Vive l'été 2015 !

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »
La Fontaine-Le Lièvre et la tortue-
-
«Il y a des moments où tout vous réussit.
il ne faut pas s'effrayer: ça passe. »
Jules Renard-Journal(30 Oct.
1908)-
-

Magnifique Désert Blanc
de Maryse Licette
Le soleil caresse timidement
La nature qui s’éveille
Et fait scintiller
Sa parure blanche, immaculée
Les arbres se sont parés
D’une fine dentelle parsemée
De cristaux miroitants
Un silence religieux s’étend
Sur cette frileuse matinée
Seul le jappement
Des chiens impatients
Dérange le sommeil
Un couple de corneilles
Sur les branches attend
Tandis que se drapent les pies
Dans leur robe jolie
Le vent glacial est chargé
D’échos de voix enchantées
L’appel de l’inconnu retentit...
Alors le départ est donné
Le traîneau glisse sans bruit
Sur le long chemin bordé
D’un feston couleur chantilly
Hommes et bêtes répondent
À l’invite du désert blanc
Dans leur course accompagnés
Par les oiseaux qui frôlent
L’air libre revigorant
Tous se laissent griser
Par la vitesse se décuplant
Leur seul désir : ne pas déchirer
La pureté de l’immensité
Qu’ils veulent découvrir enfin
Et la course folle se poursuit
Vite, vite, toujours plus vite
Loin, loin, encore plus loin...
Bientôt l’attelage se perd dans
La vastitude l’éblouissant
Mû par un indicible sentiment
De véritable liberté
Qu’y a-t-il dans cet infini
Quelles forces surnaturelles y
Vivent, à nos regards dissimulées ?
Dévoileront-elles leurs secrets
Jusqu’ici vraiment bien gardés ?
Et le traîneau sa course poursuit
Vite, vite, toujours plus vite
Loin, loin, encore plus loin
A la découverte de l’immensité
Du magnifique désert blanc...
Maryse Licette "in Ame vagabonde" DR

« Un fleuve descend toujours d'amont en aval; s'il fait le contraire, c'est qu'il s'est trompé. »
Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou
des Écoliers-
-
« Un homme parti de rien pour ne pas arriver à grand chose n'a de merci à dire à personne. »
Pierre Dac-Pensées et maximes-
-

Toi, Petit Chameau
de Christian Lafont
Bien content de t'avoir trouvée
Alors que, morts de soif,
Nous errions dans ce désert
Sans même une goutte de vin
pour nous abreuver ; sauf erreur,
A boire, à boire ! criions-nous tous en cœur !
Lorsque tu survins,
toi "Petit Chameau"
native de Copenhague,
femme du patron de bistrot
situé en face du terrain vague
Qu'après le travail de chantier,
-dur labeur, qui nous assoiffe-
Nous appelions « le désert »
Christian Lafont DR 2015

« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »
Pierre Desproges -Réquisitoire
du Tribunal des Flagrands délires-
-
« Les portes de l'avenir sont ouvertes à ceux
qui savent les pousser. »
Coluche-Revue de Presse= (1980)
-

Le Désert du Colorado
d'Anne-Marie Lama
Du rouge, de l’ocre, du jaune, des gris,
Des profonds sillons, des strates qui ondulent,
Une route droite inconnue qu'on suit
A travers ces montagnes, ces rocs, ces dunes.
Je vous parle d'un désert
Qui encore me laisse au cœur
Un vivant souvenir de Terres
Aux incroyables et divines couleurs.
Comme dans un film des vieilles Amériques
Je vois l'air qui tremble, magique,
Sous la brume dorée de la lumière,
Le vent sec et pur soulève la poussière,
Poudre blanche ou rouge
Qui tourbillonne.
Le Silence, le grand Silence!
Et devant soi
Le paysage qui se transforme,
S’embellit, se colore
Et m’émerveille tant que je suis ébahie.
Je voudrais retenir cette beauté
Qui s'enfuit à mesure que l'on avance.
Que faire ?
Que dire ?
Rien !
Le silence en soi !
L'émerveillement !
Le désespoir !
Anne-Marie Lama DR 2015

« Mon unique espérance est dans mon désespoir. »
Jean Racine -Bajazet-
-
« Un mineur est un enfant qui n'a pas encore
le droit d'avoir dix huit ans. »
Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou
des Écoliers-
-

