Nouveaux poèmes !dans ce PleinsSens virtuel n°02...
Claudine Vanlé,Yves Picart, Louise Emily, Alain Briantais, Zaïa, Ludovic Chaptal,
Colette Sauvanet; Alain Pizerra, Fabienne Schmitt., Christian Lafont, Béatrice Albertat.
Michel Marceau Guillo, Oguène, Pedro Vianna, Michèle Lassiaz, Alain Briantais,
Fabienne Schmitt, ludovic Chaptal, Sylvie Hérout -dernier poème de l'été 2016-

«Les peintres et les poètes ont toujours eu le droit de tout oser. »
Horace - -Art poétique, 9-10 ; env. 10 av. J.-C.-
« La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir, et la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir. »
Léonard de Vinci-Traité de la peiture-


Dans la brume
de Sylvie Hérout
Les rues granitiques sinuent
Démasquant la ville de pierre
Par touches légères.
Hors du gris granite grenu
Du clocher dressé sur le ciel
S’exhalent les chants.
Varech et fuel mêlés,
Odeurs de port breton,
J’entends le fer frappé.
Soleil restreint, brume mouvante,
Sable étréci, marée montante
Subreptice, jusqu’au jardin.
La tête dans le blanc ouaté,
Pieds glacés, morsure liquide,
Mon corps vit deux vies séparées…
Un soleil timoré
Féconde en tapinois
Les mots et les silences.
Des vaguelettes clapotent,
Une cloche tinte au loin,
Paix du matin.
La voile claque au vent,
Déjà les glaçons tintent,
Carpe diem.
Chaleur de kir, de pain, de feu,
Autour du secret, de l’intime,
Partage et fraternité.
Estomacs et cœurs pleins,
Bouquets de rires, émotion tue…
Le repas sent la fin.
Sylvie Hérout DR


«L'automne fait les bruits froissés
De nos tumultueux baisers. »
Charles Cros - Le Coffret de santal -
« L'automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l'hiver»
Georges Sand - François le Champi-


Automne
de Ludovic Chaptal
Automne, fier automne, assassin des amours,
S’abaisse ton soleil et s’élève ta brume,
Dois-je souffrir longtemps ? Dois-je pleurer toujours
Le cœur de mes vingt ans noyé sous ton écume ?
Un cheveu blanc, déjà, remplace le lilas,
Une ride se creuse au sillon de la vie,
L’hirondelle s’envole et ne reviendra pas,
Se peut-il d’exister quelque autre tragédie ?
Le vent invite au bal les feuilles des désirs,
Il les emportera rouges et craquelées
Vers l’oubli, vers la fin où les rêves martyrs
Gisent dans le chagrin des larmes esseulées.
Automne, fier automne, assassin des amours,
Tu portes sur ton dos l’été dedans sa tombe,
Les soirs viennent plus tôt, viennent plus tard les jours,
Et la dernière feuille à l’arbre, meurt et tombe.
Ludovic Chaptal DR
Mende 266 Juillet 2015


« Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,
chagrin d'amour dure toute la vie.»
J.- B. Florian - Célestine -
« Amour, tu as été mon maître,
je t'ai servi sur tous les dieux,
et si je pouvais deux fois naître,
comme je te servirais mieux.»
Clément Marot -Epigrammes


Jolie fleur
de Fabienne Schmitt
Hé ! Jolie fleur !
Ne te trompe pas de bonheur
Prends pas la route à cent à l’heure
Y’a pas de R.E.R du cœur
Va pas dans les sens interdits
Toutes ces impasses du bout de la vie
Ces stations de métro pourries
Pour tes tramways nommés désirs
Pour tes richesses, pour tes délires
Y’a pas que la rue des plaisirs
Pas d’embarquement immédiat
Il te faut gagner des combats
La vie elle est sans foi ni loi
Le temps n’est pas recyclable
Ni économe, ni réformable
C’est bien le pire des comptables
Alors si tu veux chaque matin
Avoir du soleil dans les mains
Ne te goure pas de chemin
La vie t’inflige bien des parcours
Parfois trop lisses, parfois trop lourds
Mais un seul en vaut le détour
Je sais c’est pas toujours facile
Souvent injuste, souvent futile
Lorsque le bonheur se défile
Hé ! Jolie fleur !
Même si un jour tu n’en peux plus
Même si un jour tu n’y crois plus
Tu es meurtrie, tu es déçue
Tu verras, venu de nulle part
Sorti des limbes du hasard
Quelqu’un croisera ton regard
Et quand la route est sinueuse
Peine de bosses, qu’elle est boueuse
Ne te crois pas plus malheureuse
Continue sans te retourner…
Fabienne Schmitt DR 2016
- tous droits réservés


«Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage,
ou comme celui-là qui conquit la toison
Et puis s'en est retourné, plein d'usage et raison
Vivre entre ses parents, le reste de son âge ! »
Joachim du Bellay - Les Regrets -
« Mais les vrais voyageurs son ceux-là seuls qui partent
Pour partir;coeurs légers,semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours:Allons.»
Charles Baudelaire-Les Fleurs du mal-


Partir
d' Alain Briantais
Je laisse la porte ouverte
L’azur du ciel m’invite à l’abandon
Partir…
Une nouvelle fois, partir…
J’aime les trains
Quand l’été revient
Ce vagabondage de couleurs
Les enfants qui partent en colo
Et déambulent dans les allées
Parmi les bagages amoncelés
Les vaches s’en foutent des trains
Elles ne partent jamais… Les vaches
Au mieux d’un pré à l’autre
Au pire vers l’ultime voyage
Je laisse la porte ouverte
Faut-il vraiment la refermer ?
Partir m’enthousiasme
Me rend fébrile
Et fragile à la fois
Une aventure à déchiffrer
Se laisser aller…
Oui… Aller
Pour revenir
Ou ne pas revenir
Qu’importe
Partir…
Partir dans sa tête…
Pour des rêves inespérés
Pour des mots espiègles
Partir…
Et ne jamais arriver
Ne jamais croire
Que l’on est définitivement arrivé
Ne pas rester
Ne pas s’établir
Être toujours en chemin
Alain Briantais DR 2009
in "essaimer "2013


«Ce qui est passé a fui,
Ce que tu espères est absent
Mais le présent est à toi.»
Proverbe Arabe- -in Poésie en sous sol
Anthologie Editions Arcadia (2009)-
« Prenez-moi tout,
mais laissez-moi l'extase
et je serai plus riche
que mes semblables.»
Emily Dickinson - Poèmes, in Poésie
en sous sol, Anthologie Editions Arcadia (2009)-


Nomade
de Michèle Lassiaz
nomade
nomade de coeur
nomade d'esprit
Je suis,
Aimante des découvertes
insolites,
Amoureuse des péripéties,
Jouïssant de me sentir étrangère,
hors de mes frontières,
Eblouie par les rencontres,
L'insolite
est mon ami
L'imprévu
Bienvenu
Michèle Lassiaz DR
in Recto verso
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« On a plus de mal à ne rien faire qu'à travailler. »
Ennius -Fragments II e s. av. J.-C
-
« L'invention engendre l'invention. »
R.W. Emerson - sociéty and
solitude " works and day "(1870)
-

Offrez à l'être humain
l'oisiveté
il en résultera
sans doute
une invention
Pedro Vianna DR
in Des jours sans gloire


« Une période d'échec est un moment rêvé pour semer les graines du succès.»
Paramahansa Yogananda - Poésie
en sous sol-anthologie(2009)-
« Et nous allons suivant le rythme de la lame, berçant notre infini sur le fini des mers.»
Charles Baudelaire - Les fleurs du mal
" Le voyage "


Ô paresse !
de Oguène
Ne rien faire
Ne rien dire
rester là
A rêver
Béatement…
Ô paresse !
Ne rien faire
Ne rien dire
Rester là
A amasser
Tant d'étonnement
A goûter
Tant de friandises
de la vie…
Ô paresse !
Ne rien faire
Ne rien dire
Rester là
A rêver
Béatement…
Ô paresse
Ma tendre amie
De tous les instants…
Oguène DR


« Si Dieu ne pardonnait pas, son paradis resterait vide.»
Mohammed ben Cheneb
Proverbe Berbère - Proverbes du Magreb (1907)-
« Chacun met son être dans le paraître»
J.-J. Rousseau - pensées et
maximes (1712 - 1778)
-


