
Errances
d’ Oguène
“ De la femme à la femme, de la terre à la terre, d’un rêve à un rêve, d’une mémoire à une mémoire, d’un arbre à un arbre… Oguène voyage loin. Très loin. Jusqu'au bout du chemin. Jusqu’au bout des chemins, qu’ils soient temporels ou intemporels, géographiques ou intérieurs, solitaires, partagés, à partager… Ouvrir les yeux. Ouvrir les yeux sans cesse. Marcher sans relâche vers les autres et vers soi "(…) Malgré la pluie tenace dont la robe fluide aurait épousé mon destin…" (Extrait de son poème : Mon nom)
Voila sa quête : être en mouvement.
On pourrait la croire fâchée avec le monde ( Humanité brisée, Afrique, Toi ! La malmenée ). Elle l’est. Mais cette fâcherie ne tourne pas en rond dans l’impasse des sentiments revanchards et nauséabonds. Au contraire, la tourmente des mots la mène et nous mène vers d'autres horizons bien plus bleus : l’espoir ( Pourtant ), la plénitude ( Trimurti ), l’amitié, et l’amour. L’amour et ses couleurs inépuisables ( De nos amours perdus, La plage de nos vingt ans, Moissons, Les mots d’amour ).
De la femme à des femmes, d’une terre à d’autres terres, d’un rêve vers d’autres rêves, d’une mémoire à des mémoires, et même d’un arbre pour d’autres arbres... Je souris à l’encoignure d’un mot si remarquablement éblouissant dans sa lumière, si juste dans son bonheur, et pourrais pleurer ou hurler au cri d’un autre si torturé dans son mystère, son absence ou son impuissance. Cette poésie-là, qui s’enracine dans la vie comme un olivier dans un sol aride, malaxe les cœurs. On ne sort pas intact de cette lecture. Dans cet écrin de mots délivrés se soulève ce qui nous fait hommes parmi les hommes.
Errances ! Errances, peut-être ! Errer ? Je n’en suis pas si sûr. Le pas, me semble-t-il, ne s’est jamais tout à fait égaré. L’écoute, la belle écoute des autres n’a jamais réellement cessé. L’envie, l’en...Vie, ne s’est jamais vraiment épuisée. Merci ! Merci assurément !... Il aurait été regrettable que cet écrin de poésie ne s’ouvre pas au soleil renaissant des printemps. ”
Préface du recueil par Alain Briantais ( Mars, 2009)
“ Errances ” est édité dans notre maison d'édition associative : “ La collection du cercle des poètes du 18ème ”. Oguène sera à l’honneur sur ce blog, durant tout le mois de Janvier, à l’occasion de la parution en plusieurs articles de son portrait esquissé par Benoit Gimenez.
Pour toute commande de ce recueil:

Errances
d'Oguène
Voici six poèmes extraits du recueil d'Oguène
avec les illustrations de l'auteure elle-même:
Moissons 1
Nous moissonnons
L'herbe sous nos pieds
La pierre frissonne
Et l'amant de nos soirées
S'approche doucement
Au détour du chemin
Caressant nos épaules
Il vient se nicher
Au creux de nos reins
Jusqu'à ce que l'ombre
Nous saisisse
Nous enveloppe
Et de ses mains humides
Rafraichisse nos coeurs
Trop chauds
Des rayons de l'été

Moissons 2
Les formes moites de la terre
Glissent sous les haillons
de l'automne vieillissant
Moelleux
Nos pieds se crispent
Sur les noeuds serrés
De son corps durci
Nous pénétrons le vallon
De la loge des Chouans
Si nous sommes brigands
Nous sommes aussi ses amants
Comme le soleil est le nôtre
Chaque fois qu'il nous abreuve
Et nous dispense sa sève ardente
Moissons 3
Nous changeons de couleurs
Nous changeons de parfums
La terre se contracte
Son corps nous accueille
Incertains
En nattes tressées d'épis verts
Des branchages flottent
Et viennent nous effleurer
Nous sommes pionniers
Ensemble nous traversons
Le Kaléidoscope
De nos corps irradiés

Pourtant...
Temps de neige
Temps de pluie
Le vent accompagne
Notre peine
Pourtant l'espoir se mêle
A la bourrasque
Que devient notre vie
Au long des jours
Gris d'incertitude
Gris d'angoisse
Temps de neige
Temps de pluie
Nos émotions claquent
Et se déchirent
Feuilles perdues
Au pied du tronc blanchi
De notre destin meurtri
Temps de neige
Temps de pluie
Le vent accompagne
Notre peine
Pourtant l'espoir renaît
Dans la bourrasque
Qu'est devenue notre vie

Le Clown jongleur 1
Tes mains révélaient
Tes secrètes pensées
Indifférentes
Figées
Muettes
Passionnées
Chaudes
Vivantes
Vagues paisibles
Vagues enfiévrées
Vagues éclatées
Vagues dispersées
Elles m'ont ensorcelée
Le clown jongleur 2
Une légère écume
En vagues neigeuses
Roule et recouvre
Les branches colorées et nacrées
Des petites étoiles qui ourlent
Le coin de tes lèvres pourprées
Ton regard doré
Sur la partition secrète
De nos pensées
S'est posé
Ton corps puissant
Sous le tissus soyeux
De ton costume-jockey
Frémit
Ton abondante chevelure bouclée
Au rythme endiablé
Par tes gestes de jongleur
Imprimé
Bondit et danse
Les balles multicolores
Jaillissent
Messagères des illusions joyeuses
D'où notre enfance
De tant d'années d'adulte figé
Renaît
Libérée en un rire fugueur
Ondes éclatantes
L'air les sème
A tous vents
Déferlantes de perles
Sonores et ruisselantes

besymomo
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