Bonjour l'été 2016 !
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| Sylvie Hérout |
Apparition Image des ombres |
Ludovic Chaptal |
La vie moderne Héloîse coeur de dentelle |
| Maryse Licette |
Ode Provençale L'Orage |
Paul-Eric Langevin | Si loin, Si réelle |
| Agnès Raveloson |
Eloge de la paresse Doux mensonges Pourquoi-pas ? |
Yves Alain | Compendium...La Paresse |
| Colette Sauvanet | Solitude de l'arc en ciel | Alain Briantais | Des arbres Des arbres |
| Michèle Lassiaz | La belle | Christian Lafont | Paresse mon amie |
| Sylvain Josserand | Lazy Jack | Catie Canta | Repass' |
| Pierre-Marie Humeau | La paresse.. un défaut | Jean-Claude Junillon | Paresse |
Autres poèmes !dans le PleinsSens virtuel n°02...

«Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses moeurs. »
Boileau - Art poétique iii, 374 (1674)
« Si on fait trop de sport on risque de souffrir de luxure»
Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou
des écoliers-


Pourquoi-pas ?
d' Agnès Raveloson
Un long hiver, accès de déprime, un coup de mou
Pourquoi pas, le parfait accord thalasso, sommeil ?
Les bains bouillonnants aux algues, applications de boue
Soulagent les douleurs, un duo chaleur, soleil
J’apprends à dompter le stress et l’insomnie
Pourquoi pas, des douches sous-marines multi-jet ?
Matin et soir des séances de luminothérapie
Les sorties à vélo en bord de mer recommandées
Cap sur le lâcher-prise aux techniques variées
Pourquoi pas, l’hypnose, le yoga, la méditation ?
Pour ralentir un rythme de vie effréné
Invitation au calme, détente, relaxation
Je reprends de bonnes habitudes de vie en douceur
Pourquoi pas, découvrir les aliments plaisir ?
Et si je cuisinais à l’eau de Vichy, çà préserve la couleur
Haricots verts bien verts, des carottes orange-désir
Pour relancer l’énergie, doper le moral
Pourquoi pas, le thé vert balaie la morosité ?
Le yaourt redonne le sourire, la gelée royale
Fruits et légumes rendent heureux, le germe de blé
Il suffit de manger les aliments du bonheur
Pourquoi pas, les œufs font voir la vie en rose ?
Chocolat, banane mettent de bonne humeur
Le foie de morue combat le blues à petite dose
Enfin pour parachever la détente en douceur rêvée
Des étirements dans un bassin d’eau de mer chauffée
Pressions douces, des cervicales aux genoux
Pourquoi pas, allons à l’aquagym près de chez nous ?
Agnès Raveloson DR
Mai 2016


« Sans le rêve, il n'y a pas de poésie possible.
Et sans poésie, il n'y a pas de vie supportable.»
Pasteur Valléry-Radot
« Quand on veut écrire un livre, il faut être
équipé d'un stylo imaginaire.»
Jérôme Duhamel - Le Dico tout fou
des Ecoliers-

Paresse
de Jean-Claude Junillon
Sur le lac aimé
De la tendre paresse,
aucun orage.
Mon âme vagabonde
Se plaira à l'explorer
J.- C. Junillon DR


«D'une joie même, le souvenir a son amertume, et
le rappel d'un plaisir n'est jamais sans douleur. »
Oscar Wilde -Le Portrait de
Dorian Gray-
« La surface la plus passionnante de la terre,
c'est pour nous, celle du visage humain »
G.-C. Lichtenberg-Aphorismes-


