Chaque poète choisit ses poèmes 03

Chaque Poète choisit dans PleinSens - N°03

Du  numéro 23 au numéro ... )

 

Dans cette rubrique les précédentes et les suivantes, chaque poète de la Ruche des Arts choisit lorsque c'est son tour 1, 2 ou3 poèmes parus dans 2 numéros de PleinSens; Pour avoir accès aux  premiers numéros, il faut faire défiler la liste et consulter au fur et à mesure, en remontant, les choix de chaque poète.

 

 

PleinSens n° 29

"L'absence"

 

 

 

Michele -“Pourquoi avoir choisi ce poème, Michèle Lassiaz ?"

 

 

Le numéro 29 sur l'absence est particulièrement réussi; d'excellents textes, d'où la difficulté de choisir entre Alain Briantais , Cypora Herszorn Boulanger, Pédro Vianna, Claude L'Eglise, Fabienne Schmitt, Colette Sauvanet, Ludovic Chaptal, Alain Pizerra, Maryse Licette, Sylvie Hérout... J'arrête, j'en choisis trois:

Pédro Vianna, ils arrivèrent ensemble, cette séparation, tout un chacun  l'a connue. J"aime chez Pédro son style simple;direct, il m'émeut et cette séparation se vit comme si c'était nous qui étions sur ce quai de gare

 

 

 Ils arrivèrent ensemble

 de  Pédro Vianna

 

 

 

 

Ils arrivent ensemble

ils sont deux à monter

leurs yeux cherchent la place

pour s'asseoir et parler

Quatre mains rangent

la seule petite valise.

le temps roule vite

engendrant le non-causé.

les portes claquent

les fers résonnent

la machine siffle.

leurs lèvres s'écartent.

Il est penché sur la quai

leurs temps se séparent

leurs doigts se touchent encore

il s'allonge sur le quai

il court le long du quai

il s'en va

il y demeure

"Monsieur,

le train est parti. "

il s'en fût

il y sera toujours 

"ça fait longtemps

cher monsieur. "

pour toujours il est parti

à jamais il reste là

"monsieur,

on ferme la gare."

Il a sa place couchée

Il est debout sur le quai

"Monsieur !"

à chaque moment du trajet

ils sont debout sur les quais

à chaque moment de leur vie

ils penseront au chemin

qu'un jour ils firent à deux

 

Pédro Vianna  DR

in " Probabilités"

 

 

Michele -“Pourquoi avoir choisi ce poème, Michèle Lassiaz ?"

 

Colette sauvanet, l'Absent :Son style très particulier, son humour à chaque fois m'étonne. Dans ce texte, la tendresse domine. Alors là je craque

 

L'Absent

de  Colette Sauvanet

 

 

Portrait..

 

 

Ouh Ouh Ouh Ouh houloule le hibou

coucou coucou blues le coucou

 

absent absent gémit l'enfant sans ses parents

 

à l'horizon,

zéro son,  zéro nom,

à la fenêtre, nul être

son coeur contraint

bat à moins vingt

l'enfant devient peau de chagrin

devant tant de rien

 

Mais un matin 

petit lutin

chérubin aux jolis jeux de mains

les bras chargés de coussins dorés

tu surgis à pas feutrés

 

une chiquenaude sur le bout de son nez

pirouettes, galipettes, et  pieds de nez

 

Aïe ! une dent !

 

Est-ce un parent ?

 

Et puis unjour ta voix voilée

en murmurant: mon adorée

tira un voile sur son passé

 

whaou ! whaou ! glousse le hibou

coucou ! coucou ! trisse le hibou

 

mais qué ? mais qué ? mais qu'est-ce que c'est ?

 

c'est lui et toi

main dans la main

ce n'est pas rien !

 

 

Colette Sauvanet DR

 

 

Michele -“Pourquoi avoir choisi ce poème, Michèle Lassiaz ?"

 

Ludovic Chaptal, La Chaise : Obssession de la chaise vide; c'est poignant cette répétition ce drame, ce rapt. Cela est d'autant plus poignant qu'il s'agit d'une histoire vraie.

 

 

La Chaise

de  Ludovic Chaptal

  

Portrait..

