Poèmes tous styles, académiques ou libres publiés ou recueillis par les membres adhérents ou sympathisants de la Ruche des Arts

Alerte à Toi
de Hormuz Kéy
Ah marcheur d’où que tu viennes, attention,
Tu es ici, là,
Tu es ici à Paris,
Paris d’accueil,
Paris de la couleur,
Paris de la lumière,
Paris de l’image,
Paris de l’art,
Paris de la pensée,
Paris des idées
Paris de la liberté,
Paris de l’amour,
Paris de l’ivresse,
Paris de la fête,
Paris, l’incomparable,
Attention quand tu marches,
Le sol est mouillé, le sol est rouge,
Il y a des gouttes de sang sur le sol de Paris, sur le corps de Paris,
Ne les écrase pas,
Les gouttes suspendues de la vie sont tombées,
Ne pleure pas, avale ton sanglot.
Les retiens bien,
Ne les oublie pas,
Continue à marcher,
Continue à marcher…
Hormuz Kéy
Paris le 14 novembre 2015

A PARIS UN VENDREDI
de Maryse Licette
Ils étaient jeunes
Ils aimaient la vie
Ils voulaient, en ce vendredi
Aller au concert avec des amis
Ils étaient jeunes
Ils respiraient la joie de vivre
Ils voulaient simplement
En ce vendredi clément
Etre avec des proches, des amis
A la terrasse des cafés
Pour bavarder, rire et chanter
Ils voulaient simplement
Vivre, vivre pleinement
Mais les assassins sillonnèrent
Le quartier et leur ôtèrent
Cette vie qu’ils aimaient tant
Ces jeunes qui avaient l’avenir
Devant eux, avec leurs projets
Leur enthousiasme, leurs espoirs
En quelques secondes, les meurtriers,
aveuglés par leur bestialité,
fauchèrent cette jeunesse à Paris...
nous sommes tous en deuil, depuis,
en France et dans le monde entier
mais nous surmonterons
notre haine, notre répugnance, notre colère
et trouverons la force de lutter
pour que triomphent la liberté, l’amitié
Les jeunes sont notre avenir
Maryse Licette –
Rosny-sous-Bois,
le 16 novembre 2015
Tu es le temps, tu es le vent
de Paul-Eric Langevin
"Tu es le temps tu es le vent
Tu as toujours le sourire
Tu me fais toujours rire
Tu es ma soif tu es mon champ
Je suis ton espoir et ton désespoir
Et puis ta gloire et tes déboires
Je suis tes yeux je suis ton coeur
Je suis ton bonheur et ton malheur
Et tous les deux nous découvrirons
Des sentiers que personne n'a parcouru
Et ensemble nous arriverons
Au bout de la route que nul n'a vue
Nous sommes là assis sur le bord du chemin
Nous sommes dans les bras l'un de l'autre
Tu me serres fort contre ton coeur
Je te tiens là dans mon malheur
Et tous les deux nous rencontrons l'autre
Et tous les deux nous irons jusqu'à la fin."
Paul-Eric Langeven


Je vous souhaite
d' Agnès Raveloson
L'art de rester vivant dans son incandescence
A travers les mots qui font beaucoup de bien
Qui remontent le moral, aussi donnent sens
Une force, la beauté des idées, simplement
Il y a une façon simple de vivre heureux
En prenant juste ce dont nous avons besoin
Avec amour et passion, savoir ouvrir les yeux
Autour de nous, amis, famille, aussi plus loin
Rester inspiré, se laisser guider par son coeur
Surtout être soi-même, savoir se plaire
Savourer au passage, plaisir, petit bonheur
Même le Nutella a sa petite cuillère
J'ai décidé d'être heureux, c'est tellement bon
Et vous ? Aimer et se sentir heureux font du bien
Lire au coin du feu, limiter la télévision
S'émerveiller, cultiver ses dons paisiblement
Ainsi, je prends conscience de la chance que j'ai
D'être en vie, pouvoir continuer ce que je fais
Hélas, je ne peux pas m'empêcher de viellir
Mais, j'ai des idées et des ailes à offrir
La porte du bonheur est toujours ouverte
Restons attentifs, aussi veilleurs, il faut y croire
Pas de clé pour l'aventure et les découvertes
Une matière grise rose, contre les idées noires
Sur le nouvel agenda, que des lendemains
Il y a tant d'amour à donner, tant de projets
Des rêves, des surprises, de délicieux moments
Et une santé de fer, je vous souhaite cette année
Poème de nouvel an
d'Agnès Raveloson
décembre 2014

Prendre l'enfant
dans ses bras
de Marièva Sol
L’espace ouvert attend
Le vent retient son souffle
Figé le temps présent
D’un secret s’emmitoufle
Une étoile muette
Tresse des mots d’argent
Astrale et désuète
Pour quelques indigents
Les bergers des campagnes
Voient son scintillement
Leur regard accompagne
Son vol au firmament
Sous la céleste voûte
Laissant là leur troupeau
Ils se mettent en route
Au son de leurs pipeaux
Et là-bas sous l’étoile
Une femme a souffert
Pour un enfantement
Une humaine a offert
Dans un grand dénuement
Plus que l’éclat vibrant
De sa pure jeunesse
Un sol à l’immigrant
Qu’est Dieu dans sa faiblesse
Sait-elle cette innocente
Quels seront ses tourments
Et combien plus violente
Que son accouchement
La douleur indicible
Qui lui broiera le cœur
Au soir d’un jour terrible
En un sanglant malheur
Mais ici dans l’étable
Le futur immolé
Babille sur sa couche
Le bientôt flagellé
Porte tout à sa bouche
Le divin nourrisson
Sur sa froide litière
Secoué par un frisson
Cherche des yeux sa mère
Tourne un regard avide
Que fait briller la faim
Et son estomac vide
Vers son généreux sein
L’éternel est fragile
Il est né cette nuit
Sa parole est babil
Tout est petit en lui
Il est si vulnérable
Livré entre nos mains
Nous avons tout pouvoir
Pour l’adorer demain
Ou le trahir ce soir
Il nous offre sa vie
Et quémande la nôtre
Souverain asservi
Appelant des apôtres
Il est ce jeune enfant
Dont les deux bras se tendent
Et l’espoir triomphant
De la Joie en offrande
Qui répète sans cesse
Chaque nuit de Noël
Sa fidèle promesse
De nous ouvrir le Ciel.
Poème de Noël de
Marièva Sol
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Extraits de
Mille et un silences pour traverser le temps
de Serge Carbonnel
Voici trois poèmes
du recueil de Serge Carbonnel
illustré d’éternité par l’auteur.

