Plein Sens virtuel d'été 2013

 

  

  Log Plein.. 

 

N°2 "Paris"

 

   

Notre blog associatif entame dès maintenant une sieste de
deux mois, fort méritée, et laisse place au PleinSens virtuel n°2
dont le thème est « Paris ».



Grand nombre de poètes ont livré leur vision de notre capitale.
Un grand merci à eux d’avoir joué le jeu pour ce nouvel opus.
Ainsi, La Ruche des Arts vous accompagne tout l’été en poésie.
Deux poèmes, par semaine, seront publiés créant toujours
le lien entre les adhérents de notre association, malgré
la pause estivale.



Vous pourrez donc siroter, vous reposer, vous ressourcer,
tout en découvrant les proses insoupçonnées, les sublimes vers,
que nous vous proposerons tous les lundis et jeudis.



La poésie est une source vive, intarissable qui coulera malgré
la chaleur moite de juillet et d’août. La poésie est un parcours
de chaque instant, une quête d’absolue beauté.



Voilà pourquoi nous réitérons nos plus vifs remerciements
à tous nos poètes inspirés. Grâce à eux, la période estivale
n’en sera que plus belle pour nous tous, artistes en herbe
ou confirmés, qui désirons toujours nous nourrir 
de l’inaccessible étoile : la recherche de sublimation…

 

 

 

Sommaire: 

 

Ludovic Chaptal

-Le temps des cerises d'espoirs (publié le 08/07/2013)

 

Ysia Plume d'encre

-Raphsodie in gris (publié le 04/07/2013)

-Paris (publié le 26/08/2013)

 

 

Maryse Licette

- Combien, vite, je t'aimais (publié le 01/08/2013)

 

 

Cypora Herszhorn

- Printemps à Paris (publié le 15/07/2013)

- Canicule (publié le 12/08/2013)

 

AnPra

- Adieu Paris (publié le 25/07/2013)

 

Oguène

- Montmartre (publié le 18/07/2013)

 

Marièva Sol

- Parime (publié le 15/07/2013)

 

Christian Lafont

- Voir Montmartre et en rire (publié le 22/07/2013)

 

Yves P. Picart

- Belleville (publié le 29/07/2013)

- Filature (publié le 19/08/2013)

 

Fabienne Schmitt

- Ode capitale d'août (publié le 05/08/2013) 

 

Benoit Dumont-Gimenez

- Le Peletier (publié le 15/08/2013)

 

 

Alain Briantais

- Jardin des Batignolles (publié le 22/08/2013)

 

Michèle Lassiaz Chambon

- Couleurs (publié le 08/08/2013)

 

Sabine Kahsay Habtemichael

- Parivages (publié le 30/08/2013)

 

 

La reprise de notre Blog associatif sera effective dès le
02 septembre 2013, avec une nouvelle interview de Monsieur X
qui délivrera les nouveautés proposées par notre association
ainsi que la continuité de toutes nos actions…

 

 

Mais, d’ici là :

 

 

 

 

Bonnes vacances,

 

 à toutes et à tous!

 

 

 

bech

 

 

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« Il était tard ;

ainsi qu’une médaille neuve
la pleine lune s’étalait,

et la solennité de la nuit,

comme un fleuve sur Paris

dormant ruisselait. »

 

Charles Baudelaire

 

 

 

« Paris sera toujours Paris.

Qu’est-ce que tu veux qu’il fasse d’autre ? »

 

Frédéric Dard

 

 

 

Rhapsodie in gris

  

  de  Ysia, Plume d’encre

 

 

 

 

 

 

Rhapsodie in gris

sous le ciel de Paris

dans mon cœur retentit

du temps il fait fi

Quelque chose me dit

que que que

l’histoire n’est pas finie

mais mon âme revit

avec cette rhapsodie.

Impulsion

impulsons aux pulsions

qui pulsaient ablutions

décoiffées

Ça n’a ni queue ni tête

car j’y suis restée dans cette rhapsodie

Encore et toujours

je préfère la musique

qui ne dit pas des mots

incorrects politiques

Ce langage des sons

  vibre à l’intérieur

mieux que tous les discours,

que les mots tyranniques,

sans bourrage de mon crâne

de mon cœur de ma vie.

Nul besoin de pardon

car ce langage ne blesse

ni rime ni raison, ne parle

que de non-lieux.

Nulle chose n’est plus belle

que toutes ces émotions

qui s’articulent en sons

qui font vibrer les cordes

de mon âme assoiffée

de la vie qui l’habite,

qu’elle tente d’exprimer

en sursauts frémissants

elle y arrive,

elle qui n’est née

ni d’Eve ni d’Adam

à Paris.

 

Poème de Ysia Plume d'encre

22 novembre 2012

D.R.

