
mercredi 29 janvier,
à 19h30
Serge Carbonnel
dédidace
" Mille et un silences
pour traverser le temps"
à la librairie
L’Eternel retour
77 rue Lamarck
Paris 18ème
Métro : Lamarck-Caulaincourt

Notre ami Serge Carbonnel est un passionné des mots; la poésie est
l’une de ses raisons d’exister. Il nous le prouve chaque mois lors de
nos scènes ouvertes, alors qu’il monte sur les planches et, de par
sa voix grave et méridionale, nous enchante de textes sublimes.
Serge Carbonnel écrit le beau et le profond; nous laisse à la
réflexion légitime; nous apporte de la résonance et de l’écho…
Serge Carbonnel est un philosophe qui, à la vie, fait des pieds de nez
en alexandrin ou en simple vers. Notre ami Serge est aussi un
homme simple, souriant et drôle. Sa texture vocale est d’une grande
maîtrise. Et nous aimons quand notre grand serge, à nous, chante
le grand Jacques, à eux : celui du plat pays…
Là encore, le bonheur est palpable lorsque nous l’écoutons chanter…
Serge Carbonnel nous fait l’insigne honneur de publier son nouveau
recueil dans notre collection. Et comme toujours nous allons fêter
avec l’auteur, dans les murs de la librairie « L’éternel retour »,
cette nouvelle parution. Ce sera la quatorzième du notre Cercle.
Venons nombreux pour écouter les textes de Serge Carbonnel
par ceux et celles qui souhaiterons déclamer sa poésie en
l’honneur du poète présent. Puis, nous écouterons aussi
les propos de l’auteur sur la genèse de certains textes,
la substantifique moelle de ses inspirations.
Enfin, nous clôturerons cette merveilleuse soirée par le pot
de l’amitié, source de joie et de belles conversations !
be

Extraits de
Mille et un silences pour traverser le temps
de Serge Carbonnel
Voici trois poèmes
du recueil de Serge Carbonnel
illustré d’éternité par l’auteur.

Art poétique ?
Un poème me tente
aujourd’hui je ne sais ce que mes maux vont dire
Quand j’écris le poème
à peine si je sais ce que mes mots vont dire
L’homme que je ne suis pas
ne voudrait pas mourir dans l’homme que je suis
je voudrais que mes mots puissent le réveiller
Lorsque j’écris soleil il faut que le soleil
enfin se lève en moi
Un poème me tente
il m’est un appel vague comme besoin de vivre
Quand j’écris le poème
je crois que l’on y voit les maux qu’il me faut vivre
et l’homme que je suis
ne voudrait pas mourir dans celui qui n’est pas
je sais bien que mes mots me sont déchirements
quand j’écris le mot monde
c’est pour le transformer
Un poème me tente
Il m’est désir soudain de l’avenir des maux
Quand j’écris le poème
je ne sais vraiment rien de l’avenir des mots
mais l’homme que je suis affirme
qu’il vous parle à travers sa durée
je voudrais que mes mots puissent alors nous lier
et quand j’écris révolte
il faut que la révolte enfin se lève en nous
LE POEME ME TENTE
C’EST LA MA SOLITUDE
Quand j’écris le mot pain
il n’y a pas de pain sur la table au chômeur
Un silence violent creuse dans mes douleurs

Le voyage des mots ?
Sait-on où mène le voyage des mots ?
Vers quels lieux de la pensée ou de la sensibilité ?
Car les mots bousculent les noms eux-mêmes
Et évoquent les lieux vers lesquels les rêves s’élancent.
El les rêves n’ont pas besoin de mots pour exister,
ni de silence pour mourir,
ni de bruits
pour sourire aux quatre vents des sables.
Ils n’ont besoin que d’être chair.

Le cri ouvre la bouche
Le cri ouvre la bouche
et reste inaudible
en explosion d’étoile
Le cri parcourt les veines
bouillant tumultueux
en chutes d’eau secrètes
Le cri chauffe la tête
ébouillante les sens
et lance la rupture
Le cri n’est plus qu’un cri
un adieu à l’humain
le cri n’est plus un cri
le cri est une absence

Là-bas
Avant de boire l’eau
l’homme plein de silence
capture les photons
provenant du soleil
il les met dans son corps
recrache sa lumière
comme un torrent d’amour
au cœur de l’univers
et regardant le ciel
il se gratte la tête
en souriant de joie
aux étoiles cachées
en se disant tout bas
que cette eau dans cette gorge
coule peut-être aussi
dans un frère lointain