 

Le maître rejoint son bureau et les écoliers leurs pupitres,

Mais une chaise reste vide

Dix huit moins un donne dix sept,

Dix sept élèves sont venus, dx sept élèves sont présents,

Mais une chaise reste vide,

La date est écrite au tableau,

Un tableau qui en a vu d'autres depuis le temps qu'il est tableau,

Mais une chaise reste vide,

Les cahiers s'ouvrent aux leçons

Et se recouvrent de mots nouveaux et de ratures,

Mais une chaise reste vide,

Du premier rang jusqu'à ceylui des cancres

on écoute, on fait semblant,

Mais une chaise reste vide,

Et la fin du jour s'en viendra,

Et les vacances s'en viendront,

Pourtant dix sept n'est pas dix huit,

Et les avions volent bien bas,

Volent bien loin,

Volent des enfants

Volent des copains,

Pour qu'une chaise reste vide.

 

 

Ludovic Chaptal DR

 

 

 

 

PleinSens n° 28

"Le silence"

 

 

  -“Pourquoi avoir choisi ce poème, Fabienne Schmitt ?"

 

J'ai été séduite par" Sur les ailes du midi"de H. Thierry Missonnier. Son arbre de silence, cette invitation à la fraîcheur des Juins très légers est d'une grande délicatesse, comme un  souffle. j'y suis revenue plusieurs fois, le rendez-vous m'a conquise. 

 

 

 

Sur les ailes du midi

de  H.  Thierry Missonnier

 

 

 

Sur les ailes de midi

L'éternité propose un arbre

Alors le temps ruisselle

De juins très légers

 

En lambeaux de ciel

Odorants de vent

Au ras du sol

Aux lèvres de l'ombre

Tes nénuphars naviguent

 

Reviens ainsi

A la fraîcheur du silence

Les plaies du siècle

 

Se refermant

Sur toute mémoire

Et

Si le souvenir persiste

 

Du charbon qui interpelle

Le souci

Rejoins l'arbre là-bas

Qui dans le ciel sans soupçon

Te remettra

Au niveau de toi-même.

 

 

H. Thierry Missonnier  DR

 

 

  -“Pourquoi avoir choisi ce poème, Fabienne Schmitt ?"

 

 " Costa del Silencio"de Marie-Laure Vallée, m'a emportée par sa force poétique.

Ce texte court est puissant, très romantique, est très évocateur. Je me suis vue face

à la mer sur une plage déserte, quelque part, bercée par le seul chant des vagues.

Joli moment.

 

 

 

Costa del silencio

de  Marie-Laure Vallée

 

 

 

 

Rumeur incessante de ton chant Océan

Dont la mélancholie harcèle de noirs rochers

Que le dessein dans un caprice

A posé là.

 

Quel est donc ce désir

Que tu charries jusqu'au bout de la terre

Depuis la côte du silence

A la rencontredu vent ?

 

Eclectique Atlantique

Au voile de rage blanc

Que tu jettes en linceul

Comme un ultime message

Sur l'or du sable.

Puisses-tu sur le confluent des émois

Mettre le monde à bleu

Eperdument.

Depuis la Côte du Silence

Où s'élèvent tous les chants

A la rencontre du vent...

 

 

Marie-Laure Vallée DR

 

 

PleinSens n° 27

"L'étranger"

 

 

  -“Pourquoi avoir choisi ce poème, Fabienne Schmitt ?"

 

-J'ai beaucoup aimé " Etranger mon prochain "de Colette Sauvanet

 

Ce poème chante et me fait dodeliner de plaisir. il est tellement réaliste que j'enends le métro qui passe. Ces deux-là ,je les ai croisés souvent en attendant sur le quai...Dérision,

mais évasion, chanson d'un monde sans pitié qui est le nôtre.

 

 

 

Etranger, mon prochain

de  Colette Sauvanet

 

 

Portrait..

 

 

Un grand noir

De grosses lèvres

Un complet noir

Une carrure patibulaire

Un garde du corps

Qui dort

Sa tête dodeline

Comme dans une berline

Il fait dodo

Dans le métro

Dodelino

 

Un chicanos

privé d'besos

Les rouflaquettes

En goguette

Un p'tit poignard

dans le calebar

il dodeline

comme dans une berline

il fait dodo dans le métro

dodelino

 

leurs deux bustes accolés

à la bordure d'leurs bras d'acier

présentent un buste en son entier

qui se dodeline

comme dans une berline

qui fait dodo

dans le métro

dodelino dodelinid

 

collés l'un à l'autre

ils font dodo

dans le métro

dodelino

comme deux frères dans un même lit

dodelinid

au rythme ondulant du métro

dodelino

ils font dodo

dodelino dodelinid

 

 

Colette Sauvanet DR

 

PleinSens n°26

"Le Cirque"

 

 

  -“Pourquoi avoir choisi ce poème, Maryse Licette ?"

