
Flammèches
de Louise Emily
Le 9ème recueil publié par notre maison d'édition associative était en séance de dédicace le 08 mars dernier; aujourd'hui, c'est le 6ème recueil de notre collection " Le cercle des poètes du 18ème" que nous vous présentons, celui qui fit l'actualité en 2010: "Flammèches" de Louise Emily.
Voici sa préface écrite par Alain Briantais. L'illustration de couverture est une oeuvre de notre très chère amie Louise...
Et si la vie n'était qu'un feu d'artifice, semant derrière lui des chapelets de flammèches. Etincelles d'évènements, grands et petits qui nous réjouissent, nous interpellent ou nous indignent. Etincelles de sentiments, petits et grands qui nous émerveillent, nous brûlent ou nous effraient.
Dans le grand ciel de la vie, au coeur du grand écran qu'est le quotidien, Louise Emily cherche certainement ce feu d'artifice qui brille et toutes ces flammèches qui éparpillent l'éblouissement et la joie. Mais ce ciel-là, et ce monde-là, sont trop souvent bien sombres, voire de temps en temps totalement noirs et opaques. Alors elle prend sa plume... Et partage les mots. Partage les instants.
Parfois, elle se raccroche aux choses simples, aux bonheurs simples et si doux, choisissant l'espoir à la désespérance ( Les poèmes: Une chemise, Lettres à Noé...). Parfois, lorsque la vision devient trop éprouvante à ses yeux ahuris et à son coeur meurtri, elle gueule et crie son incompréhension d'un monde qui lui semble avoir perdu la raison ( Les poèmes: Fin de siècle, Absurdité...). A d'autres moments, c'est la nostalgie qui pointe le bout de son nez derrière un souvenir, derrière un soupir. Dans la vie rêvée de Louise Emily, les elfes se prénommeraient : Tendresse, Espoir, Amitié, Sourires, Egalité, Bienveillance, tous ces noms qui parlent d'amour. Elles transformeraient les humains, tous les humains avec une facilité déconcertante.
A travers ce recueil, joliment illustré par l'auteure elle-même, Louise Emily ne nous emmène pas en voyage mais en "partage". Un partage qui nous questionne, nous émeut ou nous attendrit. Une source discrète d'humanité qui perle sous les mots.
Préface d'Alain Briantais
Mars 2010
Pour se procurer "Flammèches"
Nous publierons prochainement un article avec trois poèmes de Louise Emily, extraits de ce magnifique recueil, avec trois de ses illustrations...

Extraits de
Flammèches
de Louise Emily
Voici trois poèmes extraits du recueil de Louise Emily
avec les illustrations de l'auteure elle-même:
Avec des mots
Que de mots ! Que de mots !
Que de mots prononcés par les hommes.
Autant que de gouttes d’eau dans la mer ?
Autant que de grains de sable sur les plages ?
Autant que de cailloux sur les chemins ?
Que d’étoiles dans le ciel ?
Impossible de savoir :
A quoi bon les compter ?
Mieux vaut chercher les courants les plus doux, le sable le plus fin.
Les cailloux les plus lisses, les plus colorés,
Les plus scintillants,
Les plus étranges,
Les plus drôles parfois,
Tenter de discerner les dessins des étoiles.
Tous les enfants le font...
Et les poètes font de même
Avec des mots, des mots, des mots.
juillet 2008

Confidence
Je le voyais assis tout au fond du wagon.
Je ne pouvais bien voir que ses cheveux si blonds
Mais c’est en remarquant la largeur des épaules,
Tu vois, que j’ai soudain pensé à toi. C’est drôle !
Puis, quelqu’un s’est levé; il a changé de place.
Alors j’ai reconnu son reflet dans la glace.
Il avait ton menton, ton front et ta figure,
La ligne de ton nez si fine, droite et pure.
Et je me suis levée, et j’ai changé de place
Car je voulais le voir de plus près, face à face.
Il avait les vingt ans que tu as eus un jour,
Ce petit air moqueur que tu avais toujours.
Il portait un pull gris et un imperméable,
Des livres et des papiers tassés dans un cartable.
De son ongle bombé taché de nicotine,
Il suivait un article très long, sur la Chine.
J’ai raté ma station, fascinée par l’image
De celui que tu fus quand tu avais son âge.
Mais, sans me remarquer, ton double est descendu,
Archange du métro que je ne verrai plus.
Je n’avais pas bougé car, dans son beau visage,
J’avais vu son regard : ce n’était pas le tien,
Cet unique regard que le mien cherche en vain
Depuis bientôt quinze ans, mon amour d’un autre âge.
Je le voyais assis dans le fond du wagon,
Avec ton air moqueur, ton pull gris, ton menton,
Mais ce n’était pas toi, malgré ses cheveux d’or.
Toi, je l’oublie toujours, mon amour, tu es mort.
1996

Absurdité
Jeans bien troués
ourlets frangés
tissus fripés
chaussettes qui dégringolent
cheveux rasés
walk-man vissé
lunettes cerclées
y en a pas un qui rigole
coca gobé
frites-sandwich avalés
estomacs domestiqués
ça mérite des torgnoles
des jours passés
devant la télé :
publicité
pour du savon, des bagnoles
ordres avalés
mots dégueulés
ces vies gâchées.
on devrait trouver ça drôle ?
1997

belomosyal
Pour se procurer "Flammèches"
bemosy


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