
L'envol du Pipit farlouse
de An Pra
D'abord, quelques mots d'An Pra sur son recueil...
“Le Pipit farlouse est un oiseau cascadeur, à l’envol migrateur, aux couleurs camouflages, vivant à fleur de terre et qui chante en valsant, un oiseau qui m’inspire, Anthus pratensis pour les gens savants.
Mon premier recueil de poésies, je ne pouvais que lui donner ce drôle de nom d’oiseau que j’ai choisi comme totem il y a bien longtemps et sous le signe duquel j’ai inscrit mon étoile dansante, mon petit chaos.
Je suis An Pra, artiste-orchestre chantant du grave à la trille et léger zozio majorette à l’esprit farceur, parfois empétrolé aussi. Je vous convie aujourd’hui à écouter les variations de mes gammes et à découvrir quelques images de mon univers."
Qui êtes-vous, An Pra ?
Deux voies à mon C.hemin de V.ie
D’un côté, un cursus de Lettres Classiques répondant à ma profonde curiosité pour les mots, poursuivi à la Sorbonne après deux années de classe préparatoire à Louis-le-Grand. Un mémoire de maîtrise portant sur la réflexion sur l’écriture d’Antoine de Saint-Exupéry à travers Citadelle, qui décrocha la mention TB. Un certificat de maîtrise sur la poésie française au 20ème siècle que j’obtins avec la même mention.
D’un autre côté, deux années de licences d’Histoire et d’Histoire de l’Art, à la Sorbonne également, répondant à mon goût profond pour les arts, suivies d’un passage comme guide conférencière au musée de la Malmaison qui me confirmèrent ma profonde vocation vers l’esthétique du visuel.
Puis, quelques morceaux de vie plus tard, une année de préparation au Capes d’Arts Plastiques qui me permit de me sentir enfin légitime dans ma propre pratique artistique. Avec non pas l’objectif d’une carrière de professeur d’arts plastiques - ceux-ci étant destinés à devenir « l’avant-garde de l’art contemporain », une ambition qui me correspond peu - mais avec celui de poursuivre le chemin créatif qui est le mien, unique et personnel, en ne reniant aucun de mes tropismes, image et mot.
Mon chemin créatif
Ma démarche créative est mue par l’émotion et cette nécessité intérieure dont parle Kandinsky. Une sensation me soulève dans une émotion qui me pousse à créer pour retrouver dans l’œuvre achevée la sensation première qui a suscité cette émotion.
Mes émotions s’animent à tout ce qui danse. Lorsque je dessine, il faut que la forme danse, je cherche à capter la vie qui pousse la ligne, brandit le mouvement. Je vibre au figuratif à travers ses ondes énergétiques. En peinture, pour ne rien perdre de l’énergie de la figure, je sépare la couleur de la ligne et les fais jouer en superposition. J’aime aussi colorer mes figures de quelques mots poèmes, faire glisser les empreintes. Mon art est proche de celui de la rue dans son envie d’échange, et dans le désir de s’unir au réel, à la matière.
Les dessins de chats sont une facette particulière de ma création. Les chats me fascinent. En tant qu’artiste, ce qui me retient chez eux plus que tout, c’est leur regard. Car les chats n’ont point d’yeux, ils ont un regard. Ce regard aimante mon désir d’expression artistique comme un miroir, une énigme, un charme dont la force impérieuse me surprend et me ravit en même temps.
Les mots, je les fais danser aussi, comme un chorégraphe, un directeur de ballet, attentif à la personnalité, masse, couleur, volume, ligne de chacun pour les choisir au mieux chacun selon son rôle et les placer au mieux selon l’harmonie d’ensemble. Chacun d’eux pèse, chacun d’eux rêve, ensemble ils s‘accouplent ou se répondent pour enfin dessiner l’image qui parle.
Je fabrique également des masques, en papier ou pâte à bois à partir d’une figure que j’ai modelée en terre. Dans cette démarche créative-là, je cherche quelqu’un. Dans mes doigts qui pressent la terre, je cherche un visage que je ne suis pas sûre de connaître mais que je cherche à reconnaître. Mes masques sont souvent pour moi l’occasion de faire jouer les contraires fondamentaux qui nous constituent : bien et mal, laideur et beauté, joie et tristesse.
Enfin je compose sur le vif des photos panoramiques où je me plais à faire se chevaucher les instants de la vision. J’y fais jouer là mes goûts des glissements, des décalages, des palimpsestes qui animent aussi très souvent mes peintures et mes poèmes.
Je crée pour vivre mieux et je souhaite que mes œuvres apportent aussi un mieux-être à ceux dont elles feraient vibrer les émotions.
Merci à www.artec-artmondial.fr
pour l'emprunt de " Qui êtes-vous, An Pra..."

