Poèmes tous styles, académiques ou libres publiés ou recueillis par les membres adhérents ou sympathisants de la Ruche des Arts

Le Partage
d' Oguène
Aux mains tendues
Le partage s'abandonne
Une seule se referme
En un poing serré
Et le refus se dresse
En un mur inabordable
Le partage
Se retrouve alors
Hypothéqué
En partager l'idée
Pour quoi
Pourtant
Irisant les bords d'une vie
Souvent impitoyable
Il sait renaître
D'une gouttelette de temps
Oguène DR

Et tout ce qui me hante
de Pedro Vianna
Pour Eric
et tout ce qui me hante
ces images qui frappent contre les parois du passé
tel le sang affolé embrasé par le cri de douleur
tout ce qui me hante
ces images qui défilent figées dans un futur qui ne sera pas
tel l’élan brisé d’une vie au seuil de la mort
ce qui me hante
ces images rassasiées au-delà de l’envie
tel le temps égorgé au cours des nuits vouées au silence
qui me hante
ces images refusées par un avenir suspendu
tel l’amour égaré dans les labyrinthes où un lendemain mutilé
me hante
ces images froissées d’une fin non annoncée
tel le hurlement final que le silence éternel
hante
Pedro Vianna DR
dans l’avion Paris-Valencia,
13.VI.2018 in Des coups pour rien

L'Ardeur
d' Agnès Raveloson
L’ardeur est le mot qui n’abandonne jamais
A n’importe quel prix, le bonheur, les gens qui nous aiment
Relance inlassablement et puis la vie renaît
D’un tout petit rien, d’un grand tout, qu’il sème
En faisant confiance au monde, l’oiseau fait son nid
Une abeille, de corolle en corolle s’abreuve du nectar
Riche d’expérience, l’enfant tombe, se relève et rit
La mère tremble pour lui, un moment de cauchemar
Enfin triomphant le petit d’homme est debout
Mot qui va de l’avant, plein d’entrain, et de vie
Ouvre un jardin d’opportunités partout
Tout est possible grâce à une tenace énergie
Qu’être heureux c’est pouvoir voyager en soi-même
Une envie brûlante d’être l’auteur de son destin
Il est des mots fervents, un chemin qui y mène
Ne jamais lâcher prise quel que soit le chagrin
Etre heureux, des échecs apprendre les leçons
Recommencer lorsque nous faisons une erreur
Et avoir le courage de dire « je suis désolé », pardon
Non plus avare de mot pour dire « je t’aime » sans peur
On est heureux parce qu’on a une vie parfaite
N’est-ce pas plus heureux de retrouver l’amour
C’est aussi embrasser ses enfants, le cœur en fête
Et de grandir avec eux dans la joie chaque jour
Jamais n’abandonner les gens qui nous apprécient
Alors notre vie est une opportunité pour le bonheur
Même des moments poétiques avec eux, sans souci
A vivre, en amoureux des mots, à toute heure
Il y a la force dans le pardon, l’espoir dans le combat
Sécurité dans la peur, l’amour dans la discorde.
Agnès Raveloson DR
Printemps des Poètes 2018

Dans le train hors temps...
d' Eric Meyleuc
dans le train hors temps
hors sol
espace temps de tous les fantasmes
des êtres hors sol
hors temps
au langage hors espace-temps
onirique
érotique
bref
là
vous entrez dans la dimension poétique
à l’état pur
effet de l’oubli cinétique
roulement du repos sidéral
suspension d’un pont en trois points
mis entre deux points
un point de départ
et un point d’arrivée
tout le monde descend
retour aux pas de gare
perdus en échos
et gare aux vers du souvenir brisé
celui du départ
(toujours à recommencer)
qui se rappelle toujours à nous
cocon d’amours potentiels
refrains qui tournent de plus en plus courbés
un peu moins rondement
déraillent de plus en plus aiguillonnés
sillon de sable génétique
où mes pas de plus en plus lents s’enfoncent
de plus en plus
pour une suspension finale
éternelle
il manque une dimension
politique
la volonté
d’un tel désir de lévitation
interpelle
l’insatisfaction d’une certaine réalité schizophrénique
à suivre donc
Éric Meyleuc DR
14 juin 2017, au Bab’Ilo
transmis et en souvenir
d'Eric par Pedro Vianna

J'ai chanté les mains
de Maryse Licette
Les mains de la maman
Les mains de l’enfant
Les mains du travailleur
Les mains du guérisseur
Les mains du pianiste
Les mains de l’amant
Mais jamais n’ai chanté
Les mains du chirurgien
qui, artistement,
taillent la peau
sculptent les os
modèlent les organes
les mains du chirurgien
qui, telles des brodeuses,
exécutent, habiles, des points
simples, compliqués, ourlés,
et même décoratifs.
Les mains du chirurgien
Véritable baume apaisant
Maryse Licette DR
Dresde 26 Juin 2016

Le phare de ton regard
de Jean Dominique Dupont
Quand tes yeux brillent sous la lumière
De la lune endormie ou d’un réverbère
Ils me jettent le rayon de leur regard
Qui se blottit au creux de ma nuit
Comme le faisceau jaillissant du phare
Trace sur les flots un sentier qui luit
Jean-Dominique Dupont DR

