien avec Marie Abiven que « Errances » trouvera son port de départ à la librairie « L’Eternel retour » et durant la période du Printemps des poètes. Depuis ce jour, tous nos recueils de la collection « Les cercles des poètes du 18ème » débutent leur voyage sur le canapé en cuir de cet endroit idyllique.
Bernard Philippon tient les rênes de notre trésorerie, remplaçant dorénavant Evelyne Gautheron au sein de notre bureau. Jacques Ansan est toujours président et Michèle Lassiaz toujours secrétaire. On apprend également le départ de Bernard Renaud et Christian Braine du comité de lecture, remplacé par Bernard Philippon, le nouveau trésorier.
Enfin, c’est aussi durant cette période que La Ruche des Arts m’apparaît tel un atoll merveilleux…Oui, très cher Jacques, La Ruche des Arts lutte tant contre la morosité ambiante que j’ai ri aux larmes lors de ma première scène ouverte où j’ai été subjugué par le talent de tous ses artistes. Depuis, je suis avide de chaque moment avec vous tous…
Pour terminer ce petit périple de fin d'année 2010,
voici l’éditorial de ce PleinSens n°18, écrit par Colette Sauvanet:
Il y a quelques années naissait un parfum : Femme.
On explorait l’essence de la femme dans son impact olfactif.
Aujourd’hui c’est une couleur qui cherche à naître : couleur femme.
Pour moi une couleur a surgi aussitôt : le bleu, un bleu vaste et lumineux, comme le ciel allié avec la mer scintillante, l’infini s’y déroule, ainsi que les longs voiles du rêve : à sa vue les regards changent de couleur, les sourires s’illuminent, la lumière et la douceur circulent.
Puis le rouge me sembla évident, celui du sang qui rythme les saisons de la femme avec acharnement, il est au cœur et à l’origine de sa vie, de la vie, puis le blanc laiteux qui allaite ( à la tétée), et le jaune du blé qui nourrit, et la trépidante flamme orange de la passion et de tous ses jeux, le vert des amours enfantines, le violet et l’indigo de la sagesse, celle de la femme qui nous guide.
Mais le noir et son cortège de ténèbres aussi m’apparurent être ceux de l’enfermement, de l’asservissement sous toutes ses formes.
Couleur femme serait-elle la globalité unifiée de toutes ces variantes ? Mais n’allons pas faire une autre race : nous sommes repartis en êtres de couleur noire, jaune, ou blanche, y en aurait-il une autre qui serait de couleur femme, la femme ne serait plus qu’une couleur ? Surtout que la femme ne perde pas son statut si chèrement en quête d’être gagné de PERSONNE à part entière. Tentons d’éviter tout ghetto, tentons de tendre vers la couleur.
Soit la couleur Singularité, la couleur Humanité.
Editorial de Colette Sauvanet
C’est maintenant au tour de Maryse Licette
de choisir 3 poèmes sur les 36 publiés dans ce PleinSens.
Vous découvrirez ses choix, chaque lundi,
sur notre blog associatif.

bema

PleinSens n°17
"Le jeu"
Les collages de cet article, tirés du PleinSens n° 17, sont de
Henriette Lambert.

D’abord beaucoup de tristesse, en cette nouvelle saison 2009…Meg Galetti Boucrot, notre tendre amie, s’en est allée le 07 octobre 2009. Alain Pizerra, Bernard Renaud et Chantal Viart rendent un bel hommage à cette poète majeure de notre association, par de courts poèmes : « Ton regard de lumière éclairera toujours mon chemin, le soleil transfigure ton sourire de flamme. Tu demeures vivante (…) » clame Chantal. « Ton cœur glisse Elan vers l’infini présent Sans l’aigreur du printemps, Esclave de l’instant» (…) » nous murmure Alain.
Pierre Esperbé nous a quitté aussi. Cet homme de radio et de lettres était un ami de bon nombre de nos compagnons "abeilles". (…) Il avait encore des choses à dire et à écrire, un homme généreux et de grand talent, aimé de tous. » Pleure Bernard Renaud.
Jacques Verrieres est parti, aussi, au pays d'où l’on ne revient pas. « C’est au son de ses ‘petites’ chansons comme « le temps d’Edith et le temps de Django » que tous se recueillirent. C’était émouvant de voir cette assistance énorme et unie, illustre et modeste, qui vibrait à l’unisson ; «cela valait bien une messe et des chansons » nous raconte Isabeau qui clôture son hommage par cette anecdote narrée par son fils lors des funérailles : « A l’hôpital, à l’infirmière qui lui dit ‘Je repasse dans un moment’ il répond : ‘Et moi je trépasse dans pas longtemps...’ »
La poésie laisse de la place à la chanson. Ainsi nos scènes ouvertes font la part belle aux chanteurs et à leurs musiques : « Certains le déplorent, d’autres s’en réjouissent, on ne satisfait jamais tout le monde. (..) Que serait la poésie sans chanson, sans musique ? Un dictionnaire de mots choisis ? La seule musique des mots n’est plus suffisante. » Constate Jacques Ansan. Ainsi naît, durant cette période, des spectacles patronnés par notre association, toujours au café Bab’Ilo. Adèle, la plus glamour des chanteuses de Jazz, et Joël Verron , aux textes originaux, contes pétris aux accents de Bobby Lapointe, sont les deux artistes qui ont débuté cette nouvelle aspiration associative par deux spectacles sublimes.
Sinon, le programme du trimestre prochain paraît en dernière page du PleinSens, laquelle est certainement devenue la page la plus lue par tout adhérent qui souhaite connaître son futur artistique dans notre Ruche. Nous préparons, déjà, le futur printemps des poètes, dont le thème est « Couleur femme » et Oguène dédicace au restaurant « La Kahina » son recueil « Errance », publié dans notre collection. C’est la première fois que nous nous retrouvons tous, autour d’un univers artistique, en séance de signature. Il y en aura bien d’autres par la suite….
Pour terminer ce petit périple de fin d'année 2009,
voici l’éditorial de ce PleinSens n°17, écrit par Stéphane Cottin
"Faites vos jeux… Faites vos jeux… Les jeux sont faits, rien ne va plus. La dame de carreaux… à la table pour le valet de cœur.
« Bravo jeune homme vous avez tiré la bonne carte. Cette dame-là est à vous, elle vous offrira peut-être un voyage d’aventure dans sa campagne et là, vous découvrirez la Dame de Cœur qui vous aimera le temps d’une folie et un soir, lassé de trop chérir une Reine trop exigeante et jalouse, vous croiserez une Dame de Trèfle portant fièrement son âge et sa fortune ; fortuné Valet au service des Dames, prenez votre triomphe à pleines mains : c’est l’As de Trèfle qui vous tend la destinée. Mais prenez garde que le Roi de Pique, ce docteur Folamour, ne vienne contrarier votre chance en vous annonçant par un méchant sourire la terrible nouvelle… Dans votre jeu : le Huit et le Neuf de Pique se sont subrepticement placés à la droite et à la gauche de votre fragile personne et, irrémédiablement, vous ont condamné à un mal incurable, à la souffrance, à la déchéance et à la mort. »
Faites vos jeux… Faites vos jeux… Les jeux sont faits, rien ne va plus. Le Rouge et Pair gagne, le Noir et l’Impair perd.
« Veuillez jeune homme, quitter notre table de jeu, la chance n’est pas avec vous. »
Ici vous êtes dans la cour des voleurs, des truands, des voyous, vous n’avez pas votre place et d’ailleurs les dés sont pipés, le jeu est truqué. Gardez votre rancœur au fond de votre cœur, votre honnêteté, jouer franc jeu vous laissera au fond de la bouche le goût amer de la tromperie car vos adversaires ont autant de vice que vous avez de vertu. A jouer loyal et incorruptible, vous serez celui qu’on broie et que l’on exécute.
Prenez place… Prenez place… à la table des champions, et face à moi… A la première attaque, sérieux, résolu et frondeur, je vous prends votre tour. Je déplace mon cavalier, ce connétable de l’échiquier et je prends votre fou qui fait son clown devant sa Reine, par une savante passe que je maîtrise parfaitement. Le sort de votre Roi ? Ma Reine qui l’observe, en connaît toutes les faiblesses et me venge d’un coup de ces Rois orgueilleux et maudits qui firent auprès de vous ma perte quand je jouais ma fragile jeunesse ; hier encore, vous étiez vainqueur et conquérant, et aujourd’hui moribond. Qu’il m’en souvienne, ils m’ont battu au jeu en prenant mes pièces maîtresses, gagné mes Reines et m’ont mis en échec. Je n’étais qu’un gamin, le genou à terre et la main sur le cœur, devant tant de prouesses. Mais aujourd’hui, sous mon ciel flamboyant avec l’expérience et la rage, je vous mets en échec et mat.
Mais, dans le jeu de la vie, qui manipule les cartes, qui déplace les pions et qui veut que continue le jeu ? En fin de compte, n’y a-t-il pas que des vaincus à l’heure des bilans ? En fin de conte n’y a-t-il rien que des histoires de perdants ?
D’ailleurs je ne joue plus qu’avec les jolies Dames de Cœur, à tromper mon ennui et le temps qu’il me reste, à faire le joli cœur contre les Valets de Pique."
Editorial de Stéphane Cottin
C’est toujours au tour de Louise Emily
de choisir 2 poèmes sur les 36 publiés dans ce PleinSens.
Vous découvrirez ses choix, chaque lundi,
sur notre blog associatif.
bema

PleinSens n°16
"Le rire"
Les illustrations de cet article, tirées du PleinSens n° 16, sont de
Jacques Ansan, Benjamin Rabier et Christiane Alzac.
Fin de saison 2009, Jacques Ansan rédige le Mnémosyne du nouveau PleinSens dont le thème est le rire. Il raconte les artistes en scène ouverte poétique au café Bab’ilo : « Le piano accepte nos fausses notes (...) et tous les verres sont beaux au son du jazz-hot, de la guitare de Joël Verron ou des trémolos d’Alvaro.(…) Gréco va venir nous voir ?? Un cabaret à l’ancienne avec Valentine Ducray , Bernard Evain et Zaïa. » Jacques cite alors des artistes qui ne viennent plus lors de nos rendez-vous mensuels, mais il évoque aussi ceux et celles qui sont toujours là, les fidèles : « Zita, Didier. La musique redonnerait-elle du sens aux poèmes les plus obscurs ? L’alexandrin bat son plein sous la baguette de Bernard Philippon (…) » et puis remercie nos amis Alain Pizerra et Oguène pour leur travail important sur ce PleinSens n°16.
Notre revue fétiche propose des poèmes d’auteurs tunisiens. Ces poètes de l’autre coté de la mer ont parcouru notre ancien site Internet et ont envoyé leurs magnifiques textes.
Un partenariat avec les Poètes de l’Adour, association corse, est établi. Quatre textes, tirés de leur spectacle, sont proposés à nos lecteurs avides de nouveautés.
Nous apprenons à travers la page "Infos" deux nouvelles qui enchantent la Ruche. Oguène s’apprête à dédicacer son recueil « Errances », édité dans notre Collection ; les dates des premiers ateliers d’écritures apparaissent en clair et en gras. Bernard Philippon, le créateur de ces ateliers, les dirige toujours aujourd’hui, trois ans après. Il est secondé parfois par notre amie Marièva Sol et le succès grandit de séance en séance.