Image des ombres
de Sylvie Hérout
Combien de visages ignorés ou surpris
oubliés ou meurtris
combien de visages aimés auront balisé ma vie ?
Lesquels seront là à l’heure dernière
lumineux derrière mes paupières baissées ?
D’où surgis à l’instant ultime ?
Foule ou personne unique
ou bien personne ?
L’image des vivants change au fil des ans
le visage du présent recouvre celui d’avant
de sorte que du vieux temps
ne me reste en mémoire que des clichés d’album.
Le visage des morts ?
Une image ingérée immobile portrait figé
sauf lorsqu’un assemblage éphémère
naît d’un kaléidoscope intime.
La voix des disparus, elle, se dilue.
Très vite je ne l’entends plus
résonance perdue.
Pourtant je la sens là
vibration muette
à fleur de moi.
Si soudain sonnait son écho
sitôt perçu sitôt reconnu…
Empreinte fantomatique
timbre fossile
enfouis sous le bruit de la vie.
Lorsque la nuit mes morts me visitent
je les rencontre inaltérés,
vivants de postures, de mimiques nouvelles,
de paroles jamais dites.
J’accroche leur regard.
J’entends leur voix, leur rire,
leur silence parfois.
Je les sais de passage, là pour moi, pour un moment précieux.
Au réveil, un long temps, je demeure emplie d’eux.
Sylvie Hérout DR


«Bonne randonnée vaut mieux que ceinture
de chasteté. »
Pierre Dac - Arrières-pensées -
« La vie est une chose trop importante pour
être prise au sérieux »
G.K. Chesterton - Dictionnaire
de citations du monde entier-


Héloïse-coeur-de-dentelle
de Ludovic Chaptal
Pleurez prélats et coquillards,
Héloïse-cœur-de-dentelle,
A l’abri des curieux regards,
S’en est allée à Compostelle.
Avant que sonne l’angélus,
Elle quittait la cathédrale,
Un pas de mieux, un pas de plus,
Ses pieds marchèrent en cavale.
Abandonnant ses maints amants
Pour quelques raisons qui sont siennes,
Elle embrassait la clef des champs
A l’heure où s’ouvraient les persiennes.
Moitié none et moitié putain,
Elle salua sa victoire
D’un geste d’honneur de sa main
En direction du purgatoire.
Refermez vos vilains regards,
Héloïse-cœur-de-dentelle,
Quittant prélats et coquillards,
S’en est allée à Compostelle.
Ludovic Chaptal DR


«Le sage ne remet jamais à deux mains
ce qu'il peut faire avec une seule. »
Pierre Dac - Arrières-pensées -
« La Camargue est régulièrement inondée
par les côtes du Rhône »
Jérôme Duhamel -Le Dico
tout fou des Ecolers-


L'Orage
de Maryse Licette
Un vieil homme très, très lentement
S’en revenait d’un pas traînant
Avec ses bêtes qui fort beuglaient,
Secouaient la tête, agacées :
Une nuée de mouches excitées
En bourdonnant les énervaient
Le ciel bien vite noircissait
Un vent la campagne balayait
Et le troupeau plus fort beuglait
Sentant l’orage vite approcher
Les éclairs bien rapidement
Déchiraient le ciel grommelant
Aux coups de canon ressemblant
Le tonnerre fut assourdissant
Les gros nuages noirs il perçait
De lourdes trombes d’eau déversait
Sur la campagne tout apeurée
Bien qu’elle fût vraiment assoiffée
Les arbres, par la foudre blessés
Bien tristes gémissaient et pleuraient
Eperdues, les bêtes couraient
Dans tous les sens, désordonnées
L’homme les appelait, impuissant
Et luttait, désespérément
Et puis, comme par enchantement
Le déluge prit fin, soudainement
Le soleil se mit à briller
Dans toute sa luminosité
Sur la belle nature apaisée
Qui de sa douce voix fredonnait
Et le vieil homme, très lentement
Continuait d’un pas traînant
Maryse Licette DR
Dresde le 10 Février 2013


« Les pensées, fugitives sont des pensées qui
passent à la sauvette sans laisser de trace.»
Pierre Dac- Pensées et maximes-
« Une corvée, c'est faire des choses qu'on
aimerait mieux que les autres fassent.»
Jérôme Duhamel - Le Dico tout fou
des Ecoliers-


