LE BISTROT DES POEMES

 

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Le jeudi 31 mai,

 

Benoit Dumont-Gimenez

 

a dédicacé son recueil

 

“Le bistrot des poèmes” 

 

à la librairie

 

    L'Eternel Retour

 

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Le texte que vous allez lire ci-dessous est de Benoit Gimenez.

 Les magnifiques photos sont de Joseph Sibio... 

 

 

IGP4975" Nous sommes dans l'esprit de l'arroseur arrosé...l'histoire d'un jeune homme qui durant une année par le biais de notre blog a mis en avant tous les amis et artistes talentueux de notre "Ruche" et qui, une fois n'est pas coutume, écrit sur lui-même. Vous l'aurez compris, c'est un exercice assez gênant mais il faut que je le fasse...

 

 Juste pour vous dire à tous un très grand MERCI.

  

MERCI d'être venus si nombreux, dans cette si chaleureuse librairie, et d'avoir partagé avec moi, un grand moment de bonheur personnel.

 

Les poètes écrivent pour être lus. C'est une évidence. Voilà plus de dix ans que j'écris, entre moments fugaces d'énergie et longues périodes de contemplation. Petit à petit, mon univers personnel s'est déployé au traversIGP4917 des rîmes et des mots que j'essaye de faire fonctionner les uns avec les autres...Et je fus durant ces périodes seul sous la lampe du bureau, dans les rames du métro ou encore dans mes garrigues languedociennes....

 

Et un jour, "La Ruche des Arts" est arrivée dans mon existence...multitude de talents, personnages attachants, créativité magistrale. Une deuxième maison...

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Alors, oui, c e fut l'évidence pour moi de publier au" Cercle des poètes du 18ème"...de demander à Alain Briantais de créer un beau bouquin avec mes mots...qu'acceptent Marièva Sol et Jacques Ansan d'illustrer certains poèmes, avec leur génie du trait... Et, enfin qu'Oguène IGP4960ait la générosité de devenir la chasseresse de fautes d'orthographe autant que de formules en mauvais français.Ainsi, ce recueil, ce petit bouquin devient un livre choral à 5 doigts, à l'âme multiple.

 

Un grand merci à eux...

  

Mais ce ne fut pas tout. Le jeudi 31 mai, vous fûtes nombreux, amis de le "Ruche" ou pas, amis de loin ou du quartier, à venir lire un texte par-ci par-là. Il n'y a rien de plus incroyable que d'entendre ses vers déclamer par la voix des uns, par la musicalité des autres... De vives émotions faisaient vibrer l'ensemble de mon corps, déjàIGP4954 fébrile...Un grand Merci à vous tous....Je me souviendrai, dorénavant, lorsque j'écrirai sous la lampe de mon bureau, dans un wagon de métro ou à l'ombre d'un noisetier languedocien, que, peut-être, vous pourriez lire le texte en cours d'écriture, à la librairie "L'Eternel Retour"...dans un avenir proche ou lointain... Alors, j'essaierai, empli de cette idée,  d'écrire mieux encore....

Encore une fois, encore un grand merci à toutes et à tous pour ce moment unique dans la vie d'un homme, dans la vie d'un poète...dans ma vie.... 

 

 

 

 

 

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  bemo

 

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 023

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 023 

 

Le bistrot des poèmes

 

de  Benoit Dumont-Gimenez

 

 

 

La poésie ne s’embarrasse pas de « on dit ». Elle naît d’une source insaisissable qui parfois nous inonde tout entier. Chez benoît Dumont-Gimenez, cette source délicieuse zigzague en méandres et se moque des convenances avec une gourmandise jubilatoire et revendiquée. Totalement revendiquée. L’auteur l’assume, le dit, et partage allègrement le flot de ses écrits.

 

Le premier de ses méandres nous emporte vers la famille, soulevant dans ses remous de multiples questions existentielles : « D’où viens-tu ? » (Lorca, Sulcamin, Il  y a) à « où on va ? » (Tu le sais toi). Quelques tourbillons, ici et là… L’époque bénie de l’enfance si joliment croquée (La morve au nez), puis plus loin encore, l’invisible lien entre les hommes (Un ange sur l’épaule) qui nous ramène à nous-même.