Et que l'Être paraisse
de MIchel Marceau Guillo
Et que l'Être paraisse!
Longtemps, comme un triste sire...
l'Homme y travaille
C'est ici.
Que plus rien n'existe,
Rien.
Alors, vient l'ivresse,
Et, jusqu'aux premiers instants même,
Là. Enfin, il se pense libre…
Il convoque les « (en)je (ux) ›› de ses noms...
L'égoïsme d'une raison « sans ›› raisons.
Et…
Malgré les horreurs, le labeur et la peur,
Que paraisse l'instant
Où vient l'enfant et mère paresse…
Et tout s'éteint ! Et jusqu'à ses passions, ses empressements,
Tout, sa faconde, tout! Jusqu'à sa plume bleutée,
Venant caresser d'un signe son visage d'égaré…
Michel Marceau Guillo DR

« L'indolence est le sommeil des esprits.»
Vauvenargues - Réflexions et maximes ,
750 (1746)-
« Aucun n'est plus affairé que celui qui a
le moins à faire.»
Proverbe anglais - Larousse-proverbes
sentences et maximes

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Aujourd'hui, c'est la flemme
de Béatrice Albertat
Travail, turbin, taf, devoir, boulot...
Travailler plus pour gagner moins
J'en ai soupe. moi, de l'activité
Le bien nommé gagne-pain
Ni beurre ni épinards
Soyez-en certains
Non l
Aujourd'hui je paresse
C'est la flemme, le repos, les vacances...
Rester allongée
Sur mon beau canapé
l'accoudoir en guise d'oreiller
Je vais pouvoir m'étirer
Me sentir exister
Enfin je vais rêver rêver rêver
Ce sera le pied l
Je ne veux plus rien faire mais alors
Plus jamais
Si ce n'est ...
Peut-être penser à ce que j'écrirai
Sur ma flemme - ne pas travailler
Ah l le revoilà ce mot détesté
Qu'il me laisse tranquille
Et je l'oublierai
A tout jamais
Béatrice Albertat DR


« Quand on est en avance, c'est qu'on est à l'heure sur son retard.»
Jérôme Duhamel- -Le Dico
tout fou des Ecoliers-
« Si la fortune vient en dormant ça n'empêche pas les ennuis (ou emm...nts ) de venir au réveil»
Pierre Dac - pensées et maximes-


Résistance passivement active
de Christian Lafont
J'ai résisté longtemps à l'envie de décrire
Ne pensant pas trouver le moment ou l'instant,
L'émotion du moment, et les mots pour le dire
Et dans un fauteuil, je résiste en attendant...
C'est dans la paresse que je résiste le mieux
Les neurones ayant pour moi beaucoup travaillé :
A l'activité trop brusque, je résiste morbleu !
Bras de fauteuil et oreillers ont besogné.
Ce mois, je dois œuvrer le vingt neuf février
Et lire sans hésiter la bougie du sapeur,
Ce surcroît de tache va bien sûr me fatiguer
Pour résister au travail je suis bien sans peur
A tous les courageux, je peux laisser la place
Car j'aperçois la-bas une belle terrasse
Et pour tous les audacieux que grand bien leur fasse
je m'en vais boire un bon coup au café d'en face.
Christian Lafont DR 2016


« Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.»
Alexis-Félix Arvers - Mes heures perdues-
« Un secret a toujours la forme d'une oreille.»
Jean Cocteau - Le Rappel à l'ordre-Ed. Stock
(1926)