Art poétique ?
Un poème me tente
aujourd’hui je ne sais ce que mes maux vont dire
Quand j’écris le poème
à peine si je sais ce que mes mots vont dire
L’homme que je ne suis pas
ne voudrait pas mourir dans l’homme que je suis
je voudrais que mes mots puissent le réveiller
Lorsque j’écris soleil il faut que le soleil
enfin se lève en moi
Un poème me tente
il m’est un appel vague comme besoin de vivre
Quand j’écris le poème
je crois que l’on y voit les maux qu’il me faut vivre
et l’homme que je suis
ne voudrait pas mourir dans celui qui n’est pas
je sais bien que mes mots me sont déchirements
quand j’écris le mot monde
c’est pour le transformer
Un poème me tente
Il m’est désir soudain de l’avenir des maux
Quand j’écris le poème
je ne sais vraiment rien de l’avenir des mots
mais l’homme que je suis affirme
qu’il vous parle à travers sa durée
je voudrais que mes mots puissent alors nous lier
et quand j’écris révolte
il faut que la révolte enfin se lève en nous
LE POEME ME TENTE
C’EST LA MA SOLITUDE
Quand j’écris le mot pain
il n’y a pas de pain sur la table au chômeur
Un silence violent creuse dans mes douleurs

Le voyage des mots ?
Sait-on où mène le voyage des mots ?
Vers quels lieux de la pensée ou de la sensibilité ?
Car les mots bousculent les noms eux-mêmes
Et évoquent les lieux vers lesquels les rêves s’élancent.
El les rêves n’ont pas besoin de mots pour exister,
ni de silence pour mourir,
ni de bruits
pour sourire aux quatre vents des sables.
Ils n’ont besoin que d’être chair.

Le cri ouvre la bouche
Le cri ouvre la bouche
et reste inaudible
en explosion d’étoile
Le cri parcourt les veines
bouillant tumultueux
en chutes d’eau secrètes
Le cri chauffe la tête
ébouillante les sens
et lance la rupture
Le cri est plus qu’un cri
un adieu à l’humain
le cri n’est plus un cri
le cri est une absence

Là-bas
Avant de boire l’eau
l’homme plein de silence
capture les photons
provenant du soleil
il les met dans son corps
recrache sa lumière
comme un torrent d’amour
au cœur de l’univers
et regardant le ciel
il se gratte la tête
en souriant de joie
aux étoiles cachées
en se disant tout bas
que cette eau dans cette gorge
coule peut-être aussi
dans un frère lointain

serbema


Extraits d'
Harmonie
de Gisèle Ory
Voici courts poèmes et autres pensées
du recueil de Gisèle Ory
illustré par les icônes peintes par l'auteure.

"Pourquoi exiger d’un autre
Ce qu’on ne peut obtenir soi-même"
Une pensée d’amour
donne beaucoup de joie
elle enrichit le jour
en lui parlant de toi
et je l’entends toujours
murmurer tout bas
qu’il faut garder la foi
et tout arrivera
Attendre
c’est nourrir l’espoir
qui berce les illusions
je n’ai plus rien à dire
que de venir à moi
ce qui est mérité

"La vérité est ce qui fait
sourire l’être quand
il est seul avec lui-même"
A se nourrir d’espoir
les illusions sont tristes
elles sombrent dans le doute
aux portes de l’oubli
et ne peuvent plus croire
aux promesses d’un soir
Le temps n’a ni poids ni mesure
il est toujours dans le présent
pour vous servir à chaque instant
ne l’accusez plus de ne pouvoir faire
ce que vous n’avez pas envie de faire
Poète d’un jour
qui rêve toujours
d’écrire la vie
des mots qui supplient
de tuer la haine
où la misère règne
où l’harmonie saigne
des larmes en peine

"L’art de penser
c’est respecter ce qui est"
L’étranger
Il ne vient de nulle part
n’appartient à personne
le ciel dans les yeux
le sourire lumineux
il s’adresse aux oiseaux
qui répondent aussitôt
ses lèvres sont chaudes
elles parlent d’amour
et chantent la vie
aux êtres chéris
son âme de foi
s’élève dans la joie
et son corps merveilleux
embrasse les cieux

bema

Extraits de
L’envol du Pipit farlouse
de An Pra
Voici quatre poèmes extraits
du recueil de An Pra avec des illustrations
et des photographies de l’auteure elle-même...
Une Chanson d’amour
Transi brûlant
Une simple chanson d’amour
On croit qu’on en fait le tour
Renaît de nos cendres
C’est si prévisible et on en redemande
On le quémande
On se donne de la belle et de la demoiselle
On est transi on est brûlant
D’amour
Et l’amour coule de source, sourd de soi
Sûr d’être pur
Et pourtant sans logique
Ce simple…
On le complique
Qui a cassé le mitigeur ?
On se brûle, on a mal
Et on pleure, et on râle
Avec lenteur, on se meurt
Mais ça prend combien d’heures
De renaître des erreurs ?
Transi brûlant
Sur les braises nos cendres
Ne me chante pas une chanson d’amour

Machinerie
Tous les sorciers n’auraient pu
Sur moi une telle machinerie
Et toi d’un sourire tu as su
Lancer en moi la grande mutinerie
Car les soldats les plus fidèles
Qui tous répondaient à mon appel
Contre ma défense se rebellent
Tu as forcé, ordonné, obtenu
…Mais qu’as-tu au juste voulu ?

