Plein Sens virtuel d'été 2015 / 01

 Vive l'été 2015 ! 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

  

 

 « Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »

 

La Fontaine-Le Lièvre et la tortue-

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«Il y a des moments où tout vous réussit.

il ne faut pas s'effrayer: ça passe. » 

 

Jules Renard-Journal(30 Oct.

1908)- 

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 Magnifique Désert Blanc

 

de Maryse Licette

 

 

 

Le soleil caresse timidement

La nature qui s’éveille

Et fait scintiller

Sa parure blanche, immaculée

Les arbres se sont parés

D’une fine dentelle parsemée

De cristaux miroitants

Un silence religieux s’étend

Sur cette frileuse matinée

Seul le jappement

Des chiens impatients

Dérange le sommeil

Un couple de corneilles

Sur les branches attend

Tandis que se drapent les pies

Dans leur robe jolie

Le vent glacial est chargé

D’échos de voix enchantées

L’appel de l’inconnu retentit...

 

Alors le départ est donné

Le traîneau glisse sans bruit

Sur le long chemin bordé

D’un feston couleur chantilly

Hommes et bêtes répondent

À l’invite du désert blanc

Dans leur course accompagnés

Par les oiseaux qui frôlent

L’air libre revigorant

Tous se laissent griser

Par la vitesse se décuplant

Leur seul désir : ne pas déchirer

La pureté de l’immensité

Qu’ils veulent découvrir enfin

Et la course folle se poursuit

Vite, vite, toujours plus vite

Loin, loin, encore plus loin...

Bientôt l’attelage se perd dans

La vastitude l’éblouissant

 

Mû par un indicible sentiment

De véritable liberté

Qu’y a-t-il dans cet infini

Quelles forces surnaturelles y

Vivent, à nos regards dissimulées ?

Dévoileront-elles leurs secrets

 

Jusqu’ici vraiment bien gardés ?

Et le traîneau sa course poursuit

Vite, vite, toujours plus vite

Loin, loin, encore plus loin

A la découverte de l’immensité

Du magnifique désert blanc...

 

 

Maryse Licette "in Ame vagabonde" DR

 

 

 

 

 

 

  

 

 « Un fleuve descend toujours d'amont en aval; s'il fait le contraire, c'est qu'il s'est trompé. »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

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« Un homme parti de rien pour ne pas arriver à grand chose n'a de merci à dire à personne. » 

 

Pierre Dac-Pensées et maximes- 

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 Toi, Petit Chameau 

 

de Christian Lafont

 

 

 

Bien content de t'avoir trouvée

Alors que, morts de soif,

Nous errions dans ce désert

Sans même une goutte de vin

pour nous abreuver ; sauf erreur,

A boire, à boire ! criions-nous tous en cœur !

Lorsque  tu survins,

toi "Petit Chameau"

native de Copenhague,

femme du patron de bistrot

situé en face du terrain vague

Qu'après le travail de chantier,

-dur labeur, qui nous assoiffe-

Nous appelions « le désert »

 

 

 

 

       Christian Lafont DR 2015

           

 
 

 

  

 

 « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »

 

Pierre Desproges -Réquisitoire

du Tribunal des Flagrands délires-

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« Les portes de l'avenir sont ouvertes à ceux

qui savent les pousser. » 

 

Coluche-Revue de Presse= (1980)

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 Le Désert du Colorado

 

d'Anne-Marie Lama

 

 

 

 Du rouge, de l’ocre, du jaune, des gris,

Des profonds sillons, des strates qui ondulent,

Une route droite inconnue qu'on suit

A travers ces montagnes, ces rocs, ces dunes.

 

Je vous parle d'un désert

Qui encore me laisse au cœur

Un vivant souvenir de Terres

Aux incroyables et divines couleurs.

Comme dans un film des vieilles Amériques

Je vois l'air qui tremble, magique,

Sous la brume dorée de la lumière,

Le vent sec et pur soulève la poussière,

Poudre blanche ou rouge

Qui tourbillonne.

Le Silence, le grand Silence!

Et devant soi

Le paysage qui se transforme,

S’embellit, se colore

Et m’émerveille tant que je suis ébahie.

Je voudrais retenir cette beauté

Qui s'enfuit à mesure que l'on avance.

Que faire ?

Que dire ?

Rien !

Le silence en soi !

L'émerveillement !

Le désespoir !