Rappeler encore et toujours
de Pedro Vianna
Pour Ezilda, ma mère
vent et sable s’assemblent
pour permettre au désert
de s’épanouir en océan de feu
In Désirs et réalités
Une douleur si profonde
que nul ne s’en aperçoit
vrille le cœur s’empare du cerveau
et transforme l’homme en désert calciné
In Désirs et réalités
rappeler encore et toujours
qu’après les somptueuses déceptions
on viendra martialement claironner
que c’est fort triste
on viendra magnanimement seriner
une petite larme faisant trembloter
la voix de son maître
que c’est plus que dommage
mais que la nature humaine
est ainsi faite
qu’elle soit le fait
de dieu du diable du singe
du destin du hasard du karma
ou d’un autre blabla
et que de fait
c’est un fait accompli
que rien n’y fait
que donc
il n’y a rien à faire
sauf laisser faire
ceux qui savent y faire
si fait si fait
le veau sera bœuf car la nature bovine…
le goret est un porc car la nature porcine…
la grenouille fut têtard car la nature entêtée…
la larve devient papillon car la nature papillonne…
mais non mais non mais non
il faut
au contraire
rappeler encore et toujours
que l’homme devient homme parce que la nature humaine
n’est point
parce que l’homme pense
et donc il est
à chaque instant différent
dans sa nature pensante
mouvante
comme les sables du désert
le désert de sable
pas le désert mental
Pedro Vianna DR
Extrait de La place du pauvre

« Je l'ai trop aimé pour ne point le haïr. »
Jean Racine -Andromaque-
-
« Si je la haïssais, je ne la fuirais pas. »
Jean Racine -Phedre-
« Je suis dans l'indécision comme d'autres
dans les affaires. »
Pierre Daninos -Sonia, les
autres et moi (1952)-

Double Acrostiche
au désert des sables
de Ysia Mariéva
Dans un passé lointain enfoui dans les sableS
Emerveillant plus d’un s’aperçut un cocA
Surgi de nulle part derrière un baobaB
Ecarquillant mes yeux je n’en crus pas BabeL
Récitant cohérent en une langue mêléE
Tous les secrets cachés de ces temps reculéS
Désert, qu’il soit de sel, de pierres ou de sableS
Encore comme chaque fois ma surprise posA
Sur son infinité son regard en nabaB
Envolée touristique au-dessus du SaheL
Reconnaissant les grains de tout le temps passE
Tous se sont posés là en façonnant les duneS
Ysia MARIEVA " Plume d’Encre" DR 2015

« Ne possédant pas de pétrole, la France
est obligée d'en extraire de son sous-sol. »
Jérôme Duhamel -Le Dico tout
fou des Écoliers-
-
« L'art ne fait que des vers, le coeur seul est poète. »
André Chénier -

Entre Thau et Méditerranée
de Ludovic Chaptal
Le vent revenait à la charge,
Sous un ciel d’azur et d’hiver,
Je marchais le long d’un désert
D’à peine dix mètres de large.
Des milliards, presqu’un infini,
Combien faut-il de grains de sable
Pour qu’un désert soit acceptable ?
Pour qu’en désert, il soit admis ?
La mer roulait sur le rivage,
Le Mont Saint Clair, à l’horizon,
Venait réveiller ma raison,
Je marchais vers un doux mirage…
Ludovic Chaptal DR 2015

« Si l'argent ne fait pas le bonheur... Rendez-le ! . »
Jules Renard -Journal-
-
« L'avenir est un lieu commode pour y mettre des songes. »
Anatole France -Les opinions de
Jérôme Coignard-

Plus Dodo
de Michèle Lassiaz
Plus métro, plus boulot, plus dodo
Fini la foule qui vous écrase, vous compresse
Matin et soir dans les métros et RER
Bonjour le nouveau stress
Et son défilé de sévices
Maintenant c’est le désert économique
Suivi de près du désert affectif
Mari parti,
Seule dans mon lit
Tout est fini
Désert.
Michèle Lassiaz DR 2015

« Un dictionnaire est toujours très lourd,
à cause du poids des mots . »
Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou
des Écoliers-
-
« Si je suis chasseur ? Mais oui... Je fais
la chasse aux papillons. »
Alphonse Allais (1854-1905)