Pour mon plaisir
d' Agnès Raveloson
Parlez-moi, mes amis, d’amour attentif
A travers ce que la vie nous offre de plus beau
Réjouissons-nous, un cœur aimant est inventif
L’essentiel est d’apprendre à aimer, c’est un cadeau
Etre attentif à l’autre, être captif de l’amour
Zen attitude, mes amis, aussi chaleur, ivresse
Mieux, l’amour est partout, toute chose est amour
Ouvre ton cœur, refuge de tendresse
Il n’y a que des misères, comment peux-tu le dire ?
D’une parole, d’une action, tu peux aider
Atténuer la souffrance d’autrui, le séduire
Même las, il ne se laisse pas décourager
O ser la rencontre, l’amour peut tout entreprendre
Un sentiment magnifique au plus profond de soi
Regard de beauté qui peut nous surprendre
A tout instant, accueille la joie de croire en toi
Trop courte est la vie pour ne pas la vivre pleinement
Tu penses offrir un sourire, un p’tit clin d’œil
En sachant que la vie est un défi permanent
Ne te prive pas d’un petit séjour au soleil
Ton bien-être est aussi un plaisir partagé
Il n’y a pas de petit mais un grand bonheur
Face à la joie de la rencontre, à la joie d’aimer !
Agnès Raveloson DR
Mai 2018

Nouvelles Atlandide
d' Oguène
par ses soudaines morsures
la nature
violemment
nous rappelle
que nous lui sommes
infidèles
chaque jour
à chaque instant
nos paroles et nos gestes
la trahissant
nous nous éloignons
de plus en plus
d'elle
et nous
dans notre folie
n'entendons ni n'écoutons
sa voix puissante
nous rappelant
constamment
que nous sommes mortels
et qu'en ses eaux déferlant
sous les coups de boutoir
des vents des océans
nous pourrions facilement
disparaître à jamais
laissant peut-être pour tâche
aux générations futures
celle de déchiffrer
l'histoire devenus mystérieuse
de ces nouvelles Atlantide
Oguène DR

Poussières de femme
de Sylvie Hérout
Quand je me ferai nuage,
quand je redeviendrai lumière,
quand je ne serai plus qu’une image,
quand je partirai en poussière,
en fumée, en rosée…
je laisserai derrière moi
à jamais
Les soirs d’été qui ne savent pas finir
Le goût singulier de l’eau après l’artichaut du soir
Ma faim d’une main aimante quand le vertige m’aspire, quand le chagrin m’agrippe
Le fluide frisson de la mer qui m’enserre quand je nage droit vers l’horizon
Ton sourire au loin lorsque je cherche, dans l’éclat de ton regard,
tout ce que tu ne me dis pas
L’intime chaleur de ta peau, de ton corps contre moi
Les premières lueurs du jour au-dessus de la mer
un certain matin de juillet à cinq heures,
découvrant le profond de la nuit, le mystère de la vie
Nos soupirs exténués
La conscience d’exister dans la violence d’accoucher
La joue de Raphaël qui vient chercher contre ma bouche un baiser
Le plomb des secrets qui ne m’appartiennent pas
La tentation de la mort, l’aspiration du vide
La colère de ne pas oser oser
La tourmente du plaisir jusqu’à la douleur
Sentir ton corps bouger, et le mien, et le nôtre
Mes je t’aime expirés
Chaque caresse qu’il reste à inventer
Les possibles, les peut-être,
la certitude que demain peut encore advenir
dans le désir qui naît de rien,
paraît mourir,
et renaît encore.
Sylvie Hérout DR

Ailleurs
de Cypora Boulanger
Je n’ai pas de mémoire, n’ai pas de passé,
Je n’ai pas de clocher, ma patrie c’est le Vent ;
Mon bateau essoufflé aimerait accoster :
Mon foyer est ailleurs : devant, toujours devant.
Mon berceau ? Cette Dune où s’égarent mes pas,
Où je glane l’espoir à l’écume de l’âme,
Où je sème l’amour, moissonnant çà et là,
Pour que sèchent les pleurs ou s’éteignent les flammes.
Au-dessus du chaos et d’îlots en nuages,
Sillonnant les chemins, les sentiers de ma Mer,
Sous un Soleil blafard ou des Cieux sans ramage,
Je m’invente un ailleurs loin des courants amers.
Mon ailleurs c’est le Ciel, mon ailleurs c’est l’Etoile,
En automne, en été, au printemps, en hiver,
Les embruns d’Océan, c’est le Vent dans les voiles,
Mon logis est partout : ma maison, c’est ma Mer…
…Un jour, je quitterai cet ailleurs que j’adore,
Et mon ancre rouillée pourra enfin s’asseoir
Sur le marbre glacé, lorsque le Vent du Nord
Emportera mon âme envolant sa mémoire.
Cypora Boulanger DR
-in Dessine-moi un po -aime-