 

 

 

 

       Anne-Marie Lama DR 2015

           
   

 

 

 

 

 

 

  

 

 « Mon unique espérance est dans mon désespoir. »

 

 Jean Racine -Bajazet-                        

 -

 

 

« Un mineur est un enfant qui n'a pas encore

le droit d'avoir dix huit ans. » 

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

 -

     

 

 

 

 

 

 

 Rappeler encore et toujours

 

de Pedro Vianna

 

 

 

 

Pour Ezilda, ma mère

 

vent et sable s’assemblent

pour permettre au désert

de s’épanouir en océan de feu

 

In Désirs et réalités


 

Une douleur si profonde

que nul ne s’en aperçoit

vrille le cœur s’empare du cerveau

et transforme l’homme en désert calciné

 

In Désirs et réalités


 


 


 

 

rappeler encore et toujours

qu’après les somptueuses déceptions

on viendra martialement claironner

que c’est fort triste

on viendra magnanimement seriner

une petite larme faisant trembloter

la voix de son maître

que c’est plus que dommage

mais que la nature humaine

est ainsi faite

qu’elle soit le fait

de dieu du diable du singe

du destin du hasard du karma

ou d’un autre blabla

et que de fait

c’est un fait accompli

que rien n’y fait

que donc

il n’y a rien à faire

sauf laisser faire

ceux qui savent y faire

si fait si fait

le veau sera bœuf car la nature bovine…

le goret est un porc car la nature porcine…

la grenouille fut têtard car la nature entêtée…

la larve devient papillon car la nature papillonne…

 

mais non mais non mais non 

 

il faut

au contraire

 

rappeler encore et toujours

que l’homme devient homme parce que la nature humaine

n’est point

parce que l’homme pense

et donc il est

à chaque instant différent

dans sa nature pensante

mouvante

comme les sables du désert

le désert de sable

pas le désert mental

 

 

 

 

 

Pedro Vianna DR

Extrait de La place du pauvre

 

 

 

 

  

 

 « Je l'ai trop aimé pour ne point le haïr. »

 

Jean Racine -Andromaque-

 -

 

 

« Si je la haïssais, je ne la fuirais pas. » 

 

Jean Racine -Phedre-      

 

 

 

« Je suis dans l'indécision comme d'autres

dans les affaires. » 

 

Pierre Daninos -Sonia, les

autres et moi (1952)-        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Double Acrostiche

au désert des sables

 

de Ysia Mariéva

 

 

 

 

Dans un passé lointain enfoui dans les sableS

 

Emerveillant plus d’un s’aperçut un cocA

 

Surgi de nulle part derrière un baobaB

 

Ecarquillant mes yeux je n’en crus pas BabeL

 

Récitant cohérent en une langue mêléE

 

Tous les secrets cachés de ces temps reculéS

 

 

 

 

 

Désert, qu’il soit de sel, de pierres ou de sableS

 

Encore comme chaque fois ma surprise posA

 

Sur son infinité son regard en nabaB

 

Envolée touristique au-dessus du SaheL

 

Reconnaissant les grains de tout le temps passE

 

Tous se sont posés là en façonnant les duneS

 

 

 

 

 

Ysia MARIEVA " Plume d’Encre" DR 2015

 

 

 

 

 

  

 

 « Ne possédant pas de pétrole, la France

est obligée d'en extraire de son sous-sol. »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout

fou des Écoliers-

 -

 

 

« L'art ne fait que des vers, le coeur seul est poète. » 

 

André Chénier -

 

 

 

 

 

 

 

 

 Entre Thau et Méditerranée

 

de Ludovic Chaptal

 

 

Le vent revenait à la charge,

Sous un ciel d’azur et d’hiver,

Je marchais le long d’un désert

D’à peine dix mètres de large.

 

Des milliards, presqu’un infini,

Combien faut-il de grains de sable

Pour qu’un désert soit acceptable ?

Pour qu’en désert, il soit admis ?

 

La mer roulait sur le rivage,

Le Mont Saint Clair, à l’horizon,

Venait réveiller ma raison,

Je marchais vers un doux mirage…

 

 

 

 

Ludovic Chaptal DR 2015

 
 

 

 

 

 

 

  

 

 « Si l'argent ne fait pas le bonheur... Rendez-le !  . »

 

Jules Renard -Journal-

 -

 

 

« L'avenir est un lieu commode pour y mettre des songes. » 

 

Anatole France -Les opinions de

Jérôme Coignard-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Plus Dodo

 

de Michèle Lassiaz

 

 

 

 

Plus métro, plus boulot, plus dodo

Fini la foule qui vous écrase, vous compresse

Matin et soir dans les métros et RER

Bonjour le nouveau stress

Et son défilé de sévices

Maintenant c’est le désert économique

Suivi de près du désert affectif

Mari parti,

Seule dans mon lit

Tout est fini

Désert.