La paresse n'est pas un défaut
de Pierre-Marie Humeau
La paresse n'est pas un défaut
D'abord elle rime avec tendresse, princesse
justesse, finesse, prouesse, promesse...
Rien d'étonnant à ce qu'on l'aime
qu'on la chérisse et qu'on l'adore
La souffrance perd son emprise
si on se laisse paresser à sa guise
Conseil: laissons donc notre esprit paresser
et voyons ce qui peut se passer
Pierre-Marie Humeau DR


«Si l'on bâtissait la maison du bonheur, la
plus grande pièce serait la salle d'attente.»
Jules Renard - Journal-
« Le bonheur humain est composé de tant
de pièces qu'il en manque toujours»
Bossuet - Dictionnaire des
citations de langue française


Repass'
de Catie Canta
Qui peut croire à la paresse ?
Quand mon cerveau n'a de cesse
D'aller et venir sans fin...
Je tricote du cerveau
Comme d'autres font du vélo
Ne me dites pas que c'est rien !
Il faudrait plus d'une vie
Pour vous raconter mes nuits
Perchées dans mes insomnies:
La tête dans les étoiles
C'est là que je mets les voiles
Le cap vers la poésie...
Oh combien de mots clisses
Et de rimes sublimes
Furent offerts aux abysses
De mes pensées intimes !
Avant que de sombrer
Dans les bras de morphée
Catie Canta DR
Eloge de la paresse éphémère(poèmes qui n'ont jamais vu le jour)


«Il choisissait de ridicules chapeaux étroits
pour se donner l'air d'avoir une forte tête .»
Jules Renard - Journal -
« Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout;
les malchanceux ceux à qui tout arrive.»
Eugène Labiche - Dictionnaire
des citations de langue française-


Lazy Jack
de Sylvain Josserand
On me nomme Lazy Jack
ça fait plus chic en english
Que fainéant ou oisif
J'ai les orteils bronzés
Un poil dans la main droite
Qui me sert de canne
J'ai toujours l'air fatigué
Je procrastine avec Jim
Au coeur de la ravine
Je roule de gros pétards
Avec une bande de fêtards
Qui vomissent leur pinard
Je suis dealer de hashish
Pour faire le fortiche
Une graine d'assassin
On m'appelle Lazy Jack
Le mec au chapeau claque
Le gigolo à bobos
On aime mes caresses
C'est ma seule prouesse
Triste est ma paresse
Sylvain Josserand DR
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«Il y a des circonstances où le mensonge est
le plus saint des devoirs.»
Eugène Labiche - Les vivacités du
capitaine Tic-
« Quand on ment, il paraît que ça se voit
comme les oreilles au milieu de la figure»
Jérôme Duhamel - Le Dico tout fou
des Ecoliers


Doux Mensonges
d'Agnés Raveloson
Rien n’est plus ordinaire que le mensonge
Il est comme un péché du catéchisme, très courant
Envie de déguiser le mal auquel on songe
Ne pas dévoiler celui qu’on a fait sciemment
N’est- ce pas une option à laquelle chacun a droit ?
En politique l’art du mensonge est répandu
Séduction du pouvoir, un rouage bien adroit
Tout aussi efficace pour habiller les promesses non tenues
Pourquoi le mensonge fait partie de l’humanité ?
La considération des semblables devient moqueries
Un beau mensonge vaut mieux que la vérité
Sécurise le faible ou le vicieux de l’esprit
Oh, malheureusement, un mensonge attire un autre
Réponse facile aux questions qui importunent
Discours des belles âmes, des bons apôtres
Indulgence plénière pour la fleur du mal commune
Ne serait-il pas le mensonge des honnêtes gens ?
Appelons-le plutôt, le mensonge social
Il est bien rare que le cœur mente, et pourtant,
Rien n’arrête d’y croire encore, ce n’est pas l’idéal
En tout cas un mensonge est un mensonge
Quelque soit la réponse qui se cache derrière
Un mensonge, bien intentionné, est pire mensonge
Et pourquoi mentir, est-ce bien là, nécessaire ?
La possibilité de s’accommoder de la réalité
Efface ou atténue la peur, gagne en sérénité
Méditer sur une probable libération prochaine
Est une vérité à transmettre aux êtres qu’on aime
Ne m’en voulez pas pour mes mensonges d’urgence
Si je veux la paix, je vous mens comme je respire, en silence
Oh, tenez, « Allo ! Maitre corbeau sur un arbre perché...
N on, je ne suis pas là pour vous donner la suite, désolé... »
Grand Dieu, que reste-t-il de mes amours, dites-le moi?
Encore les doux mensonges qui font beaucoup de bien!
Agnès Raveloson DR Avril 2016