Le Secret
de Fabienne Schmitt
Dans l’aurore encore pâle
A l’aube d’un matin
Tu me sentiras, couchée dans ton rêve
Sans savoir qui je suis.
Tu me devineras à peine
Cherchant mes contours terrestres
Je n’existerai pas encore
Simple imaginée, inconsistante, inachevée
Aucun regard ne m’aura encore parcourue
Déformée, ou repeinte à ses normes
Je n’aurai ni nom, ni histoire, ni pays d’origine
Vapeur, nuage, volute, transparence
Les jours passants, tu me voudras chaque nuit
Et chaque nuit, je viendrai, me révélant un peu plus
Je deviendrai ton évidence, ton attente, ta question
Seul toi sauras me rendre visible
Je serai ta visiteuse du soir
Papillon de nuit derrière le rideau de tes paupières closes
Dansant comme un feu follet
Puis, ayant chahuté ton repos de guerrier
Je repartirai, laissant cette douceur inconnue
Scellée dans ta mémoire, au premier rai du matin
Comme une marque indélébile
Beaucoup de nuits passeront sans que je te revienne
Tu finiras par m’avoir presque oubliée
Mais jamais tout à fait…
Les nuits te sont trop longues
Un jour, un soir peut-être, au détour de ta vie
Tu me reconnaîtras…
Dans la brume, plein soleil, sous la neige
Ou la pluie, qui sait…Dans le cœur d’un printemps
Fabienne Schmitt DRaoût 2016
inédit - tous droits réservés


«Il est plus facile de savoir comment on fait une chose
que de la faire .»
Proverbe chinois - Larousse des proverbes,
sentences et maximes-
« Qui a le temps et attend le temps, perd son temps.»
W. Camden - Remains concerning britains(1614)


A mon Oreiller
d' Alain Pizerra
Sur le pavement des jours
tant de pieds-activité
piétinent sans répit
les interstices du rêve.
Roulés, dressés, machinés
ceux qu'ils portent
s'en vont à l'aveuglette
prenant pour leur destin
des choses trop quotidiennes
si dénuées de sens.
Roulant, tournant sans cesse
comme s'ils étaient en laisse.
Et pourquoi tant bouger
pris en charge, assistés, casés et surbookés
tout juste préoccupés
à passer le relais comme preuve d'exister ?
Mais pour ne pas penser
et parce que « ça se fait » !
On pousse des landaus
mornes et tristes.
Éclatements du samedi
et perceuse du dimanche.
Est-ce donc cela la vie ?
Civilisation des loisirs ?
Indécent pour cause
de mondialité aiguë.
Obscène
attraction du système qui génère le « faire ››,
faux pied-de-nez au néant,
et agite les peurs, ces peurs-fourmilières,
ces peurs qui rendent fou,
maboule la grosse boule !
Imaginer la vie et non la reproduire,
se perdre enfin en soi pour se chercher toujours.
Wou-Wei mon polochon !
Alain Pizerra DR


« Il faut laisser le passé dans l'oubli et l'avenir à
la providence.»
Bossuet - Dictionnaire des citations de
langue française-
« Mes souvenirs sont si nombreux que ma raison
n'y peut suffire.»
Charles Cros - Le Coffret de santal-


Paresse Chérie
de Colette Sauvanet
Paresse mon amie,
Ô paresse chérie,
depuis mon plus jeune âge
c'est avec toi que je partage
mes plus puissantes envies l
Celle de guetter par-delà la fenêtre,
derrière l'épaule de la maîtresse,
le doux sourire de ne rien faire l
Celle en sommeillant d'un seul œil ouvert,
de guetter la tâche accomplie
par d'autres à qui j'avais pourtant dit oui l
Celle encore d'oublier l'horloge,
si, dans tes bras, à rire a pleine gorge,
j'étais bien mieux qu'au boulot
avec tous leurs pointeaux l
Bien sûr pour terminer ma vie,
je dois un peu à mes désirs serrer un tantinet la vis l
Colette Sauvanet DR 2015


«On va dans la lune, et chez nous, on peut même plus
faire cuire un oeuf.»
Jean-Marie Gourio- Brêves de comptoir-
« Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger.»
Socrate - 5ème siècle -avant- jésus-Christ--
(Cité par Diogène Laërce, Phil ill. ll)


Les pommiers ne font
pas de tartes
de Ludovic Chaptal
Que l'on signe toutes les chartes
Et décrets, même les plus cons ;
Les pommiers ne font pas de tartes,
Les prés ne font pas de jambons.
Les arbres ne font pas de bûches,
La laine ne fait pas d'habits,
Et ne se sèment pas les ruches
Ni les boites de raviolis.
Heureux qui dîne à l'industrie
Au temps où sont pleins les rayons,
Heureux avant la pénurie
De savoir-faire et de raisons.
Il est même, sous emballage,
Des plats tout cuits et prémâchés
Qui se vendent à l'étalage
Des hangars de supermarchés.
Pauvre de notre dépendance,
Un code barre dans la main,
Devant la corne d'abondance,
Il se peut qu'on meure de faim !
Ludovic Chaptal DR