…à Félix Leclerc,
Si tes « souliers » à toi « ont beaucoup voyagé »,
C’est le Vent qui poussa mon bateau sur l’Ecume,
Sur la Mer, j’ai vogué d’Atlantique en Egée,
Pendant que tu marchais, piétinant le bitume.
Nous avons, tous les deux, contemplé les Comètes,
Toi, de ton banc de pierre et, moi, de l’Océan,
Lorsque je goûterai à l’Hiver des Poètes,
Je te retrouverai… étoile au firmament.
Coquelicots
d' Alain Briantais
Je les observe, insolents d’audace,
Le long d’une route écrasée de soleil
Je les devine, impatients dans les blés
Taches de rouge étourdissantes
Qui bousculent lassitude et banalité
Taches de rouge impertinentes
Qui ravissent, inspirent, ou questionnent
Tout à coup, les voilà regroupés,
Fort nombreux, incroyablement nombreux
Une banderole dépliée au-delà du fossé
Cent mètres de long et bien dix de large
Qui surprennent et captivent le passant
Est-ce une manif aux couleurs de révolte ?
Est-ce un concert, indiscret, éphémère ?
Non, c’est l’essence même d’un tableau insensé
Une œuvre majeure, un éblouissement
Une folie que la nature impressionniste
Dessine sur plus d’un hectare
Un champ tout entier rouge de feu
Un champ tout entier rouge de vie
Qui offre aux elfes sa beauté magique
Je voudrais être un milan noir
Tournoyer tout là-haut dans la transparence
Et piquer comme un fou vers cette merveille
Drapeau incorrect qui ondule au vent fripon
Milliers de coquelicots fragiles et fiers
Outrageusement sensibles et séducteurs
Rassemblés dans leur offrande au ciel
Il faudrait s’en débarrasser
Crieraient les censeurs et promoteurs
Mais ce rouge garance, coquelicots,
N’est pas le rouge de la guerre
Pas plus que le grenat et le carmin
Les rouges de la jalousie qui tue
Ou de l’aveugle colère qui désunit
Ce rouge est le rouge de l’émoi
Qui pigmente les joues des filles
Le rouge de leurs robes légères
Qui s’ouvrent en corolles soyeuses
Sous des baisers ardents
Le rouge qui brûle sous le vent
Quand les blés appellent le désir
Si j’étais urbaniste respecté
Je les esquisserais ces coquelicots
Dans les villes rigides
Je les sèmerais à la volée
Et par grasses poignées
Pour que les amours juvéniles
Y goûtent l’irraisonnée fantaisie
Alain Briantais DR

Visages Humains
d' Agnès Raveloson
A vous mes frères et sœurs en humanité
Qui souffrez en votre corps et chair, ces mots choisis,
Pour vous mettre un visage humain, votre identité
Je vous appelle par votre prénom, je suis poésie
Hélène est une patiente hors paire,
Elle use de toutes les patiences du monde
Le corps épuisé s’abandonne aux soins nécessaires
Et souriante, elle n’est pas avare de mercis à la ronde
Ne tient pas rigueur, parle avec respect et discrétion
Elle est fière de ses fils aux mille et une attention
Ali est un patient plein de sagesse
Libéré du regard qui sépare et divise
Il n’a rien à dire d’autre comme gentillesse,
Que de vous dire l’essentiel, l’humain est sa devise
Amar est un patient à la fine silhouette
Marche lanterne pour le marathon de routine
A sa taille ficelle, il a dû bouder son assiette
Rêve-t-il des bons plats du pays d’origine ?
Gino est un patient d’une île aux menus épicés
Il arrive que son estomac ait bonne mémoire
Ne se retrouve plus dans ce milieu aseptisé
Où est le piment de la vie ?
Ce fût sa plus belle histoire
Marlène, patiente aux belles rides d’expression
Au collectif de kiné rêve de taille fine
Regarde le présent avec humour et émotion
Le bonnet autour de la tête lui donne bonne mine
Elle sourit, l’octogénaire n’a pas d’âge
N’est-ce pas le sourire qu’est l’éternelle jeunesse ?
Elle est debout, battante, sereine et sage !
Bertrand est un patient à sa propre image
En short ou pyjama, traîne savates à pas lents
Rires ou humour, le saint Bernard à l’ouvrage
Très grand gaillard, mais sensible curieusement
Remue le passé, brasse le présent à la brouette
A vrai dire, il a mal de ses aïeux malgré lui
N’apprécie pas les malveillants, les girouettes
Désormais baptisé le saint Bernard pour les amis
Bertrand étonnez-nous encore par vos chansons d’antan !
Merci à tous, personnels, amis du Petit Salon
Encourageons-nous à garder l’appétit et le moral
Raccrochons-nous à ceux, à celles que nous aimons
Confiance à nos dévoués soignants, au corps médical
Il y a tout le personnel de service, grand merci !
A vos côtés, il y a mille et un visages au présent !
Agnès Raveloson DR
Clinique de la Défense Octobre, Novembre,Décembre 2017

Le Visage
de la carte de France
de Jean-Dominique Dupont
Quelle étrange ressemblance
De notre familière carte de France
Avec le profil d’un visage
Qui s’imprime sur le paysage
Comme les cartes de Vidal Lablache
Sur les murs des classes du potache
La côte d’Opale et son front grimé
De Calais au cap Gris Nez
L’œil de la baie de Somme
Qui cligne au gré des marées
Pour rameuter sur les bancs de galets
Où ils feront un petit somme
Les colonies de nos amis les phoques
Aux moustaches si loufoques
Après les falaises de calcaire
De Saint-Valéry à Sainte-Adresse
Sous l’arcade sourcilière du pays de Caux
L’estuaire de la Seine
L’autre pupille de la Côte Normande
Se met en scène
A Deauville sur les planches
Au cri des mouettes blanches
Avec son tarin en phare le Cotentin
Ouvre son parapluie
De Cherbourg à Barfleur
La France hume le vent des embruns
Que lui content les récifs des îles Chausey
Semés comme des grains de beauté
Le Finistère lui fait une gueule de thon
Qui tire la langue à la presqu’île de Crozon
Devant les filles de Camaret en coiffe de linon
Le menton en galoche de la pointe du Raz
A largué la barque d’Ouessant
Sous le grain du chapelet des îles
Du golfe du Morbihan
Qui se cramponnent
A la barbiche de Pen’March
S’enroulant autour de la glotte
De l’estuaire de la Loire
Qui retentit des sirènes des paquebots
Au milieu du cri des guillemots
Le long cou de la Vendée baye aux Sables d’Olonne
Et s’étire vers la blonde Gironde
Les jambes sur les échasses de la Gascogne
Alentour du bassin d’Arcachon
La perle des huîtres reine des Marennes
Au creux de la nuque des Pyrénées
Qui dodelinent du chef
De la vérité de l’en-deçà
A celle de l’au-delà
De Collioure à Hendaye
En passant par Guétary
Sans prendre de pari
Ainsi voyage l’hexagone
De rivage en visage
Sur le reflet de l’onde vagabonde
Comme une mappemonde
Au gré des vents et des vagues
Jean-Dominique Dupont DR
27 Septembre 2017