«En 1234, y avait pas le loto sinon ils
auraient joué la date !.»
Jean-Marie Gourio- -Brêves de comptoir-
« Rien n'est jamais perdu tant qu'il reste
quelque chose à trouver»
Pierre Dac - pensées et maximes-


Paresse mon amie
de Christian Lafont
A septante ans je suis encore un jeune poète !
D'ailleurs, même maintenant, je suis juste rimeur
Oui, je sais j'ai traîné, paressé, fait la fête !
Je m'intitule seulement « petit poétiseur »
Déjà j'hésitais, à l'heure de ma naissance
Me demandant dans l'ambiance de la période
Si les mots clés étaient flemme ou persévérance
Et si ça fatiguait de respecter les codes
A l'école, sur des feuilles de papier déchiré
Sur un tableau déjà sale et tout crayonné
Sur les murs et les trottoirs, même à la maison
Pour le travail cet esclavage, j'écrivais NON !
J'ai vraiment amour-amitié pour la paresse
Je vous l'affirme ! Soyez en sûrs et certains !
Je le redis et le répéterai sans cesse
Pour terminer, On verra bien demain…
Christian Lafont DR 2016


«Le repos ? le repos, trésor si précieux
Qu'on en faisait jadis le partage des dieux !.»
La Fontaine- -L' Homme qui court
après la fortune-
« Quand on ne travaillera plus le lendemain
des jours de repos, la fatigue sera vaincue»
Pierre Dac - pensées et maximes-


La Belle
de Michèle Lassiaz
Tu me souris, paresse
chaque matin dans la tiédeur
la douceur
des draps câlins, sussurant
reste-là, encore et encore.
J'obéis à cette coquine
et m'engloutis dans ce bonheur
avec volupté
Tu me prends aussi
par surprise
avec délice
dans la chambre moite d'aoùt
abandonnant romans et journaux
chaque fois je t'accueille
bienveillante
et me laisse glisser
dans des labyrinthes de langueur
Michèle Lassiaz DR 2016


«La liberté d'aimer n'est pas moins sacrée
que la liberté de penser.»
Victor Hugo- -
« Les arbres laissent tomber leurs feuilles en hiver
parce qu'ils sont fatigués de les porter»
Jérôme Duhamel - Le Dico tout fou
des écoliers-