 

 

 

 

Michèle Lassiaz DR 2015

 

 

  

 

 « Un dictionnaire est toujours très lourd,

à cause du poids des mots  . »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

 -

 

 

« Si je suis chasseur ? Mais oui... Je fais

la chasse aux papillons. » 

 

Alphonse Allais (1854-1905)

 

 

 

 

 

 

 

 

 DÉSERTS

 

de Bernard Philippon

 

 

 

 

 

Déserts brûlants de mort où la vie reste enfouie,

 

 

Ergs à l’infini, regs inhospitaliers,

 

 

Sous la chaleur des jours et la froideur des nuits

 

 

Est-il de vos enfants ce brave chamelier ?

 

 

Regardez bien cet homme qui brave vos enfers

 

 

Toute une vie errant, pas de sable, pas de pierre,

 

 

Sombre éléphant perdu qui marche au cimetière…

 

 

 

 

 

Bernard Philippon DR 2015

 
 

 

 

 

  

 

 « Je me presse de rire de tout, de peur

d'être obligé d'en pleurer  . »

 

Beaumarchais -Le Barbier de Séville-

 -

 

 

« Qui perd ses dettes s'enrichit. » 

 

Balzac -Proverbes- 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il n’a ni dieu ni maître, vide de tout, et plein de riens.

Seigneur imprévisible et cruel des terres arides, son domaine

S’étire à l’infini.

Il n’a ni commencement, ni fin; il est sans issue…

Lui seul décide qui va survivre.

La vie croise la mort au gré des caravanes du temps, de dune

En dune, de monticules en vallons perpétuels…

 

 

Lianes du désert

 

de Fabienne Schmitt

 

 

 

 Un enfant aux yeux immenses

Contre son dos se balance

Accroché dans du tissu

Aux couleurs de sa tribu.

 

Sa taille est beaucoup trop fine

Son port, d’une Reine digne

La femme liane marche

Et va marcher sans relâche…

 

Ses bracelets d’étain tintent

Au bas des ses jambes peintes

A chaque fois qu’elle avance

Ses anneaux d’oreilles dansent.

 

La femme au long cou se plie

Et se penche vers le puits

Sur sa tête fièrement

Elle dépose un récipient.

 

Dedans, le précieux nectar

Qu’elle transporte dans la jarre.

Lionne ou farouche gazelle

Elle est lasse, mais si belle !

 

C’est depuis la nuit des temps

Pour que vivent leurs enfants

Que les femmes du désert

Luttent contre leur misère.

 

Sous leur peau saillent les os

Mais sous le soleil trop chaud

Elles chantent pour trouver l’eau

Comme le faisaient leurs mères plus tôt.

 

Quelquefois le vent se lève

Et le sable se soulève

Sous les dunes, vagues blondes

C’est la tempête qui gronde.

 

Le dieu de la pluie s’éveille

Et sort d’un trop long sommeil

Alors la femme sourit

On va danser cette nuit…

 

Dans le silence des sables

S’écrit toujours cette fable

Et sous le soleil brûlant

Le combat est permanent.

 

Dans de lointaines contrées

Sur des terres desséchées

D’autres femmes vont marcher

A jamais… pour l’éternité…

 

 

 

 

 

Fabienne Schmitt DR 2015

 
 

 

 

 

  

 

 « Une erreur peut devenir exacte, selon que

celui qui l'a commise s'est trompé ou non . »

 

Pierre Dac  -Pensées et maximes-

 -

 

 

« Impossible de vous dire mon âge,

il change tout le temps. » 

 

Alphonse Allais 

 

 

 

 

 

 

 

VIDE

 

de Jacques  Ansan

 

 

 

Au désert où je fuis pour vider ma cervelle

des maux de société aux odeurs de poubelles

le sentier a l’air traître et l’arbre a l’air méchant.

Et la chèvre qui broute, pas une herbe, pas un champ

Entre les grès lépreux trouve à peine du chiendent

Tant la ravine est fauve et tant le sable gèle.

L’air rare à odeur de fumée manque aux oiseaux perdus

Les épineux gercés craquent comme le granit fendu

On distingue des tours sur l’épine dorsale

D’un mont lointain, mirage d’une ville colossale

Où les hommes enferment leurs trésors, inutiles coffres forts

On pressent leur solitude, leurs croyances et leurs morts

Partout où Dieu met le roc, le sable et la caillasse

S’accumule la misère, les trafics et la populace

Du haut des sémaphores d’autres pointent leurs armes

Quant à la solitude, ils y ajoutent la mort sans âme

Le supermarché trône au milieu des voitures

enlisées dans le sable mou, vidées de toute nourriture.