L'armoire
de Claudine Vanlé
Mon cœur est une armoire dont les portes ferment mal.
Bien pendus, tout propres sur des cintres, mes bons sentiments:
L'amabilité, en prête à porter, prête à servir, à la moindre rencontre.
La compréhension, la bonne humeur,l'empathie sont un peu serrées,
Entre l'exubérance et la décontraction.
Juste en dessous, dans un tiroir plein à craquer
Et qui déborde, j'ai entassé mes rancœurs, mes déceptions,
La haine du voisin qui me pollue la vie avec sa musique,
La rage et le souvenir accablant de n'avoir pas pu, pas su
Dire ou faire ce que je voulais.
Et puis, sur les planches, bien rangés
Mes amours, mes enfants, mes petits enfants,
Avec leurs sachets de lavande odorante,
Leurs bouilles rieuses, leurs petits chagrins,
Leurs rires en grelots, leurs yeux confiants.
Sur la planche, tout en haut, difficilement accessible,
Des boîtes, des boîtes et des boîtes,
En fer, en bois, en carton,
Mille moments d'une vie,
Le jour où l'on devient orphelin,
La rencontre amoureuse, le bébé si fragile,
Les lettres d'espoir, les lettres d'adieu,
Toutes classées en liasse, avec leur petit ruban coloré.
Et sous l'armoire, poussés et repoussés si souvent
D'un coup de pied, tout au fond, pour les rendre invisibles,
La peur, la haine, la mort...
Tout est là, si dérisoire,
Si fragile et si précieux.
Moi seule ai la clé de cette armoire,
Qui n'est pourtant jamais fermée.....
Tant que me restera un souffle de vie.
Claudine Vanlé DR
Septembre 2017

Papier de rentrée
de Fabienne Schmitt *
Petit bateau de papier
Vogue sur ma page
Petit bateau d’écolier
Sage comme une image
Senteurs de craie, de crayons
Bientôt la rentrée
Il faut quitter la maison
Son chemin tracer
Petit bateau de la vie
Qui m’a transportée
Loin des promesses d’ici
Et des bonnes fées
Tu as tangué si souvent
Sans jamais verser
Sous les tempêtes du temps
Et sans renoncer
Tu as porté mes tristesses
Mes jours de bonheur
Tu as vaincu mes paresses
Brisé mes douleurs
Mais tu n’as jamais coulé
Tu es mon courage
Petit bateau de papier
Qui tourne mes pages
Un jour tu vas m’emporter
C’est écrit déjà
Vers une étrange contrée
Qu’on ne connaît pas
Alors on mettra les voiles
Pour le grand voyage
Dans l’océan des étoiles
Au grand large…
Fabienne Schmitt DR
Inédit- fin août 2017- tous droits réservés
* Déjà publié dans PleinSens virtuel d'été, mais d'actualité

Sensations
de Michèle Lassiaz
Les bruit s'eteignent
La nuit voilée
Se joue derrière les cheminées
Les murs et la nuit se fondent.
Les pas se meurent.
Puis quand tout semble consommé,
On perçoit des frôlements,
Des formes difformes
Agrandies par les ténèbres.
Monstrueux un être a passé
Terrifiant et merveilleux ce calme
Terrifiant ce miaulement agressif
Merveilleuse cette sensation
De voir et de vivre la nuit
La ville dort, la vie s'endort
Et je demeure là, éblouie
Michèle LASSIAZ DR
( in Fleurs et pleurs )

À chaque peine
suffit son jour *
de Pedro Vianna
À chaque peine suffit son jour
disait chaque nuit l’abat-jour
imaginaire
à l’ampoule innocente
accrochée au plafond indifférent
du cachot impuissant
de l’homme
symboliquement réel
écroué
pour cause de non conformité
qu’à tout prix on voudrait empêcher
de rêver
Pedro Vianna DR
in « au jour le jour »
et PleinSens n°39*
*Erratum, ce poème est paru dans le PleinSens n°39 avec une légère erreur de frappe d'écriture: à la ligne 8, il fallait lire comme ci-dessus "symboliquement réel" au lieu de "symbolique réel", nous vous remercions, amis poètes, et Pédro Vianna, en particulier, de bien vouloir nous en excuser en apportant un peu de lumière au sujet évoqué

Moi, le farfadet ivre
de Cypora herszorn-Boulanger
Un jour, je m’en irai voguer dessus la mer
Avec, pour seul billet, un aller sans retour,
Mon chemin fut si long, mes lendemains si courts,
Et je n’en ai goûté que quelques fruits amers.
Surtout, ne pleurez pas ! Ne priez pas de grâce !
Non, ne me couchez pas au fond d’un cimetière !
Moi, j’ai besoin du vent qui souffle et qui m’enlace,
Et qui m’emportera jusqu’au bout de la terre !
Vous mes amis féaux, amours qui ne sont plus,
Eparpillez mes os là-haut sur les falaises,
Pour que je puisse encore -ô j’ai tant attendu-
Contempler l’Océan ; Chopin, sa Polonaise
M’emmèneront, alors, tel un farfadet ivre
Et je pourrai, ainsi, au-dessus de la mer,
Moi qui n’ai jamais eu la liberté d’y vivre,
De me promener, là, comme au bras de ma mère.
Vous me retrouverez, illuminant vos vies,
Quand vous contemplerez le lit du firmament ;
Je serai n’importe où -même au cœur de la nuit-
Et je vous bercerai au couffin du levant.
© Cypora HERSZHORN-BOULANGER
(Extrait de DESSINE-MOI UN PO-AIME)