Des arbres ! Des arbres !...
d' Alain Briantais
Le soleil légèrement cachottier du matin
Ma nuit repue de câlins, de baisers mutins
Je vais bien ! Je vais bien !…
Comme tous les jours, même route et même village voisin
Même place du village qui me montre sa mine
Et soudain les engins sous mes yeux en plein crime
Je fulmine ! Je fulmine !…
Mes amis sont mourants sans leurs bras, sans leur cime
Abattus, tronçonnés par une lame sidérale
À genoux sur le sol, démembrés et bancals
Ça fait mal ! Ça fait mal !…
De les voir étrillés sans un cri, sans un râle
Je m’insurge et questionne : Mais pourquoi ? Mais pourquoi ?
Avaient-ils un cancer, une cirrhose, un zona ?
Je n’sais pas ! Je n’sais pas !…
Ce qui peut justifier cet acharnement-là
Je poursuis mon chemin mais me trouve démuni
J’imagine les mésanges, les pinsons et les pies
Sans leur nid ! Sans leur nid !…
Puis les enfants rieurs sans secours sous la pluie
Lendemain qui déchante, la colère en mon corps
La place est toute nue et la terre fume encore
Ils sont morts ! ils sont morts !…
Et me voilà perdu, sans élan, sans ressort
Les semaines se suivent, toujours la même route
L’absence des arbres me blesse et me déroute
Que de doutes ! Que de doutes !…
Je les devine poussière, éparpillés, en croûte
Mais hier, à midi, sur un simple coup d’œil
Un souffle me transperce et l’émotion me cueille
Quel accueil ! Quel accueil !
Des pinceaux tout pointus, sans détours et sans feuilles
Des arbrisseaux timides au contour un peu flou
Qui dodelinent de la tête sous le vent marlou
Que c’est chou ! Que c’est chou !…
De les voir déjà vifs, dans le sol un peu mou
Ô Vous ! jeunes impudents, qui demain au soleil
Offrirez vos bourgeons tout fripés de sommeil
Quelle merveille ! Quelle merveille !…
N’oubliez pas vos pères à nuls autres pareils
Alain briantais DR 2015


«Rêve de grandes choses, cela te permettra
d'en faire au moins de toutes petites.»
Jules Renard - Journal-
« Saint Exupéry était l'auteur du "Petit Prince"
et il est mort avec lui dans un accident d'avion»
Jérôme Duhamel - Le Dico tout fou
des écoliers-


Solitude de l'Arc en Ciel
de Colette Sauvanet
La marée noire fait son éclipse
Flop flop! pleure l'entrecôte
Coot coot ! glousse Bergamote,
Les oiseaux volent à vau l"eau
les oisons
tournent en rond
Ouf! dit l'arc en ciel
mes couleurs sentent le fiel,
je n'en ai plus pour longtemps.
Depuis mille ans
je me tiens en rond,
jamais carré
ni même petit lâcher,
je vais enfin me décourber,
prendre la route des grands dadais
flâner, errer et rêvasser.
Plus besoin de briller au firmament des grandes idées !
La place est libre, le vide est vide, vive le vide
débrouillez-vous avec le raplapla des sans idées
Moi, je m'en vais
A tout jamais !
Colette Sauvanet DR
in Bulles 2015


«Quant à son temps, bien le sût dispenser,
Deux parts en fit, dont il voulait passer,
L'une à dormir et l'autre à ne rien faire.»
La Fontaine - Epitaphe d'un paresseux -
« De temps en temps, il faut se reposer de ne rien faire»
Jean Cocteau - in Dictionnaire des
citations du monde entier