Pour terminer ce petit périple d’été 2009,
voici l’éditorial de ce PleinSens n°16, écrit par Jacques Ansan
"Faut-il rire sur commande le jour où le ministre de la culture vous le demande ?… ? Selon votre besoin de cirage et en brosses à reluire, vous irez rire au Printemps des Poètes, à la projection privée donnée à Matignon pour le film « Jaurès », au Noël de l’Elysée, au départ de la Gay Pride… Tout est question de goût, certains vont bien voir le Pape en compagnie d’humoristes patentés exhibant leur humour souvent au-dessous de la ceinture… Tout est permis, mais faut-il en rire et peut-on rire de tout ? De la faillite du libéralisme, de la privatisation des universités, des délocalisations, des communautarismes visant à rogner sur les droits universels, des expulsions qui arrivent comme des poètes sinistres un beau matin de printemps.
L’avantage des soirées de poésie, c’est qu’elles permettent de juger immédiatement l’effet sur le public ou les amis –ce qui les fait rire ou ce qui ne les fait pas rire du tout… Pourtant, avec une mise en scène étudiée, un choix de textes drôles, le rire du public n’est pas forcément au rendez-vous… C’est le cas dans la plupart des soirées poétiques proposées pour l’ouverture du Printemps des Poètes.
Il y a un point d’humanité plus que nécessaire pour faire rire, c’est la sincérité. Autre
point d’humanité : mieux vaut rire de soi et de ses travers, plutôt que de ceux des autres : même s'ils sont plus attractifs, ils ne vaudront jamais votre gaucherie et vos défauts bien mis en valeur. Troisième point d’humanité absolument indispensable, c’est la tendance du public à aimer les contrastes et les surprises dans ses distractions. C’est une affaire bien connue que le public aime la lutte entre le bien et le mal, le riche et le pauvre, le chançard et le malchanceux qu’il aime à rire et à pleurer, tout cela en quelques secondes… Mais rire pour un printemps pluvieux et qui se perpétue comme les marronniers dans la presse… je ne pense pas. Je ne crois pas qu’un poète puisse s’y plier aussi facilement. Le poète est un solitaire, la foule n’est pas sa tasse de thé, s’il est de son temps c’est en volant bien au-dessus des modes et des manifestations médiatiques qu’il rit le mieux. La grande party du rire qui pourrait faire croire à un peuple joyeux, cultivé, riche de savoir et de littérature déversant ses flots d’alexandrins dans les caniveaux des villes de plus de cinq mille habitants n’est qu’une vue de l’esprit technocratique.
Il y a un danger Madame la ministre, c’est de vouloir être trop drôle. Il y a des films, des pièces de théâtre, des émissions de télévision, des vers où l’assistance rit tant et de si bon cœur qu’elle s’y épuise complètement.
L’une des choses dont il faut se méfier par-dessus tout c’est l’exagération qui entraîne souvent une certaine vulgarité. L’excès en tout est contre-productif, une réforme même joyeuse appuyée par une autre réforme, devient vite une contre-réforme, sans réforme du tout, juste une plate marmelade indigeste et incompréhensible, voire inexploitable.
Faire mourir de rire une salle en pleine crise économique et sociale, est une ambition de mauvais acteurs, mais peut- être était-ce le but inavoué de ce printemps poétique, tic tic… tuer dans l’œuf tout esprit contestataire en le faisant mourir de rire ! Voilà un joli poison."
Editorial de Jacques Ansan
C’est au tour de Louise Emily
de choisir 1 poème sur les 35 publiés dans ce PleinSens.
Vous découvrirez son choix, un lundi,
sur notre blog associatif.

bemaal

PleinSens n°15
"Les poètes"
Les illustrations de cet article, tirées du PleinSens n° 15, sont de Jacques Ansan.
L’année 2009 débute et tout bascule ! Stéphane Cottin laisse la présidence de notre association à Jacques Ansan. « Votre président vous tire sa révérence (écrit-t-il dans ce PleinSens n°15) et plus encore, pour les belles de Montmartre, de banlieue et d’ailleurs. D’autres parfums et d’autres beautés m’attendent ou ne m’attendent pas quelque part sur la planète bleue. » La fonction de trésorière, alors occupée par Evelyne Cabello, passe entre les mains d’Evelyne Gautheron. Michèle Lassiaz demeure, quant à elle, la secrétaire de notre bureau associatif…
C’est Bernard Philippon qui remplace Stéphane Cottin au comité de rédaction et de lecture pour notre revue. Les autres membres du jury étant toujours : Jacques Ansan, Alain Briantais, Michèle Lassiaz, Alain Pizerra, Colette Sauvanet, Bernard Renaud, Christian Braine et Monique Planque…
Jacques Ansan, dans sa lettre du président, s’interroge : « La poésie populaire fait de la poésie, elle n’est pas poète d’institution, n’analyse pas, ne critique pas, elle cherche son ancrage là où elle peut – et met tout dans le sac - et le sac déborde. La poésie populaire est d’abord un cri, une révolte, elle donne du sens là où les intellectuels préfèrent rester muets. » Puis, ouvre une discussion pour le devenir de La Ruche des Arts : « Je viens d’inviter les poètes à la réflexion sur le devenir de l’association. Les projets doivent se multiplier pour trouver les inexplorés de la création et du social... »
L’ère de notre Ruche sous la présidence de Jacques s’ouvre avec de nouveaux appétits…
Le Mnémosyne écrit par Alain Briantais narre ses impressions de participant néophyte lors de nos scènes ouvertes poétiques : « D’année en année, j’escompte y participer mais reste finalement dans ma campagne lointaine (…) Mais la voilà qui (la poésie, ndlr…) me tire en avant sur le chemin sans que je puisse résister à sa décision. (…) Ma première grande joie est d’y retrouver des amis. Mais nombreux sont ceux que je ne connais pas. Je resterai donc discret. Aux soirées de poésie de La Ruche des Arts, la poésie n’est pas discrète. Elle se lit, se joue, se crie, se chante, s’emballe et se délecte de mots inattendus. Je croque ce bonbon-là avec ravissement.(…) La belle rencontre des mots et du silence. La rencontre de la parole et de l’écoute. »
Puis les hommages pleuvent en toute fin de la revue, après 36 poèmes qui, comme le dit Jacques, ont débordé du sac de poésie. D’abord, Bernard Renaud rend un formidable hommage à Gérard Pierron, puis c’est à Guy Perault que notre revue offre une pensée nostalgique dans un « souvenir de vieux port sous les pommiers ».
Enfin, notre scène ouverte poétique cesse, définitivement, son errance de bar en comptoir et de salle en espace de tout genre…car notre soirée mensuelle s’invite dans la cave du café Bab’ilo…Cave que nous ne quitterons plus désormais et où nous sommes aujourd’hui encore…
Pour terminer ce petit périple de début d'année 2009,
voici l’éditorial de ce PleinSens n°15, écrit par Thierry Scatolin
"Ils sont d’un autre monde et c’est aussi le vôtre
Ils furent les premiers à vouloir rêver
Ils seront les derniers à vouloir espérer
Ecorchés du malheur, dévoreurs de bonheurs
Ni anges, ni démons, bloqués entre deux cieux
Ils sont des arbres aux feuilles tombantes comme des larmes
Offrant leurs fleurs aux vents qui les élèvent au ciel
Ne leur en voulez pas de n’aimer que la nuit, la grisaille et le froid
C’est pour mieux protéger leur soleil caché
Bavards de leurs silences surchargés de pudeur
Se couvrant d’un manteau de musique qui éloigne des peurs
Leur lumière n’existe que pour éclairer l’ombre
Dans le bruit des tempêtes, ils ne forment qu’une onde
Les mots sont leur monnaie
Les pensées, leur richesse
Pauvres épouvantails encombrés des guirlandes de leurs mots lumineux
Ils habitent la nuit et courent vers l’aurore
Pour revivre leurs rêves lorsqu’ils les écrivent
Jamais aussi grands qu'en se sachant petits
Ennemis de l’ego et de ses oripeaux
Qui souillent chaque pensée d’actes intéressés
Ils s’évaderont toujours, renaîtront sans cesse et parleront quand même
Ils sont d’un autre monde et c’est aussi le vôtre
Ecoutez cette voix qui murmure tout bas
Affrontez ce miroir croisant votre regard
Ivre d’universel, fourbu de certitudes, fatigué de morale
Vous parviendrez, comme eux, de la joie plein les yeux
A percevoir enfin ce que masque le jour
Vouloir une autre vie que celle qu’on vous impose
Est le secret caché de toutes vos pensées
Qu’aucune société ne pourra vous ôter."
Pour Michèle, Jacques et tous ceux qui partagent leur combat
Editorial de Thierry Scatolin

C’est toujours à Sylvie Hérout
de choisir 3 poèmes sur les 36 publiés dans ce PleinSens.
Vous découvrirez ses choix, tous les lundis,
sur notre blog associatif.
bema

PleinSens n°14
"Le temps"
En cet automne 2008, notre association semble somnoler... Faute de trouver un abri-comptoir dans le 18ème arrondissement, les scènes ouvertes mensuelles s’installent à la Maison des Associations. Elle y propose des thèmes tel que l’argent ou la séduction. Fort de son succès, notre revue offre aux lecteurs trente-et-un poèmes précédés d’un “Mnémosyne” inspiré de Jacques Ansan, relatant un pique-nique entre adhérents et artistes de tous poils et de tous horizons…
A la lecture de ce PleinSens, nous ressentons pourtant une certaine pesanteur et un embarras : pas de soirée spéciale ni de nouveautés, pas de nouvelle publication dans notre collection, ni de parti pris engagé… Les poètes se sont-ils assoupis ou est-ce le calme avant une tempête de joie, un renouveau ?

Certes oui, l’année 2008 se clôt dans une certaine routine. L’année 2009, elle, débutera dans le mouvement et la frénésie. Mais ceci est une autre histoire que vous découvrirez avec le PleinSens n°15 qui sera mis à l’honneur sur notre blog le mois prochain.

Pour terminer ce petit périple de la fin d’année 2008,
voici l’éditorial de ce PleinSens n°14, écrit par Jacques Ansan
Déjà huit ans d’existence des poètes du 18ème ? Comme le temps passe !
- La posologie de l’existence m’est encore inconnue. Je n’ai plus de mémoire…mon disque dur est-il rayé ?
- Non ! C’est la pendule de votre ordinateur qui n’est plus à l’heure…vos souvenirs ont été effacés…
- Mais je laisse bien une trace pour ma famille… ? J’étais vierge quand je l’ai rencontrée et nous ne nous sommes plus quittés depuis trente ans… Nous nous aimions simplement…
- Mais, mon brave monsieur, votre amour, la machine s’en moque, il fallait changer de machine, la vôtre est dépassée…
- Dépassée… par quoi ? par le temps ? mais le mien ne compte pas… Je me sens éternel, la poésie ne s’efface pas, elle se régénère, perpétuellement ! Comment voulez-vous avoir des amis ? Et comment conserver votre amour si votre « machin »… les efface au fur et à mesure que le temps avance !
- De votre temps tout le monde ne faisait que bonifier votre acquis, aujourd’hui il le plombe, ce qui était valable il y a une heure, ne l’est déjà plus, il faudra le jeter avant demain sous peine d’être contaminé.
- Je ne jetterai jamais Lilith, mon amour… Jusqu’à ma dernière goutte de sperme…vous m’entendez…
- Elle a aussi trop vécue…
- Et bien moi j’en suis content, vous avez tort de vous foutre de la gueule de la vie !
- Mais, je vous dirai que votre disque dur a été infecté !… Un virus a tout supprimé…
- Monsieur que le travail soit devenu rare, je me refuse de me recycler à mon âge, tous mes amis, toutes mes amours étaient là… dedans… dans cette machine qui devait contenir toute ma vie, que je pouvais remplir au jour le jour de mes souvenirs, de mes émotions, de mon travail, de mes rêves, de mes amitiés…
- « Dès son enfance, monsieur avait été pourtant programmé pour mener une vie étroite comme une entaille. Grâce à notre absence totale d’ambition pour lui, qu’elle soit d’ordre scolaire, formatrice, politique ou économique, il n’a connu ni chagrin, ni déception, ni fortune, ni promotion sociale, ni retraite décente. Normal ! Il était programmé ainsi. Il a voulu nous échapper ?! »
Un jour devant l’écran de votre ordinateur, vous vous rendrez compte à quel point vos vies merveilleuses sont des supplices.
Et c’est à ce « temps » que nous vous demandons d’adresser vos vers, cette fois.
Le temps qui use, le temps qui déchire les uns, et crée les retrouvailles, qui maintient l’amitié et l’amour…
Pourtant personne n’y est vraiment préparé.
Editorial de Jacques Ansan.
C’est maintenant au tour de Sylvie Hérout
de choisir 3 poèmes sur les 30 publiés dans ce PleinSens.
Vous découvrirez ses choix, tous les lundis,
sur notre blog associatif.