serbema


“ Mille et un silences
pour traverser
le temps ”
de Serge Carbonnel
« Mille et un silences pour traverser le temps»
est le quatorzième recueil de notre collection
« Le cercle des poètes du 18ème »
Les aiguilles des heures percent la peau des rêves… Est-ce pourquoi, ici, les pendules n’en ont pas ou bien parce qu’il n’y a plus de temps, qu’il descend de l’avenir vers le présent ou encore que l’au-delà métaphysique coïncide avec les cieux, aller-retour en arrière ?
Qui le dira ?
Mais si le Temps est immobile, c’est nous qui passons, emportant nos passions, notre destin…
Serge Carbonnel a la « religion » du mot, religion du verbe incarné et inscrit dans le grand mouvement de l’univers : « et mon regard s’en va de l’étoile au fleuve, du fleuve au monument éternel, à l’éternel du temps ».
Pourtant, ce beau recueil se conclue ainsi : « l’homme qui crie le plus est celui qui se tait. »Le silence est bien alors cette force, cette douceur, et aussi cette douleur de l’âme, lorsque - comme dans ce poème – il est cri-blanc, cri-larmes, cri inverse. Mot à jamais mystérieux car jamais dit.
Mais Serge Carbonnel construit l’espace avec des mots. Qu’importe alors, que dans tel ou tel poème, mort et vie soient confondues, puisque c’est dans l’azur, la lumière. Lumière spirituelle où l’heure se transforme, où enfin tout se rejoint. Espace-temps, espace intérieur aussi. Le réveil y signifierait le paradis.
Alors ces « Mille et un silences pour traverser le temps » - titre à la fois initiatique et invérifiable – crient. Non comme l’adolescent de naguère, indiscipliné et lecteur assidu de Rousseau, mais pour sonner sous la voûte étoilée, de la voix forte du poète. Poète au « je » discret bien qu’affirmé, redevenu enfant pourtant, pour être enfin entendu et aimé des siens. Chanter dans la clarté en touches d’aquarelle et tonner aussi afin d’extraire la substance des mots, leur chair, leur lumière. Mots débarrassés de leur “écorce”, revisités, mis à vif lors de chaque lecture de Serge Carbonnel en public. S’élever enfin, dans l’espace mouvant d’un imperceptible au-delà ? Plutôt entrer dans la réalité supérieure que le poète perçoit au-delà du doute exprimé : « Crier au vide silencieux dans l’univers entier ».
Avant propos d’Alain Pizerra
Le 10 octobre 2013 à 19 h. 40’ !

Pour se procurer “ Mille et un silences” :
Sebe

Le mercredi 29 janvier 2014
Serge Carbonnel
a dédidacé
" Mille et un silences
pour traverser le temps"
à la librairie
L’Eternel retour
Marie, notre charmante hôtesse de la librairie “ L’Éternel Retour ”, vient de transformer l’espace avec délicatesse ; nous sommes installés, impatients de goûter les textes de Serge Carbonnel. Il est 19h30, et nous patientons encore… Serge attend, avec un brin de tension, l’arrivée d’un invité de marque : Guillaume Hasson, directeur des Théâtrales Charles Dullin, auteur de la préface remarquable qui ouvre le recueil de notre poète.

Serge Carbonnel et Guillaume Hasson
Son arrivée fait souffler un vent d’enthousiasme, et nous commençons. Une présentation à trois voix (Michèle Lassiaz, Alain Pizerra et Guillaume Hasson), nous fait pénétrer dans l’univers de Serge. Leurs mots, auxquels s’ajoutent ceux de Serge, sont tout de suite chargés d’un sens si profond qu’il nous rend volubiles. « Mille et un silence pour traverser le temps », titre de son recueil, nous interpelle, les questions fusent, certaines réponses nous épatent. Ainsi, l’explication des horloges sans aiguilles sur la couverture du livre : c’est la définition stupéfiante de “ l’éternité ” par un enfant de dix ans, un souvenir précis et immensément précieux pour notre auteur.

Serge Carbonnel et Michèle Lassiaz
Les recueils courent maintenant de main en main, chacun s’appliquant à délivrer le contenu des textes avec tout son ressenti et son phrasé. Serge, à son tour, comme un souffle, nous emporte de sa voix chaude et méridionale. Son mistral de mots soulève les débats : l’enfance, le silence, l’appartenance au monde, l’esprit et la spiritualité, le livre et la lecture, l’image et le spectacle… On échange et on disserte. À la fin du poème « Chercher un souvenir », il s’enflamme et s’étonne que peu de nous connaissent Tony Poncet, grand chanteur d’opéra. Puis il parle de son fils qui le regarde, admiratif.

Alain Pizerra
Et les lectures reprennent ici, puis là. Les débats s’animent. Le flux de nos multiples pensées, comme un ressac, nous ramène aux écrits de l’auteur. Tout d’un coup, la houle lui fait prendre la mer : il se lève, ouvre avec gravité son recueil, et nous clame « Psaume 152 ». À sa respiration forte et mesurée, qui rythme sa lecture, répondent nos silences… C’est beau ! Les applaudissements sont nourris !

Nous avons traversé le temps, nous l’avons remonté aussi, comme dans ton livre, Serge ! Guillaume Hasson s’est enthousiasmé de ce que la Poésie et la Parole nous rassemblent en des lieux si chers à la lecture. Puissions-nous poursuivre ce chemin et ces dédicaces longtemps encore !
Mnémosyme d’Alain Briantais
photos de Christian Lafont

Pour se procurer “ Mille et un silences” :
aldimobech


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