 


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bech

 

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"A Paris on est étourdi par le monde;

on ne connaît que les manières,

et on n'a pas le temps de connaître

les vices et les vertus"

 

Montesquieu

 

 

"La notoriété est à la gloire

ce que le moineau de Paris

est à l'oiseau de paradis."

 

Edmond Jaloux

"les profondeur de la mer"

 

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Le temps des cerises d'espoir

  

  de  Ludovic Chaptal

 

 

Photo 

Te souviens-tu du temps des cerises d’espoir

Lorsque Paris chantait le cœur de la Commune

En élançant au ciel le drapeau rouge et noir

Qui dansait au soleil et rêvait sous la lune ?

 

L’exploitation gisait à l’ombre du mouroir,

Te souviens-tu du temps des cerises d’espoir

Quand le peuple dressa plus de cent barricades

Et que resplendissait l’honneur des camarades ?

 

De la foule marchant derrière Victor Noir

A celle qui grondait aux portes de Versailles,

Te souviens-tu du temps des cerises d’espoir

Où l’horizon voyait s’estomper les grisailles ?

 

Et jusqu’au dernier jour, jusqu’à l’ultime soir,

Jusqu’à ce que la mort ensanglante l’Histoire

Chassant un idéal avec un purgatoire,

Te souviens-tu du temps des cerises d’espoir ?

 

 

poème de Ludovic Chaptal

 

 

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Illustration de Tardi

 

 

bema

 

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« Paris n’a pas été bâti en un jour

et n’est même pas encore terminé. »

 

Chaval

 

« La Côte d’Azur est la serre où poussent les racines.

Paris est la boutique où on vend les fleurs. »

 

Jean Cocteau

 

 

Parime

  

  de  Marièva Sol

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  Marièva Sol porte un chapeau

 

 

Quatre rimes de quatre sous

Quatre bouquets pour les fleurir

Quatre rimes et par-dessous

Quatre quenott' pour un sourire

 

En dérive sur quatre rives

Quatre quais deux par deux

Quatre voûtes et quatre ogives

Pour Notre-Dame du Bon Dieu

 

Où Dieu veut moi je vais

Je le querelle et je le suis

Quand l'air du temps est trop mauvais

Je plie bagage et je m'enfuis

 

Ailleurs n'est pas pareil qu'ici

Ailleurs me plaît, ici m'ennuie

En quatre bonds je suis partie

Beaucoup plus loin trouver ma vie

 

A quatre murs pour me tenir

A quatre amours pour m'endormir

Je préfère quatre fois mourir

Si je ne peux pas repartir.

 

 Poème de Marièva Sol

D.R.

 

   Dansezmaintenantetdans la bise

  Illustration de Marièva Sol

 

 

bema

 

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"Savez-vous pourquoi

Il y a tant d’églises à Paris ? 

C’est pour permettre aux piétons

D’entrer faire une prière

Avant de traverser la rue."

 

 

Art Buchwald

 

"Pourquoi Paris ?

Paris n’a pas besoin de raison.

Paris est sa propre raison."

 

Maureen Johnson

 

 

 

 

Printemps à Paris

  

  de  Cypora Herszhorn

 

Cypora 1

 

 

Comme une étoile luit dans les yeux d’un enfant,
Une chanson d’amour dans les harpes du vent,
Tout comme la rivière s’écoule, docile,
Voici que le printemps s’en revient dans ma ville.

Le silence a gardé prisonnière sa flamme
Qui s’était égarée sur des rives lointaines,
En cherchant la lumière du soleil, son âme
Est venue accoster sur les quais de la Seine.

Du bout de l’horizon, elle embaume la ville
D’un parfum délicat dérobé aux lilas
Et l’hiver indécis, qui s’enfuit, se faufile
Entre les pierres nues, le printemps sur ses pas.

Vois, il danse joyeux, s’amusant comme un fou,
Eclaboussant les blés de carmin ou de miel,
Sur les ponts de Paris, soulevant les dessous,
Les chapeaux, les rubans s’envolent jusqu’au ciel.

Dans les jardins nouveaux, où résonnent les cris
D’alouette cendrée ou du merle moqueur,
Le chemin des allées, tapissé de rubis,
Se constelle des roses chères à mon cœur.

Dans les rues de Paris, les badeaux se promènent,
Notre-Dame ravie les regarde passer,
Sous le Pont Mirabeau, où s’écoule la Seine,
Les amants ont trouvé un doux lit pour s’aimer.