DÉSERTS
de Bernard Philippon
Déserts brûlants de mort où la vie reste enfouie,
Ergs à l’infini, regs inhospitaliers,
Sous la chaleur des jours et la froideur des nuits
Est-il de vos enfants ce brave chamelier ?
Regardez bien cet homme qui brave vos enfers
Toute une vie errant, pas de sable, pas de pierre,
Sombre éléphant perdu qui marche au cimetière…
Bernard Philippon DR 2015

« Je me presse de rire de tout, de peur
d'être obligé d'en pleurer . »
Beaumarchais -Le Barbier de Séville-
-
« Qui perd ses dettes s'enrichit. »
Balzac -Proverbes-

Il n’a ni dieu ni maître, vide de tout, et plein de riens.
Seigneur imprévisible et cruel des terres arides, son domaine
S’étire à l’infini.
Il n’a ni commencement, ni fin; il est sans issue…
Lui seul décide qui va survivre.
La vie croise la mort au gré des caravanes du temps, de dune
En dune, de monticules en vallons perpétuels…
Lianes du désert
de Fabienne Schmitt
Un enfant aux yeux immenses
Contre son dos se balance
Accroché dans du tissu
Aux couleurs de sa tribu.
Sa taille est beaucoup trop fine
Son port, d’une Reine digne
La femme liane marche
Et va marcher sans relâche…
Ses bracelets d’étain tintent
Au bas des ses jambes peintes
A chaque fois qu’elle avance
Ses anneaux d’oreilles dansent.
La femme au long cou se plie
Et se penche vers le puits
Sur sa tête fièrement
Elle dépose un récipient.
Dedans, le précieux nectar
Qu’elle transporte dans la jarre.
Lionne ou farouche gazelle
Elle est lasse, mais si belle !
C’est depuis la nuit des temps
Pour que vivent leurs enfants
Que les femmes du désert
Luttent contre leur misère.
Sous leur peau saillent les os
Mais sous le soleil trop chaud
Elles chantent pour trouver l’eau
Comme le faisaient leurs mères plus tôt.
Quelquefois le vent se lève
Et le sable se soulève
Sous les dunes, vagues blondes
C’est la tempête qui gronde.
Le dieu de la pluie s’éveille
Et sort d’un trop long sommeil
Alors la femme sourit
On va danser cette nuit…
Dans le silence des sables
S’écrit toujours cette fable
Et sous le soleil brûlant
Le combat est permanent.
Dans de lointaines contrées
Sur des terres desséchées
D’autres femmes vont marcher
A jamais… pour l’éternité…
Fabienne Schmitt DR 2015

« Une erreur peut devenir exacte, selon que
celui qui l'a commise s'est trompé ou non . »
Pierre Dac -Pensées et maximes-
-
« Impossible de vous dire mon âge,
il change tout le temps. »
Alphonse Allais

VIDE
de Jacques Ansan
Au désert où je fuis pour vider ma cervelle
des maux de société aux odeurs de poubelles
le sentier a l’air traître et l’arbre a l’air méchant.
Et la chèvre qui broute, pas une herbe, pas un champ
Entre les grès lépreux trouve à peine du chiendent
Tant la ravine est fauve et tant le sable gèle.
L’air rare à odeur de fumée manque aux oiseaux perdus
Les épineux gercés craquent comme le granit fendu
On distingue des tours sur l’épine dorsale
D’un mont lointain, mirage d’une ville colossale
Où les hommes enferment leurs trésors, inutiles coffres forts
On pressent leur solitude, leurs croyances et leurs morts
Partout où Dieu met le roc, le sable et la caillasse
S’accumule la misère, les trafics et la populace
Du haut des sémaphores d’autres pointent leurs armes
Quant à la solitude, ils y ajoutent la mort sans âme
Le supermarché trône au milieu des voitures
enlisées dans le sable mou, vidées de toute nourriture.
Chacun est là pour sa communauté ignorant l’autre,
méprisant son Dieu, ses croyances, ses apôtres
refusant la mémoire, l’histoire, les ancêtres et les autres.
Et tout semble emporté par l’immense vent de sable
radios, théâtres, musées, tornades innombrables
Chavirent TOUT dont personne ne sortira vivant.
Jacques Ansan DR 2015