bealdima
.jpg)
PleinSens n°13
"Les utopies/Le rêve"

Le collectif de rédaction et de lecture, que rejoint Monique Planque
dont le nom de poète est Oguène, choisit 25 poèmes. Les illustrations
que vous pouvez admirer dans cet article sont empruntées directement
à ce PleinSens n°13 et sont de Galefra et Alexiuss.
Pourquoi si peu de poèmes ?
Aimé Césaire est mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France. La Ruche des Arts "... tient particulièrement à rendre hommage à ce grand humaniste, dans lequel se sont reconnus tous ceux qui ont lutté pour l'émancipation des peuples au 20ème siècle..." et laisse carte blanche à ceux et celles qui veulent témoigner...
Ainsi Pierre Régnier narre sa rencontre idéalisée avec Aimé Césaire.
"En 1965 en Guadeloupe, à la bibliothèque de Pointre à Pitre, dans son
"Cahier d'un retour au pays natal" Césaire m’a fait découvrir LA POESIE,
celle qui exprime le plus fortement et le plus justement les plus belles
exigences de l’Homme."
Puis, c’est au tour de Félicien Jerrent :
"Echanger la poésie afro-caribéenne avec ceux qui ne la connaissent pas,
c’est contribuer à leur faire découvrir une culture dense et vivante qui s’intègre
dans le patrimoine du monde. Cela peut contribuer au décloisonnement culturel
et faciliter le vivre ensemble."
Et, enfin, de notre inestimable Pierre Daulcle :
"Ami, je te présente mon île,
Un bouquet de verdure
Perdu dans un océan tranquille,
Au-dessus de ta tête, un ciel bleu d'azur..."
Les scènes ouvertes poétiques se font, dorénavant, à l’espace UVA et le Printemps des Poètes à la MDA. Jacques Ansan, notre ami bien trop absent de nos scènes mais si présent dans nos cœurs, nous le raconte, d’ailleurs, par le biais d’un mnémosyne un tantinet buccolique et surréaliste :
"D’habitude, il neige dès que les poètes sortent de leurs tannières (...) Cette fois, point, c’était printanier, comme un mois de juin ou de juillet." La porte d'entrée de la Maison des Associations était "tellement bien fermée que certains, arrivés sur le tard dans la soirée, n’ont pas pu entrer et ont dû écouter les troubadours à travers les fenêtres : c’est inverser les rôles de Juliette et de son Roméo. Alors ils ont attendu comme Cyrano. Ils ont écouté les poètes, assis sur le bord du trottoir. Grâce au ciel, les fenêtres étaient ouvertes."
Puis, le "peuple de poésie" est allé se sustenter au restaurant d’en face. Jacques continue:
"... Ponctué à chaque merguez d’une petite poésie toute fraîche et printanière qui a dû nous mener au moins jusqu’à minuit..."
Oui, ami Jacques, sache que la tradition perdure car c’est dans ce même restaurant et déclamant, tout comme en 2008, des poésies entre fous rires et bruits de fourchettes, que nous avons clôturé bien après minuit le Printemps des Poètes 2012.
Mais ceci, cher ami, est une autre histoire... que nous conterons à tous très prochainement....
Pour terminer ce petit périple au travers d’un temps pas si lointain,
voici l’éditorial de ce PleinSens n°13, écrit par Bernard Renaud :
Le poète en France, ce pays merveilleux où l’on n’aime pas la poésie (il suffit de constater le mépris des quotidiens nationaux et régionaux, voire même, le refus de publier ne serait-ce qu’un poème… tandis que la presse japonaise, par exemple, s’honore de faire découvrir à ses lecteurs des haïkus des grands lettrés asiatiques), le poète donc, est considéré péjorativement comme un « doux rêveur ». Or, de plus en plus et en particulier dans le monde médical, on s’aperçoit que l’on a besoin de rêve. Le monde devenant effrontément mercantile et déshumanisé, l’argent et la technique ayant remplacé Dieu, le rêve effectivement, loin d’être une utopie fumeuse devient la seule échappatoire à la misère et à la souffrance que nous subissons ou que nous voyons. La médecine moderne (celle que l’on appelle plus fréquemment médecine douce) utilise à tire-larigot tous les moyens d’expressions connus pour soigner ses malades. Citons pour mémoire quelques-unes de ces médecines : Langage et thérapie, Théâtre et thérapie, Art et thérapie, Musique et thérapie, Danse et thérapie, Chant et thérapie, etc.
Ceci est un constat, un fait indéniable… Alors revenons plus particulièrement aux domaines qui nous intéressent : le rêve et la poésie. Pour cela, voici, me semble-t-il, une tentative de réponse… que l’on peut trouver au début de l’avant-propos de mon dernier recueil « Balades du kodak à Belcastel » :
« Bien avant de me balader à Belcastel, je fus comme beaucoup de personnes de ma génération fasciné par le surréalisme et l’existentialisme. Me sentant ni tout à fait dans l’un ni tout à fait dans l’autre, j’inventai (en 1964) le Rêvalisme, qui, comme il est clairement indiqué, représente le jumelage de deux mots : Rêve et Réalisme. Ce qui, en d’autres termes et selon ma pensée, signifiait qu’il ne fallait jamais abandonner son rêve, celui-ci étant la seule réalité acceptable pour rester soi-même et espérer être heureux. Mais vivre son rêve et trouver dans le quotidien le plus banal matière à se satisfaire, cela suppose, non seulement posséder en soi cette capacité d’émerveillement de l’enfance toujours intacte mais aussi faire valoir sa propre vision intérieure. Il s’agissait donc, comme l’exprime Breton, d’explorer le domaine de l’onirique et de l’inconscient pour aller toujours plus profondément dans sa quête de liberté, d’amour, de beauté… »
Je me permets (excusez-moi du peu), d’affirmer que le rêve peut, non seulement être une aide thérapeutique mais bien plus que cela, une « Révalité ». Nous habitons et devenons nos rêves. Le poète, contrairement aux idées reçues, n’est nullement perdu dans les nuages ou dans un doux cocon ni un planeur farfelu sous l’effet de drogues hallucinatoires mais en vérité, disons-le, en s’opposant soit volontairement soit parce qu’il ne peut pas faire autrement aux valeurs établies, piétine bien longtemps tout d’abord puis explore puis défriche dans l’invisible de vierges sentes afin d’inciter chacun d’entre nous à frayer dans ces nouveaux espaces de liberté à conquérir. Il essaye d’offrir à tous un chemin resplendissant. Mieux encore, citons cette phrase riche d’un sens inépuisable trouvée dans les reliques de Villiers de l’Isle-Adam :
« Le poète se reconnaît à ce signe : il ne rêve pas !…
Il est ce qu’il rêve et n’est que cela (…) »
Le rêve existe, il peut devenir votre réalité !
Editorial de Bernard Renaud
C’est toujours au tour de Sabine Kahsay-Habtemichael
de choisir 3 poèmes sur les 25 publiés dans ce PleinSens.
Vous découvrirez ses choix, ce mois-ci,
sur notre blog associatif.
bealdimachma

PleinSens n°12
“Les quatre éléments”
Certes, Christian Braine rejoint le collectif de rédaction et de lecture, en ce premier trimestre 2008. Certes, il est entouré de personnages aussi passionnés que lui. Jacques Ansan, Alain Briantais, Stephane Cottin, Michèle Lassiaz, Colette Sauvanet, Bernard Renaud et lui-même ont eu une nouvelle fois fort à faire pour préparer ce nouveau PleinSens avec pas moins de 29 textes poétiques et autant d’illustrations magnifiques. Christian Braine devrait, donc, être heureux….Mais il ne l’est pas. Il ne l’est pas et explique pourquoi dans la rubrique « Mnémosyne » de notre revue fétiche :
« Des poètes !? Mais vous ne rapportez pas d’argent, vous ! Allez ouste !
Foutez le camp ! » (…) Il faut trouver un lieu où se réunir, et là, il n’est plus question
de poésie : il faut parler coût, rentabilité - et ça, ce n’est pas notre truc (…) »
Car, hélas, notre scène ouverte poétique doit, une nouvelle fois, trouver un nouveau lieu. Christian, avec ses mots emplis autant de colère que de dépit, continue son propos :
« Nous allions dans un café- puis un second café. A peine assis, on nous demandait ce que nous voulions boire. (…) Nous commandions des cafés (c’est le moins cher !) Il fallait régler tout de suite. Le patron de l’établissement, avec sa logique comptable dut estimer qu’il valait mieux ne rien gagner que gagner peu…et il nous dit d’aller voir ailleurs.
Une autre association (…) disposait de locaux (…). La galerie Interloque : nous étions bien dans ce sous-sol ! Mais, au bout de peu de temps, on nous signifia que nous étions trop bruyants ou trop encombrants (…) …Et que nous devrions trouver un autre local.
C’est ainsi que le jeudi 15 novembre (2008 Ndlr), nous nous retrouvâmes une quinzaine devant la porte close du dit local.
(…) Et Bernard nous offrit l’hospitalité dans une salle de classe de l’école qu’il dirige. Ce fut un moment délicieux (d’autant plus que le thème de la soirée était « l’humour »). Mais ce n’était bien sûr qu’un dépannage… »

Et c’est à la salle U.V.A. qu’auront lieu les prochaines scènes ouvertes. Les poètes ont toujours des ressources insoupçonnables lorsqu’il s’agit d’exprimer la beauté du monde !
C’est aussi en Avril de cette année que s’étoffe l’aventure de notre collection « Le Cercle des poètes du 18ème ». Michèle Lassiaz Chambon publie deux de ses recueils : « Fleurs et pleurs » et « Recto Verso ». Ils seront présentés lors des prochaines scènes ouvertes (peut-être à la salle U.V.A, peut-être pas…) Mais, malgré toutes ces pérégrinations, l’aventure de notre association continue…
Pour terminer ce petit périple au travers d’un temps pas si lointain,
voici l'éditorial de ce PleinSens n°12, écrit par Stéphane Cottin:
« L’eau bienfaitrice, l’air que tu respires, la terre qui te nourrit, le feu qui te réchauffe. Un chaman m’a dit : « Notre terre-mère, se régénère par notre père le feu soleil, ainsi coulent les artères-fleuves, grossies par les veines-rivières, et monte de la terre vers le ciel l’unité végétale, la moisson nourricière du peuple des humains ».
L’ordre des choses est ainsi respecté : les montagnes dominent les plaines, les océans recouvrent les abysses, et chacun se confond dans le grand tout. Déjà Thales et Milet et les philosophes de l’antiquité ne dissociaient pas les quatre éléments. Eléments de notre vie et de notre survie. Aujourd’hui un long chemin nous reste à parcourir pour protéger et sauver notre terre-mère, si nous voulons qu’une humanité meilleure vienne à nous succéder, un besoin immédiat de prise de conscience doit nous élever au rang des sages, protecteurs de notre bien commun, héritage qu’il faudra transmettre à nos enfants, et recevoir le jugement de nos mérites et de nos fautes.
A notre dernier souffle, le chaman m’a dit : « Le vent qui court emportera notre corps comme une épure sur le fleuve des voyages, et brûlera pour l’éternité le feu de notre mémoire sur la terre éternelle ».
Chaque jour qui se lève sur une aube nouvelle, laisse la nuit au repos dans ses songes, dans les draps du désir. Chaque nuit qui surgit, voit le jour penaud s’enfoncer dans les limbes, tout en s’élevant de terre, et le soleil et la lune se croisent encore pour se saluer dans l’immensité vide du silence de l’espace-temps. L’eau bienfaitrice, Eve nous l’offre au jardin des délices, Adam répand son feu bienfaisant sur les nourritures terrestres et Caïn et Abel réconciliés, tracent ensemble le chemin de la paix.
J’ai fait un rêve : Soulevant un voile de vent, l’eau des sources irrigua le cœur de la terre, de son centre jaillit le feu incandescent qui transforma sa chaleur en lumière, la lumière éclaira la conscience du monde. L’homme des sciences, l’homme de raison et l’homme de cœur, en un même souffle, firent surgir le surhomme qui sommeillait en chacun de nous ; nous découvrîmes alors que le juste venait de naître, que l’enfant en chacun de nous devenait notre guide, la femme notre conduite et nos songes les plus inaccessibles étaient enfin à la portée de toutes nos espérances. Il y a ceux qui ont la terre brûlée par le soleil, qui attendent la pluie et meurent dans le silence du Sahel, et il y a nous, qui avons l’eau, la terre, les matins qui chantent et le soir qui décline de ses bienfaits du jour.
Serons-nous leurs fossoyeurs ? »
Editorial de Stephane Cottin
C’est au tour de Sabine Kahsay-Habtemichael de choisir
4 poèmes sur les 32 publiés dans ce PleinSens.
Vous découvrirez ses choix, ce mois-ci et en début de mois prochain,
sur notre blog associatif.
bealma