Compendium des minutes d'un procès fumeux
où ne fût même pas prononcé un non-lieu:
La Paresse
d' Yves Alain
Paresse en qui le temps s'étire infiniment,
Paresse, ma paresse en toi tout est permis
Fors le pire. Lascive et forte déité,
Oxymore charmant au brûlant de l'été,
A tes doux pieds l'ennui endormi à moitié
Vient déverser les fruits des vendanges prochaines
Mûres bientôt et déjà parfumées, aubaine …
Le loir dormeur, la couleuvre // N'ont rien compris de ton œuvre :
Ils disent qu'entraîné vers de funestes bords
Je néglige mon âme et le monde. La mort
Me surprendra. Adieu la clé des songes
Offerte à celui seul qui dans le sommeil plonge !
Sommeil sans fin, // Stérile, // anneaux vains. // --- Mais moi, dit-il
Tout mon temps est vaillant: // Quelque nuit m'éveillant,
Je le ranime et le printemps venu
Si je dors le matin//C'est que je vis la nuit.//C'est mon destin//Rien n'y puis
Je cours pour me nourrir, ami, // De fruits, de graines, de semis.
Et ne crois pas non plus que ma quête est tranquille ;
Quand tout dort dans les champs et que loin de la ville
La lune se déverse à grands flots sur les arbres
Et fait scintiller l'eau dans les bassins de marbre,
L'as-tu vu le grand-duc, l'as-tu vue la houlotte,
Ces voraces amis qui lorgnent ma culotte ?
Dieu merci, je suis prompt à l'esquive:
Bernique amis pour mes parties vives !
Je vous laisse ma queue ; // Estimez-vous heureux
De ces quelques poils gris // Sur votre bec surpris.
Mais toi, tes songes vains ! // Les choses que demain
Tu feras et que tu ne fais pas !
Le hippy en son temps // En faisait tout autant .
Mais il savait son livre, Le Petit Livre Rose // Qui faisait de ses poses
L'art même et subtil de vivre …
Rêvasseur qui te crois rêveur, // Rêvasseur procrastinateur ---
Dame couleuvre ne siffla mot ( Cet animal n'a point le sang chaud ) .
Nulle velléité !... Etonnante sagesse // Qui la soumet sans heurt aux
caprices du temps !
Un zeste de vertu lui eût permis pourtant ...
--- Eh bien ? --- Eh bien voici : que vive la paresse !
Yves Alain DR
Inédit 2016


«Ah! qu'il est doux de ne rien faire, quand
tout s'agite autour de nous. »
J.Barbier et M.Carré - Galatée -
« Pour passer une nuit blanche, on est obligé
d'attendre que la nuit soit noire»
Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou
des écoliers-


Eloge de la Paresse
d' Agnès Raveloson
Je paresse pile et face, charme et mystère
Et côté pile, j’ai le dos allongé sur le sol,
Profitant du coucher, je sens la chaleur de la terre.
A l’horizon le soleil disparait, plus de parasol.
Rêverie côté face, mes yeux voient les étoiles,
En partant le soleil a fait monter la nuit.
Si je suis triste, découragé, je mets les voiles,
Si mon cœur bat, je pense aux êtres chers, aux amis.
Enfant des étoiles, je danse dans le courant bleu,
Partout je vois le ciel, mais où finit le ciel ?
Il y a les vagues qui roulent, je ferme les yeux
La paix, la colombe blanche vole à tire d’ailes,
Et la petite graine grandit dans le silence
Et le murmure de la source ne s’arrête jamais.
Tous ces bienfaits sont douceur et confidence,
Feu de joie plein d’éclats ! Dis-nous, quel est ton secret ?
Allongé sur le sable, qu’il fait bon vivre et rêver.
C’est si bon d’être heureux, ne cherchez pas la raison,
Et s’asseoir pour se voir marcher, c’est tellement bon !
Agnès Raveloson DR
Septembre 2015


«Van Gogh, il était peut-être fou, mais quand tu vois le tableau de sa chambre, il faisait son lit. »
Jean-Marie Gourio -Brêves de comptoir
« Il y a deux tragédies dans la vie:l'une est de ne pas satisfaire son désir, l'autre de le satisfaire»
Oscar Wilde -L'éventail de Lady Wintermere
( 3ème acte) ( attribué à G.B Shaw)-


Si loin, Si réelle
de Paul-Eric Langevin
"Tu me sembles si loin maintenant
Je veux te voir tu n'as plus le temps
Je veux te sentir comme un aimant
Je veux me rappeler ton parfum dans le vent
Mais tu ne m'offres que des mots sans avenir
Tu me donnes seulement des phrases à finir
Je veux te voir, voir si tu vas bien
Je voudrais voir que tu es sur le bon chemin
Sur le chemin de la résilience et du courage
De la chance et sur la voie la plus sage
Tu le mérites tu as au fond de l'âme
Le coeur et la sensibilité
Le chemin à suivre pour y arriver
Tu les as, je peux te le dire, tous les charmes
Tu iras loin car j'aime ta peinture
Tu iras au-delà de la nuit malgré tes blessures
Tu seras la plus belle
Plus que les autres tu seras réelle"
Paul-Eric Langevin DR 2015
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«La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute. »
Pierre Desproges -Entretien avec Yves Rieu
et Philippe Pouchain-Seuil
« Les paysages étaient comme un archet
qui jouait sur mon âme »
Stendhal -Vie de henri Brulard-