 

-Il suffit d’un chapiteau planté en pleine prairie pour que nous nous laissions emporter dans un monde féerique, onirique… Qui ne s’est pas vu imposant le respect dans la cage aux fauves ? Ou bien exécutant des sauts périlleux, « volant » au bout d’un trapèze ou encore marchant, tout là-haut, sur un fil, qui se balance ? Qui n’a pas ri aux larmes devant les clowns trébuchant, encaissant de sonores claques, aspergeant leur co-équipier avec l’eau sortant de leur chapeau ?

 

Que la vie, en cet instant, nous semble agréable, belle ; comme nous aimerions, alors, faire partie de ce monde ! Mais voilà, comme tous les rêves, le spectacle n’est pas éternel et au réveil, nous replongeons dans notre train-train quotidien…

 

Et nous disons : merci, les artistes, de nous avoir fait croire au paradis !

 

 

 

Hier !

de  Louise Emily

 

 

Portrait..

 

 

A l'écart de la commune

L'herbe dessine un rond pâle

Un grand rond d'herbe foulée

Tel un grand rond de sorciers

Que s'est-il passé ici ?

 

Le ciel est triste aujourd'hui

Hier tout n'était que lumière

Couleurs, musique et grands cris

Car le cirque était ici

 

Il nous a montré des fauves

Des cirques savants, des artistes :

Écuyères, jongleurs, dompteurs,

Des clowns et des trapézistes.

 

Pendant trois jours le village

Est sorti de son sommeil,

Comme un lion sort de sa cage

Et plus rien n'était pareil.

 

Mais c'est fini, les mirages

Maintenant sont évanouis.

Lumières, joie, rires et musiques

Ont disparu dans la nuit.

 

Le village, les visages, les enfants tout ébahis,

Gras ou maigres, vieux ou jeunes ,

Tout es t redevenu gris

Car le cirque est reparti.

 

Louise Emily DR

 

 

 

 

PleinSens n°25

"La Lettre"

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 010  -“Pourquoi avoir choisi ce poème, Cypora  Herszorn ?"

 

 -Ceux des poètes « connus » ont survécu à leurs auteurs, mais nous, les poètes « de l’ombre », nos poèmes nous survivront-ils ? « L’esprit survivra-t-il à la souillure des corps ? » ; une question que nous nous posons tous.

 

Je voudrais, pouvoir en laisser un -ultime- sur le marbre de ma dernière demeure : mon épitaphe…. Ainsi, peut-être, survivra « l’esprit »… mon esprit.

 

 

Lettres... et le néant !

de  Bernard Philippon

 

 

 

 

 

 

 

 

Mélanger des lettres pour façonner des mots

Et accoupler des mots pour accoucher des vers…

Et de l'être de sang aux encres de l'enfer

                            Écrire…

Ecrire des lettres : poèmes ex-votos !

 

Sous la radicelle des souvenirs si mous

Et la ridicule ombrelle du trop pesant,

Cycliquement je passe de vie à néant…

Que devient la mémoire avec la mort au bout ?

 

Ma toquante en poitrine bat sur mesuré

Mais mon souffle s'étiole au brasero du temps.

Il pleut sous mon cerveau des revenir d'antan ;

Mes pensées s'affolent des rêves murmurés…

 

Qu'importe donc le jour du sombre trou béant,

j'écris avec mon sang une plume à la main

Pour survivre au passé d'un jour sans lendemain

Et crier à la mort: »Allez!Viens ! Je t 'attends... »

 

Un jour de plus...mais pour combien de temps encore ?

                             Encore…

Ce temps qui nous conduit au grand saut dans le vide

Fait de la vie un jeu : d'échec et mat stupide !

L'esprit survivra-t-il à la souillure des corps ?

 

 

Bernard Philippon DR

 

 

 

 

Chr

 

 

PleinSens n°24

"Enfances"

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 010  -“Pourquoi avoir choisi ce poème, Bernard Philippon?"