 

© Cypora Herszhorn

 (extrait de COMME UNE DOUCE MAIN)

 

 

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Photo de Bruno Manginaux

www.photo-paysage.com

 

 

bema

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« Errer est humain,

flâner est parisien. »

 

Victor Hugo

 

« Les gens s’étonnent toujours

que vous ne quittiez pas Paris l’été,

sans comprendre que c’est précisément

parce qu’ils le quittent que vous y restez. »

 

Henry de Montherlant

 

 

 

Montmartre

  

  de  Oguène

 

 

MONI SAN

 

 

Village de poche

Que j’emporte

Dans ma valoche

Aux soirs de mes errances

Et qui lorsque le Blues

Sonne à ma porte

M’accompagnant

Comme Gavroche

Sur les barricades

De ma mémoire

Jette l’ancre

Dans mon cœur

Montmartre !

 

Poème d’Oguène

Extrait de "Errances"

Collection des poètes du 18ème

 

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bema

 

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« Paris, singulier pays, où il faut

trente sous pour dîner,

quatre francs pour prendre l’air

cent louis pour le superflu dans le nécessaire,

et quatre cents louis pour n’avoir que

le nécessaire dans le superflu »

 

Chamfort

 

« Être parisien,

ce n’est pas être né à Paris,

c’est y renaître. »

 

Sacha Guitry

 

 

 

Voir Montmartre

 et en rire

  

  de  Christian Lafont

 

 

Monte là-dessus, monte là-dessus,

Tu verras Montmartre…

Quand je suis né dans le sixième,

Même en me grandissant,

Manquait pas mal d’arrondissements

Pour me hisser dans le dix-huitième,

Car on ne pouvait apercevoir

Que le jardin de l’observatoire,

Et, même en montant là-dessus,

Je n’voyais pas Montmartre.

 

Après, chez mon grand tonton,

J’n’ai vu que l’ Panthéon

Du sixième… Du sixième ?

Le panthéon, c’est dans le cinquième !

Bah oui !  Sous le toit, du sixième,

On voyait le toit du Panthéon du cinquième,

Mais d’ici, près de l’âtre,

On  n’voyait pas Montmartre.

 

D’Ormesson, je réfute,

Qu’on aperçoive la butte,

Au Mans, y’a  bien des Batignolles,

Y’avait bien des écoles,

Mais, au vu du cadastre,

Y’a toujours pas de Montmartre ;

Pour défendre ma cause,

Remonter à Paris oui ! j’ose.

 

Boulevard de Strasbourg,

Je n’suis pas assez haut,

Au pas de charge, je passe

De la Cavalerie à la Voûte

Sans même me hisser ;

Alors maintenant, je doute,

Et, comme dirait Henry Monnier,

« Si t’es à la bourre,

si t’es à la ramasse,

va  t’faire voir chez Plumeau ! »

 

 Et, nous y sommes allés,

Ma copine et moi, nous faire voir « Chez Plumeau »

A tour de rôle tout le monde était chambré

Par Roger Ruelle : Aristos, Bourgeois, camelots

Et, même tonton Robert,

Jeannette, ou bien Prosper ;

Tout le monde était en prise,

Et, il faut bien le dire,

Ici, c’était la crise,

Oui, mais la crise de rire !

 

Et puis à la Bohême,

Avec Alex, on entonnait en chœur

Toutes les chansons paillardes ;

Personne n’avait la flemme,

On y mettait du cœur

Dansant tous les quarts d’heure,

Reprenant sans pudeur,

Les chansons de « corps de garde »

Pour le prix de quelques verres,

« On ne manquait pas d’air »

 

Et actuellement, où tu vas ?

Hier j’allais à U.V.A.

U.V.A., « Kekseksà » ?

C’est peut-être pour bronzer ?

Non, c’est pour poétiser !

A cette nouvelle adresse, c’était là,

Qu’après avoir été « Interloqués »,

Nous nous étions recasés,

Mais ici, maintenant, hello !

On se retrouve au Bab’Ilo

Le rendez-vous des poètes,

Réunis pour faire la fête,

 

Sur la butte Montmartre, 

Sur la butte Montmartre…

 

 

Poème de Christian Lafont

Décembre 2007 actualisé le 16/02/2013

 

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Photographie de Lolive

"Chez Plumeau" 

 

 

 

 

bema

 

  

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« A Paris, les mois se dépensent

en menue monnaie

et quand on jette le calendrier

on est stupéfait de se trouver

ruiné sans avoir rien acheté. »

 

Edouard Estaunié

 

« Paris est une fête »

 

Ernest Hemingway

 

 

 

 

Adieu Paris

  

  de  An Pra

 

An Pra

 
 