Ballade pour un petit gars
Il a toute une armée de rayons
Roulant bon train sous ses talons
Mais il ne s’en veut pas capitaine
Car officiers sont tous croquemitaine
Et à suivre le rang on ne le prendra pas
Une fois pour toutes il a volé la clef des champs
Et peuvent bien courir après lui les méchants
Adroit pour trois celui qui le rattrapera
Lui sur sa bicyclette il n’en fait qu’à sa tête
Et elle est bien jolie sous ses cheveux en fête
Il a l’étoffe des vieux loups de mer
Mais il se préfère marin d’eau douce
Il n’est pas fier, le vent le pousse
Et sa course le conduit par hasard
Les sots diraient qu’il est bizarre
Il est parti, il a vu, il est revenu
Aucune île lointaine il les a toutes connues
Mais aucune de leurs chaînes ne l’a retenu
Il roule libre comme le grand océan
Il file à l’horizon car c’est là qu’il se rend
…
Et moi j’écrirais une ballade
Sur ce paladin des jardins trousseur de campanules
Qu’un jour j’ai rencontré, l’œil franc comme une bravade
Impudent coquin qui devant aucun ne recule
Chevalier des blés à qui on voudrait faire la guerre
Rien que pour demeurer doucement prisonnière
Ce gredin de campagne qui siffle dans les foins
Il est indépendant jusqu’au creux de tes mains
Passager clandestin que malgré soi on retient
Lorsqu’il se donnera il ne sera jamais tien
Il est comme ces animaux si beaux loin du village
Ceux qui lui ressemblent sont ainsi sauvages

Dans la vie
Dans la vie il faut
Mon petit
De l’amour, du sang et des spaghetti
Des spaghetti pour les filles brindilles
Du sang pour rouges les baisers
De l’amour pour en faire tout un monde
Des pâtes
Et de la sauce tomate

bema

Extraits de
Dansez maintenant tout l'été et dans la bise
de Marièva Sol
J'ai écrit ce recueil pour accompagner par les mots
mon exposition de DANSES (Dessins aux crayons bleu)
et PLOCs (Peintures aux encres de couleur)
à l'ESPACE ART GALLERY à Bruxelles en mai 2012
Voici trois poèmes qui en sont extraits:
Elle danse mon âme
Il danse mon rêve il danse
Sur les berges en lumière
Des torrents et des rivières
Où dans l’herbe je m’allonge
Pour me noyer dans un songe
Il danse mon cœur il danse
Sur les lèvres de l’aimé
Où il se penche affamé
De baisers et de tendresse
Au seuil d’une nuit d’ivresse
Elle danse ma joie elle danse
Sur les étoiles qui brillent
Dans un ciel feu qui fourmille
De célestes harmonies
Si proches de l’infini
Elle danse ma vie elle danse
Au fil bleu de mes destins
De famines en festins
Des fous rire de l’enfance
Au futur des jours de chance
Elle danse ma foi elle danse
De la crèche au Golgotha
De calvaires en piétas
Liant demain à hier
Par un ruban de prières.

Bastringue pour une biographie
Au bal de mon existence
J’ai dansé mes jours de chance
Et gigoté mes romances
Lorsque j’étais jeune fille
En agitant mes gambilles
Je partais en séguedille
J’ai appris sur un volcan
En brûlant et suffoquant
La gaillarde et le cancan
Dans les bras de la misère
J’ai fait trois tours à l’envers
Les pieds nus en plein hiver
Grâce à mon prince andalou
Un filou assez jaloux
Deux pirouettes avec un loup
Puis sans demander pardon
Quatre pas de rigodon
En prélude à l’abandon
Etant gourgandine
J’ai cherché pour la biguine
Une compagnie coquine
Au tango de la tendresse
J’ai tangué dans l’allégresse
Au rythme de tes caresses
Quand on se dira adieu
J’irai guincher dans les cieux
Avec les anges gracieux
Ce sera mon dernier bal
Enlacée au corps astral
D’un cavalier sidéral.

Quand Eole déchaîné tourbillonne
Bal
Brutal
Des vents fous
Qui tout à coup
Soufflent en tempête
Mugissent et répètent
Dans une danse macabre
Leur hurlement de mort et cabrent
L’arbre en une ronde furieuse
Vouent à une fin ignominieuse
Les gens emportés par ce quadrille impie
Malmenés comme des jouets et des toupies
Enfin rassasié le typhon s’éloigne
Et les champs dans leur nudité témoignent
De cette bacchanale vécue
Alors épuisé et vaincu
Le japon se relève
Contemple ses grèves
Et il cicatrise.
Douce une brise
Bien soumise
Fugace
Valse.

bema

Extraits de
Le bistrot des poèmes
de Benoit Dumont Gimenez
Voici trois poèmes extraits
du recueil de Benoit Dumont Gimenez
Les illustrations que vous découvrirez
dans cet article, présentes dans le recueil,
sont de Marièva Sol.
L'illustration de la Première de couverture
est de Jacques Ansan
Les yeux ouverts
Je suis de ceux qui rêvent les yeux ouverts
On admire mieux de la lune l’immense vert
De notre terre bleue comme une orange.
Je suis de ceux qui nagent avec les anges.
Pardon aux piétons à qui j’écrase les pieds,
La tête pleine d’eau, j’ai le réel tout empêtré
De sublime avec les embruns de l’océan
En pêcheur d’images, je m’assois sur un banc.
Un poulpe s’accroche aux éperons d’un maréchal
Crottés par des Perlons, anarchisme radical.
Les usagers, avec le mal de mer du matin,
Prennent le poisson-chat de la ligne Quatre-vingt.
A marée haute, il est bondé comme de coutume
Et le courant de vie brûle de mille écumes.
Je suis de ceux qui brassent les yeux ouverts
On admire mieux de la mer notre atmosphère.
Pardon aux poissons à qui j’écrase les nageoires
Dans ma tête en l’air, j’ai le réel aléatoire
Je sculpte mes visions en folie docile ;
En homme poète, je m’assois sur une île.
Sur le cheval d’airain du général Nivelle
Je galope d’éclats de gouache en aquarelle.
Les usagers, dans les nuages, prennent le métro,
Mer de tranquillité terminus Porte Maillot.
Même au septième ciel, il est bondé.
Je suis de ceux qui vivent les yeux fermés.
2011
Trois notes
Nos existences tiennent en trois notes.
La seule partition dont on est certain.
Le prologue, l’action d’être en chemin,
Le final qui vient après la tremblotte.
La première est la note de ta naissance.
Quel incréé s’est tant créé à l’infini ?
Combien d’aînés se sont aimés en donner vie
Pour que le rien permette ta présence ?
La seconde est la seule en lumière.
C’est une montagne russe de sentiments.
Le temps file et te pousse loin devant
Pendant que tu regardes trop derrière.
La note ultime vibre dans l’immortalité.
D’abord, fleurs et regrets éternels en couronnes.
Puis ta réalité ne sera que bout de génomes.
Tu deviendras maillon de la chaîne des aînés.
Un air n’exprimant qu’une anecdote…
Un tour et puis s’en vont les illusions.
Alors profite du son de l’accordéon.
Car, en fait, Ta vie tient sur une note.
2010