AFRIQUE 1
de Jean-Marc Denis
Les années qui défilent sur des images qui semblent d'un autre âge
Des hommes le dos courbé, le regard épuisé dans un monde d'esclavage
Le regard des enfants soldats qui depuis longtemps déjà n'en sont plus
L’espoir au fond de leurs yeux trop vides depuis toujours qui s'est tu
Ces images chaque jour de l'Afrique qui défilent sur nos tristes écrans
Dont bien souvent on détourne les yeux et par peur on cache à nos enfants
Pourtant ce pays porte en lui les rêves les plus fous, des couleurs magiques
Mélodies au rythme lancinant qui bercent le soleil rouge qui descend en musique
Quelques hommes et femmes qui dansent au son vibrant des tam-tams
D'une transe enragée ils disent adieu aux anciens accompagnants leur âme
C'est l'Afrique ancestrale, celle de la famille, du respect et de tous les partages
Celle pour laquelle j'aimerai sans doute un jour partir sans regrets ni bagages
Oubliant notre monde si souvent encombré de gâchis et de trop de fioritures
Où depuis si longtemps nous avons perdu le sens du partage et de l'ouverture
Jean-Marc Denis DR
Afriques -Mars 2017

2017 Année de poésie et de rencontres
d' Alain Briantais

A vous tous, poètes ou proches de la Ruche des Arts,
Alain Briantais DR
Carte deVoeux 2017
Il paraît que…
d' Hervé Gosse
Il paraît que celui qui écrit bien
Ecrit de fil en aiguille sur son chat
Ecrit sur son chat plus d’un chapitre
Ecrit sans faire de pattes de mouches
Ecrit avec un style qui fait mouche
Ecrit ses idées sans les dévoiler
Ecrit ses idées de gauche à droite
Ecrit pour être traduit dans sa langue
Ecrit en donnant sa langue au chat
Ecrit un mot si sa chandelle est morte
Ecrit quand il n’a plus de feu
Ecrit quand un ami prête sa plume
Ecrit que cela ne va pas de soi
Ecrit en vers avec une plume de soie
Ecrit soit des chiffres soit des lettres
Ecrit soit couché soit debout
Ecrit soit penché soit bien droit
Ecrit consciemment ou inconsciemment
Ecrit ni très tôt ni très tard
Ecrit tôt ou tard ce qu’il a sur le cœur
Celui là écrit bien, paraît-il .
Hervé GOSSE DR
la Rumeur Decembre 2016

L’hospitalité
d' Agnès Raveloson
Au cours des flux migratoires d’hier et d’aujourd’hui
A travers les siècles et les regards des historiens
L’accueil des émigrés était-il toujours bienvenu ?
Et si c’étaient nous les émigrés du temps présent ?
Un autre regard, chaque être humain est un étranger
Celui qui frappe à la porte attend l’hospitalité
Il aimerait être reçu et même être invité
A partager tout ce qu’il y a au four pour le dîner
Il n’est rien de plus agréable à l’homme fatigué
Que d’entendre dire, mange avec nous, assieds-toi
Le vin est excellent, belle est l’hospitalité
La joie de recevoir et d’accueillir chez soi
On se rappelle longtemps de l’hôte bienveillant
Mais cette vertu a ses limites, voir ne plus exister
Les vulnérables, les pauvres sont souvent
Ignorés, on leur vend cher l’hospitalité
Le partage pur et simple est aussi l’hospitalité
Saint Matthieu résume mieux cet état d’esprit
« J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger,
J’étais étranger, vous m’avez accueilli »
L’hospitalité devenait une valeur, un héritage
Lorsque frappait à la porte un inconnu
« L’assiette du pauvre » était prête pour son passage
Celui qui frappait se savait être attendu
L’hospitalité est l’accueil de l’Autre
Rencontre de l’homme dans les liens de l’humanité
Se laisser accueillir en accueillant l’Autre,
Plaisir de recevoir aussi devoir d’hospitalité
Agnès Raveloson DR
Septembre 2016

Vous qui tournez tournez
d' Alain Briantais
Vous qui êtes si belle dans vos escarpins blancs
Et vos chevilles fines qui chantent dans le vent
Vous qui tournez tournez au bras de ce beau brun
Au son d’une valse tendre qui poursuit son chemin
Pourquoi vous retourner et cueillir mon émoi
Je ne sais pas danser et me sens à l’étroit
Vous qui vous déhanchez sur ce rock explosif
Qui soul’vez la poussière et les désirs furtifs
Vous qui tournez tournez sous la chaleur intense
Comme un astr’ éclatant dans l’univers immense
Pourquoi vous reposer pour un brin de causette
Je n’suis pas volubile quand la fièvre me guette
Vous qui semblez si sage dans votre coin perdu
Qui buvez menthe à l’eau et non vodka qui tue
Vous qui tournez tournez vos mains dans vos cheveux
Et repoussez maintes fois les cavaliers fougueux
Pourquoi vous retrancher comme je le fais moi-même
Et repartir chez vous avec votre âme en peine
Tournez tournez tournez le bal a pour dessein
De nous laisser troubler par les bras du destin
Quand elle a pris ma main sans me laisser le choix
J’étais au paradis pour un festin de roi
Sa joue contre ma joue a brisé mes silences
Sa robe si légère m’a laissé sans défense…
Alain Briantais DR