J’aurais pu t’aimer Paris,
oui, j’aurais pu
Quand tu étais la muse, la grande inspiratrice
A toutes les utopies un territoire propice
Tes pavés ont abattu des murs
A ce moment-là, t’avais de la carrure
Dans les caves, les têtes cirées fumaient
Un coup de jaja et on se remplumait
Les titis sifflaient sur Ménil’
Et battaient la semelle à Belleville
Mais qu’es-tu devenue, Paris ?
Tu fourmillais, tu grouilles,
Tu riais, tu gargouilles
Sur tes marchés on se racontait
Aujourd’hui on s’insulte ou alors on se tait
Ça mord, ça braille sur tes trottoirs
Et sur tes boulevards, c’est un sacré foutoir
A Saint-Germain les pots d’échappement
Ont remplacé les trompettes de Boris Vian
La môme Piaf n’est plus là
Et tes bisets ne chantent pas l’opéra
J’aurais pu t’aimer Paris, j’aurais pu
Quand tu étais gouailleuse
Quand tu étais rêveuse
Quand tu prenais le temps
De vivre et de prendre le vent
Avant que tu ne vendes tes devantures
Aux multinationales du commerce mondial
Avant que tu ne t’abandonnes aux voitures
Tes artères en jouissance totale
Paris tu m’écrases au fond de tes rames
avec ces autres inconnus sans âme
Ta fière nef est devenue galère
Qu’as-tu donc à me donner ? Ta beauté ?
Tu n’es plus qu’une vieille actrice poudrée
Qui livre sa représentation fardée
Aux curieux attirés par sa renommée
Qui fait tourner ses robes perlées
Sur le fil usé d’un manège calculé
Paris, tu aurais pu me libérer
Tu aurais pu
Et alors j’aurais pu t’aimer
 
Poème de An Pra
D.R.
 
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Illustration de An Pra
 
 
bema
 

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« Le feuilleton est aujourd’hui l’omnibus

qui fait le service de Paris

au temple de la gloire ;

il part à toute heure et à tout prix.

Mais...

Ici je fais comme lui :

Je m’arrête en route. »

 

John Petit-senn

 

 

 

« Ne pouvoir se passer de Paris,

marque de bêtise ;

ne plus l’aimer

signe de décadence. »

 

Gustave Flaubert

 

 

 

Belleville

  

  de  Yves P. Picart

 

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Belleville se révèle dans le petit matin comme si rien n’avait changé pendant la nuit, comme si les guerres lointaines n’avaient pas de prises ici, en apparence.

   

Le boulanger-pâtissier impudique affiche dans sa vitrine des cornes de gazelle.

A l'angle du boulevard, brillent encore les néons rouges du "Paradis" asiatique. Des femmes arborent des affiches aux signes cabalistiques devant la boucherie où les hommes palabrent sans fin rivés sous leur casquette. Le balayeur basané a troqué son balai contre une lance à eau et, avec le même sourire au coin des yeux, taquine les chevilles des passants. Pendant ce temps, l’eau des caniveaux dévale les ruelles, joyeuse et nonchalante, nettoyant tranquillement la terre, l’air et les êtres.

 

 

Belleville, je te rêve comme les vestiges vivaces d’une Commune qui se voulait universelle, le dernier bastion local d’un espoir immortel, un hameau polymorphe, polyglotte et poly-globe. Mais qu’est-ce que tu fous isolé(e) en haut de la rive droite, toisé(e) du Montmartre au tour triste operator ? Je vais te délocaliser dans mes rêves côté cœur, te déporter en masse à la gauche du fleuve, te dériver en inversant le cours de la Seine.

 

 

Belleville, traversée d'invasions de barbares riants, impression au soleil levant de touches multicolores, arc-en-ciel ancré comme un pont sur des rives improbables, il plane parfois dans tes rues un fragment de l’esprit de Paris, un soupçon des fragrances bariolées, une paix partagée qui fait le tournoiement, l’éclat et l’âme des Nations.

 

Texte d’ Yves P. Picart

24 février 2010

 

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bema

 

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« Peut être Paris ne vaut-il

que par ses provinciaux ? »

 

François Mauriac

 

 

 

« Paris est tout petit

pour ceux qui s’aiment

d’un aussi grand amour. »

 

Jacques Prévert

 

 

 

 

 

 

Combien, vite,

 

je t’aimais

  

  de  Maryse Licette

 

 

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J’étais bien dans ma calme province

Pourquoi la quitter pour Paris ?

Quand j’arrivais Rue des Amandiers

Je fus accueillie par un infernal boucan

Tous les soirs police, ambulance, pompiers

Et les poivrots qui braillaient…

          Paris, Paris, comme, alors, je te détestais

Mais combien, vite, je t’aimais !