Chacun est là pour sa communauté ignorant l’autre,

méprisant son Dieu, ses croyances, ses apôtres

refusant la mémoire, l’histoire, les ancêtres et les autres.

Et tout semble emporté par l’immense vent de sable

radios, théâtres, musées, tornades innombrables

Chavirent TOUT dont personne ne sortira vivant.

 

 

 

 

 

Jacques Ansan  DR 2015

 
 

 

 

 

  

 

 « Rien n'est plus semblable à l'identique

que ce qui est pareil à la même chose. »

 

Pierre Dac  -Pensées-

 -

 

 

« En France, il y a des gens qui ont des accents

juste pour faire rire les parisiens. » 

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

 

 

 

 

 

 

 

Le sable en pluie de feu 

 

d' Oguène

 

 

 

Dans le désert

L'or noir continue de brûler

Le sable jonché

De millions de cellules d'humanité

Mêlées et ensanglantées

Ne recouvre plus

Qu'affrontements fous et désespérés

Enfants-soldats manipulés

 Kamikazes fanatisés

Et sous les grenades explosées

La vaste aridité

Devient hurlements

Larmes et colère

L'or noir continue de brûler

Le sable en pluie de feu

Recouvre le monde damné

De notre planète embrasée

Malgré ces guerres effrénées

Au loin        bigarrée

Vautrée        bronzée

Inondée        de soleil

Une foule      baigne

Dans la lumière

Léchée par les vagues

D'un océan apaisé

N'étaient-ce que

Mirages

A nos yeux aveuglés

Par une société

Caractérisée

Par son avidité?

 

 

 

 

Oguène in "Errances" DR 2015

 
 

 

 

 

 

 

 « L'Abbé ne fait pas le moine. »

 

Balzac  -Proverbes-

 -

 

 

« Avec son air de rien, il est bon à tout. » 

 

Jules Renard -Journal-

 

 

 

 

 

 

 

Une belle poire !

 

d'Alain Briantais

 

 

 

 

Pour lui, l’espoir était… Une poire  !

Une belle poire  !

Une juteuse et délicate pépée qu’il fallait bichonner

Bien ronde, bien ferme et bien fruitée…

Qu’il fallait partager

 

À quoi ça sert l’espoir s’il n’est pas partagé  ?

 

Pour en profiter toute la vie, il l’accrocha à Bijou…

Oui  !… Euh  !… Il a donné des noms à tous ses arbres fruitiers

Jovial, Bancal, Tordu, Simplet et Bijou

Comme les sept nains, sauf que lui n’a que cinq poiriers.

 

Voilà donc Bijou avec une bouteille autour du cou…

Du bras… Euh  !… Du doigt…  ?

Une grosse bouteille  !

Et pas accrochée n’importe comment…  !

Bien inclinée et bien orientée pour pas que l’espoir pourrisse
avec les désagréables giclées de mars et parfois de mai

 

Vous allez m’ dire  :

« À quoi ça sert de mettre l’espoir en bouteilles  ? »

Ah  ! Ah ben oui  ! C’est vrai ça  !…

 

En tout cas, il a accroché cette bouteille

Sous la bonne lune…
Et à une efflorescence de Bijou qu’il avait bien repérée.

Le soleil, généreux, bavard et curieux a fait le reste.

Mon Dieu  ! Qu’elle était belle et joufflue cette poire

Dans son palais de verre.

 

Après, Gustave… Car il s’appelle Gustave,

À versé dans sa bouteille la meilleure eau-de-vie de la région,

Un pur nectar  !

Et il a mis l’espoir à la cave.

 

Vous allez m’ dire  :

« À quoi ça sert de mettre l’espoir à la cave, là où il fait noir ? »

Ah  ! Ben oui  ! Ben oui  ! Ça c’est vrai aussi  !

Quoique… Quoique… Dans le noir, on a parfois besoin d’une poire

Euh  ! d’espoir  !

 

L’espoir est resté trois ans à la cave.

Gustave y dit toujours qu’y faut prendre son temps.

 

Quand il sortit la bouteille, il avait la larme à l’œil,

Mon Dieu, qu’elle était belle cette bouteille

Avec son trésor au milieu  !

Et quelle couleur  !

 

Dans les mois qui ont suivi,

Tous les habitants du village sont venus chez Gustave,

Le facteur en premier,

Puis la fleuriste et la boulangère

Et les enfants du fossoyeur, qu’avaient même pas dix ans, ou pas beaucoup plus…

 

Comme ça marchait vraiment bien,

Gustave a multiplié les bouteilles et… Il a acheté un verger proche de chez lui.