Je me souviens
de Paul-Eric Langevin
(à la manière de Georges Perec):
et à la mémoire d'Anne-Marie Desbat-Langevin
Je me souviens du Noël 84 ou 85 au cours duquel nos parents nous avaient offert, à ma soeur et à moi, d'énormes peluches, un ours et un éléphant.
Je me souviens que nous étions tous les quatre au restaurant lors d'un séjour en montagne et que ma soeur, qui avait un ou deux ans, se cachait sous la table.
Je me souviens que lors d'un autre séjour en montagne, immédiatement après le décès de mon père, je pleurais sur les marches de l'escalier et que ma mère m'a réconforté.
Je me souviens des promenades en montagne avec Anne-Marie et Isabelle, pendant toutes ces années, et qu'Isabelle toute petite adorait la tarte aux myrtilles.
Je me souviens que ma mère, ma soeur et moi aimions rire avec un de mes amis d'enfance, Guillaume Gaudry, qui avait un très bon sens de l'humour.
Je me souviens de rires au restaurant avec Pépé, Mémée, Maman et Isabelle dans un petit village de campagne.
Je me souviens de fous-rires au restaurant à Belle-Ile en Mer avec Maman, Olivier et Isabelle, Mémée était très mécontente.
Je me souviens que Maman aimait la quiche lorraine et nous en faisait souvent.
Je me souviens de ses ratatouilles et de ses préparations de légumes.
Je me souviens qu'elle préférait toujours les plats salés aux plats sucrés.
Je me souviens qu'elle travaillait dur pour préparer ses cours du collège et du lycée.
Je me souviens que lors du passage de la comète de Halley en 86 ou 87, je m'étais passionné pour le sujet en échangeant beaucoup avec elle.
Je me souviens de soirées passées à rire et à jouer aux cartes à la campagne avec elle, avec Raphaël et avec toute la famille.
Je me souviens que lors d'un déjeuner avec Papa, Maman, Mamie et Isabelle à la campagne, Papa avait piqué une colère et jeté ses couverts par dessus le parasol et que Maman était bien embêtée.
Je me souviens que Maman m'aidait à préparer mes cours de chimie au lycée pour préparer mes examens et que je m'énervais un peu quand je ne comprenais pas.
Je me souviens de tous les livres qu'elle lisait et qu'elle collectionnait et que je suis devenu un amoureux des livres plus tard.
Je me souviens des déjeuners avec Maman, Luce et Isabelle au restaurant le Royal toutes les semaines et que nous aimions manger des glaces.
Je me souviens que Maman avait sympathisé avec un historien passionnant et âgé dans ce même restaurant.
Je me souviens de notre séjour à Venise en 94, Isabelle, Maman et moi allions dîner dans des trattorias et Maman avait sympathisé avec un anglais.
Je me souviens de notre séjour à Florence à la campagne en 95 ou 96, toute la famille était là et Maman a adoré visiter la ville et les jardins suspendus.
Je me souviens qu'en commençant une psychanalyse en 99, on m'a cité la phrase de Shakespeare suivante: "La vie n'est qu'une ombre qui passe, un pauvre acteur qui s'agite et parade une heure sur la scène puis on ne l'entend plus, c'est un récit plein de bruit et de fureur, qu'un idiot raconte et qui n'a pas de sens." C'est le hongrois Bruno Verebely qui m'a fait part de cette citation.
Je me souviens d'avoir vu le film "Forrest Gump" de l'américain Robert Zemeckis en 95 ou 96 et que la phrase fétiche du personnage était: "La vie est une grande boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber."
Je me souviens de la phrase testament du philosophe Jacques Derrida en 2003 ou 2004, qui nous suppliait de ne pas être tristes, de sourire comme il nous aurait souri jusqu'à la fin, d'aimer la vie et d'aller vers la vie malgré tout.
Je me souviens qu'Anne-Marie, déjà très malade, s'occupait avec joie de ses petites nièces pendant les vacances."
Paul-Eric Langevin DR

Quand je partirai
d'Anne-Marie Desbat-Langevin

Transmis par Paul-Eric Langevin
Août 2016 - en mémoire de sa maman

à Jean Cabut et à Antoine Leiris - “Vous n'aurez pas ma haine”


Yves Picart DR 2016
Paroles et Musique
Illustrations de leurs auteurs Droits réservés
Dans les yeux de Cabu
Chanson (version poème) de Yves P.Picart
à Jean Cabut et à Antoine Leiris - “Vous n'aurez pas ma haine”
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1. Combien de fureur, de cris et de pleurs avant que ne bascule un cœur de l’autre côté de la terreur
Encore les corps qui souffrent l’odeur de poudre et de souffre et nos esprits déjà si las de tant de morts sans combat
Refrain. 1 Alors, parfois j’ai envie loin des hommes, de partir de me forger un paradis et ne garder que le souvenir d’une brume, d’un rêve perdu
2. Combien de Führer, de prophètes de malheur de cohortes de mauvais apôtres pour dresser un frère contre l’autre
Dans la fumée des bombes debout devant l’hécatombe que nous reste-t-il d’humain à offrir à nos enfants demain ? (au refrain)
3. Combien de bourreaux frappent encore en écho qui fera taire enfin le lâche et sanglant cri de la kalache
Pourquoi tuer à dessein pour un mot, pour un dessin tuer ce qui en nous peut naître l’humour d’un homme, la ferveur de l’être (au refrain) |
4. Comment départager ce qui de nous homme fait ce qui nous fait encore aimer de ce qui nous fait aussi tuer
Au pays des âmes mortes où la haine les emporte moi, je préfère rester vivre au pays des âmes libres
Refrain. 2 Même si, parfois j’ai envie loin des hommes, de m’enfuir de me forger un paradis pour garder juste le souvenir d’une brume, d’un rêve perdu dans les yeux de Cabu
5. Et si cet effroi revient Qu’il n’éveille que l’humain en moi Entre colère et compassion, c’est sûr J’espère choisir le chemin le plus dur
Pour enfin ne plus penser à ce qui a pu se passer à l’instant ultime, à ce qu’il a lu quelque part dans les yeux de Cabu |
Yves Picart DR
Paroles et musique
Illustrations de leurs auteurs Droits réservés