A moi, comme un livre d’Histoire

Sans cesse tu t’ouvrais :

Le Père-Lachaise et son mur des Fédérés

La Rue de Ménilmontant, la Rue de Belleville

Où tant de combats se déroulèrent…

Je découvrais ce quartier populaire

Avec sa foule bigarrée aux doux accents étrangers

           Paris, Paris, dans ton sillon tu m’entraînais :

Quartier de la Bastille (espiègle petit Gavroche surgissait)

Place des Vosges (hommage à Victor Hugo)

Rue de Rivoli, Hôtel de Ville

Ah ! oui, la Place de Grève (je voyais les têtes tomber)

La Seine qui, paisible, son cours suivait

(plus tard, des corps algériens elle charrierait)

Le célèbre Quartier Latin

La Conciergerie (triste fin pour l’« Autrichienne »)

Place de la Concorde, Champs-Elysées, Invalides

(Louis XIV et Napoléon revivaient)

Le Pont Alexandre III (symbole de l’amitié franco-russe)

La Tour Eiffel, bien sûr, la « dame » la plus célèbre

(combien d’encre, à sa naissance, elle a fait couler !)

Qui veille sur la ville adulée

La Butte Montmartre du Sacré-Cœur couronnée

Rendez-vous des touristes et des peintres

(pensent-ils parfois aux Communards

qui, courageux, sous les balles tombèrent ?)

 

          Paris, Paris, ville aussi des Arts

Ville de l’Amour pour les étrangers

Tu ne finis pas de m’étonner…

Mais comment, donc, ai-je pu te détester ?

Te quitter pour m’expatrier ?

 

          Révolution, Commune, Mai 68…

Je referme mon livre d’Histoire…mais

Pour retourner à Montmartre,

Avec ses vignes célèbres

Et sa Ruche non moins célèbre

Où les abeilles, nombreuses, viennent butiner

Tous les  arts confondus, à longueur d’année…

 

          Paris, Paris,

Combien, vite, je t’aimais !                                                       

 

 

 Poème de Maryse Licette ,

le 24 mai 2013

  D.R.

 

 

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be

 

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« Compte tenu du nombre de bouchons,

Paris a bel et bien été mis en bouteille. »

 

Régis Hauser

 

 

 

 

 

« Le vrai parisien n’aime pas Paris,

mais il ne peut vivre ailleurs. »

 

Alphonse Karr

 

 

   

 

Ode capitale d'août

  

  de  Fabienne Schmitt

 

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La ville dégrafe son corsage

Et se détend le long des quais

Entre le soleil et l’orage

Paris se tait…

 

Délestée de ses résidents

Elle fait dorer ses  pavés gris

En oubliant son fil du temps

Paris sourit …

 

Sur ses trottoirs abandonnés

De vieux êtres courbent le dos

Seuls témoins dans certains quartiers

Paris a chaud …

 

Moi aussi j’ai plié bagage

Vidé les tiroirs de ma tête

Embarqué vers d’autres rivages

Paris s’embête…

 

J’ai laissé aux grands de la terre

 Le combat des douleurs du monde

Toutes ces erreurs qui désespèrent

Paris se plombe …

 

J’ai enterré toutes les rigueurs

L’I pad et les ordinateurs

Les obligeants, les obligés

Paris se leurre

 

Ainsi je suis restée cachée

Le corps posé sur l’infini

De l’écume et les yeux fermés

Paris s’oublie…

  

 

Puis ma paresse bien essorée

J’ai laissé la vague à sa lame

Retour aux figures imposées

Paris se pâme

 

 

Des bruits gris ce matin m’éveillent

Senteurs de cahiers et de craie

Couleurs aimées de mon enfance

Paris  renaît …

 

 

Pourquoi j’éprouve tant de plaisir

Dans cette ville où tout me plaît 

Même les jours de mauvais jours

Paris le sait …

 

  Poème de Fabienne SCHMITT  

© copyright Fabienne Schmitt - tous droits réservés –

 

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bema

 

Log Plein..

 

« Le métro de Paris,

gigantesque ver luisant sur les toits de Paris,

a tissé des fils d’argent. »

 

Edith Piaf

 

 

« Mais Paris est un véritable océan.

Jetez-y la sonde,

Vous n’en connaîtrez jamais la profondeur. »

 

Honoré de Balzac

 

 

 

 

 

Couleurs

  

  de  Michèle Lassiaz-Chambon

 

Michele

 

à Hervé

Des touches de couleurs serrées sur un trottoir

De la rue Montorgueuil

Des agglutinés bavant devant un saltimbanque

Des badauds déambulant fontaine des Innocents

Des croquants de la Butte Montmartre

Des amerloques sur les Champs

Des mitrailleurs de la gâchette, parvis Notre-Dame

Des fanfares bruyantes rue de Buci

C’est ça Paris

 