Il a encore nommé tous ces nouveaux arbres…

Curieux, Feignant, Grincheux, Ministre

Il avait dû trop boire ce jour-là, ou même ironiser sur…

 

Ensuite, on est venu de partout

Et de très loin même…

Gustave n’envoyait rien par la poste

Il disait  : « L’espoir, y faut v’nir le chercher… À domicile »

 

Voilà  !

Gustave a fait fortune

Mais… Fortune de cœur et de rencontres !

 

Vous allez m’ dire  :

« Et les pépins ? Les pépins dans la poire  ?

 

Ah  ! Ah ben oui  ! Ben oui  !

Gustave y disait  : « les pépins  ! Ah les pépins  !
On a tous des pépins dans la vie,
mais avec l’eau-de-vie, y sont plus mous, beaucoup plus mous  ! »

 

Allez un p’tit coup  !

Un p’tit coup après cette mauvaise nouvelle

Un p’tit coup pour remonter la pente

Y’a pas d’mal à s’faire du bien  !

 

 

 

 

Alain Briantais DR 2015

 
 

 

 

 

 

 

 

 « Même pour son bien,je ne veux obliger personne

à me considérer comme son auteur favori. »

 

Bernard Shaw ( 1856-1950) 

 

 

 

« L'Avenir, c'est du passé en préparation. » 

 

Pierre Dac -Pensées-(1896-1975 )

 

 

 

 

 

 

Mirage déraison

 

de Zaïa Evain

 

 

 

Seul, tout seul, avec  son ombre

Il marche forcé dans son désert

Pied contre pied, sans dire un mot

Sans ajouter un  grain de sable

Au décousu de l’univers

Il est voûté, portant sa peine

Comme est lourd le fracas du monde

Ses cris ne trouvent  pas d’écho

Les larmes coulent, mais point d’eau

Et le soleil cogne de travers

La paix un jour pour tous les hommes

Encore un peu croire au mirage

L’espoir n’est pas une insolence

Et l’oasis dans le silence

Entend  son ultime  prière


 

 

Zaïa  Evain DR 2015

 

 

 

 

 

 

 

 « Comme on fait son lit on se couche;

mais comme on se couche on se lie. »

 

Decoly -Impertinences et autres pensées(1952) -

 

 

 

« Le tact dans l'audace, c'est de savoir

jusqu'où on peut aller trop loin. » 

 

Jean Cocteau - Le Rappel à l'Ordre (1926 )- 

 

 

 

 

 

LA GOURMANDISE

 

d'Yves Alain

 

 

-Fantaisie métaphysico-philosophico et quelque chose de plus en ique ; où beaucoup de rimes seront bouffées ;où l'impair perturbera parfois l'harmonie du pair, comme pour nous rappeler qu'en Histoire, tout n'avance pas comme sur des roulettes.-

 

 

Un jardin, un serpent, un arbre et une pomme.

Elle et lui, dans cet ordre.

Il y eut un soir, il y eut un matin ( premier impair, déjà ) .

La dame était gourmande. Le monsieur, enfin l'homme,

on ne sait pas très bien, quoiqu'il ne sût pas mordre

( mordre est dur, mais convient au récit ),

L'était sans doute aussi ; surtout un peu niais

  • un peu , Encore ? Direz-vous,

    il y a remède à ça

  • et la diérèse, ami !

    ne crains-tu pas

    d'être châtié

    pendu

    peut-être

    à la fin du récit

    par le peu qu'il en reste ?

Il y eut un soir, il y eut un matin ( impair et passe ).

Le maître du jardin leur avait pourtant dit :

«  ce fruit qui pend à l'arbre ... »

-- «  pend à l'arbre ! Pend DE l'arbre »

« -- oui, mais pend à marque mieux l'attribut.

Ce fruit qui pend à l'arbre est tabou ( ça continue ),

Vous n'y toucherez pas.

Le serpent aussitôt s'insinue dans le creux

De la dame, son oreille s'entend,

Lui susurre ceci :

Toucher, qu'est-ce ? ceci est sibyllin,

Goûte- s'y seulement, plaisir sûr. Et s'éclipse.

( il eût pu ajouter foi de Malin, Satan ) ;

Et remonté dans l'arbre, dressant son buste fort,

lança d'une voix de stentor

Ces mots qui de là-haut, aussi bien qu'ici bas s'entendissent très fort :

«  le fruit unique en son genre et son nombre

Est le fruit de la Connaissance,

CON ' Naissance. CON' C.O. N. Naissance

Comme de ... Naître Avec, CONNAISSANCE». *

Et nos deux amis, d'une seule voix :

«  Con ! Con ! Con ! Connaissance !

Oui, nous voulons connaître,

Pour ne pas mourir cons »

  • mourir ? Qui parle de mourir ici ?