 

Une vague de fond et nous voilà dans l’eau fortement troublée d’un deuxième dédale. « Mes chemins usés » clame le barbouilleur, en défendant son univers professionnel. Et dans cette eau saumâtre, des mots gouailleurs, des mots cabossés, des mots argotiques qui nous parlent vrai. L’égout et les couleurs, ça ne se discute pas.

 

Tout naturellement, nous ressortons en pleine mer. Une mer aimée, telle une mère (Mère) qui console éventuellement des affres du monde. Les mots hurlent de colère ou d’ignominie (La méduse, La chanson du vicomte la honte).

 

Faute d’hurler, l’homme boit la tasse, coule, se noie. Un labyrinthe que le poète connaît, où l’amertume et les souvenirs soulèvent le cœur. Ici aussi, la rime excelle d’images toutes folles et inattendues les unes comme les autres (Ma Bardot, La complainte du p’tit noir, Le muse). Les mots jouent avec les mots et l’on rigole en coin.

 

Une courbe se profile. Nous passons de l’eau-de-vie à l’eau à la bouche. L’humidité est partout (Paresse précoce, Les p’tites culottes, Minuit, ma sirène) et la température monte. Le galbe de l’écriture ralentit la lecture.

 

Le méandre qui suit s’enfonce dans la brousse des idées, des réflexions, des engagements. L’auteur affirme tout de go que sa philosophie est… de comptoir. Mais comment ne pas être interpellé par son regard sur les évènements (L’inconnue du pont de Tolbiac) et sur le monde (Cours d’injustice), et par ses dialogues intérieurs (Dis donc dieu, Combattre).

 

Dernière vague. Notre raconteur d’histoires ne veut pas lâcher le lecteur. Un, deux, trois poèmes de plus pour la route, nous dit-il. Une route goudronnée, une voie ferrée, une expédition éventuellement céleste (Sus à l’étoile !) et la vie qui court, qu’il ait les yeux ouverts ou les yeux fermés (Les yeux ouverts) pour terminer.

 

L’embarcation des mots m’a complètement trempé. Ce recueil me séduit. De partout la rime est inventive. Elle cogne, claque, dérive, se prend les pieds dans le tapis des syllabes parfois ; On s’en fiche. Elle fanfaronne, se bidonne, chante et danse. Les illustrations de Marièva Sol et de Jacques Ansan, complémentées par un dessin de Sabine Kahsay-Habtemicael, renforcent le trait et c’est bon. L’alexandrin lui-même est frondeur, coquin, rieur. Je découvre sous la toile l’authenticité, la curiosité, la profonde humanité. C’est ta gourmandise, Benoit ! Pour les mots, pour l’amour, les amis, la famille, la vie que tu croques tout simplement. Puisse « Le bistrot des poèmes » ouvrir en grand des portes et des fenêtres pour un monde réenchanté.

 

Préface d’Alain Briantais

 

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Extraits de

Le bistrot des poèmes 

 

de  Benoit Dumont Gimenez

 

  

Voici trois poèmes extraits 

du recueil de Benoit Dumont Gimenez

Les illustrations que vous découvrirez

dans cet article, présentes dans le recueil,

sont de Marièva Sol.

L'illustration de la Première de couverture

est de Jacques Ansan

 

 

Les yeux ouverts

 

Je suis de ceux qui rêvent les yeux ouverts

On admire mieux de la lune l’immense vert

De notre terre bleue comme une orange.

Je suis de ceux qui nagent avec les anges.

Pardon aux piétons à qui j’écrase les pieds,

La tête pleine d’eau, j’ai le réel tout empêtré

De sublime avec les embruns de l’océan

En pêcheur d’images, je m’assois sur un banc.

 

Un poulpe s’accroche aux éperons d’un maréchal

Crottés par des Perlons, anarchisme radical.

Les usagers, avec le mal de mer du matin,

Prennent le poisson-chat de la ligne Quatre-vingt.

A marée haute, il est bondé comme de coutume

Et le courant de vie brûle de mille écumes.