«Rien ne sert de plonger si c'est pour faire
la planche.»
Pierre Dac - Arrrières pensées
(Pensées de bon sens)-
« On mange bien des perdrix sans oranges.»
Antoine Oudin -Proverbes-
Curiosités françaises(1640)

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Dame Paresse
de Zaïa
Laisse-moi tranquille Dame Paresse
Tu vois bien ! Je suis occupée
Je savoure encore une sieste
Après nous pourrons discuter
Tu sais que je suis la meilleure
Dès qu'il s'agit de lambiner
Aux décibels des hauts ronfleurs
J'ai décroché le cocotier
Laisse-moi tranquille Dame Paresse
Cest exténuant d'argumenter
Je me débats comme une tigresse
Contre toutes velléités
Quand je liste ce qui reste a faire
Dès qu'il me vient un peu d'envie
Je m'épuise a brasser de l'air
Et dois recharger mes batteries
J'aurais dû être infirmière
Ou travailler dans la literie
Pour être pendant mes horaires
Juste a proximité d'un lit
Qu'il serait donc nobélisable
Celui qui compte dans ses travaux
une forme de lit pliable
Avec berceuse pianissimo
Faut pas abuser des bonnes choses
Mais sommeiller ça fait du bien
Aérienne métamorphose
Entre le néant et le rien
Et pourtant,
A répandre fièrement sa mollesse
Entre les draps d'une paillasse
Que c'est dévorant la paresse
C'est une moitié de vie qui passe
Zaïa DR


«Il est difficile de trouver le bonheur en nous et
impossible de le trouver ailleurs.»
Chamfort (1741-1794) - Caractères et anecdotes -
« La poésie, ça sert à parler quand on est amoureux.»
Jérôme Duhamel - Le Dico tout fou des Ecoliers


Jardin des Batignolles
d' Alain Briantais
Jardin des Batignolles
un banc
au soleil de midi
il se laisse bercer
sous l’astre chaud
sous l’objectif
d’une amie photographe
le printemps pour témoin
il a retiré ses lunettes
se laisse deviner
Jardin des Batignolles
dans sa longue esquive du soir
le même banc
il regarde les photos
les étudie de près
est-ce lui ?
il rougit
sourit un peu
il n’a jamais été aussi beau
ça le trouble
et l’enchante à la fois
Jardin des Batignolles
dans la nuit blafarde
et sous le chuchotement des arbres
plus d’interdit
il a franchi la grille
il sera demain Hamlet
Arlequin
et tant d’autres
Jardin des Batignolles
dans le matin bienveillant
sous le regard délicieux
des azalées grandiloquentes
et des camélias timides
Il sera lui-même
lui-même plus que tout
et c’est déjà beaucoup
Alain Briantais DR


«La devise du bon météorologue, c'est:
" Chaque chose en son temps ". »
Pierre Dac - Arrrières pensées-
«Il faut donner du temps au temps.»
Cervantes -(Proverbe cité par)
dans Don Quichotte 1, XXXiV, (1605)-


Quand la belle saison revient
de Louise Emily
Quand la belle saison revient
et que les fleurs partout abondent,
je me promène avec mon chien
en saluant brunes et blondes.
Le plein été me voit bientôt
me prélasser dessus les plages,
danser le soir valses ou tangos
Ce sont les plaisirs du bel âge.
L'automne arrive et je savoure
les produits de notre vendange:
les vins issus de raisins lourds,
les poires, les figues et les oranges.
Puis c'est l°hiver, le feu dans l°âtre,
les cinémas et les théâtres.
Tout ça je l'aime - avec ivresse -
C°est le plaisir de la paresse.
Mais ce que j'aime plus que tout
C”est de ne rien faire du tout.
Louise Emily DR