« Rien n'est plus semblable à l'identique
que ce qui est pareil à la même chose. »
Pierre Dac -Pensées-
-
« En France, il y a des gens qui ont des accents
juste pour faire rire les parisiens. »
Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou
des Écoliers-

Le sable en pluie de feu
d' Oguène
Dans le désert
L'or noir continue de brûler
Le sable jonché
De millions de cellules d'humanité
Mêlées et ensanglantées
Ne recouvre plus
Qu'affrontements fous et désespérés
Enfants-soldats manipulés
Kamikazes fanatisés
Et sous les grenades explosées
La vaste aridité
Devient hurlements
Larmes et colère
L'or noir continue de brûler
Le sable en pluie de feu
Recouvre le monde damné
De notre planète embrasée
Malgré ces guerres effrénées
Au loin bigarrée
Vautrée bronzée
Inondée de soleil
Une foule baigne
Dans la lumière
Léchée par les vagues
D'un océan apaisé
N'étaient-ce que
Mirages
A nos yeux aveuglés
Par une société
Caractérisée
Par son avidité?
Oguène in "Errances" DR 2015

« L'Abbé ne fait pas le moine. »
Balzac -Proverbes-
-
« Avec son air de rien, il est bon à tout. »
Jules Renard -Journal-

Une belle poire !
d'Alain Briantais
Pour lui, l’espoir était… Une poire !
Une belle poire !
Une juteuse et délicate pépée qu’il fallait bichonner
Bien ronde, bien ferme et bien fruitée…
Qu’il fallait partager
À quoi ça sert l’espoir s’il n’est pas partagé ?
Pour en profiter toute la vie, il l’accrocha à Bijou…
Oui !… Euh !… Il a donné des noms à tous ses arbres fruitiers
Jovial, Bancal, Tordu, Simplet et Bijou
Comme les sept nains, sauf que lui n’a que cinq poiriers.
Voilà donc Bijou avec une bouteille autour du cou…
Du bras… Euh !… Du doigt… ?
Une grosse bouteille !
Et pas accrochée n’importe comment… !
Bien inclinée et bien orientée pour pas que l’espoir pourrisse
avec les désagréables giclées de mars et parfois de mai
Vous allez m’ dire :
« À quoi ça sert de mettre l’espoir en bouteilles ? »
Ah ! Ah ben oui ! C’est vrai ça !…
En tout cas, il a accroché cette bouteille
Sous la bonne lune…
Et à une efflorescence de Bijou qu’il avait bien repérée.
Le soleil, généreux, bavard et curieux a fait le reste.
Mon Dieu ! Qu’elle était belle et joufflue cette poire
Dans son palais de verre.
Après, Gustave… Car il s’appelle Gustave,
À versé dans sa bouteille la meilleure eau-de-vie de la région,
Un pur nectar !
Et il a mis l’espoir à la cave.
Vous allez m’ dire :
« À quoi ça sert de mettre l’espoir à la cave, là où il fait noir ? »
Ah ! Ben oui ! Ben oui ! Ça c’est vrai aussi !
Quoique… Quoique… Dans le noir, on a parfois besoin d’une poire
Euh ! d’espoir !
L’espoir est resté trois ans à la cave.
Gustave y dit toujours qu’y faut prendre son temps.
Quand il sortit la bouteille, il avait la larme à l’œil,
Mon Dieu, qu’elle était belle cette bouteille
Avec son trésor au milieu !
Et quelle couleur !
Dans les mois qui ont suivi,
Tous les habitants du village sont venus chez Gustave,
Le facteur en premier,
Puis la fleuriste et la boulangère
Et les enfants du fossoyeur, qu’avaient même pas dix ans, ou pas beaucoup plus…
Comme ça marchait vraiment bien,
Gustave a multiplié les bouteilles et… Il a acheté un verger proche de chez lui.
Il a encore nommé tous ces nouveaux arbres…
Curieux, Feignant, Grincheux, Ministre
Il avait dû trop boire ce jour-là, ou même ironiser sur…
Ensuite, on est venu de partout
Et de très loin même…
Gustave n’envoyait rien par la poste
Il disait : « L’espoir, y faut v’nir le chercher… À domicile »
Voilà !
Gustave a fait fortune
Mais… Fortune de cœur et de rencontres !
Vous allez m’ dire :
« Et les pépins ? Les pépins dans la poire ?
Ah ! Ah ben oui ! Ben oui !
Gustave y disait : « les pépins ! Ah les pépins !
On a tous des pépins dans la vie,
mais avec l’eau-de-vie, y sont plus mous, beaucoup plus mous ! »
Allez un p’tit coup !
Un p’tit coup après cette mauvaise nouvelle
Un p’tit coup pour remonter la pente
Y’a pas d’mal à s’faire du bien !
Alain Briantais DR 2015

