SABÀN

SABÀN nous quitte physiquement

mais demeure avec nous poétiquement

 

Ce 29 Mars 2015, alors que la Ruche des Arts participait au Salon du Livre Jeunesse Solidaire, 

Eve Moreau, nous faisait parvenir  cette dépêche:

 

*Danielle Sabàn nous a quitté le 27 mars

 

Le départ de cette grande Dame de la poésie et de la chanson qui enchanta les merveilleuses rencontres poétiques de la Ruche dans sa première période vous attend pour la cérémonie d'adieu au Crématorium du Père Lachaise ce mardi 31 mars à 12h. Chers amis de la poésie, soyez nombreux à venir lui rendre hommage. Amicalement, Eve Moreau

 

*Information relayée téléphoniquement par Alain Pizerra, et Maryse Licette de retour d'Allemagne

 

 

 

 

 

En ce Dimanche 31 Mars, de très nombreux amis s'étaient déplacés pour assister aux hommages rendus à Danielle en musique et poésie; à tel point que la salle du crématorium du Père Lachaise s'est avérée petite pour contenir tous ces témoignages chaleureux, Danielle étant très estimée 

 

 

A ses proches famille et amis, la Ruche des Arts, représentée par Michèle Lassiaz, sa présidente accompagnée de Maryse Licette, Monique Planque, Joseph Sibio, Didier Laloux, Alain Pizerra, Christian Lafont, a présenté à ses proches et à sa famille ses sincères condoléances. Eve Moreau très  proche de Danielle  a rendu un témoignage émouvant à son amie ainsi que de nombreux autres amis, parmi lesquels Alain Pizerra qui a souhaité prolonger cet hommage avec cette préface que nous publions ci-après:

 

 

PREFACE

 

« On ne naît pas femme ou poète…                                                                                  

Il y a toujours un avant, un après, ce quelque chose en devenir, état de poésie qui plane.

Les mots se promènent tout nus, coquilles d’œufs malheureuses et malhabiles. On les habille, ils forment tour à tour, et dans le même temps, comptines, chansons, poèmes.

Ses mots… Danielle Sabàn Lemkin après les voir habillés, parés, tels des gemmes précieux aux multiples facettes, quitte les guipures de la nostalgie, ailleurs l’odeur des mégots froids d’un tango, pour revisiter de l’intérieur ses textes de jadis ou de la veille. Re-naissance au fil des années et lors de chaque rendez-vous avec le public et avec elle-même, qui la fait accéder, d’aujourd’hui à demain, à une autre lumière, chanson d’une âme… Une inflexion de voix suffit à dire que les mots, Danielle, vivent et se transforment. Quelque chose d’un peu rauque sorti d’une nuit d’Insomnie, ailleurs un+ accent plus grave au détour d’une phrase et voici Septembre devenu automne de la vie. Chemin intérieur, ascèse, qui bouleverse le texte de l’intérieur, fil de l’existence qui mène à cet état de poésie.

Il n’est, pour nous, d’autre objection de la poésie que celle d’aller, comme pour une libération à l’unique nécessaire. Et c’est bien par son enrichissement intérieur, par un plus grand détachement aussi, que Danielle Sabàn, Lemkin, perfectible et sincère, accède à la poésie.

Travail intérieur constant, parfois inconscient, qui recrée, distancie, approfondit. Dès lors, J’ai cru n’est plus le même, non plus que Ce sacré printemps. Quant aux métamorphoses de Caméléon, il faudrait en parler à la fée Mélusine ! Avec un rien, quelques accents en plus, quelques effets en moins, l’horizon poétique de Danielle s’est dessiné. Et voici Marin poète, puisque Danielle l’est devenue ! Parti plus loin, plus haut pour suivre les hautes aventures, celles de la vie d’une femme, d’une artiste dans sa maturité. Femme, furtive et pudique, qui l’a fait naître et qui le porte encore.

Alors, retrouver ici l’écoute de l’enfant, Il parlait l’Araméen, plutôt que de chercher les clefs ouvrant le labyrinthe des amours, Si l’amour existait, Ma robe mauve.

Ailleurs, espérer en la rédemption par les bêtes et chérir Mimosa, tout en faisant écho à un monde qui n’est plus, Venez tziganes.

Danielle Sabàn Lemkin en ombre portée qui émane d’un émoi sous-jacent, féminin, distille sous ses doigts, sous ses notes, le sentiment, ondes et facettes, dans un univers tragique parfois, Mon troisième homme, insaisissable souvent, toujours en demi-teinte, ondoyant et qui échappe… Œuf cosmique arrondi des ailes de l’oiseauLe galop de la mer. Et notre âme vole, légère, avec Danielle, et ce petit livre de chevet, poursuivant le voyage,  Vivre libre Gitans. Le voyage où le nulle part a lieu.

Ce lieu-là. »                                                                                                                       

 

Alain Pizerra                                                                                                                       

 

SABÀN nous quitte physiquement

mais demeure avec nous poétiquement

 

 

 

 

Bon voyage parmi les anges

 

 

 

 

 

 

 

Pour le CA de la Ruche des Arts

La Présidente, Michèle Lassiaz

 

chr

 

 

 

Communication La Ruche des Arts

Photos portrait; pochette disque et

concert piano

Danièle Sàban et les auteurs

Préface Alain Pizerra

texte de présentation et mise en

page web: Christian Lafont