ÂME VAGABONDE de Maryse LICETTE

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Le Jeudi 08 Mars,

 

Maryse Licette

 

a dédicacé son recueil

 

“Âme vagabonde” 

 

à la Librairie

 

 L’Eternel Retour

 

 

Maryse Licette est le dernier auteur publié dans notre collection associative
“Le cercle des poètes du 18ème”. C’est pour cela qu’elle fut l’invitée de la Librairie
“l’Eternel Retour”. Bon nombre d’amis et poètes, autour d’elle, ont participé
à cette séance de dédicace.

Mais laissons Alain Briantais évoquer cette formidable soirée.

 

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“ Il n’est pas nécessaire d’être nombreux pour passer un bon moment :
un souffle de poésie pleinement partagé et nous voilà hors du temps.

 

En ce jeudi 8 mars, à la librairie « L’Éternel Retour », nous fêtons
« Âme vagabonde » le recueil de Maryse Licette. Il est 19 heures et nous commençons par installer l’espace. Nous poussons avec soin les tables
envahies de livres, nous descendons les chaises de leur perchoir et les
disposons en arc de cercle. Les discussions stoppées dans leur longueur,
nous nous rendons libres d’écouter Maryse.

 

Avec un brin d’émotion, elle brosse son parcours entre la France et l’Allemagne, de Rosny-sous-bois à Dresde, et de Dresde à Rosny-sous-bois, puis, nous offre en premier « Ode provençale », l’un des poèmes qui témoigne de ses nombreux déplacements. Alain Pizerra poursuit de sa voix chaude et posée. L’assemblée est restreinte – il faut dire que certains de la Ruche répètent le même soir pour le Printemps des Poètes – mais très chaleureuse et, chacun notre tour, nous feuilletons le recueil, choisissant ci et là les poèmes qui nous charment. Noëlle, la seule amie de Maryse ayant pu se déplacer, boit chaque parole avec délectation. C’est bientôt son tour de lire un poème, ensuite celui de Michel, des Jardins d’Alice, véritablement fidèle à nos passages dans ce lieu. C’est vraiment chouette ! Le temps passe trop vite… La rime insiste et pour conclure Maryse déclame deux de ses poèmes, nous situant aussi leur genèse et leur contexte.

 

Un verre de rosé ou de jus de fruits, quelques gâteaux, des sourires sur tous les visages, les discussions reprennent avec ardeur, les chaises retournent dans leur perchoir, la table reprend sagement sa place. Des embrassades…
Nous voilà repartis...

 

... pleinement ravis mais pas complètement rassasiés ! ”

 

 

 

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Maryse Licette à son tour nous témoigne de son passage

 

 

“L’émotion, en effet comme le dit si bien Alain, et aussi le trac, un peu, m’habitaient en ce 8 mars, mais l’ambiance fut telle, d’emblée, que je me sentis tout à fait à l’aise pour parler de ce que j’écris, de ma vie partagée entre deux pays, deux cultures, de mon vagabondage dû peut-être au fait que je réunis en moi deux nationalités…

 

Comment aurait-il pu en être autrement, malgré l’absence de mon mari Edgar devant garder le lit, et de quelques amis empêchés ce soir-là pour diverses raisons. J’étais entourée de personnes vraiment charmantes qui, dans un décor sympathique, ont spontanément tourné les pages de ce premier recueil publié dans la Collection de la Ruche des Arts afin de « dénicher » le texte qui leur parlait le plus. Je tiens à les remercier chaleureusement  - et bien sûr à exprimer ma gratitude également aux deux Alain qui, l’un par sa belle préface, l’autre par sa conception graphique, ont contribué à cette publication réussie. Une soirée des plus délicieuses qui laissera dans ma mémoire un souvenir ineffaçable.”

  

 

Photos de Joseph Sibio et d’Oguène 

 

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Prochaine dédicace 

à l’Eternel Retour

pour le "Bistrot des poèmes"

de Benoit Gimenez,

le 31 Mai 

 

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Âme vagabonde

 

de  Maryse Licette

 

 

 

 

Poésie du quotidien où s’étire l’instant, où règne le sentiment et où pourtant vagabonde l’imaginaire. Celui de Cinq petits pêcheurs, celui pour le poète du rêve de son propre enterrement - peut être une nouvelle naissance; celui aussi de son armoire – dite de grand-mère - que Le buffet de Rimbaud n’aurait sans doute pas désavoué.

Nous voici chez Maryse Licette, poèmes en vers libres ou réguliers et autres poèmes en prose, proches parfois de la nouvelle.

 

Maryse nous fait voyager dans les couleurs douces de l’entre-deux, celles des mois d’automne tous célébrés ici dans plusieurs poèmes, celles du blanc de la première neige, autant que celles, vives, d’un été en grand soleil – pour l’Ode provençalel’Elbe ou Chaponval, en hommage à un tableau de Pissarro. Des tons plus froids claquent aussi pour évoquer les drames des inondations, ceux de l’enlèvement de proches, ou pour témoigner d’injustices politiques…

 

Polyglotte, Maryse Licette connaît le bonheur- et la brûlure- de lire Rilke, Lorca, et d’autres grands dans le texte original ; et on peut penser que sa poésie, palette d’images comme strates de sonorités, rimées ou non, en est marquée fortement.

 

Forêt-silhouette, cygne-Lohengrin… Chevauchée d’un Pégase nocturne accompagnant un très joli acrostiche à la lune, L’astre au fond d’argent de Nerval, tandis que les arbres parlent ou pleurent leurs corps déracinés dans un monde mutilé.