PleinSens n°11
"La rencontre"
Les illustrations que vous pouvez admirer dans cet article sont tirés du PleinSens n°11...
Dernier trimestre 2007. Le PleinSens n°11 publie, sur le thème de la rencontre, 29 poèmes. Comme toujours, notre revue relate aussi les évènements liés à notre association.
Après « L’interloque », les scènes ouvertes poétiques viennent de trouver un nouveau lieu : les rendez-vous sont donnés dans la salle U.V.A., 9 rue du Duc, début 2008.
Eva Farago Arbaney est partie désormais pour un autre horizon. Elle avait composé de nombreux poèmes, dés son enfance. Certains d’entre eux ont d’ailleurs été publiés dans notre revue. Elle était, également, l’auteur de deux romans : « La ville aux yeux morts » et « Une valse sur les sables mouvants ». Elle repose au cimetière de Conflans. Toute l’équipe de PleinSens et tous les adhérents avaient adressé, alors, leurs sincères condoléances à son compagnon et à sa famille : « Eva restera vivante dans nos cœurs et ses poèmes trouveront toujours chez nous un écho sans oubli »… En hommage, notre revue publie l’un d’entre eux. Le voici :
Ami, prends la plume
Quand je ne pourrai plus écrire moi-même,
Ami, prends la plume de ma main,
Et parle simplement de toi-même,
Du présent, du passé, du destin,
De ce que tu as compris de ce monde
Où une force invisible t’a placé,
De la terre mystérieuse ou se fondent
Le futur, le présent, le passé,
Et ces indices, prégnants mais fugaces,
Qui semblent venir d’autres sphères.
Ami, prends la plume à ma place,
Observe le monde et espère.
Le PleinSens n°11 conte aussi d’autres rencontres :
Celle de Stéphane Cottin qui, dans la rubrique Mnémosyne, nous narre une nouvelle fois les débuts, en ce vendredi 25 Avril 2003, de notre association grâce au désir de plusieurs poètes de mettre leurs énergies en commun.
Celle de Gérard Bloncourt avec Jacques Stephen Alexis, poète disparu aussi, dans le nord ouest d’Haïti. « Les peuples sont des arbres. Il fleurissent à la belle saison. Les peuples sont des arbres ! » disait-il à Gérard qui nous raconte, dans un article poignant, sa soirée vers minuit, avec cet artiste humaniste.
Celle, enfin, plus gai, sur le vieux port phocéen, des artistes de La Ruche rencontrant d’autres artistes (peintres, photographes, éditeurs…).
La poésie apporte le goût de l’autre, le plaisir d’écouter d’autres univers, la joie des rencontres sincères et belles. C’est pour cela que notre association existe depuis si longtemps. Le besoin d’aimer les autres, de les découvrir est une essence qui jaillit, chaque fois à chacun de nos évènements…
Pour terminer ce petit périple au travers d’un temps pas si lointain,
voici l'éditorial de ce PleinSens n°11, écrit par Colette Sauvanet :
“ La vie exulte : mon rêve a rencontré le tien, ma folie a rencontré
la tienne, nos projets coïncident. Je ne suis plus seule, nos murailles
laissent passer le jour, la lumière du partage nous inonde.
Une belle rencontre peut transformer radicalement une vie. Nous le savons et nous en rêvons. Nous courons les astrologues, les voyants, les clubs de rencontre qui tous nous promettent : vous allez rencontrer quelqu’un. Nous nous extasions et naviguons dans le rêve. Mais est-ce si simple ? Chacun se cache derrière des paravents, des masques, des habitudes et nous restons seuls, tristes, oubliés, abandonnés ; le partage n’a pas pu se faire. Il n’y a pas eu de rencontre mais le goût amer de la déception qui met face à une zone de soi non perçue, nouvelle, éveillée par le choc : rencontre non pas avec l’autre, mais avec soi-même, autonome et libre.
Dans rencontre, il y a le mot « contre » : s’agit-il d’être contre toi, ou bien d’être tout contre, tellement contre que tout est mélangé ?
Quel drôle de mot pour désigner ce que l’on suppose être un lieu d’émerveillement, de chaleur, de nouveauté ?
L’univers révélé par la rencontre est la vie, mais il porte aussi en lui la mort, celle de la confusion : c’est la lutte fratricide entre Eros et Thanatos emmêlés : Roméo et Juliette, Tristan et Yseult, Orphée et Eurydice. Ils ont le sentiment que leurs destinées sont liées à jamais, la peau de l’un est dans la peau de l’autre, ils peuvent se décoller, un même courant les galvanise. L’autre se trouve paré du pouvoir de donner le bonheur, ils ont la sensation d’avoir la clé du monde et de la vie, ils sont confondus en un « nous » unis. C’est la fusion ou la confusion. Et pourtant cette rencontre est interdite. Alors plutôt mourir que vivre séparés.
Abélard et Héloïse s’arrachent à la confusion grâce à l’écriture et
la rencontre devient la porte d’un univers mystique. PleinSens, un lieu
de rencontre, ou de partage ? Partage qui permet la rencontre.
Ou rencontre qui est un partage ? ”
Editorial de Colette Sauvanet

C’est toujours à Christiane Jouan de choisir
3 poèmes sur les 29 publiés dans ce PleinSens.
Vous découvrirez son choix durant les trois prochains
lundi de ce mois sur notre blog associatif.
bemomaalsybe
.jpg)
PleinSens n°10
"La musique"
Les illustrations de cet article, emprunté au PleinSens n°10, sont de Piercarlo Foddis
.jpg)
.jpg)
Sachons tout d'abord que le Printemps des poètes fut, une nouvelle fois, un ravissement en ce mois de mars 2007 : « C’était joyeux et drôle, comme à l’habitude, tout cela sur des airs de biguine. Les Iraniens déliraient sur des violons d’Orient, les enfants chantaient l’amour en forme de comptine et tout heureux de se retrouver laissaient aller leurs cœurs dans les images de Marcel Delmas et Joseph Varty » nous dira Colette Sauvanet, dans le Mnémosyne de ce PleinSens.
Les scènes ouvertes poétiques ont toujours lieu à la galerie « L’Interloque » et de nouveaux poèmes de l’atelier hebdomadaire de la prison de Fresnes sont publiés. Cet atelier est mené par Jacques Bérard.
En plus des 29 textes et poèmes sur le thème de la musique, ce PleinSens
n° 10 annonce, avant sa sortie nationale dans une salle, le film « La vie est une goutte suspendue » d’Hormuz Kéy. Il est un adhérent et un ami. Nous pouvons aussi remarquer que cette nouvelle édition de notre revue fourmille de « coquilles ». En effet, une multitude de fautes et de renseignements erronés pullule au vent des pages jaunes. Il y a même, à cause de cela, une rubrique « Pan sur le bec » du comité de rédaction et de lecture. Ils s’excusent…
Sinon, ce PleinSens annonce la création d’un blog associatif qui met en avant spectacles, vidéos et autres agitations verbales sur Internet. Ce blog lie les adhérents de notre association les uns aux autres; énonçant les dates et horaires de tous les évènements mis en place par notre comité, indiquant les manifestations de tous les artistes et offrant un panel de leur univers artistique par le biais de poèmes publiés régulièrement sur la toile. Est-ce www.laruchedesarts.com ? Notre Blog actuel ? Que nenni, les amis….C’est www.plein-sens-poesie.org ! Le grand frère de celui dans lequel vous lisez cet article et que nous avons dû faire cesser. C’était Jacques Ansan qui le tenait; l’opération de reprise étant trop périlleuse, nous avons dû changer de format….
.jpg)
Pour terminer ce petit périple au travers d’un temps pas si lointain,
voici l'éditorial de ce PleinSens n°10, écrit par Bernard Renaud :
“Incontestablement et même si le mariage est parfois difficile entre musique
et poésie, tout poète inconsciemment ou non cherche dans le placement
et le choix des mots, lorsqu’il travaille sur un vers, une strophe ou un poème
(qu’il soit classique ou moderne) un rythme, voire une musicalité qui soient
en rapport avec son souffle, sa respiration ou pour être plus précis avec
sa propre musique intérieure.
Sans vouloir généraliser ce propos, ce qui alors serait restreindre
considérablement la fonction poétique, force est de constater que bien
des poètes auraient depuis longtemps disparus si certains de leurs textes
n’avaient pas été mis en musique par des compositeurs ou par des chanteurs.
Je n’en citerai aucun, tellement ces derniers sont connus de tous.
Incontestablement, l’originalité, le charme, la modernité ou l’étonnante
performance de la revue « PleinSens » proviennent de la volonté commune
du groupe de laisser s’exprimer en toute liberté chacun des intervenants
lors de rencontres mensuelles et ce, sous les formes d’expressions les plus
diverses, qu’elles soient poétiques, musicales, théâtrales, etc... Cet heureux
patchwork est, me semble t-il, le moyen le plus efficace de redonner à la poésie
la place qu’elle mérite dans le quartier ou dans la cité, le moyen de la faire
respirer, de la faire partager au plus grand nombre, de la sortir d’une voie
élitiste bien trop souvent ennuyeuse et rébarbative qui pollue quelque part
sa véritable image. Il ne s’agit nullement pour autant d’un nivellement
par le bas mais plutôt l’affirmation du perpétuel devenir de cette dernière
qui confirme et nous procure la venue, ô combien chaleureuse et fidèle,
d’artistes de tous horizons. Se joignent à nous, en effet, et aussi bien
poétiquement que musicalement, des Africains, des Iraniens, des Argentins, etc...
Ainsi donc, force est de constater que musique et poésie font chez nous
bon ménage, c’est le moins que l’on puisse dire."
Editorial de Bernard Renaud

C'est au tour, ce mois-ci, à Christiane Jouan de choisir
3 poèmes sur les 28 publiés dans ce PleinSens.
Elle a donc souhaité mettre en avant les textes de
Jean-Claude Junillon, Gérard Caze et Meg Galetti-Boucrot.
Vous découvrirez leurs poèmes durant les trois prochains
lundi, sur notre blog associatif.
beal

PleinSens n°9
"La liberté d'expression"
En cet hiver 2007, la Ruche des Arts mène toujours ses scènes ouvertes à l’Interloque. Colette Sauvanet, dans la rubrique Mnémosyne du PleinSens n°9, nous commente l’une d’entre elles…Visiblement, la poésie rime avec bonne chair :
« La table regorge de plats cachés dans des torchons à carreaux (…), les bouteilles biens pleines se tiennent droites et luisantes. Un chant d’oiseau nous accueille (…) ; c’est l’hirondelle d’Hormuz (…). C’est la goutte de poésie en suspens qui nous charmera toute la soirée. Les sièges sont alignés en amphithéâtre, comme pour un spectacle. (…) Bacchus se meurt de soif, on fait sauter le champagne, le planteur généreux n’en peut plus d’attendre les gosiers épris de rêves et de partage. Il coule à flots. Tous les musiciens se déchaînent, l’Iran, l’Afrique et le Paris des rues se mêlent. La fiesta tournoie. »