« Même pour son bien,je ne veux obliger personne
à me considérer comme son auteur favori. »
Bernard Shaw ( 1856-1950)
« L'Avenir, c'est du passé en préparation. »
Pierre Dac -Pensées-(1896-1975 )

Mirage déraison
de Zaïa Evain
Seul, tout seul, avec son ombre
Il marche forcé dans son désert
Pied contre pied, sans dire un mot
Sans ajouter un grain de sable
Au décousu de l’univers
Il est voûté, portant sa peine
Comme est lourd le fracas du monde
Ses cris ne trouvent pas d’écho
Les larmes coulent, mais point d’eau
Et le soleil cogne de travers
La paix un jour pour tous les hommes
Encore un peu croire au mirage
L’espoir n’est pas une insolence
Et l’oasis dans le silence
Entend son ultime prière
Zaïa Evain DR 2015

« Comme on fait son lit on se couche;
mais comme on se couche on se lie. »
Decoly -Impertinences et autres pensées(1952) -
« Le tact dans l'audace, c'est de savoir
jusqu'où on peut aller trop loin. »
Jean Cocteau - Le Rappel à l'Ordre (1926 )-

LA GOURMANDISE
d'Yves Alain
-Fantaisie métaphysico-philosophico et quelque chose de plus en ique ; où beaucoup de rimes seront bouffées ;où l'impair perturbera parfois l'harmonie du pair, comme pour nous rappeler qu'en Histoire, tout n'avance pas comme sur des roulettes.-
Un jardin, un serpent, un arbre et une pomme.
Elle et lui, dans cet ordre.
Il y eut un soir, il y eut un matin ( premier impair, déjà ) .
La dame était gourmande. Le monsieur, enfin l'homme,
on ne sait pas très bien, quoiqu'il ne sût pas mordre
( mordre est dur, mais convient au récit ),
L'était sans doute aussi ; surtout un peu niais
-
un peu , Encore ? Direz-vous,
il y a remède à ça
-
et la diérèse, ami !
ne crains-tu pas
d'être châtié
pendu
peut-être
à la fin du récit
par le peu qu'il en reste ?
Il y eut un soir, il y eut un matin ( impair et passe ).
Le maître du jardin leur avait pourtant dit :
« ce fruit qui pend à l'arbre ... »
-- « pend à l'arbre ! Pend DE l'arbre »
« -- oui, mais pend à marque mieux l'attribut.
Ce fruit qui pend à l'arbre est tabou ( ça continue ),
Vous n'y toucherez pas.
Le serpent aussitôt s'insinue dans le creux
De la dame, son oreille s'entend,
Lui susurre ceci :
Toucher, qu'est-ce ? ceci est sibyllin,
Goûte- s'y seulement, plaisir sûr. Et s'éclipse.
( il eût pu ajouter foi de Malin, Satan ) ;
Et remonté dans l'arbre, dressant son buste fort,
lança d'une voix de stentor
Ces mots qui de là-haut, aussi bien qu'ici bas s'entendissent très fort :
« le fruit unique en son genre et son nombre
Est le fruit de la Connaissance,
CON ' Naissance. CON' C.O. N. Naissance
Comme de ... Naître Avec, CONNAISSANCE». *
Et nos deux amis, d'une seule voix :
« Con ! Con ! Con ! Connaissance !
Oui, nous voulons connaître,
Pour ne pas mourir cons »
-
mourir ? Qui parle de mourir ici ?
-
Est-ce un pressentiment ?
-
Serait-ce que le vers est déjà dans le fruit ?
Fruitt, fruitt, allez-y !
La bête, souvenez-vous-en, est délicate ;
la dame, pour sa part, peut-être un peu vorace...
Et ajustant ses dents, d'un coup sec...
Ouille ! C'est le cri de la pomme,
L'écho frémit encor' de ce cri de détresse
Et répète à l'envie ouille,ouille,ouille !
Ne cherchez pas la rime, même Teulé l'ignore
( si vous cherchez toujours, vous ignorez encore ).
Ici, permettez-moi de quitter le récit :
On dit que l'homme aussi...
Mais comme l'avait dit justement de Biran,
On ne peut être à sa fenêtre
Et se regarder passer dans la rue.
Seul le serpent peut-être
Au prix de souples contorsions …**
Difficile d'y croire ;
Mais ceci est une autre histoire.
La dame croqua donc, ouille !
Donc la dame croqua, ouille, ouille !
Croqua et re-croqua, ouille,ouille,ouille,ouille !
Tant qu'à la fin
Du fruit irremplaçable, du fruit unique d'or
Il ne resta plus rien.
Il y eut un soir, il y eut un matin ( on est en plein thriller ).