  • Est-ce un pressentiment ?

  • Serait-ce que le vers est déjà dans le fruit ?

Fruitt, fruitt, allez-y !

La bête, souvenez-vous-en, est délicate ;

la dame, pour sa part, peut-être un peu vorace...

Et ajustant ses dents, d'un coup sec...

Ouille ! C'est le cri de la pomme,

L'écho frémit encor' de ce cri de détresse

Et répète à l'envie ouille,ouille,ouille !

Ne cherchez pas la rime, même Teulé l'ignore

( si vous cherchez toujours, vous ignorez encore ).

Ici, permettez-moi de quitter le récit :

On dit que l'homme aussi...

Mais comme l'avait dit justement de Biran,

On ne peut être à sa fenêtre

Et se regarder passer dans la rue.

Seul le serpent peut-être

Au prix de souples contorsions …**

Difficile d'y croire ;

Mais ceci est une autre histoire.

La dame croqua donc, ouille !

Donc la dame croqua, ouille, ouille !

Croqua et re-croqua, ouille,ouille,ouille,ouille !

Tant qu'à la fin

Du fruit irremplaçable, du fruit unique d'or

Il ne resta plus rien.

Il y eut un soir, il y eut un matin ( on est en plein thriller ).

Le maître, courroucé,

Chassa de son éden ces deux indélicats

leur laissant pour ne pas qu'ils mourussent de faim

( Voyez, on y revient!)

Quelques fruits jadis prescrits par Douste Blazy ;***

Pour les légumes il convenait que le temps pût agir,

Chaque chose ici-bas devant le devenir.

Triste réalité...

--- Cinq fruits? --- Comptez : deux plus un, que multiplie deux,

Le sixième est en prime

Pour les jours de déprime,

Ou les jours de disette,

Si le bel agneau vert s'égare en re- goguette.

Ouste! à présent, déguerpissez, quittez ce lieu

Couvrez-moi ces minois que je pourrais fesser

( C'est moins bien que Rostand et juste pour la rime

D'un courroux oublié, même s'il fut d'un dieu ),

Or ça, débrouillez-vous, croissez, répandez-vous,

Aimez-vous l'un sur l'autre, l'autre sous l'un,

Battez-vous, tuez-vous,

Unissez-vous surtout, de toutes les manières ...

.............

 

passage censuré par le Poète (ndlr ??? !!!)

 

.............

 

Voilà le nouveau sort, voilà votre destin.

La multiplicité vous fera oublier

L'heureuse unicité du jardin au serpent ;

Et peut-être qu'un jour, regrettant votre envie,

Vous ré-inventerez, hélas ! à vos dépends,

Ce plaisir doux et pur que jamais on ne vit,

Je dis bien : que jamais on ne vit, V.I.T.,

Humble don de l'amour à votre altérité ;

Car pour ce qui est d'imaginer …

Allez, partez en paix, je vous bénis tous deux,

Tel un père oublié ses fils aventureux,

Allez !

Il y eut un soir , il y eut un matin

 

Réfléchissons :

Que nous valut la pomme ? Et cette gourmandise ?

Un destin ? C'est possible. Et c'est très bien ainsi.

Mais de niais qu'il fut, l'homme devint comptable

Au sou par sou et jusqu'à sa mainmise

Sur un pouvoir perdu mort-né sur l'autre bord ;

Pouvoir sans objet, oui, s'il est vrai que tout fut

Comme on l'a dit, dans ce jardin,

En ordre, sans envie ni désir de connaître

Et les jeux enfantins d'une douceur permise

( mais, vous l'avez compris, détruits par gourmandise ) …

Le serpent nécessaire

Ne fit que suggérer ce qui était possible ;

Cet être de lumière

Au jardin accepté

Disait du dieu jaloux la secrète pensée.

Sa parole, mal comprise,

Eût garde de détruire

Au cœur de ce jardin la divine harmonie …

 

Rêverie

Plaisir coulait alors guidé par la main sûre

Et du vase sacré la paisible encolure ...

 

C'est pure rêverie, le maître nous l'a dit .

Alors, les dés, les dés étaient-ils jà pipés ?

Non, tout était bien là, posé,

Le permis, le licite et même l'interdit,

Afin qu'il fût, s'il se pouvait, franchi

Et que, hors de ce droit, naquît le pur héros.

Ce qui manquait à l'homme ? Un peu de clairvoyance 

Pour éclairer sa main, la Juste Tempérance,

Ornement de l'esprit, fée de la vraie science,

Elle sans qui Courage et Esprit d'entreprendre

Sonnent comme mots creux, billevesées à fendre.