 

 -Si je n’ai pas écouté des dizaines de fois cette si tendre et si belle chanson de Pierre de la Galite , c’est que je suis un grand menteur…

 

Mais je n’en suis pas un et la tendresse, la chaleur, l’amour, la pureté, la simplicité de ces mots si doux et si bien choisis me transportent à chaque écoute…

 

Rien qu’en le relisant, j’en ai des frissons dans le dos… Merci Pierre pour ce texte véritablement sublime qui de par sa simplicité et sa pure émotion tutoie tout bonnement la grâce…

 

 

Dis moi  Dis Papa

de  Pierre de la GALITE

 

 

 

 

 

Dis-moi dis papa
Pourquoi le ciel est bleu
Dis moi dis papa
Qui l’a rendu si bleu

 

C’est un petit garçon
Qui a perdu son ballon
Un gros ballon bleu
Qui est monté jusqu’aux cieux
Et voilà pourquoi depuis le ciel est bleu
Et voilà pourquoi depuis le ciel est bleu

 

Dis-moi dis papa
Pourquoi la neige est blanche
Dis moi dis papa
Qui l’a rendue si blanche

 

C’est une oie sauvage
Volant dans un nuage
Noyée dans la brume
A perdu une plume
Et voilà pourquoi depuis la neige est blanche
Et voilà pourquoi depuis la neige est blanche

 

Dis-moi dis papa
Pourquoi les fruits sont rouges
Dis-moi dis papa
Qui les a faits si rouges


C’est une femme enfant
En cueillant une mûre
Par une égratignure
Et une goutte de sang
Et voilà pourquoi depuis les fruits sont rouges
Et voilà pourquoi depuis les fruits sont rouges

 

Dis-moi dis papa
Pourquoi la nuit est noire
Dis-moi dis papa
Qui l’a rendue si noire

 

C’est monsieur le soleil
Qui a souvent sommeil
Quand il va faire dodo
Il tire ses rideaux
Et voilà pourquoi pourquoi la nuit est noire
Et voilà pourquoi pourquoi la nuit est noire

 

Dis-moi dis papa
Non c’est tout pour ce soir
Dis-moi dis papa
Je ne sais plus d’histoires

 

Elles étaient bien jolies
Tes histoires de couleurs
Raconte-moi aussi
Les oiseaux et les fleurs
On verra ça demain je vais y réfléchir
On verra ça demain il est temps de dormir...


 

Pierre de La Galite - Tous droits réservés 

Textes et musiques déposés à la SACEM

 

 

Chr

 

Videos dis moi dis Papa https://youtu.be/5puJHGRRKRw

La banquise blanche https://youtu.be/QsiJOypjqus

L'oiseau de passage  https://youtu.be/1s_FHdTTSm4

 

 

PleinSens n°23

"La rue"

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 010  -“Pourquoi avoir choisi ce poème, Bernard Philippon?"

 

- "La rue de Sabine… je la connais bien… j’y habite en pensée et en cœur…

C’est ma rue , c’est la tienne, c’est la vôtre… à nous les citadins…

 

Moi aussi, le Parigot, le p’tit titi montmartrois, le Poulbot, je sais bien ce que c’est d’avoir le cœur qui bat sous le bitume…

 

 

Mille ou une rue(s)

 

de  Sabine Kahsay-Habtemichael

 

 

 

Elle a les traits de ceux qui lui marchent dessus

Une fille aux cheveux longs, un vieux monsieur barbu

Et selon, on dit d'elle : Qu'est-ce qu'elle est devenue !

Elle n'était pas comme ça avant, nest-ce pas ma rue ?

 

Pourtant rien n'a changé : les pavés étendus

Résonnent des pas pressés d'étudiants chevelus

Tandis que les taxis, dans leur course éperdue

Frôlent des demoiselles dont les jupes montent aux nues

 

Sur les trottoirs se croisent tout type d'individus

Des joufflus, des poilus, même quelques farfelus

Des qui ont bu, des tout gentils comme des bourrus

De toute l'humanité c'est un bel aperçu

 

On remonte, on descend, on traverse la rue

Mais dans son sein de brique on n'est jamais perdu

Car il y a toujours au coin un PMU

D'où l'on sait nous guider vers un endroit connu

 

Tantôt festive, tantôt cruelle, elle enchante ou elle tue

Lieu de mystère, lieu de misère, de j'en-peux-plus

Où des hommes ont parlé, où d'autres se sont tus

C'est en tout cas un lieu où les hommes ont vécu

 

Moi j'habite une rue étroite et biscornue

Partie à gauche ,à droite,sur ses pas revenue

Dans l'encre du goudron elle a trempé sa plume

Et dessiné son coeur qui bat sous le bitume

 

 

Sabine Kahsay Habtemichael  2012 DR

 

 

 

chr

 

 

 

 

PleinSens n°23

"La rue"

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 010  -“Pourquoi avoir choisi ce poème, Bernard Philippon?"