Ma Bardot
Comme chaque jour, je me noie
A la pression du taulier.
Ma bouche est pleine de renvois.
Je suis mal dans mes étriers.
La pluie accable Paris.
Dans mon bistrot, je crève la mort.
Fait gris dans mon quartier pourri.
Et le patron qui m’ignore…
Des fois, y a de la joie,
Dans le cul de mon verre.
Des fois, sérieux, j’y crois
A quitter, pour de bon, ma bière.
A savoir pourquoi je bois,
Depuis le temps que je picole,
Je connais plus l’histoire, je crois.
Je l’ai noyée dans mon formol.
Je rêve d’un p’tit boulot.
Un truc simple, un plan michto,
Mais pas de gonzesse, pas de mélo,
Vu qu’en amour, j’ai eu ma Bardot.
Les clients l’appelaient Lolo.
Un beau minois. Un cul d’enfer.
Avec un gros cœur d’artichaut
Et de tendres yeux verts.
Elle m’a voulu. Elle s’est plantée.
Je l’ai prise. J’ai abusé.
Un prince charmant n’a, jamais,
Une ardoise au troquet.
Mais quelle idée tordue, elle a eue
De vouloir sauver l’ivrogne.
Vu que pour jouer l’élu
Faut des trous dans les pognes.
Pourtant, au début, j’y ai cru,
Comme une pub à la téloche.
Mots d’amour et jolie bru…
M’a même flanqué d’un gosse.
Le hic, c’est qu’à chaque rue
Y a des bistrots qui s’accrochent
A ton pas d’homme résolu,
A tes promesses pleins les poches.
De la mousse à la goutte
C’est comme la clef du sésame,
Jusqu’au dernier pour la route !
Allons, femme, c’est pas un drame !
Pis faut dire que j’ai abusé,
A rentrer toujours rance.
Oh ! Qu’elle pleurait… qu’elle hurlait..
Je lui ai collé quelques danses.
Un jour, elle a tracé sa route
Avec le môme et ma fierté.
Accoudé au zinc, je me dégoûte.
C’est bonne raison d’écluser…
Des fois, je rêve d’un petit boulot.
Un truc simple, un plan michto.
Mais pas de gonzesse, pas de mélo,
Vu qu’en amour, j’ai eu ma Bardot.
2010

beasyma

La Ruche Des Arts
vous souhaite
Une année fraternelle
Et vive la fraternité!!!
Voici quelques propositions que nous vous invitons
à méditer avant de vous endormir:
L'éternité, l'Egalité et la liberté sont
des droits, la Fraternité est une obligation morale
Jacques Attali
J'ai rêvé d'un monde de soleil dans la fraternité
de mes frères aux yeux bleus.
Léopold Sédar Senghor
Une heure d'ascension dans les montagnes
fait d'un gredin et d'un saint deux créatures
à peu près semblables. La fatigue est le plus court
chemin vers l'égalité, vers la fraternité.
Et durant le sommeil s'ajoute la liberté.
Friedrich Nietzsche
La fraternité du malheur est
la fraternité la plus rapide.
josé marti
L'égoïsme et la haine ont seul une patrie,
la fraternité n'en a pas!!!
Alphonse de Lamartine
Qu'est-ce que la démocratie,
sinon la fraternité entre les hommes et les femmes
et une certaine affection
sororale entre les femmes
Agatha Christie
le vin apporte plaisanterie et fraternité,
le vin nous attire maints amis,
l'eau les fait partir.
Michel Mocherosch

Amis poètes
la Ruche des Arts,
ces jours de fêtes
vient sans retard
vous souhaiter...
oyez oyez,
au violoncelle...
...Joyeux Noël ?
Non, que nenni !
Joyeux poèmes
Tous bien finis
Qu'à tout vent sème
la hotte pleine
de tous nos dits
et mots écrits...
Le texte est de Sylvie Hérout
Le sapin poétique est de Sabine Kahsay Habtemichael
Sous l'étoile de Bethléem
Pour Bianca
Quand le soir est venu
Je regarde dans la rue
Je vois les fenêtres ornées
De beaux sujets sculptés
Dans du joli bois clair
Que les lampes éclairent
Sous l'étoile de Bethléem
Sages sont les animaux
L'âne gris et l'agneau
Veillent sur l'enfant divin
Jusqu'au petit matin
Quand le soir est venu
Je flâne dans les rues
Et sens l'odeur sucrée
Des bonnes amendes grillées
Des chauds beignets tout ronds
Des pommes, sur un bâton
Piquées, rouges et luisantes,
A la chair succulente.
Les enfants, étonnés,
Se mettent, haut, à rêver
Quand le soir est venu
J'observe dans les rues
La foule, à pas pressés,
Parcourir le marché
Ouvert pour la Noël
Dans sa parure toute belle
Sous l'étoile de Bethléem
Je sais aussi que toi
Attends pleine de joie
Que vienne, mystérieuse,
La fête merveilleuse.
Poème de Maryse Licette
– Dresde, décembre 2006
be
Extraits de
Âme vagabonde
de Maryse Licette
Voici trois poèmes extraits
du recueil de Maryse Licette
Photo (ci-dessus) de rosée du matin : David Desjardins
puis tableaux de Friedrich et Pissaro...
Rosée du Matin
Dresde, le 27 décembre 2010…
Rosée du matin
Gouttes d’eau en lente coulée
Sur le bord de l’oreiller
Bien doux rêves envolés
Est-ce du chagrin ?
Rosée du matin
Larmes délicatement versées
Par la nature réveillée
Que le soleil vient sécher
Petit, gros chagrin ?
Rosée du matin
Perles de cristal accrochées
Aux herbes et fleurs étonnées
Comme de fins colliers sculptés
Non, pas de chagrin…
Beauté argentée
Rosny-sous-bois, le 23 novembre 2008
Tableau : « Deux hommes regardant la lune » de Friedrich
Sous son voile tout étoilé
La ville s’est retirée
Dans un long silence pieux
Que parfois seul vient troubler
Un klaxon fort éhonté
Pour le repos bien mérité
Le vent s’est tout apaisé
Dans les grands arbres noueux
Même les chouettes se sont tues
Dans leurs beaux songes perdues
Soudain, le ciel de nuit, bleu,
Ouvre son rideau nuageux
Et dévoile boule argentée
Livrant alors à mes yeux
Joli faciès lumineux
Entre deux arbres suspendue,
Par d’invisibles bras tenue,
Sous ta voilette nébuleuse
Tu affiches sourire coquin
Sur ton visage mutin
De peur de te déranger
Aucune brise s’est levée
Pour poser de douces bises
Sur ta face toute tranquille
Eclairant, paisible, la ville
Je ne pouvais détacher,
A la fenêtre, médusée,
Hypnotisés, mes regards,
Car par une telle beauté
J’étais vraiment subjuguée !
Alors deux hommes seulement
Regardant le firmament
Manquaient pour que l’on se croie
Les spectateurs du mutisme
D’un grand peintre du Romantisme