Des traînards, rue des Lombards

Des fêtards, rue de Lappe

Des routiers vieillots à Montreuil

Des sans lendemains dans le métropolitain

Des noceurs aux Quatre Chemins

Des farceurs à Saint-Germain

C’est ça Paris

 

Des foules bigarrées des Puces de Clignancourt

Des impromptus rue Saint-André des Arts

Des bourlingueurs fontaine Saint-Michel

Des hirsutes, des paumés, des faiseurs

Des harangueurs au forum Pompidou

C’est toujours ça Paris

 

   Des bon chic, bon genre de la rue de Passy

Des africaines enrubannées, nattées

Vendant leur maïs cuit au marché, rue de Jean

Des boutiques d’étoffes chatoyantes de la Goutte d’Or

D’où s’échappent des djellabas

Des kyrielles de restaurants asiatiques

Grimpant rue de Belleville

Et des boutiques alléchantes

Aux odeurs d’Orient, passage Brady

C’est aussi ça Paris

 

L’église rustique, tranquille de Saint-Médard, rue Mouffetard

L’échappée de Saint-Eustache

  Et l’humble Saint-Julien-le-Pauvre

L’indéfinissable Notre-Dame

L’insolite pâtisserie, basilique du Sacré-Coeur

L’élégante Sainte-Chapelle

La raffinée Saint-Séverin

Et la modeste église des Billettes

C’est encore Paris

 

Ceux qui vous bousculent sans vous voir

Ceux qui ne voient rien

Harassés par le train-train

Ceux qui frémissent de bonheur

A rêvasser sur la passerelle des Arts

 

Ceux qui s’avachissent sur les grilles des bouches de métro

Ceux qui boivent au goulot

Ceux qui n’ont plus rien

Que la désespérance, métro Rambuteau

Ceux qui sourient encore

Au bonheur de regarder les promeneurs

Jardin du Luxembourg

Et ça, c’est encore Paris

 

  Poème de Michèle Lassiaz-Chambon

Extraites de "Fleurs et pleurs"

 

 

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Photo de Kikifacenelson 

 

bema

 

 

Log Plein.. 

 

 

« Voici, jusqu’au milieu du ciel Paris,

le premier port des hommes.

Quai de la Seine avec leur pêche aux livres ;

Luxembourg, paradis des nourrices ;

Tour Eiffel, la girafe des tours. »

 

Jorge Carrera Andrade

 

« Ajoutez deux lettres à Paris :

C’est le paradis. »

 

Jules Renard

 

 

Canicule

  

  de  Cypora Herszhorn

 

Cypora 5

 

Avec un doigt posé sur les lèvres du jour,
Ses cailloux se consument au feu de midi,
Suffoquant est l’été sous les toits, dans les cours,
Et s’il retient les mots, l’ennui s’y assoupit.

La Seine s’étire sous le Pont Mirabeau,
Juste un merle s’émeut du silence des rues,
Si les quais sont déserts, voici qu’au fil de l’eau,
Délaissant sa couvée, un canard s’est perdu.

Les péniches s’en vont leurs maisons sur le dos,
Notre-Dame, déçue, les regarde passer,
Se disant, qu’elle aussi, en lui tournant le dos,
Irait bien vers la mer en laissant la Cité.

Les pigeons, du donjon qui surplombe la ville,
Ecoutant s’égrener les heures au clocher,
S’enfuient, indifférents aux minutes qui filent,
Au bruit, comme aux badauds sur les bancs désertés.

Alors, Paris s’endort sous le poids de l’ennui,
Dans l’espace fiévreux, le bitume s’enflamme,
Derrière les volets, on attend que la pluie
S’en revienne apaiser le brûlant macadam…

…Mais, voici que le soir boit la sueur des vitres
-Comme un linge posé sur le front d’un enfant-
Et s’épuise le jour que la nuit, d’une épître,
Vient charmer de ses vers sous la lune d’argent.

 

© Cypora Herszhorn

(extrait de LE MONDE A MA FENETRE)

 

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  Photo de Houpline/Sipa

 

 

bema

 

Log Plein..

 

« Paris est la ville où les caniveaux

Sont les plus propres du monde

Parce que les chiens les respectent. »

 

Alain Schifres

 

« Paris, point le plus éloigné du Paradis,

n’en demeure pas moins le seul endroit

où il fasse bon désespérer. »

 

Emil Michel Cioran

 

 

 

Le Peletier

 

de  Benoit Dumont-Gimenez

 

 

Photo 067

 

Sous le mât du Cros val d'osne

Qu’une boule blanche jalonne

Y a la station Le Peletier

Avec une bouche en fer forgé.

 

Sa mauvaise haleine de métro

crache son flot de parigots

Et étale en rue de Paname

Un vomis de corps et d’âmes.