 

- " Enfant, avec mon arrière-grand-mère maternelle, j’allais les jeudis soirs faire les cageots aux Halles à la fin du Marché et ma grand-mère achetait son persil aux marchandes de quatre-saison tandis que vitriers et chanteurs des rues égayaient les trottoirs…

D’autre part, le manifestant des rues parisiennes que je suis a été très sensible à l’évocation des pavés de 68 et du fait qu’il n’y en a plus maintenant…Joli clin d’œil et belle pensée…

Je suis très sensible à cette évocation du temps passé, souvenirs d’enfance, d’images belles, de parfums et d’odeurs… qui me rappellent mon enfance

Merci à Louise Emily pour cette magnifique évocation si tendre, si sensible et si poétique ! "

 

 

 

 

Ma Rue

  

  de  Louise Emily

 

 

 

Portrait..

 

Dans les rues de mon enfance, il y avait des pavés

Le matin, quand le laitier partait pour sa tournée, on entendait claquer

les sabots des chevaux.

Plus tard les roues des voiturettes des marchandes de quatre saisons.

Le jeudi, les patins à roulettes des gamins.

On entendait surtout les cris des marchandes:

 

  • "Persil, cerfeuil, deux francs",
  • "Allons -y le ménagères ! y- en aura pas pour tout le monde",
  • "Elle est belle, elle est belle, elle est belle ma laitue ! ".

 

Le bruit des moteurs des voitures, des camions, ne masquait pas encore

sans répit les voix humaines.

 

Dans mon faubourg passaient des vitriers, des repasseurs de couteaux

et ciseaux, des marchands de ferraille. Ils entraient dans les cours pour

se faire entendre. Quelquefois, une matelassière s'y installait:

en quelques heures avec sa petite balancelle à carder la laine, elle refaisait

votre matelas.

Le long des boulevards, les gens pouvaient se reposer sur les bancs de bois

peints en vert.

Les clochards y dormaient à l'ombre des platanes.

Le plus beau, c'était les chanteurs et les musiciens ambulants qu'on

récompensait d'une petite pièce.

 

Maintenant le bruit des bagnoles a tout recouvert:

  • On n' entend plus les gens
  • On n' entend plus les marchands
  • D'ailleurs, il n'y a plus de marchand' d' quat' saisons
  • Il n'y a plus de saisons
  • Il n'y a plus de sabots, il n'y a plus de chevaux
  • Il n'y a plus de bancs de bois pour se reposer
  • Il n'y a plus de bois

 

Et surtout: IL N'Y A PLUS DE PAVÉS.

C'était pourtant utile quand on manifestait

Patience ! on trouvera bien quelque chose ...

 

Louise Emily Janvier 2012 

 

 

chr

Michele -“Pourquoi avoir choisi ce poème, Michèle Lassiaz ?"

 

Colette sauvanet, l'Absent :Son style très particulier, son humour à chaque fois m'étonne. Dans ce texte, la tendresse domine. Alors là je craque

 

L'Absent

de  Colette Sauvanet

 

 

Portrait..

 

 

Ouh Ouh Ouh Ouh houloule le hibou

coucou coucou blues le coucou

 

absent absent gémit l'enfant sans ses parents

 

à l'horizon,

zéro son,  zéro nom,

à la fenêtre, nul être

son coeur contraint

bat à moins vingt

l'enfant devient peau de chagrin

devant tant de rien

 

Mais un matin 

petit lutin

chérubin aux jolis jeux de mains

les bras chargés de coussins dorés

tu surgis à pas feutrés

 

une chiquenaude sur le bout de son nez

pirouettes, galipettes, et  pieds de nez

 

Aïe ! une dent !

 

Est-ce un parent ?

 

Et puis unjour ta voix voilée

en murmurant: mon adorée

tira un voile sur son passé

 

whaou ! whaou ! glousse le hibou

coucou ! coucou ! trisse le hibou

 

mais qué ? mais qué ? mais qu'est-ce que c'est ?

 

c'est lui et toi

main dans la main

ce n'est pas rien !

 

 

Colette Sauvanet DR