bema

Extraits de
L’envol du Pipit farlouse
de An Pra
Voici quatre poèmes extraits
du recueil de An Pra avec des illustrations
et des photographies de l’auteure elle-même...
Une Chanson d’amour
Transi brûlant
Une simple chanson d’amour
On croit qu’on en fait le tour
Renaît de nos cendres
C’est si prévisible et on en redemande
On le quémande
On se donne de la belle et de la demoiselle
On est transi on est brûlant
D’amour
Et l’amour coule de source, sourd de soi
Sûr d’être pur
Et pourtant sans logique
Ce simple…
On le complique
Qui a cassé le mitigeur ?
On se brûle, on a mal
Et on pleure, et on râle
Avec lenteur, on se meurt
Mais ça prend combien d’heures
De renaître des erreurs ?
Transi brûlant
Sur les braises nos cendres
Ne me chante pas une chanson d’amour

Machinerie
Tous les sorciers n’auraient pu
Sur moi une telle machinerie
Et toi d’un sourire tu as su
Lancer en moi la grande mutinerie
Car les soldats les plus fidèles
Qui tous répondaient à mon appel
Contre ma défense se rebellent
Tu as forcé, ordonné, obtenu
…Mais qu’as-tu au juste voulu ?

Ballade pour un petit gars
Il a toute une armée de rayons
Roulant bon train sous ses talons
Mais il ne s’en veut pas capitaine
Car officiers sont tous croquemitaine
Et à suivre le rang on ne le prendra pas
Une fois pour toutes il a volé la clef des champs
Et peuvent bien courir après lui les méchants
Adroit pour trois celui qui le rattrapera
Lui sur sa bicyclette il n’en fait qu’à sa tête
Et elle est bien jolie sous ses cheveux en fête
Il a l’étoffe des vieux loups de mer
Mais il se préfère marin d’eau douce
Il n’est pas fier, le vent le pousse
Et sa course le conduit par hasard
Les sots diraient qu’il est bizarre
Il est parti, il a vu, il est revenu
Aucune île lointaine il les a toutes connues
Mais aucune de leurs chaînes ne l’a retenu
Il roule libre comme le grand océan
Il file à l’horizon car c’est là qu’il se rend
…
Et moi j’écrirais une ballade
Sur ce paladin des jardins trousseur de campanules
Qu’un jour j’ai rencontré, l’œil franc comme une bravade
Impudent coquin qui devant aucun ne recule
Chevalier des blés à qui on voudrait faire la guerre
Rien que pour demeurer doucement prisonnière
Ce gredin de campagne qui siffle dans les foins
Il est indépendant jusqu’au creux de tes mains
Passager clandestin que malgré soi on retient
Lorsqu’il se donnera il ne sera jamais tien
Il est comme ces animaux si beaux loin du village
Ceux qui lui ressemblent sont ainsi sauvages

Dans la vie
Dans la vie il faut
Mon petit
De l’amour, du sang et des spaghetti
Des spaghetti pour les filles brindilles
Du sang pour rouges les baisers
De l’amour pour en faire tout un monde
Des pâtes
Et de la sauce tomate

Pour se procurer “ L'Envol du Pipit Farlouse” :
bema


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