 

Le sac et ressac de la foule

Dans les escaliers s’enroulent

Aux humides relents ventilés

Des ténébreuses veines bondées.

 

Toutes les deux minutes,

La foule se culbute

Pour de la bête s’extraire

De sa trachée-artère.

 

Un mec, le nez dans la lecture,

Se cogne sur une belle créature.

Pardons et regards se mélangent

En  l’attirance de deux anges.

 

Mais leurs désirs est illusoire

Ils étaient en congé probatoire

Le retard n’a pas le temps

A profiter d’un instant.

 

Et dans toutes les rues si grasses,

Les laves de vie coulent en mélasse

S’extirpent moites des entrailles

Et s’évaporent dans la grisaille.

 

 

Poème de Benoit Dumont-Gimenez

Extrait de "Le bistrot des poèmes", 2010

 

Paris-Metro.jpg

Photo de Gérald Colangelo

www.yanluo.net  

 

 

bema

 

Log Plein..

 

 

« Dieu a inventé le Parisien

pour que les étrangers ne puissent rien comprendre

aux français. »

 

Alexandre Dumas

 

 

 

« Conduire dans Paris,

c’est une question de vocabulaire. »

 

Michel Audiard

 

 

Filature

  

  de  Yves P. Picart

 

 

2122118

 

Le filé           -"Je consulte ma montre, quai de l’horloge.
                     Serai-je à 14h rue du Cherche Midi ?"

Le filant            -"J’échafaude mon plan, rue Descartes"

Le filé           -"Je gare mon clou quai de la gare"

           

Le filant            -"Je l’aperçois et le prends en filature, rue de l’Observatoire"

Le filé           -"Je fais mine de rien, rue des Innocents"

Le filant            -"Je joue les bons apôtres, boulevard Pasteur"

Le filé           -"Pour être leste je n' avale rien, rue de la gare de l’Est"

Le filant            -"Je le suis prudemment, rue Pas de Loup"

Le filé           -"Il me pousse des ailes, boulevard St-Michel !"

 

Le filant            -"J’enfile des bottes, rue de Nevers"

Le filé           -"Je file au trot, rue de Longchamps"

Le filant            -"Il accélère rue du Sacré-Cœur, le mien bat à 120"

Le filé           -"Je force le pas, rue du pas d’Enfer"

Le filant            -"Je m’engouffre, rue de Padirac"

Le filé           -"Je cours comme un lapin, rue de la Garenne"

                       

Le filant            -"Je remonte le courant, rue Foucaud et augmente l’intensité, rue Ampère"

Le filé           -"Parvenant à me défiler, rue des Dardanelles, je réussis à le perdre,
                     rue du Nord"

Le filant            -"Il m’a semé ! Quand y’a un pépin, c’est toujours pour ma pomme,
                         rue Newton !"

                                   

Le filé           -"Je m’arrête dans un bar, rue des écluses"

Le filant            -"Je m’égare, salle des pas perdus"

Le filé           -" Je vais de droite et de gauche, rue Serpente"

Le filant            -"Je me cabre et je brais, rue du Pas de la Mule"

Le filé           -"Je tire des bords, rue de Louvois; j'en ai le tournis, rue de Tournon."

Le filant            -"Je la croyais droite et pourtant elle tourne, la rue Galilée"
Le filé           -"Je m’étonne de voir voler des moimeaux rue Desnouettes."

 

Le filant            -"Le voilà : il sort de sa coquille, rue Saint-Jacques"

Le filé           -"Le voilà et ça se corse, rue d’Ajaccio"

Le filant            -"Il tente un croque-en-jambe, venelle du Faucheur"

Le filé           -"Je prends un coup d’assommoir, rue Emile Zola"

Le filant            -"Je prends un coup de froid, rue de la Glacière"

Le filé           -"Je lui donne des coups, rue Ramponneau"

Le filant            -"Je lui donne un coup de bec, rue Lepic"

Le filé           -"Je souffre le martyr, rue du Calvaire"

Le filant            -"Je me fais un beau bleu, rue du Danube"

Le filé           -"Je résiste, rue de Verdun"

Le filant            -"Je lui en colle un long, rue Caulaincourt"

Le filé           -"Dans l’allée des Refuznikes, ta mère aussi !"

Le filant            -"Il prend la fuite, rue de Varennes"

Le filé           -"Je suis au bout du rouleau, rue de la Pompe,"

Le filant            -"Je vini, vidi, rue de Vinci"

Le filé           -"Je contessssssss-ste, rue de Ségur mais je me rends, rue d’Alésia "

Le filant              -"Je le coiffe"

Le filé             -"Et on fait copain-copain"

 

Le filant et le filé    -"Rue du Poteau!!!"