«Qui ne saurait haïr, peut-il vouloir qu'on meure ? »
Molière -Amphitryon ii 6 Alcimène
« J'ai appris qu'une vie ne vaut rien, mais que rien
ne vaut une vie.»
André Malraux - Les Conquérants
(Gallimard)


Dans les yeux de Cabu
Chanson (version poème) de Yves P.Picart
à Jean Cabut et à Antoine Leiris - “Vous n'aurez pas ma haine”
|
1. Combien de fureur, de cris et de pleurs avant que ne bascule un cœur de l’autre côté de la terreur
Encore les corps qui souffrent l’odeur de poudre et de souffre et nos esprits déjà si las de tant de morts sans combat
Refrain. 1 Alors, parfois j’ai envie loin des hommes, de partir de me forger un paradis et ne garder que le souvenir d’une brume, d’un rêve perdu
2. Combien de Führer, de prophètes de malheur de cohortes de mauvais apôtres pour dresser un frère contre l’autre
Dans la fumée des bombes debout devant l’hécatombe que nous reste-t-il d’humain à offrir à nos enfants demain ? (au refrain)
3. Combien de bourreaux frappent encore en écho qui fera taire enfin le lâche et sanglant cri de la kalache
Pourquoi tuer à dessein pour un mot, pour un dessin tuer ce qui en nous peut naître l’humour d’un homme, la ferveur de l’être (au refrain) |
4. Comment départager ce qui de nous homme fait ce qui nous fait encore aimer de ce qui nous fait aussi tuer
Au pays des âmes mortes où la haine les emporte moi, je préfère rester vivre au pays des âmes libres
Refrain. 2 Même si, parfois j’ai envie loin des hommes, de m’enfuir de me forger un paradis pour garder juste le souvenir d’une brume, d’un rêve perdu dans les yeux de Cabu
5. Et si cet effroi revient Qu’il n’éveille que l’humain en moi Entre colère et compassion, c’est sûr J’espère choisir le chemin le plus dur
Pour enfin ne plus penser à ce qui a pu se passer à l’instant ultime, à ce qu’il a lu quelque part dans les yeux de Cabu |
Yves Picart DR
Paroles et musique
Illustrations de leurs auteurs Droits réservés


«Dieu ! Pourquoi l'orphelin dans ses langes funèbres
Dit-il: "J'ai faim." L"enfant,n'est-ce pas un oiseau
Pourquoi le nid a-t'il ce qui manque au berceau. »
Victor Hugo -Les Contemplations-
« La faim dans le monde est un grand problème
surtout pour ceux qui n'ont rien à manger.»
Jérôme Duhamel - Le Dico tout fou
des Ecoliers-


Le Corbeau et les moineaux
Fable de Claudine Vanlé
Sur les sillons gelés
D’un grand champ moissonné
Un vieux corbeau se lamentait.
Il croassait et il geignait.
Et se plaignait de la dureté des temps:
“-C’était bien mieux avant!
Pas de fusils qui tuent....
Pas de pièges à glu...
Pas de grains transgéniques...
Et pas de pesticides...
Pas de fils électriques
Et pas de pluies acides...
Nous étions gros et gras,
Nourris sans embarras.
Pour tous les volatiles,
La vie était tranquille!”
À l’autre bout du champ,
S’ébattait en piaillant
Un groupe de moineaux,
Sautant autour d’un seau.
Ils picoraient avec voracité
Dans des sacs éventrés.
“Quelle aubaine, ces poubelles!
Que de saveurs nouvelles!
Jamais dans le passé,
Ainsi, on ne se régalait!
Et ces mets exotiques,
Quels goûts mirifiques!
C’est vraiment un régal
Qui n’a pas son égal!”
Il en est des oiseaux comme de beaucoup de gens.
Les uns à tout propos voient des inconvénients.
La vie leur est fardeau.
Ils geignent à tout propos,
ne voient dans le présent
que sources de tourments.
Les autres, remplis de gourmandise,
sont prêts à tout goûter,
prennent la nouveauté
comme une friandise.
Fi de l’acrimonie
Et de l’esprit chagrin.
Prenez comme un défi
d’avancer vers demain....
Vivez le temps présent
Et soyez-en contents!
Claudine Vanlé DR
A la manière de Jean de La Fontaine

La Ruche des Arts
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