Ode Provençale
de Maryse Licette
Voyageurs, oh! Vous qui passez
Sous le chaud soleil de l'été
Ou bien le reste de l'année
Prenez le temps de vous arrêter
Posez délicatement vos pieds
Sur la terre juste à point dorée
Marchez sur les traces laissées
Par ceux qui bien haut ont chanté
Ces villages de lumière baignés
Dont les pierres de tant d'années
Artistement superposées
Viennent tout doucement vous conter
Les familiales épopées
Voyageurs, oh! Vous qui passez
Non, ne soyez pas si pressés
Foulez le sol tout parfumé
Où poussent les verts oliviers
Gravissez les marches usées
Flânez tout le long des sentiers
De thym et romarin bordés
Gardés par les cyprès élancés
Ces sentinelles avisées
Ecoutez des cicadidés,
Par le jasmin fort enivrés,
Les longues sérénades stridulées
Déchirant la sérénité
Voyageurs, oh! Vous qui passez
Sous le chaud soleil de l'été
Ou bien le reste de l'année
Faites-vous vite les invités
De ces villages fièrement campés
Au faîte de leurs solides rochers
Brillants de luminosité
Près de la Méditerranée
Aux exquises saveurs salées
Allez, laissez-vous dévoiler
A l'ombre tiède des citronniers
La richesse de cette contrée
Vous offrant sa tranquillité
Maryse Licette DR
Octobre 2006


«Il y a un proverbe qui dit que "le temps ne fait rien à l'affaire", mais on ne sait pas de quelle affaire il parle. »
Jérôme Duhamel - Le Dico tout fou
des Écoliers-
« Je me presse de rire de tout, de peur d'être
obligé d'en pleurer »
Beaumarchais -Le Barbier de Séville-


La vie moderne
de Ludovic Chaptal
Sur l’horloge, tourne l’aiguille,
Je suis pressé, j’attends le train,
Une jeune fille maquille
Ses yeux bleus d’une seule main.
Un mec cherche une cigarette,
Un pigeon mange un bout de pain,
Le gars la fume, et puis regrette,
Je suis pressé, j’attends le train.
Le quai se peuple de bagages,
Je suis pressé, j’attends le train,
L’heure tourne sur les visages,
Le train doit être le prochain.
J’aperçois la locomotive,
Une voix annonce, en refrain
« Eloignez-vous, le train arrive »
Je suis pressé, j’attends le train.
Ludovic Chaptal DR


«On a remarqué que les fonds sous marins
préfèrent vivre sous la mer. »
Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou
des Écoliers-
« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu
avant de renvoyer la lumière »
Jean Cocteau -Le sang d'un poète-


Apparition
de Sylvie Hérout
Née de l’ombre et de l’onde mussée dans ses cheveux
une nymphe aux yeux verts
posée sur un nuage songe à se déployer en notre vaste monde
S’élance à peine éclose
folle métamorphose
s’étire
et s’arque
et se désarticule
Elle se tend s’arabesque roule et s’expose
Elle pique et pointe et cambre
elle s’esquive elle bondit pirouette et virevolte
Se blottit
Elle danse
fatale purpurine sidérale
voltige et s’acrobate
impudique divine
Cadence diabolique
Nébuleuse blancheur aux diaprures maléfiques
oriflamme brandie au cœur d’un crépuscule
Corolle-chevelure cerceaux lianes
lassos d’algues tissées
Soyeuses opulences
Tentations
S’enlace se caresse se déguise à sa guise en câline parure
Des nuées et des nimbes fait une apothéose.
Sylvie Hérout DR

La Ruche des Arts
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