Assez !
de Zaïa Evain
J'ai des siècles de haine à verser sur le monde
Suffit ! Ne dites rien, écoutez ma faconde !
Assez de la misère, assez de ces morsures !
La vie ne serait-elle qu'une vaste imposture ?
Je n'en peux plus de voir l'hypocrisie des hommes
La main qui tient le fouet pour la bête de somme
La pierre immaculée des marches des églises
Qui n'ont pas su à temps arrêter la bêtise
De ces estomacs vides je ne peux me repaître
Offerts au déjeuner comme un bouquet champêtre
Il m'est insupportable et j'en ai la nausée
De savoir qu'en haut lieu tout est bien orchestré
Cessez la mascarade à quoi tout cela rime ?
Rechercher son salut aux entrailles du crime
Combien de sacrifiés à ce triste dessein ?
Sur l'autel de l'absurde, il ne restera rien
Impudique colombe aux ailes déplumées
J'ai la rage en songeant à ces vies dévastées
Pardonnez si mon cri n'est qu'un cri de colère
On rêve de la paix, on fomente la guerre.
Assez ! Assez ! Assez !
Zaïa Evain DR
Janvier 2016

Marianne résiste
d' Agnès RAVELOSON
Tu es inconsolable, le monde est cruel,
Des barbares ont arraché la vie à tes enfants.
Comme au lendemain de Noël, écoutez pleurer Rachel,
Après les affreux massacres des Saints Innocents !
Abattus en plein exercice avec lâcheté,
L’arme au poing, d’autres avaient comme outils leurs crayons,
Pour le plaisir de danser, de boire un verre au café,
Tous sont tombés, sous les rafales de balles, sans exception !
Après les défilés de roses et de prières,
Les larmes, les condoléances les plus tristes,
La joie de l’espérance incendie leurs bannières
L’Arc de Triomphe est ranimé. Marianne résiste !
L’amertume aussi bien le sel de tes larmes
Assainissent une patrie féconde, la relève existe.
Au cœur d’un sujet brûlant, une force d’âme,
Stop aux briseurs de rêves. Marianne résiste !
La violence implique toute l’humanité
Haine et sang versé tissent les actions terroristes,
Restons debout, unis, nos valeurs sont touchées
Echec à l’étouffeur de sens. Marianne résiste !
La liberté ne se donne pas, elle se prend
L’effort de défense est une vision pacifiste
Forte, nourrie de convictions, allez de l’avant.
Pavoise tes couleurs. Marianne résiste !
Une puissance printanière reverdit
Au-delà des compassions, la vie n’est plus triste
Continuons à vivre comme d’habitude, un défi
La routine du malheur n’existe pas. Marianne résiste !
Cent ans de poésie, sans arrogance ni sang versé,
La culture, l’art, l’humour, l’incontournable piste,
Sur une terre d’espérance, les graines sont enterrées.
Tes enfants ont les yeux levés vers toi. Marianne résiste !
Au cœur des évènements, même les plus tragiques,
Quel monde merveilleux cette pépinière d’artistes.
Ce soir je m’en vais au théâtre, c’est fantastique !
Je n’ai de raison que ton nom, Liberté ! Marianne résiste !
Agnès Raveloson DR
Printemps des poètes 2016