 

Texte écrit par Yves P. Picart

D.R.

 

Cette scène fut joué lors du Printemps des poètes 2012

par Didier Laloux et Eric Tournecuillert

 

 

be

 

Log Plein..

 

« Paris, ville de plaisirs,

où les quatre cinquièmes des habitants

meurent de chagrins »

 

Chamfort

 

 

 

« L’air de Paris est si mauvais

que je le fais toujours bouillir

avant de respirer. »

 

Erik Satie

 

 

 

 

Jardin des Batignolles

  

  d’  Alain Briantais

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 009

 

Jardin des Batignolles
un banc
au soleil de midi
il se laisse bercer
sous l’astre chaud
sous l’objectif
d’une amie photographe

le printemps pour témoin
il a retiré ses lunettes

se laisse deviner

 

Jardin des Batignolles
dans sa longue esquive du soir

le même banc
il regarde les photos
les étudie de près

est-ce lui ?

il rougit

sourit un peu
il n’a jamais été aussi beau

ça le trouble

et l’enchante à la fois

 

Jardin des Batignolles
dans la nuit blafarde
et sous le chuchotement des arbres
plus d’interdit

il a franchi la grille

il sera demain Hamlet

Arlequin
et tant d’autres

 

Jardin des Batignolles

dans le matin bienveillant

sous le regard délicieux
des azalées grandiloquentes
et des camélias timides

Il sera lui-même

lui-même plus que tout

et c’est déjà beaucoup

 

Poème d’Alain Briantais

DR

 

 


 

 

bemaal

 

 

Log Plein..

« A Paris , il y a les impôts sur tout,

on y vend tout, on y fabrique tout,

même le succès. »

 

Honoré de Balzac

 

« Paris sera bientôt la seule ville au monde,

ou, au réveil, on pourra entendre

les petits oiseaux tousser. »

 

Pierre Doris

 

Paris

  

  de  Ysia Plume d'encre

 

  

 

 

Je suis Paris, arcades des ponts,

la grande ville à l’horizon

la foule des toits d’où émergeoient

coupoles et tours des anciens jours

Sous nuages gris ciel de Paris

qui unifie, noie tout de gris

je suis la masse où tout se poisse

dans les bas-fonds, sous tous les ponts

Je suis Paris

gris des pavés noir des trottoirs

des pas pressés toujours en retard

D’aube de chez blême en nuits qui règnent

j’étire mon gris poussière souris

Je suis Paris

Le soir éclaire sans avoir l’air

d’autres lumières – des éphémères

sursauts de vie –  et se ranime

toute la frime sort de l’abîme

de nouveau. Rime de mes envies

Paris je chante Paris je danse

Paris je pense aux mélodies

Paris je joue je reprends goût

et je déjoue, Paris, ton gris

En une farandole mes chevaux décollent

du jour qui raffole de l’éternel gris

Mes rideaux se lèvent sur un choix de rêves

vers lesquels s’élèvent les gris de Paris

Mes façades s’éclairent de toute la lumière

de la nouvelle ère en une féerie

et mes enjambées de ponts éculés

par-dessus les quais m’évadent de ton gris

Paris

 

Poème d'Ysia Plume d'encre

 5 janvier 2013

D.R.

 

Paris

Illustration d' Ysia Plume d'encre 

 
 

Log Plein..

 

 

« Tour Eiffel,

guitare du ciel »

 

Vicente Huidobro

 

 

« On ne choisit pas ses parents,

on ne choisit pas sa famille,

on ne choisit pas non plus

les trottoirs de Manille, de Paris ou d’Alger

pour apprendre à marcher. »

 

Maxime le Forestier

 

 

Parivages

  

  de  Sabine Kahsay Habtemicael

 

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A mes pieds s’étend une mer
Faite de brique et de tôle
Ponctuée çà et là
D’une île peinte en vert
Qui s’étire telle un chat
Qui ronronne et qui miaule
 
Au coin de l’horizon
Jaillissant de l’écume
Un immense aiguillon
Taquine les nuages
Comme pour faire naître l’orage
Au-dessus du bitume
 
A mes pieds s’étend une mer
Faite de brique et de tôle
Océan éphémère
Dont les embruns me frôlent
 
Les reflets acier et tomette
De ses flots immobiles
Font écho au soleil
Suspendu à un fil
Le monde se réveille
Sur un air de guinguette

A mes pieds s’étend une mer
Faite de brique et de tôle
Mes rêves ont leur repaire
Au creux de son épaule

Et moi je la surplombe 
Mes pieds dans les remous
Je respire la fraîcheur
Du matin aigre-doux
J’ai déposé mon cœur
Sur l’aile d'une colombe
 
 
Poème de Sabine Kahsay Habtemicael