Tendre Refuge
Rosny-sous-bois, octobre 2007…
D'aprés« Paysage à Chaponval » de Pissarro
Par une chaude journée
Aux empreintes de l’été
Comme il est dans mes habitudes
J’allais toute en béatitude…
Soudain au détour d’un sentier
Emerveillée, là, je te vis
Au fond de la vallée blotti
Tes maisonnettes sagement alignées
Leurs paupières délicatement fermées
Sous leurs coiffes, bleuets et coquelicots
Tranquille tu dormais petit hameau
Dans le calme serein enveloppé
Le soleil, ses rayons étalant
Tels des cheveux d’anges caressants,
Te faisait oublier les labeurs
Et te berçait de sa douce chaleur
Comme par une baguette magique touché
Au bord de tes songes tu reposais
Rien ne venait troubler ton sommeil
Non plus que la vieille femme en éveil
Là-haut, de nuages auréolées,
Seules deux silhouettes livraient leurs secrets
Près de ton arbre aux mille pensées
Attendri par l’animal broutant
Par une chaude journée
Aux empreintes de l’été
bealma

Extraits de
Le monde à ma fenêtre
de Cypora Herszhorn
Voici trois poèmes extraits
du recueil de Cypora Herszhorn
illustrés par les photographies de Ruth Sebagh
et de l'auteure elle-même.
Le regard de l’amour
Ton regard amoureux, épurant toute chose,
Tel un oiseau s’élance avant de se poser,
Sensuel et fervent, s’attacha à ma rose
Avec empressement, avant de l’effeuiller.
Et notre amour fut fort et jaloux…Mais si tendre,
Que mon corps s’enflamma sous le baiser fougueux
Que ta bouche m’offrit alors telle une offrande…
…J’en ai gardé le goût au-delà de l’adieu.
Si j’ai reçu ton cœur tout entier dans mon âme,
Un beau rêve d’enfant la tenait habitée
L’emplissant, doucement, d’un exquis vague à l’âme
Qui vint la tenailler jusqu’à la volupté !
Je le jure à présent qu’aucun être vivant
N’aurait pu séparer ni l’esprit, ni la chair !
Le fétu que j’étais aurait semé le vent,
Pourchassant l’importun jusqu’au bout de l’enfer
Petits moineaux
Petits moineaux, j’entends vos cris dans la forêt
Et dans les marigots aux milles frondaisons…
…Puis, le soleil décroît à la morte-saison
et la neige emmitoufle le dessous des haies.
A la saison jaspée, quand revient le printemps,
Que perce le Muguet, hulule le hibou,
Je me prends à rêver quand le paon fait la roue
Et qu’il s’offre à sa mie en beaux frémissements.
Voici venir le temps des pourpres de l’Automne
Et les feuilles se noient dans l’eau de mon bassin,
En me tournant le dos d’un mouvement hautain,
Le vent poursuit sa course en courses monotones.
Petits Moineaux des bois, que vos chants qui résonnent,
Que ce soit au Printemps, en été, en hiver,
Ne s’éteignent jamais, même si c’est l’Automne :
Vous êtes les gardiens du paradis stellaire !

Le festin de Phoebus
La langue du soleil s’enroule à mes paupières,
S’attarde sur mon front et mes lèvres salées
Et, glissant sur mes joues, telle une dentellière,
Rebrode mes atours d’un napperon doré.
Je la sens qui musarde au creux de mon épaule
Puis, en bébé gourmand sur mes seins dévêtus
S’appesantit, avide, autour d’une aréole
Pour téter, goulûment, un peu de lait. Repue,
La voici qui gravit mon ventre de satin
Et se fait languissante au galbe de ma cuisse
Pour se blottir, enfin, sur mes jambes d’errain
Et s’endormir aux pieds du jardin des délices.
Et mon corps tout entier se vêt couleur olive
Sur le sable doré, en se gorgeant du miel
Que bave, peu à peu, la langue du soleil
En laissant sur ma peau un peu de sa salive.

Extraits de
Recto-Verso
de Michèle Lassiaz-Chambon
Voici trois poèmes extraits du recueil de Michèle Lassiaz-Chambon
avec les illustrations de Seghir tamarzit et d'Alain Briantais.

Regards
Regards perdus, égarés
D'hommes seuls
Croisés dans les rues.
Regards abattus, épuisés
de S.D.F rencontrés.
Regards engloutis
des alcools de métro.
Regards pétillants
Des maternelles.
Regards aguicheurs
Des jeunes en goguettes.
Regards éblouis
De la mère offrant son sein
A son tout petit.
à Yanis
Tes yeux
Sont les étoiles de ma vie
Ton sourire
La lumière de mon coeur
Tes paroles
Le miel de ma pensée.