Bruxelles !
de Cypora HERSZORN - BOULANGER
« Avec la mer du Nord » aux tragiques sanglots,
« Des vagues » vermillon où ondule la peur,
« Et des vagues » crédo pour endiguer l'horreur
Qui n’entendront jamais plus le vent en écho ;
Avec à l’infini des chagrins échoués,
« Avec le vent de l'Est », l'entendez-vous pleurer
Ce « plat pays » qu’on a meurtri ?…
« Avec ses cathédral’s », ses temples, ses mosquées,
Où tintinnabulaient des beffrois, sans clivage,
Où l’on vivait heureux prêt à se concéder
Le moindre des égards, sans oiseux commérages,
Et des chemins ouverts aux essaims métissés ;
« Avec le vent de l'Ouest », se prêtant à rêver…
…Ce « plat pays » qu’on a meurtri.
« Avec un ciel si noir, qu'un canal » se déchire,
« Avec ce ciel » défait qu'il faut réconforter,
« Avec un ciel si noir » qu’il en vient à frémir
« Quand, sous le vent du nord », il prie agenouillé.
Que soient maudits tous ceux qui l’ont écartelé !
Comme il est accablé, comme il nous fait pitié…
…Ce « plat pays » qu’on a meurtri.
<p ob-section="" ob-section-html"="" style="box-sizing: border-box; margin-bottom: 1em; font-size: 1.4em; word-wrap: break-word; max-width: 100%;">
© Cypora HERSZHORN-BOULANGER
(Tous droits réservés)
(Sur musique et paroles d’une chanson de Jacques Brel – « Le plat pays »,
et en hommage à toutes les victimes de la barbarie tombées en ce matin
du 22.03.2016 en Belgique)
D’infinis paysages
Je m’offre le monde
d' Agnès RAVELOSON
Corbeille de mots
Les prémices du printemps
Un brin d’amitié.
Vert, jaune printanier
Et cortège boutons d’or
Flirt des papillons.
Un épi de riz
Un perchoir de rêve
Belles libellules
L’ouate blanche
Comme neige dans un champ
Edredon coton.
Vert émeraude
Ecrin d’azur, bleu lagon
Des cœurs en folie
Fraiche tonnelle
Allée de bougainvilliers
Volcan de baisers
2
Sous les cocotiers
Métissage des couleurs
Alliances en or
Orangers en fleurs
Les longues traines blanches
Les filles d’honneur
Vanille, safran
Gingembre, poivre, cumin
Ame indigène.
Frêle pirogue
Sans souci du lendemain
Glisse au fil de l’eau.
Flamboyant soleil
Se couche dans l’océan
Calme les requins.
Mes yeux caressent
D’infinis paysages
Je m’offre le monde
Agnès Raveloson DR
Printemps des poètes 25.03.2011
Spadassins primitifs
de Cypora Herzorn-Boulanger
Spadassins primitifs, prédateurs pitoyables,
Vous qui, au nom D’UN DIEU venez tout faire sauter,
De viles intentions votre foi est pavée,
La HAINE est en VOS cœurs, hideuse, abominable !
Où le péril choisi nous paraît lamentable.
Vous vous voyez MARTYRS, vous croyant invincibles,
Vous feignez d’être HEROS, mais n’êtes que COUARDS
Qui prenez au viseur des INNOCENTS pour cibles,
Et vers les corps meurtris n’avez aucun regard.
Pourtant LES DIEUX, là-haut, n’ont rien d’aussi cruels !
C’est VOUS qui ne savez démêler leurs messages
Kamikaz’s enragés aux idées d’un autre âge,
Radotant en écho d’un ton sempiternel !
Meurtriers ! Assassins ! Exécuteurs obscènes !
Quand vous écoperez de son Divin Courroux,
ALLAH, ce Manitou de votre ultime scène,
Vous précipitera au schéol des voyous !
Alors quand s’ouvriront les Portes de l’Enfer
Vous happant et jetant dans la fosse commune,
Vous maudirez le sort qui vous lie et vous ferre,
Sous le regard vitreux et cireux de la Lune ;
Et, tel que Pharaon aux temps des pyramides,
Il gommera vos noms de tous les édifices,
Vos restes pourriront en des fosses putrides,
Que chacals affamés laperont de délice !
© Cypora HERSZHORN-BOULANGER
(Tous droits réservés)

De Fleurs en Fleurs d'Oranger
de ThIAN

Photo de Thian
Je vous écris de fleurs en fleurs d'oranger
Je voudrais que souvent
de Serge Carbonnel

Serge Carbonnel DR
Janvier 2016

PARFUMS
de Colette Sauvanet
Les odeurs du mois de juin
ont frappé à ma fenêtre ce matin.
La dentelle de ma collerette a frissonné dans la fragrance
de la glycine
mêlée au miel de l’aubépine.
J'ai ramassé à la volée
les senteurs de mon passé:
La moiteur de ta peau vanillée,
l’âpreté de tes aisselles musquées
enivrent encore ma narine.
Ô ma mère ! ta peau délicatement fanée,
Tes pommettes à peine poudrées
juste un zeste citronnées,
Musiquette surannée
Ton caraco encologné
comme les houppettes des bébés
Ta lavande Yardley
ou Roger & Gallet
Ô ton petit mouchoir au parfum oublié
Colette Sauvanet DR
in "Bulles" Novembre 2015

photo Dimari
Il y a plus d’un demi-siècle
d'Agnès Raveloson
Le certificat de passage de l’Equateur
M’a été attribué, pour mon baptême de l’air.
J’ai quitté ma Grande Ile, un été de grande chaleur.
Après douze heures de vol, j’ai changé d’hémisphère.
Et le soleil était plus brûlant qu’aujourd’hui !
Venez, on y retourne sous les Tropiques,
En rêve, en bateau, par avion, soyez les bienvenus.
Un grand bol d’exotisme n’est pas utopique
La faune et la flore, la douceur de vivre,
La barrière de corail, la houle océanique,
L’Océan Indien nous raconte et se livre,
Les baleines à bosse rentrent en Antarctique.
De branches en branches, lémuriens au charme fou
En réserve naturelle, milieu fantastique,
Font leur numéro, de haute voltige, pour vous.
La déforestation menace l’espèce endémique !
Au rythme des pousses-pousses, taxi le moins cher,
Richesse et pauvreté, le contraste est partout,
Esclavage volontaire, forcé par la misère,
Sous le regard des ancêtres, en tout et pour tout.
Superbe coucher de soleil sur la mer,
Une architecture tropicale contemporaine,
Une atmosphère d’espace et lumière,
Bungalow, pied dans l’eau, le luxe bohème.
Incontournable hommage à notre grand-père,
Quand nous tombions, pleurant, les genoux couronnés,
Vous avez cueilli le coton pour vous soigner, j’espère,
Son humour valait mieux que le coton -tige aseptisé.
Au bout du chemin, sont nos chers aïeux, ci-git
Dans un fier monument érigé de terre, en granit
Mon grand père, drapé de linceul de soie, n’est plus
Quant à moi, entourée de sa paix, je ne pleure plus !
Agnès Raveloson
Novembre 2015

photo Dimari



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