Le maître, courroucé,
Chassa de son éden ces deux indélicats
leur laissant pour ne pas qu'ils mourussent de faim
( Voyez, on y revient!)
Quelques fruits jadis prescrits par Douste Blazy ;***
Pour les légumes il convenait que le temps pût agir,
Chaque chose ici-bas devant le devenir.
Triste réalité...
--- Cinq fruits? --- Comptez : deux plus un, que multiplie deux,
Le sixième est en prime
Pour les jours de déprime,
Ou les jours de disette,
Si le bel agneau vert s'égare en re- goguette.
Ouste! à présent, déguerpissez, quittez ce lieu
Couvrez-moi ces minois que je pourrais fesser
( C'est moins bien que Rostand et juste pour la rime
D'un courroux oublié, même s'il fut d'un dieu ),
Or ça, débrouillez-vous, croissez, répandez-vous,
Aimez-vous l'un sur l'autre, l'autre sous l'un,
Battez-vous, tuez-vous,
Unissez-vous surtout, de toutes les manières ...
….............
passage censuré par le Poète (ndlr ??? !!!)
….............
…Voilà le nouveau sort, voilà votre destin.
La multiplicité vous fera oublier
L'heureuse unicité du jardin au serpent ;
Et peut-être qu'un jour, regrettant votre envie,
Vous ré-inventerez, hélas ! à vos dépends,
Ce plaisir doux et pur que jamais on ne vit,
Je dis bien : que jamais on ne vit, V.I.T.,
Humble don de l'amour à votre altérité ;
Car pour ce qui est d'imaginer …
Allez, partez en paix, je vous bénis tous deux,
Tel un père oublié ses fils aventureux,
Allez !
Il y eut un soir , il y eut un matin
Réfléchissons :
Que nous valut la pomme ? Et cette gourmandise ?
Un destin ? C'est possible. Et c'est très bien ainsi.
Mais de niais qu'il fut, l'homme devint comptable
Au sou par sou et jusqu'à sa mainmise
Sur un pouvoir perdu mort-né sur l'autre bord ;
Pouvoir sans objet, oui, s'il est vrai que tout fut
Comme on l'a dit, dans ce jardin,
En ordre, sans envie ni désir de connaître
Et les jeux enfantins d'une douceur permise
( mais, vous l'avez compris, détruits par gourmandise ) …
Le serpent nécessaire
Ne fit que suggérer ce qui était possible ;
Cet être de lumière
Au jardin accepté
Disait du dieu jaloux la secrète pensée.
Sa parole, mal comprise,
Eût garde de détruire
Au cœur de ce jardin la divine harmonie …
Rêverie
Plaisir coulait alors guidé par la main sûre
Et du vase sacré la paisible encolure ...
C'est pure rêverie, le maître nous l'a dit .
Alors, les dés, les dés étaient-ils jà pipés ?
Non, tout était bien là, posé,
Le permis, le licite et même l'interdit,
Afin qu'il fût, s'il se pouvait, franchi
Et que, hors de ce droit, naquît le pur héros.
Ce qui manquait à l'homme ? Un peu de clairvoyance
Pour éclairer sa main, la Juste Tempérance,
Ornement de l'esprit, fée de la vraie science,
Elle sans qui Courage et Esprit d'entreprendre
Sonnent comme mots creux, billevesées à fendre.
Vous connaissez la suite :
Du bien naquit le mal, du mal naquit le bien
On ne peut pas savoir, rien de certain
Excès à corriger, d'hier, du lendemain
Le vers est dans le fruit, dans le fruit est la graine …
Que vous dire de plus ?
Qu'il y eut un soir … ? Il y eut un soir
Il y eut un fruit.
… Et beaucoup de pépins.
Espoir
Yves Alain DR 2015
écrit ce jour de juin de l'an de Grâce? 2015 où nous fut révélé l'incroyable voyage d'un
agneau , de l'INRA, à l'assiette d'un consommateur ; pure coïncidence avec un thème
imposé et pour finir, petit supplément gratuit à notre gourmandise. Rien de plus
.
Notes * le Poète veut bien demander vos excuses, chers auditeurs-lecteurs pour le serpent.
L'étymologie invoquée ici est de fantaisie, guidée par le jeu des sonorités et ainsi appelée
à une efficacité immédiate sur nos deux amis .
** ou « d'étranges convulsions » … as you like it
*** était-ce vraiment lui ? En tout cas, il en parlait souvent ; et avec quelle conviction !