28 poètes joueront le jeu du thème choisi pour ce numéro 9, « La liberté d’expression », en y publiant textes et poésies. Trois d’entre eux ont été choisis par Christian Lafont. Ils seront publiés les trois prochains lundi de ce mois sur notre blog associatif.
En page 28, la revue met en avant le travail de Jacques Bérard. Il animait chaque semaine en 2007 un atelier d’écriture avec les résidents incarcérés à la prison de Fresnes. Deux poèmes de prisonniers sont mis en avant sur cet page. Le premier, d’une force brutale sans équivoque, se nomme « l’Hérétique ».
Un poète est venu,
L’unité psychiatrique de la prison, s’illumina.
Mouloud allait beaucoup mieux.
Sans autre traitement que la poésie,
Il souriait, attendant impatient le mardi.
Poésie thérapie efficace !
Des patients-prisonniers heureux !
Soigner, guérir sans camisole chimique !
La poésie fut déclarée solennellement
Hérésie majeure par les psychiatres.
Haro sur l’hérétique, on renvoya le poète,
Ensuite ; on brûla les poèmes et les livres interdits,
Puis, on doubla la dose des médicaments,
Et Mouloud, redevenu triste et hagard,
Repris la ronde des prisonniers.
Ce nouvel opus met également en avant, en page 29, une autre revue poétique, publié dans le sud de la France : « Envie d’art ». Les artistes mis en avant par ce collectif sont des illustrateurs et des peintres, plus que des poètes ou des conteurs. De nos jours, cette association existe toujours et expose principalement en pays de Gascogne.
Pour en revenir à la Ruche, le collectif de rédaction et de lecture ne change pas, pas plus que le bureau. En cet hiver très froid de 2007, la vie poétique chemine tranquillement tout en s’impatientant du printemps… celui du Printemps des Poètes prochain, bien sûr ! Mais ceci est une autre histoire que nous vous raconterons dans un article prochain …
Les illustrations de cet article, emprunté
au PleinSens n°9, sont de Thérèse Boucraut, W.R. et Joseph Varty.
Pour terminer ce petit périple au travers d’un temps pas si lointain,
voici l'éditorial de ce PleinSens n°9, écrit par Reza Afchar Nadéri :
"Le baillon toujours à portée de voix
"La liberté de presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas."
Le propos mis en exergue dans un célèbre journal satirique, aujourd’hui plus que jamais d’actualité, pourrait s’étendre à la liberté d'expression tout court. Nous vivons dans un siècle où cette liberté, acquis fondamental des lumières, est constamment dans la ligne de mire des systèmes totalitaires. Avec la religion qui, détournée de ses idéaux d’origine, est mise à profit pour justifier l'injustifiable interdiction de penser, interdiction de dire, interdiction de montrer...
La haine est partout présente: évangélistes véhéments
(appuyés par néoconservateurs affairistes) contre islamistes accusateurs (appuyés par émirs pétroliers d'un autre âge).
Mais point n’est besoin d'aller aussi loin pour constater à quel point la parole est muselée par le totalitarisme d'état. Ici même, au pays de Descartes et de Voltaire, le conformisme idéologique et bien pensant a ses propres chiens de garde. avec une presse servile et ronronnante à la solde du pouvoir. Plus subtil, plus insidieux, le contrôle de l’expression sous nos latitudes ne se fait pas à coup de fouet sur l’échine et l’on ne vous traîne pas devant les tribunaux de l’inquisition pour un mot de plus ou de moins. La censure de la parole est confiée tout simplement au citoyen lui-même qui, tétanisé devant tout écart aux normes édictées par le monstre polissé de nos démocraties, dénoncerait volontiers son voisin à la moindre incartade. Pas morte encore la race des collabos...
L’avènement enfin de l’homme "unidimensionnel" dénoncé par le philosophe Marcuse n’est plus un concept depuis bien longtemps mais une réalité tangible. Ici, au pays qui énonça les principes de la liberté, la croissance sans limite annihile les hommes et leur esprit critique tout en manipulant leur conscience par "l’éducation" mise en oeuvre par les pouvoirs publiques - frein total à toute originalité - et les massmédia, petit écran en tête. Tout discours devient alors l’expression d'une seul idéologie justifiant le système actuel.
Ce sont de nouvelles Bastilles qui se dressent cette fois dans les cerveaux des uns et des autres. En ce sens, le travail de la parole, tout comme celui de la poésie - complexe, fait d’équilibres, d’efforts sur soi et de combats lucides - est à mener sur de nouveaux fronts. Rien n’est joué, le combat continue."
éditorial de Reza Afchar Nadéri
C'est encore, ce mois-ci, à Christian Lafont
de choisir 3 poèmes sur les 30 publiés dans ce PleinSens.
Il a donc souhaité mettre en avant les textes de
Stéphane Cottin, Colette Sauvanet et Charles Mathis.
Vous découvrirez leurs poèmes durant les trois prochains
lundi, sur notre blog associatif.
bechdial
.jpg)
Clin d'oeil rétrospectif, En transférant les rubriques de blog à blog, en fonction de leur date de parution, les rédacteurs ont pû constater qu'au moment où venait de paraitre l'article retrospectif
du n°8 de Plein Sens, et avant le n° 9(tous articles rédigés et mis en ligne par Benoit Gimenez) le l'appel ci-dessous du n° 25 à paraitre était "Sur le Feu de la Ruche" Il nous a paru interessant de le
laisser à cette place ,bien qu'un peu incongru dans le déroulement listé de l'historique (chr p/o ndlr)
PleinSens n°25
"La lettre"
Poètes, à vos plumes!!
Le PleinSens n°25 est en phase active de publication.
Le collectif de rédaction et de lecture se réunira pour choisir la ligne éditoriale de ce nouveau numéro et les poèmes qui y seront publiés,
à la fin octobre.
Le thème choisi pour ce nouveau PleinSens est "La lettre".
Nous attendons, avec une vive impatience, vos poésies, vos dessins, vos peintures qui auront tous un point commun avec ce thème.
La date finale pour nous les remettre est le 14 octobre.
Pour nous les transmettre, il vous faudra le faire en deux temps:
1er Temps:
Envoyer vos oeuvres à une des adresses numérique suivante:
2ème temps:
Envoyer la même création sous forme manuscrite à l'adresse postale suivante:
Michèle Lassiaz
122 rue Caulaincourt
75018 Paris
Amis poètes, à vos plumes donc pour faire de ce nouveau PleinSens
un aussi beau numéro que les précedents !!!!
bealchr
09/10/2014 transfert du blog Overblog vers Assoweb, mise à jour (voir Clin d'oeil en remontant la lecture de cette annonce , un peu bizarre dans l'historique, mais montrant réellement le croisement des différents articles et leur suivi sur notre blog qui passe sur internet de .com à .fr)
.jpg)
PleinSens n°8
"Le voyage"
C'est aussi la rentrée pour les poètes de "La Ruche", en ce premier trimestre 2006. Et le PleinSens n°8 est publié.

Une nouvelle fois, notre association voyage encore au coeur du 18ème. En effet, aprés le café "les Chiffons" et le café "Le Bretagne", les scènes ouvertes poétiques changent encore de lieu. La galerie d'art "L'interloque" accueillera désormais notre association un jeudi par mois.
Jacques Ansan y dédicacera, d'ailleurs, "État des lieux". Son recueil est, en ce mois de janvier 2006, le deuxième publié dans notre collection " Le cercle des poètes du 18ème".
Pas de rubrique "mnémosyme", ni "Traduire la poésie", seulement une lettre du président Stéphane Cottin, qui raconte cette association crée avec ses amis toujours présent: "Le 25 avril, il ya trois ans et six mois commençait notre voyage en poésie, l'aventure pour une naissance annoncée: Le cercle des poètes du 18ème prenait corps. Nous partions hésitants, modestes et timides, et impressionnés de se retrouver au café LES CHIFFONS si nombreux. La joie était à son comble, ce soir-là, pour ouvrir le bal...", qui déclame sur la nécessité de notre revue " ...Souhaitons bonne chance à PleinSens pour ce numéro et qu'il reste un moyen de résistance contre tous les a priori, que notre liberté d'expression demeure et fortifie. Ensemble nous sommes fort et nous le resterons si nous le voulons!..",qui nous dit un p'tit au revoir "...Je ne vous quitte pas mes amis simplement je vais devoir m'éloigner de vous car l'aventure des grandes forêts primaires et des espaces vierges m'appelle..."
Des poèmes d'enfants clôturent joliment ce PleinSens illustré par Jacques Ansan (dont certains dessins agrémentent cet article) et Seghir Amarzit. Sandrine Cassin, Yvon Crutchet et Violine Cottin-Delafond ont tous 10 ans. Voici celui de Sandrine:
La route est longue
La route est longue
Elle commence à l'école
Et continue comme une folle
La route est sauvage pleine de bonheur
Compagnon du voyage, pour avoir tout en couleur.
Enfin le collectif de rédaction et de lecture accueille un nouveau lecteur en la personne de Bernard Renaud. Clara Murner etLaurent Galili ont, quant à eux, quitté le collectif de lecture...

Et pour terminer cette petite pirouette temporelle, voici l'éditorial de ce PleinSens n°8, écrit par Alain Pizerra :
"Dans le ventre de nos mères Ville-montagne, champ-devenir...Etre ailleurs pour mieux retenir l'instant qui se refuse dans sa plénitude. contre la rambarde des jours, l'existence file, le temps nous vole et l'homme n'aperçoit qu'un mur. Progresser dans ses rêves avant qu'eux aussi se dérobent. Voyage-naufrage, voyage-nuage aux fontaines de l'inconscient. Déraisonner encore...Le voyage n'est pas seulement le plus triste de tous les plaisirs ou l'action dérisoire d'aller un point à l'autre des grilles de sa cage. Et puis la chouette sur sa barre s'en contente bien, le balancier, le métronome aussi. Si seulement K n'était pas passé par là et quelques autres. Psy, Psy...psychose, métempsycose, drôles de voyages!
Oui, mais le poète a beau vouloir lancer des guirlandes tel un prince aux voyages sans élan, voilà des arabesques d'encéphale, des voyages de cortex autour d'une chambre toile d'araignée, le monde rien que le monde se draper alors dans les hautes aventures, celle qu'on avoue à l'âge mûr, voyage-mirage, on n'y trouve jamais que soi au bout.
Oui, la pluie peut pleurer sur le carreau. Marco Polo s'est éteint au jardin d'Essai, l'oiseau de paradis bat des ailes pour le Cap de bonne espérance...Hirondelles, Hirondelles bien trop naïves.
Tel , voyage comme l'assiette blanche. L'astéroïde invisible s'amuse à convoler avec le bol noir, l'anneau de Saturne, Voyage pour le pays où l'on n'arrive jamais. Pourtant les grands bateaux s'en vont sur la mer océane, nous dit un beau poète d'ici quelques pages...
Les grands enfants les écoutent aussi. Il faut bien se raconter Monsieur Perrichon ou des histoires de cocottes en papier pour aimer encore le voyage ou faire semblant d'y croire.
La lierre rouge n'a jamais que le mur pour ses excursions, la capucine que son tuteur, et homme alors?
Il fait beau, j'aime les world tour clean, conditionnés, bagages anglais, gazon euro. Clean, le voyage quand la conscience tonne des intestins du monde? Oui, le Liban.
-Alors, plus loin, c'est encore trop près, bonjour réalité les lianes dénouées du poète dérivent et se perdent dans l'océan noir tarentule. Le serpent minute fait son office suçant le lait bleu de la princesse assassine. Vision-errance, conte d'une mille deuxième nuit. Voyage en enfer?
Vie, laisse-moi à mon voyage-dérive et boire encore, chaloupe interlope, au corps du marin, sourd diamant du port.
Vie, ta rivière-sautoir est tombée dans le caniveau et se précipite dans la bouche d'égout d'une planète poubelle. Finie l'illusion, la beauté, n'est même plus convulsive. Re-bonjour réalité, tu nous fais voyager avec des hauts-le-coeur! Des statues de sel tombées du ciel brûlent sur la pavé du quotidien, de Roumanie ou d'ailleurs. Sur les trottoirs, les filles vendues crament, étrange voyage...
Amour-confus, la marguerite est effeuillée, la prairie des prouesses, dégorgeoir d'automates du sexe est rase comme la steppe. Ce voyage-là non plus, adieu Platon.
Dans la forge maudite de Vulcain module la petite fugue sous le marteau. L'enclume d'un monde qui "choisit" ses immigrés et les bateaux à double fond qui veulent partir et dont ce serait l'unique voyage?
Hou Hou paraît qu'on est arrivés. "Merci et bon voyage à tous" nous dit la voix virtuelle...Vie, dis-moi face à face, le plus beau voyage, ne l'avons nous pas fait dans le ventre de nos mères ?"
éditorial d'Alain Pizerra
C'est au tour, ce mois-ci, de Christian Lafont de choisir 3 poèmes sur les 28 publiés dans ce PleinSens. Il a donc souhaité mettre en avant les textes de Michèle Lassiaz-Chambon, Jacques Ansan et Eva Farago Arbaney. Vous découvrirez leurs poèmes durant les trois prochains lundis, sur notre blog associatif.
bechmo

PleinSens n°7
"Le corps"
C'est au mois de mai 2006 que paraît ce nouveau PleinSens dont le thème est le corps. Pas moins de 29 poèmes sont proposés aux lecteurs, impatients de lire leur revue préférée. Le collectif de rédaction et de lecture est composée de Reza Afchar Naderi, Jacques Ansan, Stephane Cottin, Laurent Galili, Michèle Lassiaz, Alain Pizerra et Colette Sauvanet. Clara Murner (dont la rubrique "Traduire la poésie" ne figure pas dans ce PleinSens) et Alain Briantais ne participe pas, cette fois-ci, au collectif.