 

Je suis de ceux qui brassent les yeux ouverts

On admire mieux de la mer notre atmosphère.

Pardon aux poissons à qui j’écrase les nageoires

Dans ma tête en l’air, j’ai le réel aléatoire

Je sculpte mes visions en folie docile ;

En homme poète, je m’assois sur une île.

 

Sur le cheval d’airain du général Nivelle

Je galope d’éclats de gouache en aquarelle.

Les usagers, dans les nuages, prennent le métro,

Mer de tranquillité terminus Porte Maillot.

Même au septième ciel, il est bondé.

Je suis de ceux qui vivent les yeux fermés.

 

 

2011

 

 

trois notesTrois notes

 

Nos existences tiennent en trois notes.

La seule partition dont on est certain.

Le prologue, l’action d’être en chemin,

Le final qui vient après la tremblotte.

 

La première est la note de ta naissance.

Quel incréé s’est tant créé à l’infini ?

Combien d’aînés se sont aimés en donner vie

Pour que le rien permette ta présence ?

 

La seconde est la seule en lumière.

C’est une montagne russe de sentiments.

Le temps file et te pousse loin devant

Pendant que tu regardes trop derrière.

 

La note ultime vibre dans l’immortalité.

D’abord, fleurs et regrets éternels en couronnes.

Puis ta réalité ne sera que bout de génomes.

Tu deviendras maillon de la chaîne des aînés.

 

Un air n’exprimant qu’une anecdote…

Un tour et puis s’en vont les illusions.

Alors profite du son de l’accordéon.

Car, en fait, Ta vie tient sur une note.

 

2010

 

  Ma bardot

  Ma Bardot

 

Comme chaque jour, je me noie

A la pression du taulier.

Ma bouche est pleine de renvois.

Je suis mal dans mes étriers.

 

La pluie accable Paris.

Dans mon bistrot, je crève la mort.

Fait gris dans mon quartier pourri.

Et le patron qui m’ignore…

 

Des fois, y a de la joie,

Dans le cul de mon verre.

Des fois, sérieux, j’y crois

A quitter, pour de bon, ma bière.

 

A savoir pourquoi je bois,

Depuis le temps que je picole,

Je connais plus l’histoire, je crois.

Je l’ai noyée dans mon formol.

 

Je rêve d’un p’tit boulot.

Un truc simple, un plan michto,

Mais pas de gonzesse, pas de mélo,

Vu qu’en amour, j’ai eu ma Bardot.

 

Les clients l’appelaient Lolo.

Un beau minois. Un cul d’enfer.

Avec un gros cœur d’artichaut

Et de tendres yeux verts.

 

Elle m’a voulu. Elle s’est plantée.

Je l’ai prise. J’ai abusé.

Un prince charmant n’a, jamais,

Une ardoise au troquet.

 

Mais quelle idée tordue, elle a eue

De vouloir sauver l’ivrogne.

Vu que pour jouer l’élu

Faut des trous dans les pognes.

 

 

Pourtant, au début, j’y ai cru,

Comme une pub à la téloche.

Mots d’amour et jolie bru…

M’a même flanqué d’un gosse.

 

Le hic, c’est qu’à chaque rue

Y a des bistrots qui s’accrochent

A ton pas d’homme résolu,

A tes promesses pleins les poches.

 

De la mousse à la goutte

C’est comme la clef du sésame,

Jusqu’au dernier pour la route !

Allons, femme, c’est pas un drame !

 

Pis faut dire que j’ai abusé,

A rentrer toujours rance.

Oh ! Qu’elle pleurait… qu’elle hurlait..

Je lui ai collé quelques danses.

 

Un jour, elle a tracé sa route

Avec le môme et ma fierté.

Accoudé au zinc, je me dégoûte.

C’est bonne raison d’écluser…

 

Des fois, je rêve d’un petit boulot.

Un truc simple, un plan michto.

Mais pas de gonzesse, pas de mélo,

Vu qu’en amour, j’ai eu ma Bardot.

 

2010

  la complainte du p'tit noir, la jaquette 023

 

Pour se procurer “ Le Bistrot des Poèmes” :

laruchedesarts@hotmail.fr

 

  beasyma