Remarque finale le Poète ne s'est pas embarrassé de beaucoup de logique, dans ce récit. Il joue avec des interprétations connues, d'un niveau souvent au ras des pâquerettes,des récits de la Genèse ; il joue avec les mots, laissant les attributions de tel geste, de telle parole se faire au gré des humeurs du vent et de chacun.
Au fond, il se livre ici au plaisir de la variation. C'est son premier souci et il espère que ses auditeurs-lecteurs s'y livreront avec plaisir, sans demander autre chose.

« Ne faites pas aux autres ce que vous voudriez qu'ils vous fissent.Leurs goûts peuvent différer des vôtres. »
Bernard Shaw -Maxims for Révolutionnists(1905) -
« L'Argent ne fait pas le bonheur de celui qui n'en a pas. »
Boris Vian - (1920 - 1959)
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Désert très habité
de Béatrice Albertat
J’ai entendu le désert
et son souffle puissant
il m’invitait au voyage
le désert mouvant
très habité
Je l’ai rencontré avec
ses hommes bleus ou noirs
ses femmes chamarrées
tous princes du regard
et puis le fennec et l’oiseau blanc
les mille-pattes les sans-pattes
les regs fleuris
aussitôt l’ultime pluie
les dromadaires lointains
en hardes rêveuses
les nuages sans eau
par-delà les continents
parfois une caravane
s’égrène contre le ciel
parfois une oasis
comme un talisman
et les traces brûlantes
toujours les mille traces
de ce qu’à peine on imagine
entre vie et mort
car le désert se nourrit
de la mort où mûrit
cette vie
Béatrice Albertat DR

« Âge:Ne reste pas longtemps ingrat »
Tristan Bernard -Définition de mot croisé -
« Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. On oublie les portes entr'ouvertes... »
Alphonse Karr - (1808 - 1890)

Sous la voûte éclairée
de Serge Carbonnel
Sous la voûte éclairée dans la nuit qui sommeille
un couple de danseurs se croit à l’Opéra.
Et mon œil dilaté dans la lumière veille
à ne pas déranger ce qui se passe là.
La nuit s’illumine de mosaïques folles
et pleines de couleurs qui valsent et puis s’en vont,
imposent le silence et l’image qui vole
de calmes nénuphars et d’une carpe au fond
de l’étang qui reçoit les fleurs comme un hommage.
Un petit oiseau crie et le sable du temps
s’arrête de couler. C’est vrai qu’il est dommage
que la roue de la vie ne puisse patiemment,
comme l’eau de la mer, choisir ce qu’on dépose
en hommage au futur sur le sable frileux.
A l’aube à mon départ timidement je pose
aux pieds de ces danseurs, un papillon tout bleu
Poème de © Serge CARBONNEL DR
(Extrait de Mille et un silence pour traverser le temps
ISBN – 978-2-9547069-0-0)

« On ne peut abuser que des choses qui sont bonnes. »
Montaigne -Essais, II, VI (1580) -
« Quand le vin est tiré il faut le boire surtout s'il est bon. »
Marcel Pagnol - (1895 - 1974)