 

Vous connaissez la suite :

Du bien naquit le mal, du mal naquit le bien

On ne peut pas savoir, rien de certain

Excès à corriger, d'hier, du lendemain

Le vers est dans le fruit, dans le fruit est la graine …

 

Que vous dire de plus ?

Qu'il y eut un soir … ? Il y eut un soir

Il y eut un fruit.

… Et beaucoup de pépins.

 

Espoir

 

Yves Alain DR 2015 

 

écrit ce jour de juin de l'an de Grâce? 2015 où nous fut révélé l'incroyable voyage d'un

agneau , de l'INRA, à l'assiette d'un consommateur ; pure coïncidence avec un thème 

imposé et pour finir, petit supplément gratuit à notre gourmandise. Rien de plus

.

Notes * le Poète veut bien demander vos excuses, chers auditeurs-lecteurs pour le serpent.

L'étymologie invoquée ici est de fantaisie, guidée par le jeu des sonorités et ainsi appelée

à une efficacité immédiate sur nos deux amis .

** ou «  d'étranges convulsions  » … as you like it

*** était-ce vraiment lui ? En tout cas, il en parlait souvent ; et avec quelle conviction !

 

 

Remarque finale le Poète ne s'est pas embarrassé de beaucoup de logique, dans ce récit. Il joue avec des interprétations connues, d'un niveau souvent au ras des pâquerettes,des récits de la Genèse ; il joue avec les mots, laissant les attributions  de tel geste, de telle parole se faire au gré des humeurs du vent et de chacun.

Au fond, il se livre ici au plaisir de la variation. C'est son premier souci et il espère que ses auditeurs-lecteurs s'y livreront avec plaisir, sans demander autre chose.

 

 
 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 « Ne faites pas aux autres ce que vous voudriez qu'ils vous fissent.Leurs goûts peuvent différer des vôtres. »

 

Bernard Shaw -Maxims for Révolutionnists(1905) -

 

 

 

« L'Argent ne fait pas le bonheur de celui qui n'en a pas. »

 

Boris Vian - (1920 - 1959) 

 

 

 

 

 

Désert très habité

 

de Béatrice Albertat

 

 

 

J’ai entendu le désert

et son souffle puissant

il m’invitait au voyage

le désert mouvant

très habité

Je l’ai rencontré avec

ses hommes bleus ou noirs

ses femmes chamarrées

tous princes du regard

et puis le fennec et l’oiseau blanc

les mille-pattes les sans-pattes

les regs fleuris

aussitôt l’ultime pluie

les dromadaires lointains

en hardes rêveuses

les nuages sans eau

par-delà les continents

parfois une caravane

s’égrène contre le ciel

parfois une oasis

comme un talisman

et les traces brûlantes

toujours les mille traces

de ce qu’à peine on imagine

entre vie et mort

car le désert se nourrit

de la mort où mûrit

cette vie

 

 

Béatrice Albertat DR

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 « Âge:Ne reste pas longtemps ingrat »

 

Tristan Bernard -Définition de mot croisé -

 

 

 

« Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. On oublie les portes entr'ouvertes... »

 

Alphonse Karr - (1808 - 1890) 

 

 

 

 

 

Sous la voûte éclairée

 

de Serge Carbonnel

 

 

 

Sous la voûte éclairée dans la nuit qui sommeille

un couple de danseurs se croit à l’Opéra.

Et mon œil dilaté dans la lumière veille

à ne pas déranger ce qui se passe là.

 

La nuit s’illumine de mosaïques folles

et pleines de couleurs qui valsent et puis s’en vont,

imposent le silence et l’image qui vole

de calmes nénuphars et d’une carpe au fond

 

de l’étang qui reçoit les fleurs comme un hommage.

Un petit oiseau crie et le sable du temps

s’arrête de couler. C’est vrai qu’il est dommage

que la roue de la vie ne puisse patiemment,

 

comme l’eau de la mer, choisir ce qu’on dépose

en hommage au futur sur le sable frileux.

A l’aube à mon départ timidement je pose

aux pieds de ces danseurs, un papillon tout bleu

 

 

 

 

Poème de © Serge CARBONNEL DR

(Extrait de Mille et un silence pour traverser le temps

ISBN – 978-2-9547069-0-0)

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 « On ne peut abuser que des choses qui sont bonnes.  »

 

Montaigne -Essais, II, VI (1580) -

 

 

 

« Quand le vin est tiré il faut le boire surtout s'il est bon. »

 

Marcel Pagnol - (1895 - 1974) 

 

 

 

 

 

 

Ô TOI SI MATERNELLE !