Toujours au café "Le Bretagne", les réunions poétiques mensuelles n'ont plus lieu le vendredi mais le jeudi. Notons aussi, le lancement du "Cercle des poétes du 18éme", en ce printemps 2006. Notre collection de recueils qui est aujourd'hui l'une de nos activités les plus dynamiques, débuta autrefois avec la sortie de "Recto-Verso" écrit par Michèle Lassiaz-Chambon.
C'est Jacques Ansan qui rédige la rubrique "Mnémosyme ou la mémoire du cercle", remplaçant ainsi Sandrine Messaoudi, absente. Il revient sur le deuxième Printemps des Poètes de notre association:
"Le temps des guinguettes a refleuri, le 11 mars, dans des guirlandes de feuillages" dans la salle de la Maison des Associations. "ce décor printanier a été composé par notre ami Georges Meublat. Et notre Printemps des Poètes a résonné des accords de guitares, de violons, de tambourin et de batteries dixieland pour une vraie fête des mots et des couleurs et des chants. Des couleurs? Parce que ce décor de guinguette n'aurait pas été aussi chaleureux sans les toiles et les bois sculptés, sans les dessins et les photos de tous les graphistes qui sont venus nous rejoindre cette année sur le thème de la ville. (...) Des sons et des chants poétiques ou populaires comme les chante notre amie Isabeau de Paname dont la jolie voie gouailleuse nous rappelle à l'enfance de Poulbot." Une nouvelle fois, notre Printemps des Poètes est une réussite.
Colette Sauvanet rend un hommage pour un ami de l'association parti pour d'autres cieux :"Au nom de
PleinSens, je veux rendre hommage au professeur Jean Bernard qui vient de nous quitter : poète et chercheur, il est à l'origine de révolutions thérapeutiques considérables ainsi que de l'institutionnalisation de la bioéthique."
Notre ami Hormuz Kéy est mis en exergue dans la rubrique "Points de vue... et autres nouvelles". En effet, son premier long métrage " La vie est une goutte suspendue" obtient deux prix d'exception. Voici ce qu'en dit le journal "Libération":
"Le festival suisse "visions du réel" présente son palmarés. 4 films primés parmi les 160 présentés (...) Mais l'un d'entre eux est, encore, au- dessus du lot. La vie est une goutte suspendue d'Hormuz Kéy, qui suit son ami Christian, ancien professeur de philosophie, diabétique. Un fim grave et drôle sur la fragilité d'un homme seul. Un film aussi sur le rapport du cinéaste et de son "acteur"."
Louise Emily, dans cette même rubrique, raconte son Paname par un texte absolument bouleversant "Comment je suis devenue tourneuse de manivelle".
Enfin, vous pouvez admirer dans cet article les illustrations de Georges Meublat, Claire Cintes et Jacques Ansan qui, comme depuis le début de l'aventure PleinSens, est, aussi à la conception et réalisation de la revue, avec Alain Briantais.
Le président de notre association à l'époque est toujours Stéphane Cottin, la secrétaire Michèle Lassiaz et la trésorière Evelyne Cabello...

Et pour terminer ce petit voyage dans le temps, voici l'éditorial de ce PleinSens n°7, écrit par Colette Sauvanet :
"Bientôt l'été. La lumière a libre cours pour jouer sur les épaules, la chaleur, pour suggérer l'intimité moite et humide de la sueur. Le corps est là sensible, visible, on se dénude ou on se cache, on le neutralise, ou bien on le défait, on lui en veut, on le torture. Mon corps, c'est ma liberté.
Le corps de l'autre ? Ton corps? Quand ta peau palpite, le désir frémit en moi, le peu que tu me révèles de toi appelle au fantasme du tout : ton genou rond et lisse, ta nuque si fragile et "spirituelle", tes épaules si carrées, tes doigts de fée, ta paume solide. Tous ces petits bouts de ton corps m'obsèdent, m'appellent vers toi. Ton corps est mon corps, lieu de notre rencontre.
Et quand je touche ton corps et que je m'empare, gourmande, amoureuse de ma complétude que je vois briller chez toi, promesse de tous les bonheurs, est-ce toi que je touche ou bien est-ce l'objet manquant de mon corps ? Délicieux et insupportable constat, ces corps à corps emmêlés qui se cherchent avidement, impérieusement. Puisse le corps de l'autre me donner à sentir ce que j'ai oublié, à oublier ce que je ne veux pas sentir. Si le rendez-vous est manqué, mon corps devient ma servitude, mon esclavage.
Et quand les mots ne se font plus entendre pour réclamer justice et raison, qu'ils ne sont plus qu'instruments du mensonge et de la trahison, et quand l'humanité a perdu son statut d'humanité libre et responsable, quand l'homme n'est plus devenu pour l'homme que tortionnaire, qu'il s'empare du pouvoir pour éliminer son frère réduit à la fonction de corps-objet utilisable, consommable, réductible jusqu'à la plus vile, la plus tortionnaire, la plus inique des manipulations, comme ce fut le cas lors de l'explosion du nazisme, comme c'est le cas dans tout l'holocauste, le corps devient alors, dans le silence le plus honteux, corps souffrant.
Et c'est alors que le poète se lève dénonçant l'erreur et l'horreur. Victor Hugo dans "les caves de Lille" s'indigne des conditions affreuses dans lesquelles survit le prolétariat en 1850. Nezim Hikmet, poète turc, prend position contre la torture. Pablo Neruda prend le parti de dénoncer sans relâche la tyrannie plutôt que d'assister muet à la perpétration des crimes de Pinochet. Le poète solidaire dénonce les crimes de l'oppresseur. Engagé corps et âme, il les combat avec ses armes : les mots."
Texte de Colette Sauvanet
C'est toujours, ce mois-ci, à Alain Pizerra de choisir quelques poèmes dans ce PleinSens. Il a d'ailleurs souhaité mettre en avant les textes de Michèle Lassiaz-Chambon, Clara Murner et J.C. Junillon. Vous découvrirez leurs poèmes les deux prochains lundis, sur notre blog associatif.

bsymo

PleinSens n°6
"La révolte"
Nous sommes à la fin de l'année 2005 et la scène ouverte poétique de "La ruche des arts" doit partager le lieu avec une autre soirée musicale indépendante de notre association. Sandrine Messaoudi nous conte l'aventure dans la rubrique "Mnémosyme" de ce nouveau PleinSens:
"Une mince cloison sépare les deux soirées, (...), mais nos poètes ne capituleront pas. Avec ses chansons tonitruantes, se créent des alliances inattendues, certaines agréables, d'autres poignantes, des tensions étranges ou subtiles et parfois de rudes contrastes. (...) les voix des poètes d'ici se mêlent avec ceux d'à côté, et l'on s'y fait sans s'en faire, parce qu'on a, ce soir encore, un si fort désir de poésie"
Est-ce pour cela que notre association quitte le bistrot "Le relais" pour celui du "Bretagne"? Car rendez-vous est pris, le mois prochain, dans ce nouveau lieu, rue Championnet...

La révolte vibre dans chacun des mots qui lient les poèmes de tous les artistes publiés dans ce nouveau PleinSens. La révolte, n'est-ce pas l'énergie absolue du créateur ? du poète ?
Clara Murner, dans sa rubrique "Traduire la poésie" nous fait découvrir le poète mexicain Jaime Sabines alors qu'Alain Pizerra décoche un texte, dans la rubrique "Point de vue", des plus singuliers :
"Allo, la poésie?"
Non, ici l'urgence dentaire
Oui, c'est urgent
Les gencives saignent
D'une réalité si éloignée du réel.
Poésie, sans qui les choses ne seraient ce qu'elle sont
Et ceux qui ont perdu le modèle sans l'avoir dépassé:
Les tuméfiés, les brisés, les étonnés, les dépossédés
et les possédés débridés aussi
Et les plus sages, ceux qui croient l'avoir dépassé,
le bon accabit.
Ils pourraient bien en mourir de colère.
perdus d'avoir cherché la liberté du vent..."

Et pour terminer ce petit voyage dans le temps, voici l'éditorial de ce PleinSens n°6, écrit par Michèle Lassiaz, présidente actuelle de notre association:
" Face aux catastrophes relatées quasi quotidiennement dans les journaux, face aux inepties déversées par certaines chaines de télé, face aux guerres ethniques entretenues par certaines grandes puissances, aux luttes interreligieuses, aux droits des prisonniers bafoués, aux jeunes de banlieue trop souvent oubliés, au tourisme sexuel accepté, au trafic d'armes et drogues charriant leurs millions de morts, face à l'exploitation du travail des enfants, à la mort programmée des populations africaines, face aux mépris dans lequel est maintenue une bonne moitié de l'humanité -les femmes- J'ACCUSE les gouvernants et avant tous les financiers d'entretenir tous les maux et souffrances de notre planète.
J'accuse ceux qui ont promis d'installer "le capitalisme indifférent" qui nous gouverne et qui contient des hommes derrière des espaces hérissés de murs grillagés et de miradors...
Que nous reste-t-il à nous poètes? A célébrer les oiseaux de paradis, les roses de Noël, un éclatant coucher de soleil sur les montagnes enneigées.
Ce monde a de plus en plus besoin de poésie, car celle-ci peut être et se doit d'être le réveil des consciences, une ouverture différente sur ce monde, une nouvelle générosité.
Le poète se doit de refuser toute concession, tout marchandage, d'incarner un message de liberté, une prise de conscience de l'abêtissement vers lequel on nous conduit, de refuser cette spirale de la consommation et de la publicité mensongère afin que les hommes retrouvent leur dignité.
La poésie n'est pas un refuge, c'est un des moyens de s'insurger, de dénoncer ce monde de plus en plus inégalitaire -on me traitera de pessimiste- nenni! je ne peux ni ne veux me voiler la face mais je crois qu'à notre manière, nous, les poètes d'aujourd'hui, nous devons réveiller les consciences endormies pour construire un monde plus égalitaire, plus solidaire, plus libre."
Texte de Michèle Lassiaz
C'est au tour d'Alain Pizerra de choisir quelques poèmes dans ce PleinSens. Il a d'ailleurs souhaiter mettre en avant les textes de Clara Murner, Meg Galleti-Boucrot et Michel Mathieu. Vous découvrirez leurs poèmes les trois prochains lundis, sur notre blog associatif.