Place du Tertre
à Monique
Les derniers peintres
désertent la place du Tertre.
Poussées par un vent glacial
les feuilles jaunies virevoltent
autour des rares chevalets.
Au café, "Le clairon", deux manouches
grattent sur leurs guitares
des airs d'autrefois..
Les touristes attardés délaissent les lieux
engoncés dans la nuit
encore quelques accords mélancoliques
quelques lumières de bistrots
Et le silence s'installera
Pour quelques heures
Sous la houlette
du Sacré-Coeur
décembre 2006
bemo


Errances
d'Oguène
Voici six poèmes extraits du recueil d'Oguène
avec les illustrations de l'auteure elle-même:
Moissons 1
Nous moissonnons
L'herbe sous nos pieds
La pierre frissonne
Et l'amant de nos soirées
S'approche doucement
Au détour du chemin
Caressant nos épaules
Il vient se nicher
Au creux de nos reins
Jusqu'à ce que l'ombre
Nous saisisse
Nous enveloppe
Et de ses mains humides
Rafraichisse nos coeurs
Trop chauds
Des rayons de l'été

Moissons 2
Les formes moites de la terre
Glissent sous les haillons
de l'automne vieillissant
Moelleux
Nos pieds se crispent
Sur les noeuds serrés
De son corps durci
Nous pénétrons le vallon
De la loge des Chouans
Si nous sommes brigands
Nous sommes aussi ses amants
Comme le soleil est le nôtre
Chaque fois qu'il nous abreuve
Et nous dispense sa sève ardente
Moissons 3
Nous changeons de couleurs
Nous changeons de parfums
La terre se contracte
Son corps nous accueille
Incertains
En nattes tressées d'épis verts
Des branchages flottent
Et viennent nous effleurer
Nous sommes pionniers
Ensemble nous traversons
Le Kaléidoscope
De nos corps irradiés

Pourtant...
Temps de neige
Temps de pluie
Le vent accompagne
Notre peine
Pourtant l'espoir se mêle
A la bourrasque
Que devient notre vie
Au long des jours
Gris d'incertitude
Gris d'angoisse
Temps de neige
Temps de pluie
Nos émotions claquent
Et se déchirent
Feuilles perdues
Au pied du tronc blanchi
De notre destin meurtri
Temps de neige
Temps de pluie
Le vent accompagne
Notre peine
Pourtant l'espoir renaît
Dans la bourrasque
Qu'est devenue notre vie

Le Clown jongleur 1
Tes mains révélaient
Tes secrètes pensées
Indifférentes
Figées
Muettes
Passionnées
Chaudes
Vivantes
Vagues paisibles
Vagues enfiévrées
Vagues éclatées
Vagues dispersées
Elles m'ont ensorcelée
Le clown jongleur 2
Une légère écume
En vagues neigeuses
Roule et recouvre
Les branches colorées et nacrées
Des petites étoiles qui ourlent
Le coin de tes lèvres pourprées
Ton regard doré
Sur la partition secrète
De nos pensées
S'est posé
Ton corps puissant
Sous le tissus soyeux
De ton costume-jockey
Frémit
Ton abondante chevelure bouclée
Au rythme endiablé
Par tes gestes de jongleur
Imprimé
Bondit et danse
Les balles multicolores
Jaillissent
Messagères des illusions joyeuses
D'où notre enfance
De tant d'années d'adulte figé
Renaît
Libérée en un rire fugueur
Ondes éclatantes
L'air les sème
A tous vents
Déferlantes de perles
Sonores et ruisselantes

besymomo
“La Galite c’est une île minuscule, perdue en Méditerranée,
entre la Sardaigne et la Tunisie. C’est une île volcanique,
aride et sauvage. J’y suis né, j’y ai passé toute mon enfance.
C’est en souvenir de mon île que je m’appelle Pierre de la Galite,
comme une pierre de la Galite”

Pierre de la Galite a besoin de nous !
Pierre, notre ami, a 15 chansons toutes prêtes à être enregistrées.
Bon nombre de ses amis attendent avec impatience la sortie de
son nouvel album, pour être surpris une nouvelle fois par la beauté
de ses paroles, par sa douce voix aussi joyeuse que mélancolique,
par ses refrains oniriques que l’on se surprend à
chantonner toute la journée…
Oui, mais voilà… il y a comme une petite difficulté…
Mais laissons Pierre nous l’expliquer au travers des paroles
de l’une de ses nouvelles chansons :
J’ai besoin de pognon
J’en ai fait un’ chanson
Le boulot ne paye plus
Tout’ façon y’en a plus
Ceux qui en ont un peu
Ils le gardent pour eux
Ceux qui en ont beaucoup
Ne partagent pas c’est fou
Cherchez bien dans vos fouilles
Un’ petite pièce qui rouille
Un billet chiffonné
Est peut-être égaré
Cherchez bien dans vos poches
Un sourire de Gavroche
Un geste d’amitié
Un mot d’humanité...
Pierre a donc besoin de nous tous. Voici sa proposition :
"Un CD c’est 15 euros. Il suffit de me les envoyer et vous recevrez le CD dès sa sortie. Beaucoup d’artistes gèrent de cette manière la création d'un album. Je ne peux
que souscrire à cette nouvelle forme de mécénat. J'ai besoin de pognon et vous aimez mes chansons..."
... J’ai besoin de pognon
J’en ai fait un’ chanson
J’ai beaucoup travaillé
Je me suis fait virer
Ne changez rien pour moi
Gardez bien votre emploi
Je peux vous l’avouer
J’ai plus envie d’bosser
Cherchez bien dans vos fouilles
Un’ petite pièce qui rouille
Un billet chiffonné
Est peut-être égaré
Cherchez bien dans vos poches
Un sourire de Gavroche
Un geste d’amitié
Un mot d’humanité...
Si vous souhaitez aider Pierre, veuillez vous faire connaître sur notre adresse e-mail
Et nous lui transmettrons vos coordonnées. Nous espérons sincèrement qu’un élan d’amitié et de fraternité pourra nous permettre d’écouter encore et encore ses merveilleuses chansons.
A vot’ bon cœur, les aminches...