Les thèmes du romantisme allemand –ceux aussi du réalisme- la poète les affectionne ; ceux des rochers, ceux du peintre de Rügen : Friedrich, honoré dans tel ou tel poème. Suisse saxonne qui a pu susciter chez Maryse une vive prédilection pour la nature. Nature revisitée par des images de la mythologie, par la puissance des éléments -le murmure aussi des vagues-  et principalement par la montagne. Chère montagne ! Valeur symbole, de Thomas Mann à Rilke –Je suis peut être enfoui au sein des montagnes- ; montagne qui semble parler à la poète et, comme lui et elle indifférenciés, en dépit- ou à cause – de genres différents dans deux langues. Tout comme ce chat, tantôt soleil et tantôt lune, pour une autre équivalence poétique.

 

Panthéisme donc, dans une perception cosmique –Telle Une comète égarée (dédié à un ami proche), et dans une poésie du quotidien, pour des effusions sensibles, consensuelles sur Une habitante de la rue ou deux dégustant leur glace. Accents plus graves pour dire Tu aurais cent ans ou Trois ans, au départ de son père. Etonnante rencontre –et alternance- d’une poésie au thèmes convenus ou de circonstance et d’un lyrisme contenu pour l’Odyssée d’un songe, l’Insomnie, le Vertigo, rêves presque éveillés.

 

Maryse Licette chante l’enfance comme si la poésie naissait à l’aube; c’est le matin qu‘elle lit Guillaume Apollinaire, Lionel Ray et Philippe Jaccottet, en songeant peut-être à son père qui écrivait jusqu’à douze poèmes par jour.

 

Les racines viennent souvent dans l’inspiration de Maryse Licette avec le Chemin –chemin de vie, chemin musical en hommage au cantor de Leipzig. Espièglerie des notes Toutes de noir et blanc vêtues. Plume légère qui reprend son envol vers la voûte céleste, les couleurs de l’arc-en-ciel rapprochant les continents, les humains…Traduction et non périphrase !

 

De l’Ascension au Lundi de Pâques ou à la saison blanche : un aller à la découverte de l’Immensité, du Magnifique désert blanc. Evasion-Libération dans la nature, comme vérité des choses. Et le silence ouvre la porte de l’univers des songes.

 

Préface d’Alain Pizerra

(octobre 2011)

 

 

 

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Extraits de

Âme vagabonde 

 

de  Maryse Licette

 

  

Voici trois poèmes extraits

 du recueil de Maryse Licette
Photo (ci-dessus) de rosée du matin : David Desjardins

 puis tableaux de Friedrich et Pissaro...

 

 

 

Rosée du Matin

 

Dresde, le 27 décembre 2010…

 

Rosée du matin

Gouttes d’eau en lente coulée

Sur le bord de l’oreiller

Bien doux rêves envolés 

Est-ce du chagrin ?

 

Rosée du matin

Larmes délicatement versées

Par la nature réveillée

Que le soleil vient sécher

Petit, gros chagrin ?

 

Rosée du matin

Perles de cristal accrochées

Aux herbes et fleurs étonnées

Comme de fins colliers sculptés

Non, pas de chagrin…

 

 

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Beauté argentée 

 

Rosny-sous-bois, le 23 novembre 2008

Tableau : « Deux hommes regardant la lune » de Friedrich

 

 

Sous son voile tout étoilé

La ville s’est retirée

Dans un long silence pieux

Que parfois seul vient troubler

Un klaxon fort éhonté

 

Pour le repos bien mérité

Le vent s’est tout apaisé

Dans les grands arbres noueux

Même les chouettes se sont tues

Dans leurs beaux songes perdues

 

Soudain, le ciel de nuit, bleu,

Ouvre son rideau nuageux

Et dévoile boule argentée

Livrant alors à mes yeux

Joli faciès lumineux

 

Entre deux arbres suspendue,

Par d’invisibles bras tenue,

Sous ta voilette nébuleuse

  Tu affiches sourire coquin

Sur ton visage mutin

 

 De peur de te déranger

 Aucune brise s’est levée

Pour poser de douces bises

Sur ta face toute tranquille

Eclairant, paisible, la ville

 

Je ne pouvais détacher,

A la fenêtre, médusée,

Hypnotisés, mes regards,

Car par une telle beauté

J’étais vraiment subjuguée !

 

Alors deux hommes seulement

Regardant le firmament

Manquaient pour que l’on se croie

Les spectateurs du mutisme

D’un grand peintre du Romantisme

 

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Tendre Refuge

 

Rosny-sous-bois, octobre 2007…

 D'aprés« Paysage à Chaponval » de Pissarro

 

Par une chaude journée

Aux empreintes de l’été

Comme il est dans mes habitudes

J’allais toute en béatitude…

 

Soudain au détour d’un sentier

Emerveillée, là, je te vis

Au fond de la vallée blotti

Tes maisonnettes sagement alignées

Leurs paupières délicatement fermées

Sous leurs coiffes, bleuets et coquelicots

 

Tranquille tu dormais petit hameau

Dans le calme serein enveloppé

Le soleil, ses rayons étalant

Tels des cheveux d’anges caressants,

Te faisait oublier les labeurs

Et te berçait de sa douce chaleur

 

Comme par une baguette magique touché

Au bord de tes songes tu reposais

Rien ne venait troubler ton sommeil

Non plus que la vieille femme en éveil

Là-haut, de nuages auréolées,

Seules deux silhouettes livraient leurs secrets

 

Près de ton arbre aux mille pensées

Attendri par l’animal broutant

Par une chaude journée

Aux empreintes de l’été

 

Âme vagabonde 

 

 

Pour se procurer “ Traverses” :

laruchedesarts@hotmail.fr

 

bealma