bechsy

PleinSens n°5
"
"Le spectacle"
En ces derniers mois de 2005, "La ruche des arts" change de lieu pour ses scènes ouvertes poétiques mensuelles. En effet, les compagnons du "cercle des poètes du 18ème" se retrouvent dorénavant au café "Le Relais", rue du Mont-Cenis. Et pour célébrer cette nouvelle union, un délicieux repas est organisé. Sandrine Messaoudi s'en explique dans la rubrique " Mnémosyme":

"... Au "Relais", premier repas du cercle pour fêter dignement notre installation dans le lieu qui nous a recueillis après notre éviction des "Chiffons". Non pour tapage nocturne: plutôt pour recette insuffisante"(...)" Pour l'instant (notre) petit monde, serré autour des assiettes anglaises bien garnies, joue fermement de la fourchette, et la salle résonne d'un brouhaha si intense que le silence a du mal à se faire..." Toutefois, la réunion poétique débute: "Perrot joue avec les mots pour nous entraîner subrepticement vers des mondes où l'absurde et la fantaisie se côtoient" (..)" D'autres comme Pierre Régnier (...) ont profité de cette ripaille pour nous rendre une petite visite." (..) " Des textes inattendus et insolites entre la poésie et le conte,
l'humour et la gravité: de Louise Michel à Milbauer, (...) on saura désormais ce que les poètes ont dans le ventre".
Au fil des 36 pages que compte ce PleinSens, les illustrations de Jacques Ansan invitent le lecteur à s'aventurer au-delà du spectacle (Vous pouvez admirer trois d'entre elles dans cet article). Dans sa rubrique "Traduire la poésie", Clara Murner nous offre à découvrir les accents très poétiques et très mélancoliques du poète roumain Mihai Eminescu. Enfin, un vibrant hommage est fait à Alain Lecampion, poète et ami, décédé en cet été 2005:
"Nous avons appris la mort subite, cet été, d'Alain Lecampion, à 65 ans. Pour lui, écrire un poème, c'était avant tout, chercher les mots pour dire le mieux possible la justice, la générosité, la fraternité...et l'indignation quand ces valeurs premières, dont il était lui-même tant animé, font défaut. Pour ceux qui fréquentaient Alain, la perte est grande et la douleur vive."

Dans la rubrique "Point de vue", Michèle lassiaz nous livre une lettre de Philippe Gras... Ce poète s'attachait à composer tous les jours un sonnet sur un sujet d'actualité, avec l'ambition que les journaux d'information admettent de nouveau la poésie dans leurs colonnes. Cette incroyable intitiative est toujours d'actualité aujourd'hui, car cet homme pugnace continue son sacerdoce... En effet, vous pouvez découvrir ses réflexions poétiques et quotidiennes à l'adresse internet suivante:
http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/perso/philippe-gras/
Nous découvrons, enfin, que Colette Sauvanet rejoint le comité de lecture de notre revue fétiche, et que "La ruche des arts" prépare, déjà, son deuxième printemps des poètes...

Et pour terminer ce petit voyage dans le temps, voici l'éditorial de ce PleinSens n°5, écrit par Stéphane Cottin, président de cette toute jeune association:
"La société du spectacle ou le massacre des innocents. Chaque jour, tout se joue, comédie et tragédie, sur la scène du monde. Six milliards de figurants et moi et moi, et combien d'acteurs? Combien de rôles?
Côté jardin, on joue à guichet fermé: Monaco et ses palaces, Las Vegas et ses casinos, Hollywood et ses phantasmes, Hawaï et ses plages, ses plages de sable fin, si fin, sans fin, Beverly Hills, ses miradors ses caméras et ses flics. Bienvenue au paradis des nantis: bronzés, manucurés, siliconés. Ce soir, grand bal de la jet-set, bienvenue aux amateurs de chair fraîche, de sensations fortes qui vivent le fric et le vice, ce soir tout est à vendre. Tous réunis, tous unis pour un KO mondial, une belle mise en bière de la planète, distribution des plus-values, ramassez les dollars, ramassez, après vous la fin du monde, les jeux sont faits: Boum! Boum! A l'ouest rien de nouveau sous le soleil de Satan.
Côté cour, les dés sont pipés, voici les favelas de Rio, de Mexico, les bidonvilles de Bombay, de Calcutta, du Caire. Partout la misère qui sue, le sang qui coule, les peuples qu'on affame, les enfants des rues à la colle, à la dérive, à la mort. Un quotidien sans espoir, sans rêve. La peur, la solitude des sans-papiers, des sans-logis, des sans-boulots: écrasés, broyés, effacés, un milliard de figurants, pour quelques dollars chaque jour, s'exécute dans la même répétition.
Allons, poètes! Quittons le confort de nos postes avancés et protégés d'observateurs, les mots ne suffiront pas à changer l'ordre mondial, assez de la quintessence, soulevons nos derrières et enrageons-nous, barrons la route au capital, saluons le combat de ceux qui refusent de vivre à genoux. Poètes du monde à naître et de la vraie vie, unissons-nous contre le cancer du profit et la gangrène du capital, et devenons acteurs de nos propres vies."
Texte de Stéphane Cottin
Toujours à Oguène de faire choix de texte....
Et elle a choisi de mettre à l'honneur, ce mois-ci, Alain Pizerra avec son poème publié dans ce PleinSens:
Tout est-il spectacle?
bemomosy

PleinSens n°4
"
"Thème libre"
En ce froid printemps 2005, le nouveau PleinSens est libre de thème. 33 poètes offrent aux lecteurs de superbes textes en rimes ou en prose. Clara Murner continue sa rubrique "Traduire la poésie" avec un très beau poème de Lâle Müldür, poétesse turque. Cependant, l'évènement majeur ne se situe pas dans les pages de notre revue fétiche, mais à la Maison des Associations, le 13 mars durant le premier "Printemps des Poètes" de la Ruche des Arts. C'est ce que nous conte Jacques Ansan dans l'article "Point de vue":

"La neige risquait fort de tout recouvrir d'un silencieux manteau blanc,(...) mais une centaine de poètes affrontant la grippe, l'angine ou quelque mauvais pas sont venus nous rejoindre, la guitare, le violon, ou le tabla à la main.(...) Stéphane Cottin, le président de cette jeune association, n'en croyait ni ses yeux, ni ses oreilles, jamais tant de personnes ne s'étaient réunies pour dompter la rime,(...). C'est un marathon de cinq heures sans interruption (...) qui a conquis les spectateurs et même les élus du quartier". Jacques rappelle que "sans Michèle, notre poétesse-secrétaire, rien de cela n'aurait été possible".
"Chacun venant à tour de rôle au milieu de la piste, comme au cirque, dompter les vers au fouet, dresser la métaphore, mettre la tête dans la gueule de l'alexandrin. Au risque de se faire dévorer par la bluette mal pétrie, c'était risqué!".
Sandrine Messaoudi termine cet article par ces quelques mots: " Tout s'est déroulé comme dans un rêve avec la simplicité et le naturel des désirs partagés."
Enfin, je tiens à vous signaler que les illustrations que vous pouvez admirer, au travers de cet article sont tirées de ce PleinSens comme tous les articles contant l'aventure de notre revue numéro par numéro. La photo de couverture est de Jean Beauchêne.
Et voici l'édito de ce PleinSens dont le thème est La liberté, écrit par...
Jacques Ansan, encore...
"Il y a encore quelques années, la magie du verbe nous transportait de la terre à la lune, maintenant on va s'y rendre en voyage organisé. Aussi faut-il déplorer à l'instar de Jules Romains d'avant-hier, cette dépoétisation du monde: " Les peuples ont cessé d'écouter le poète, écrit-il, d'autres jeux les ont pris". Cependant, nous sommes arrivés au seuil du gouffre, c'est à dire lorsque le monde s'aperçoit du vide sprirituel engendré par notre société trop technocratique, il revient vers la poésie et écoute enfin les oiseaux.
Mais qui est le poète? Si on définit la poésie par un ensemble de quatrains, de tercets, de rimes et uniquement pour cela, alors il faut laisser aux académiciens le soin de faire de la poésie...?
Mais comme a dit Flaubert: "Il me semble qu'une académie est tout ce qu'il y a de plus antipathique au monde, à la construction même de l'esprit qui n'a ni règle, ni loi, ni uniforme, ni hommes politiques". Une académie sans recette qui serait le reflet de l'instinct populaire, de la chanson populaire, du rythmne et du mouvement populaire est notre seule ambition -( à ne pas confondre avec populiste ou populeux), mais nous savons bien depuis toujours, qu'il y a une conjuration permanente contre deux choses, à savoir, la poésie de la liberté, les gens de goût se chargent d'exterminer l'une, comme les gens de l'ordre de poursuivre l'autre.
La poésie c'est l'expression du chagrin, d'une peine ou d'une joie, c'est aussi parfois une anecdote, une impression, un cri, une prise de position, un engagement pour défendre la liberté. Le poète traduit ce que tout le monde porte en soi, les préoccupations du moment, les injustices qui le bouleversent, les petits riens qui font chaque jour la vie. Tout le monde à cet égard est poète, tout le monde peut écrire l'histoire de sa vie. Même si cette écriture n'est pas parfaite, elle sert à plusieurs choses: à éclairer le futur, à dire "sa liberté"; nombreux sont ceux qui feraient bien de s'y intéresser avant de prendre la parole au nom du peuple.
J'espère que tous peuvent adhérer à cette profession de foi, puisque Lautréamont avait une définition de la poésie qui se rapproche de la nôtre:
"La poésie doit être faite par tous, non par un".
Propos de Jacques Ansan
Après Alain Briantais, c'est au tour d'Oguène de faire choix de textes. Et c'est par un pur hasard qu'elle a choisi le poème de... Jacques Ansan, toujours! Ainsi, au travers de ce PleinSens n°4, la Ruche des Arts lui transmet toute son affection. Alors, Jacques comme disent les jeunes :
"- Spécial dédicace Jac' !"
Jacques Ansan: "Tout contre"
bejamosy

PleinSens n°3
“ La fraternité ”
En cette année 2005, Stephane Cottin est président de
l’association, Michèle Lassiaz secrétaire et Evelyne Cabello, trésorière.
Les réunions mensuelles n’ont plus lieu au café “Les chiffons”
mais au Bistro “Le relais”, derrière l’église Notre-Dame
de Clignancourt, rue du Mont-Cenis.
“Hugues qui croque, toujours, les poètes au rendez-vous de la scène ouverte en mini portrait est saisi du démon poétique avec une évocation de sa boulangerie natale. Ramiro chante, Sarah entonne un gospel, Cristina et Laurent évoquent avec douleur les évenements du Proche-Orient… Les interventions se déroulent et s’entrecroisent avec une fluidité et un naturel orchestrés d'une main légère par Michèle.”
C’est ce que conte Sandrine Messaoudi dans la chronique “Mnémosyne, ou la mémoire du Cercle”. Chronique qui existe depuis le début de l’aventure PleinSens et qui témoigne du plaisir ressenti par tous au long de ces rencontres mensuelles. L’objectif est de garder une trace, de restituer les atmosphéres, d'établir un lien philosophique entre la revue et les rencontres.