... J’ai besoin de pognon
J’en ai fait un’ chanson
Si j’m’en sors pas je meurs
Ou je me fais voleur
Vous ne s’rez pas gagnants
Ca coût’ra plus d’argent
Pour construire des prisons
Et payer les matons
Cherchez bien dans vos fouilles
Un’ petite pièce qui rouille
Un billet chiffonné
Est peut-être égaré
Cherchez bien dans vos poches
Un sourire de Gavroche
Un geste d’amitié
Un mot d’humanité
J’ai besoin de pognon
J’en ai fait un’ chanson
Chantez donc avec moi
Qui sait ça servira
Qu’un revers de fortune
Vous laisse nu sous la lune
Vous aurez l’occasion
De chanter ma chanson
Cherchez bien dans vos fouilles
Un’ petite pièce qui rouille
Un billet chiffonné
Est peut-être égaré
Cherchez bien dans vos poches
Un sourire de Gavroche
Un geste d’amitié
Un mot d’humanité
Cherchez-bien dans vos fouilles
Un’ petite pièce qui rouille
Un’ petite pièce
Paroles de Pierre de la Galite
bechmoalchr

Demain sera un autre jour
de Michèle Lassiaz Chambon
Voici trois poèmes extraits du recueil de Michèle,
avec les illustrations d’Anne de Constantin
Des petits riens
Petits bonheurs sans fin de rien
Une branche d’églantier
Sortie d'un fourré

Le sourire furtif d’un inconnu croisé
Le retour d’un ami longtemps éloigné
Jamais oublié
Les ronronnements d'un matou
Enfin retrouvé
Les senteurs du tilleul d’à côté
L’émoi d’une chanson toujours appréciée
Un déjeuner inattendu
Sur l’herbe fraîchement coupée
Une marche sous le crachin
D’une fin de journée
La découverte d’un ruisselet dans un pré
Une échappée de maternelle
Les accords cristallins
D’une harpe dans le métropolitain
La tétée d’un bébé dans un train
Merci pour ces multiples petits riens
remerciements à Yves
Je suis
Sac à rires
sac à pleurs
en alternance
je suis.
Dans le plein
ou dans le rien
dans l’abandon
ou dans la fusion
dans la présence
ou dans l’absence
je suis.
Dans l’intolérance
et dans la tolérance
j’alterne.
Dans les rêves
et dans la danse
je suis.
Dans l’humour
ou dans la nostalgie
dans la sagesse
ou dans l’extravagance
je suis...
Et dans l’amour
je voudrais être
toujours.

Couleurs
Des touches de couleurs serrées sur un trottoir
De la rue Montorgueuil
Des agglutinés bavant devant un saltimbanque
Des badauds déambulant fontaine des Innocents
Des croquants de la butte Montmartre
Des amerloques sur les Champs
Des mitrailleurs de la gâchette, parvis Notre-Dame
Des fanfares bruyantes rue de Buci
C’est ça Paris
Des traînards, rue des Lombards
Des fêtards, rue de Lappe
Des routiers vieillots à Montreuil
Des sans lendemains dans le métropolitain
Des noceurs aux Quatre Chemins
Des farceurs à Saint-Germain
C’est ça Paris
Des foules bigarrées des puces de Clignancourt
Des impromptus rue Saint-André des Arts
Des bourlingueurs fontaine Saint-Michel
Des hirsutes, des paumés, des faiseurs
Des harangueurs au forum Pompidou
C’est toujours ça Paris
Des bon chic, bon genre de la rue de Passy
Des africaines enrubannées, nattées
Vendant leur maïs cuit au marché, rue de Jean
Des boutiques d’étoffes chatoyantes de la Goutte d’Or
D’où s’échappent des djellabas
Des kyrielles de restaurants asiatiques
Grimpant rue de Belleville
Et des boutiques alléchantes
Aux odeurs d’Orient, passage Brady
C’est aussi ça Paris
L’église rustique, tranquille de Saint-Médard, rue Mouffetard
L’échappée de Saint-Eustache
Et l’humble Saint-Julien-le-Pauvre
L’indéfinissable Notre-Dame
L’insolite patisserie, basilique du Sacré-Coeur
L’élégante Sainte-Chapelle
La raffinée Saint-Séverin
Et la modeste église des Billettes
C’est encore Paris
Ceux qui vous bousculent sans vous voir
Ceux qui ne voient rien
Harassés par le train-train
Ceux qui frémissent de bonheur
A rêvasser sur la passerelle des Arts
Ceux qui s’avachissent sur les grilles des bouches de métro
Ceux qui boivent au goulot
Ceux qui n’ont plus rien
Que la désespérance, métro Rambuteau
Ceux qui sourient encore
Au bonheur de regarder les promeneurs
Jardin du Luxembourg
Et ça, c’est encore Paris
à Hervé
bemialmsy
Ruche des Arts

Traverses
de Valérie Bellet
Aprés vous avoir récemment fait découvrir l'univers poétique de notre amie Valérie Bellet, voici quelques textes et poèmes empruntés ici ou là dans son recueil "Traverses". Edité par notre collection associative "La collection du cercle des poètes du 18éme" cet ouvrage est illustré de trés belles photos de Brigitte Masalves.

Maux ments
Y a des moments
Ou c'est pas l'moment
Y a des moments
C'est l'moment
Mais y a pas l'espace
Pour vivre le moment
Et y a des moments
Y a l'espace
Mais c'est pas l'moment
Eh bien moi,
J'sens que c'est l'moment
Et même que j'ai l'espace
Pour vivre l'moment

Courant d'ére
Et moi je ris
La bouche grande ouverte
Je laisse passer l'air de mes envies
Et sur la planche de mon délire
Je mosaïque mon désir
Danse de lumiére
Sur mon corps éphémère
Qué Passa
Je suis assise sur un nuage qui va
J'ai froid aux pieds
Je perds le nord
Je suis déboussolée
J'ai des visions
Peut-être suis-je ensorcelée?
Le monde s'endort
Des femmes en haillons
Se mettent à chanter
A crier,
A danser
Le vent se lance dans les chapeaux des passants
Des têtes s'envolent
Une main boudeuse en plein boulevard
Une main qui hurle
Qu'elle n'a jamais tué
Qu'il nous faut pas tout croire
Je suis assise sur un nuage qui va
J'ai froid aux pieds
Je perds le nord
Je suis déboussolée
Pour se procurer "Traverses" de Valérie Bellet
besydi