Ô TOI SI MATERNELLE !
de Cypora Herszhorn
Toi qui as su calmer tant de déchirements
Lorsque, les yeux mi-clos, je n’étais plus à même,
Face au ciel étendue, sans bruit, ni mouvement,
D’aspirer au repos, ni renaître en moi-même.
Au gré de tes marées -ô toi, si maternelle
Qui a su consoler tant de chagrins d’enfants-
J’ai plongé si souvent dans tes chenues dentelles,
Qu’entre le ciel et l’eau, je revivais enfant.
De mon âme ébranlée par tant d’égratignures,
Le sang noir de mon cœur empourprait tes galets
Se mêlant aux flots bleus qui devenaient impurs…
…Mais, tu savais si bien lécher toutes mes plaies !
En dépit des courants où s’égaraient mes jours -
Je me suis allongée charriée par la houle,
Espérant chaque fois m’éloigner pour toujours-
Mais, tu m’as délivrée me portant sur ta houle.
Alors, l’esprit en paix, j’ai poursuivi ma route…
…Si chacun de mes pas fut grave et malaisé,
Tu as su désarmer mes émois et mes doutes,
Morcelant les cailloux qui blessaient mes souliers.
Poème de © Cypora Herszhorn DR
(extrait de J’ai conjugué le temps
ISBN – 978-2-9538961-1-4)

« Rien ne sert de penser, il faut réfléchir avant ! »
Pierre Dac -Pensées-
« Les absents ont toujours tort de revenir »
Jules Renard -Journal 14 Juillet 1896 -

"Un verre nous unit,
un verre nous relie"
de Paul-Eric Langevin
"Un verre nous unit, un verre nous relie
Je suis dans tes yeux, tu es dans les miens
Je suis dans ta vie, tu es dans ma vie
Je suis dans tes bras, tu es dans les miens
Un toast et nous voilà tous les deux partis
Vers des souvenirs, vers des avenirs
Vers des histoires que tu ne connais pas
Vers des films et vers des soupirs
Et nous voilà tous les deux réunis
Une cigarette et ton souffle est si fort
Que je le sens contre le mien
Que je le sens battre contre mon corps
Et puis aussi contre le tien
C'est sûr ce soir tu m'as jeté un sort
Je te tiens je te sens presque dans mon âme
Et pourtant je n'ai pas encore toute la flamme
De ton essence, de tous tes charmes
Mais je te sens déjà contre mon corps."
Poème de Paul-Eric Langevin DR 2015

" Tant va la cruche à l'eau, qu' à la fin elle s'habitue "
Gilbert Cesbron -journal sans date-
« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu
avant de renvoyer la lumière »
Jean Cocteau -Le sang d'un poète-


Désert aux mille visages
d'Agnès Raveloson
Lumière, vent brûlant, scorpions, mirages
Soleil, étendue, dunes, évoquent le désert
Dur silence, l’âpreté du paysage
Nuits froides, troupeau de moutons et dromadaires
Hommes, femmes du sable portent la faim avec eux
Fuyant vers l’oasis, la soif fait saigner leurs lèvres
Se grisent d’espace, la lumière dans les yeux
Le sable tourbillonne, entre les pattes des chèvres
Il y a des déserts de pierres et de sable
Mais chacun a son désert à traverser
Ce désert, toujours l’ailleurs insurmontable,
Conduit au plus proche de soi-même, sa réalité
Les déserts intérieurs, de ceux-là, il me faut parler
Ce qu’ils ont de douloureux et de torrides
Soucis des parents, maladie, vieillesse, à surmonter
Mirage de souffrance, dunes de douleurs et rides
Il y a des silences lourds qui n’en finissent pas
Sécheresse, aridité, il n’y a plus de communion
Vive solitude, rupture, on ne s’explique pas
Les mots-scorpions, le venin des accusations
Les roses des sables, lieu de différenciation,
L’autre, Autre comme Visage, est une révélation
Le soleil de l’amour dans son incandescence
Deux libertés, se rencontrent, capables d’alliance
A l’heure de la soif, à qui demander à boire ?
Chacun vers son désert, le tien, comme moi, le mien
Au détour des dunes, l’oasis, allons-nous asseoir
Délivrés de nos soifs, entre nous, il ne manque rien
L’oasis, la présence inattendue sous le palmier
Savourant le silence qui ne nous fait plus peur
Dans un désert qui se fait désormais hospitalier,
Plénitude, maturité, sont les fruits mûrs du désert
Poème d'Agnès Raveloson DR 2015
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