Dans une nouvelle chronique qui est appelée “Points de vue”, Sandrine réitére son enthousiasme pour cette nouvelle association et son "journal" :
“ Cette revue, qui recueille souvent les éloges de ceux qui la découvrent, fait notre fierté… Tout a semblé se dérouler comme dans un rêve, avec la simplicité et le naturel des désirs partagés; mais n’oublions pas le travail considérable fourni par les bénévoles ! ”
Clara Murner, à son tour, crée une rubrique “Traduire la poésie”. Par le biais de J.M Pelerson, traducteur, Clara nous propose de rédécouvrir le poète cubain Eliseo Diego.
Il n’y a plus de “Courriers des lecteurs” et l’on prépare activement le “Printemps des Poètes” qui aura lieu en mars à la Maison des Associations…
L’édito d’Alain Pizerra, qui débute ce PleinSens n°3,
nous interroge sur la fraternité
“ Pays des merveilles de l’avènement de la bourgeoisie, devenu rapidement allégorie laïque pour devise, fronton et frontispice, et sur un autre versant sentimentalité christique pour Charity Business, la fraternité est bien pavée, comme l’enfer, des meilleures intentions. Coquille creuse à l’épreuve des faits, coincée entre le monde des idées et une philantropie un peu naïve. Ce qui nous rapproche de l’autre est plus fort que ce qui nous en sépare, mais alors il existe aussi une fraternité des assassins, des manipulateurs, etc. Apprendre à vivre ensemble mais on choisit ses amis, non ses frères : Fraternité, fausse amie ? Quid des métros bondés, de la mer pourrie, des dictactures au service de toutes sortes de choses baptisées démocratie ? Face aux réalités, le bel adage continue de ressembler comme deux gouttes de leurre à un nouvel opium dont le peuple n’a pas envie. Reste la fraternité club des affinités électives, mais des affinités même fortes avec quelqu’un n’induisent pas nécessairement la fraternité, et n’excluent-elles pas l’humain dans ce qu’il a d’universel, du fait même que les frères doivent être de la même religion, du même club ?
Enfin la fraternité sentimentale et son grelot ancestral, celui de la charité à la porte des églises pour la bonne conscience. Frères supposés le temps seulement d’une obole, voici que nous serions fils d’un père et, qui plus est, du même père alors que le mérite d’être frères pourrait être, du moins, de n’être ni père ni enfant. Ici encore le mot enveloppe la chose de gentillesse, mais nulle fraternité dans les ANPE, les tribunaux, les mouroirs...
Poètes, débrouillons-nous avec ce concept fripé, mensonge utopie jeté à la grandeur libre de l’individu. L’utopie, nous l’aimons de Villon à Eluard et même dans le miroir aux autres soi-même de Krishnamurti et de la révolution intérieure. Cesser de s’appartenir peut-il rendre plus fraternel, avec le dépérissement des différents moi dans le je et le jeu ? Plus proche de nous est Mahmoud Darwich dans le dépassement fraternel des clivages.
Poète, ta fraternité va bien vers tous les exilés. Parce que tu es conscience tu fais aussi mémoire. Peut être saisis-tu ainsi un peu mieux la souffrance de l'autre, seule vraie fraternité ?
Mais Caïn le techno a tué Abdel le nomade et l’homme a bien inventé l’arme à l’Age de bronze, point final de la fraternité.”
Texte d’ Alain Pizerra

Après le Pleinsens n°2, Alain Briantais a choisi pour celui-ci
deux poèmes qui seront à l’honneur sur notre blog
ces deux prochains lundis. Ce seront :
Pierre Régnier : Vie ratée
Chantal Rachel Guez : Née d’un chant
bealdi

PleinSens n°2
"Le jardin"
Le vendredi 15 octobre 2004 un imposant tonneau encombre la salle du café "Les chiffons" indisposant l' échange entre les participants de cette scène ouverte poétique. L’objet est enlevé et, Prévert ayant la cote, plusieurs poètes déclament quelques-uns de ses textes…
La caméra persane de Hormuz Key mémorise ce moment pour l’éternité…
On est, en cette fin d'année, en l' attente des "exclamationnistes" : troupe de poètes bruxellois annoncée pour la prochaine scène poétique.
"PleinSens " n°2 paraît lors de ce dernier trimestre. Le collectif de rédaction et de lecture est le même que pour le n° 0 et le n°1 : Reza Afchar Naderi, Jacques Ansan, Stéphane Cottin, Laurent Galili, Michèle Lassiaz, Clara Murner et Alain Pizerra.
Alain Briantais, depuis le début de cette aventure le concepteur et le réalisateur des maquettes, entre dans le cercle très fermé des rédacteurs, remplaçant ainsi Claude Mallerin.

Un hommage, en page 30, est adressé à SLOBODAN KOJOVIC, parti pour d’autres cieux le 17 Août de cette année-là. Cet humaniste, poète, peintre et homme d’action, avait créé la revue "ROUGE GORGE". Il était auprès de tous tenu pour un ami : attentif aux autres, il appréciait leurs diversités…

Il existait alors un courrier des lecteurs dans lequel Alain Anton écrivit une très belle lettre que je ne peux m'empêcher de vous offrir:
" Je n’écris jamais pour un interlocuteur.
Les interlocuteurs se trouvent.
Une belle jardinière est venue bêcher sur un rond-point près de chez moi.
Elle était absolument magnifique...
Les poèmes sont imprévisibles.
Par contre, ils ont besoin d'être lus par des amoureux du genre...
J'aimerais envoyer des textes de temps en temps pour rien.
Ceux qui ont soif d’être lus.
A la belle jardinière
héros
à pleine bouche de la terre
qu'une jardinière en bêchant
remuerait de ses seins
tendant le svelte corsage
linceul qui te comble lentement."
Texte d'Alain Anton

Voici l’édito de ce "PleinSens N°2",
rédigé par Reza Afchar Naderi
Quel est votre jardin ?
Si les écritures ont fait du jardin le symbole du paradis terrestre, un jardin que le premier homme cultivait, c’est sans doute parce que le règne végétal, maîtrisé à l'échelle humaine, reflétait au mieux un univers idéal.
Plus tard, il y eut les villes. Et, pour les habitants de la cité, la nostalgie récurrente de ce monde perdu où tout n’était qu’harmonie.
C'est ainsi qu’à défaut de retrouver les vergers de la genèse, le jardin idéal est devenu intérieur. Depuis, chacun n’a de cesse de cultiver son jardin intime. Le summum de l’échappée originelle combinant, avec cet exercice,
la retraite dans quelque (vrai) jardin dont on a voulu qu’il reflète
un paysage sentimental romantique, à la française, à l’anglaise, minéral, mauresque, persan et j’en passe...
Et vous, quel est votre jardin? Jardin des Hespérides, des délices
ou des… supplices ? Ce nouveau numéro de la revue "PleinSens"
pourrait être l’occasion de journées "portes ouvertes" intérieures
sur vos mondes secrets, pour peu que vous décidiez de les dévoiler un peu,
à travers ces pages, à nos lecteurs.
Texte de Reza A. Naderi.
Ce sera bientôt au tour d'Alain Briantais de divulguer deux poèmes de ce même PleinSens. Ils seront publiés, sur notre blog associatif, les deux prochains lundis de ce mois.
Voici son choix :
Jacques Ansan : Recettes jardinières
Gerald Bloncourt : Ma fleur
besymodi

Plein Sens n°1
"L'amour et l'amitié"
Souvenons-nous.
Stéphane Cottin, 1er président de notre association, écrit dans sa lettre publiée dans
PLEIN SENS n°0:
"Un soir de Mars 2003, nous avons parcouru à pied les quelques centaines de mètres nous séparant du café "Les Chiffons" et nous nous y sommes retrouvés une poignée de passionnés pour découvrir un plaisir commun : la poésie. Étape après étape, nos rangs, au départ clairsemés, se sont étoffés, allongés de nouveaux amoureux du vers et de la prose; mois après mois, nous ont rejoints, poètes, musiciens, conteurs et chanteurs qui ont fait dépasser nos espérances; alors, pour en garder une mémoire vivante nous avons décidé de lancer un journal: PLEIN SENS"
C'est en juin 2004, que le PLEIN SENS n°1 est paru, sur le thème de "L'amour et l'amitié". Pour pouvoir y publier son poème, le poète doit envoyer son poème ou son texte par le biais d'une disquette PC 1.4' avec copie papier... Les premiers ateliers de poésie multiculturels sont animés par Clara Murner. Les scènes ouvertes poétiques, déjà mensuelles, ont lieu le vendredi soir au Café "Les chiffons", dans le 18ème.
Il y a une rubrique "Courrier des lecteurs" (avec trois petites questions...) et la photo du chat de Michèle, "greffier attentif et muet du comité de lecture de la revue PLEIN SENS".
Voici l'édito de ce numéro 1 écrit par Stéphane Cottin:
"Nous voila de retour pour un nouveau PLEIN SENS. L'aventure continue au rendez- vous de l'amitié, le coeur est dans les étoiles, nos lèvres saisissent l'écume des cristaux des mots, étincelles de pierres précieuses montées sur l'or de nos rêves. Mars des giboulées, où le soleil du printemps des poètes vient réchauffer nos sens endormis par l'hiver. Vos vers délicats du premier PLEIN SENS ont bu à la source l'énergie charnelle du beau. Si la tendresse est le premier matin de l'amour, le chemin déjà nous a conduits à la citadelle des plaisirs d'écrire et de dire.Un an déjà que vos plumes parcourent en liberté les rivages connus et inconnus de votre imaginaire. Nous avons accompli les premiers travaux d'Hercule de nos projets: les rencontres mensuelles de la poésie, la constitution de l'association "La ruche des arts" et la revue PLEIN SENS. Le nombre toujours croissant d'amis et d'adhérents confirme que nous avons trouvé la voie.
Comme les maîtres-orfèvres, hier, ciselaient les rivières de diamants des princesses des mille et une nuits, nous, poètes, allons pieds nus, les poings dans les poches, chevauchant les pays des muses, posant les mots sur le brouillon du monde avec la conscience d'ajouter quelque chose d'éclairant à l'angoisse de l'existence.
Nous allons découvrir ensemble dans ce numéro les mots d'amour et d'amitié comme une friandise, ce thème rafraîchissant nous éloignant un instant des réalités souvent décevantes d'un environnement trop pesant".
Stéphane COTTIN
Comme pour le numéro 0, c'est Michèle Lassiaz qui a choisi deux textes poètiques qui illustreront ce numéro. Les voici:
Les poèmes d'amour de Thierry Sajat
L'amitié de Stéphane Cottin
Vous pourrez les lire les deux prochains lundi de ce mois.
sy

PLEIN SENS n°0
L'édito
A l'heure où le n° 22 de notre revue PLEIN SENS est entre vos mains, chers adhérents de la Ruche, il est agréable d' aussi fouiller dans son histoire en se tournant vers les 21 numéros déjà parus; si, de fait, le blog a le souci de promouvoir nos actuelles manifestations artistiques, il souhaite aussi entretenir la mémoire du passé de notre association tant aimée.
Alors, qu'y trouve-t-on dans nos archives ?
2004 fut le début d' une très belle aventure, celle de PLEINS-SENS.
Le numéro 0 fut publié dés le début de l' année. Il était alors composé de feuilles agraphées les unes aux autres; les agraphes sont aujourd'hui rouillées et les feuilles cornées aux angles.
28 textes révélaient déjà la richesse poétique et l' élan créatif de notre association. Parmi les auteurs certains ont disparu ou bien nous ont quitté pour suivre d'autres chemins, mais la grande majorité d' entre eux est restée fidéle à notre sentier poétique.
Y a-til des perles rares dans le n° 0 ?
Michèle Lassiaz (notre wonderwoman présidente) est la premiére invitée à cette chasse aux trésors. Elle a choisi trois textes poétiques que nous découvrirons pendant les 3 lundis à venir avec un commentaire dans lequel elle expliquera la raison de son choix.
mais ...
découvrons à présent l'édito du PLEIN SENS n°0:
"Le poète est un voleur de feu, nous dit Rimbaud...
Au delà du banal et du quotidien, langage en tension entre le dire et l'écoute, la parole poétique ouvre les portes de l'échange salvateur. Au-delà du je, le poème se fait entre dire et entendre pour tous ceux qui, comme Heurtebise, sont à l'affût des paroles des muses. Interprète et passeur de sens, le poéte libéré de la tension de l'inspiration renouvelle l'échange, avec les ricochets de la parole sur l'envie de dire. Le plein sens de la poésie nous échappera toujours. La fleur de la poésie répand son parfum de silence à l'ombre des mots. Du faire au dire, et du dire à l'écoute, le poète est aussi passeur de flamme.
Decembre 2004
Ecrit par Clara Murner, Michèle Lassiaz
Les poésies choisies sont:
Des hommes et des chiens de Cristina Semblano
Alger de Claude Touilli
Les mains de Michèle Lassiaz


Réagir