C'était à Bethléem...
de Cypora Herszhorn-Sebagh
C'était Noël hier, une nuit merveilleuse
Où l'âme d'un enfant est venue scintiller
Et, dans le firmament, la lune était envieuse
Car une étoile d'or s'était mise à briller.
Si pure et si divine, aussi blanche que neige,
Que son tout premier cri escorté par le vent,
S'élevant tout là-haut en fugue et en arpèges,
Ecarquilla les cieux avec étonnement.
C'était à Bethléem dans le froid de décembre
Que, dans un lit de foin, deux pélerins transis,
Ne sachant où aller, se firent une chambre:
Il s'appelait Joseph et elle était Marie.
C'est alors, qu'au matin de cet instant magique,
Entre l'âne et le boeuf, se sont agenouillés
Des mages et des rois, des souverains celtiques,
Apportant des présents, des rubans, des colliers.
Et, depuis ce temps-là, chaque fin de décembre,
Sous la lune et l'étoile enfin réconciliées,
Sur un traîneau de bois chargé de jade et d'ambre,
C'est Noël qui revient dans ma cheminée.
Cypora Herszhorn-Sebagh
Extrait de "Le monde à ma fenêtre"
Edition "Collection du cercle des poètes du 18ème"
symo

Billet-poème de Bernard Philippon
A propos de La rue à l'en-[vert]
Octobre 2011
Le dimanche 18 Septembre, La Ruche des Arts a souhaité au travers de l'évènement "La Rue à l'en-[vert] faire naître une autre vision de l’espace public partagé, car il n’est, selon nous poètes citadins, de ville à dimension «humaine» sans poésie, ni sans écologie !
Aussi, nous avons proposé, autour d’une table accueillante, de permettre à tous les passants de s’asseoir quelques minutes afin de laisser leur esprit vagabonder dans un espace dédié à la poésie autour de thèmes intimement liés à la nature et à son respect.
Envisageant également de renouer avec la tradition populaire des chanteurs de rue, certains de nos membres ont chanté, ont déclamé et, même, fait chanter les passants.

Bernard Philippon fut celui qui fit devenir poète de simples passants.
Voici le billet-poème qu'il a écrit pour nous conter cette journée si particulière:
Ru(e)-che à l'en-[vert]
"Paris plage", pari sur Seine...
Tournons la page en courts poèmes :
Adieu voitures, vivent les vers,
Rue du Poteau : "Rue à l'en-[vert]!"
Vous Parisiens, vous Parisiennes,
Fils de butte, enfants de bohème,
Fêtons une rue sans voiture :
Retour de l'homme à la nature...
Ouvrez, ouvrez tous vos esprits
A quelques heures de bon temps pris...
Ouvrez, ouvrez tous vos logis
A quelques heures d'écologie.
La rue ce jour nous appartient !
Amis passants, soyez sereins:
Joie d'écrire vous tend la main ;
Nouveau dimanche en mieux... en bien !
Ici s'écrit la poésie
En beaux quatrains à l'improviste
Tirant au sort rîmes jolies,
Devenez tous écologistes !
Car le thème aussi est tiré
Parmi un choix parlant : "Nature",
Phénomène de société
Dans l'air du temps - Belle aventure !
Et c'est ainsi, bon an mal an,
Qu'une trentaine de passants
se sont laissé prendre au tournant :
Plaisir d'écrire, plaisir troublant !
Certains ont eu du mal,
- Bien peu d'entre eux a renoncé -
Disant "la fleur" ou "l'animal"
En des quatrains bien balancés.
Tous, ont paufinés leurs écrits
Et pris le temps de versifier.
- Vagabondages de l'esprit -
Leur poème, ils nous l'ont confié...
En voici reproduits ici
Quelques extraits à partager ;
Passants ravis les ont produits
Dans un moment de liberté...
***
Et vive la Rue à l'en-[vert] !
Un beau dimanche sans voiture,
Des vers en vert pour changer d'air
Et vivre ensemble l'écriture...
Billet-Poème de Bernard Philippon
Suite de cet article, Les quatrains de la Rue à l'en-[vert]
Où nous publions dix des plus beaux quatrains, selon Bernard, qui furent créés par les passants-poètes...
Où vous admirez, enfin, quelques uns de nos artistes sur la scéne de la Rue à l'en-[Vert]...
Un grand merci à Yves Picart qui, depuis plus d'un an maintenant, participe avantageusement aux activités de notre association.
Comme vous l'aurez remarqué à la parution de précédents articles, ses pensées brèves ainsi que ses haïkus contribuent à l'enrichissement poétique de notre blog.
Pour découvrir d'autres créations de notre ami, il suffit de cliquer sur les liens suivants:
Un Haïku d'Yves
Un nouvel haïku d'Yves Picart
Une création D'Yves Picart

Un autre haïku publié sur ce blog: Un Haïku d'Yves

Une création D'Yves Picart

AUFKLÄRUNG
de Sylvie Bourgouin
Les Lumières
Hymne de joie
Viva Liberta
Les Lumières
Magnificat
Or et blanches dames
Les Lumières
Coquilles Vénus
De la Raison Pure
Les Lumières
Candide Egalité
Esprit des Lois
Les Lumières
Panthéiste clarté
Des idéalismes
Les Lumières
Inondation des Pensées
Limon fertile des oreillers
Les Lumières
Soyeuses étoffes
Culte des pommes
Les Lumières
Verrous ouverts
Sur les arbres du Livre
Les Lumières
Contractuelles
Des confréries
Les Lumières
Voyage au centre
Des bassins
Les Lumières
Correspondances
Des travaux des chantiers
Les Lumières
Flamme claire
Des Grands Soirs
Les Lumières
Miroir des jaunes
Reflets des Temples
Les Lumières
Hégémonique journée
D’une Europe baisée.
Poème extrait de
LIBRES COURS
De Sylvie Bourgouin
poésie et guitare, 1995
édition Thierry Sajat, août 2009.
mochr
Ruche des Arts


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