 

de Cypora Herszhorn

 

 

 

 

 

 

Toi qui as su calmer tant de déchirements

Lorsque, les yeux mi-clos, je n’étais plus à même,

Face au ciel étendue, sans bruit, ni mouvement,

D’aspirer au repos, ni renaître en moi-même.

Au gré de tes marées -ô toi, si maternelle

Qui a su consoler tant de chagrins d’enfants-

J’ai plongé si souvent dans tes chenues dentelles,

Qu’entre le ciel et l’eau, je revivais enfant.

De mon âme ébranlée par tant d’égratignures,

Le sang noir de mon cœur empourprait tes galets

Se mêlant aux flots bleus qui devenaient impurs…

Mais, tu savais si bien lécher toutes mes plaies !

En dépit des courants où s’égaraient mes jours -

Je me suis allongée charriée par la houle,

Espérant chaque fois m’éloigner pour toujours-

Mais, tu m’as délivrée me portant sur ta houle.

Alors, l’esprit en paix, j’ai poursuivi ma route…

Si chacun de mes pas fut grave et malaisé,

Tu as su désarmer mes émois et mes doutes,

Morcelant les cailloux qui blessaient mes souliers.

 

 

 

Poème de © Cypora Herszhorn DR

(extrait de J’ai conjugué le temps

ISBN – 978-2-9538961-1-4)

 


 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 « Rien ne sert de penser, il faut réfléchir avant ! »

 

Pierre Dac -Pensées-

 

 

 

« Les absents ont toujours tort de revenir »

 

Jules Renard -Journal 14 Juillet 1896 - 

 

 

 

 

 

 

"Un verre nous unit,

un verre nous relie"

 

de Paul-Eric Langevin

 

 

 

 

 

"Un verre nous unit, un verre nous relie
Je suis dans tes yeux, tu es dans les miens
Je suis dans ta vie, tu es dans ma vie
Je suis dans tes bras, tu es dans les miens 
Un toast et nous voilà tous les deux partis
Vers des souvenirs, vers des avenirs
Vers des histoires que tu ne connais pas
Vers des films et vers des soupirs 
Et nous voilà tous les deux réunis
Une cigarette et ton souffle est si fort
Que je le sens contre le mien
Que je le sens battre contre mon corps 
Et puis aussi contre le tien
C'est sûr ce soir tu m'as jeté un sort
Je te tiens je te sens presque dans mon âme
Et pourtant je n'ai pas encore toute la flamme 
De ton essence, de tous tes charmes
Mais je te sens déjà contre mon corps."


 

 

 

 

Poème de Paul-Eric Langevin DR 2015

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

 

 

 

 " Tant va la cruche à l'eau, qu' à la fin elle s'habitue "

 

Gilbert Cesbron -journal sans date-

 

 

 

« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu

avant de renvoyer la lumière »

 

Jean Cocteau -Le sang d'un poète- 

 

 

 

 

 

Désert aux mille visages

 

d'Agnès Raveloson

 

 

 

Lumière, vent brûlant, scorpions, mirages

Soleil, étendue, dunes, évoquent le désert

Dur silence, l’âpreté du paysage

Nuits froides, troupeau de moutons et dromadaires

 

Hommes, femmes du sable portent la faim avec eux

Fuyant vers l’oasis, la soif fait saigner leurs lèvres

Se grisent d’espace, la lumière dans les yeux

Le sable tourbillonne, entre les pattes des chèvres

 

Il y a des déserts de pierres et de sable

Mais chacun a son désert à traverser

Ce désert, toujours l’ailleurs insurmontable,

Conduit au plus proche de soi-même, sa réalité

 

Les déserts intérieurs, de ceux-là, il me faut parler

Ce qu’ils ont de douloureux et de torrides

Soucis des parents, maladie, vieillesse, à surmonter

Mirage de souffrance, dunes de douleurs et rides

 

Il y a des silences lourds qui n’en finissent pas

Sécheresse, aridité, il n’y a plus de communion

Vive solitude, rupture, on ne s’explique pas

Les mots-scorpions, le venin des accusations

 

Les roses des sables, lieu de différenciation,

L’autre, Autre comme Visage, est une révélation

Le soleil de l’amour dans son incandescence

Deux libertés, se rencontrent, capables d’alliance

 

A l’heure de la soif, à qui demander à boire ?

Chacun vers son désert, le tien, comme moi, le mien

Au détour des dunes, l’oasis, allons-nous asseoir

Délivrés de nos soifs, entre nous, il ne manque rien

 

L’oasis, la présence inattendue sous le palmier

Savourant le silence qui ne nous fait plus peur

Dans un désert qui se fait désormais hospitalier,

Plénitude, maturité, sont les fruits mûrs du désert

 

 

Poème d'Agnès Raveloson DR 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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