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Nouveaux et derniers poèmes de l'été

«Si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente. »
Jules Renard -Journal -et Dictionnaire
de citations de langue française
« Le soleil brille plus en été parce qu'il est un peu moins gêné par la neige.»
Jérôme Duhamel - Le dico tout fou
des Ecoliers


Pieds d'août
de Fabienne Schmitt
Mes doigts de pieds sont en trêve
Ils ont quitté mes souliers
Au grand bonheur de mes pieds
Qui depuis des mois en rêvent
Mes doigts de pieds sont en liesse
Ils se mettent en éventail
Quand je m’étire et je baille
Emportée par la paresse
Mes doigts de pieds sont contents
Ils sont en tenue de plage
Se la jouent en coquillages
Sous la caresse du vent
Mes doigts de pieds sont vernis
C’est pour eux la vie en rose
Ils prennent même la pause
Sous le soleil qui sourit
Mes doigts de pieds se baladent
Ils barbotent dans la mer
Et moi je me sens légère
Les yeux noyés dans la rade.
Fabienne Schmitt DR
Inédit- août 2019- tous droits réservés


«On pense à moi pour une place mais par malheur, j'y étais propre; il fallait un calculateur, ce fût un danseur qui l'obtint.»
Beaumarchais -Le Mariage de Figaro-
« Il n'est pas certain que tout soit certain»
Pascal-Pensées et Dictionnaire des citations
de langue française


A contre-courant...
pour Eric, de Pédro Vianna
je suis né à contre-courant
j’aurais dû être saumon
pour remonter le fleuve
je suis né humain
pour le meilleur et pour le pire
condamné à vivre hors de l’eau
que faire
il faut vivre sa souffrance
pour ne pas se faire dévorer par elle
et parvenir à se faire
malgré elle
on a toujours sa part de responsabilité
dans tout ce qui survient
il ne faut pas s’en faire
pour pouvoir y faire
quelque chose
on est toujours quelque part
l’irresponsable d’autrui
Pedro VIANNA DR
Paris,19.V.2019
In -De l'inadéquation des choses-


« La lune brillait dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l'ont point reçue.»
Nouv. Test. Jean- I ,5 -(Oltramare)
« Quand la lune est pleine, ça veut dire qu'il y a beaucoup de monde dessus»
Jérôme Duhamel- Le Dico tout fou
des Ecoliers-


Haïkus ou presque !.......
de Claudine Vanlé
Clarté d’argent, sur l’onde noire.
L’air s’est allégé,
la lune est levée.
L’air s’arrête de trembler
La lumière suspendue
Fait briller le soir qui tombe
Fracas d’étoiles dans le ciel,
La lumière crépite,
Feu d’artifice et de joie.
Claudine Vanlé DR
2019


«Le ciel, la terre, mille et mille choses sont nés
de l'existence et l'existence est née du néant.»
Li Eul, dit Lao-Tseu - Anthologie de
la littérature chinoise, par Sung-Nien-Heu-
« La Beauté est une source inépuisable de joie pour
qui sait la découvrir. »
Alexis Carrel - L'homme cet inconnu -


Depuis le chemin de crête
d' Eric Meyleuc
depuis le chemin de crête
reflet
du coq chantant
à l’horizon
le feulement sidérant de l’aube écorchée vive
au détour des mamelons en arêtes
de murailles apeurées
aux aguets
qui s’abreuvent au crépuscule
du soleil décapité
pour le coup
dépité
Eric Meyleuc DR
absent/présent by Pedro Vianna
08/01/ 2016-Inédit-


« Et comme chaque jour, je t'aime davantage,
Ajourd'hui plus qu'hier, et bien moins que demain.»
Rosemonde Gérard - Les Pipeaux
« ... Et l'amour qui meut le soleil et les autres étoiles»
Dante - in La divine comédie; Le Paradis-


Se dire "Je t'aime "
d' Elisabeth Regenet - Capuana
Comme c’est étrange de se dire : "je t’aime" !
il en aura fallu du temps
il en aura fallu des décennies
des chagrins
des joies
des choix hasardeux
des choix malheureux
des choix heureux
des petits et des grands moments d’une vie
pour finalement,
arriver à s'accepter
se supporter
et se regarder dans un miroir
face à face
sans pudeur
sans regrets
sans remords
juste dire
"je t'aime"
comme tu es
comme tu as été
et même comme tu seras
jusqu'à ton dernier souffle.
Elisabeth Regenet-Capuana DR
La Tortue à plumes


« La nue se déchire, et l'éclair trace un rapide losange de feu. Un vent impétueux, sorti du couchant, roule les nuages sur
les nuages;les forêts plient;le ciel s'ouvre coup sur coup; et à travers les crevasses, on aperçois de nouveaux cieux et des campagnes ardentes. »
Chateaubriant,-Atala -
Dictionnaire de citations de langue française
«Quand il y a un orage avec de la foudre, il faut se mettre à plat ventre sous la terre et arrêter de monter dans les arbres. »
Jérôme Duhamel-Le
Dico fou des Ecoliers


Orage assassin
d' Alain Briantais
Des souvenirs lointains
Me revient la folie
Des monstrueux engins
Qui défaisaient mon lit
Ils déformaient ma course
Ils arrachaient ma mousse
Mais que veulent donc les hommes ?
Mais que veulent donc les hommes ?
Quelques-uns ahuris
Connaissant mon refrain
Filèrent à la mairie
Hurlèrent à tous les saints
Peine perdue mes amis
Les dangereux desseins
Qu’on projette en mairie
Ignore mon chemin
Je n’avais pas la frousse
J’interrogeais ma source
À quoi rêvent les hommes ?
À quoi rêvent les hommes ?
Quand l’orage assassin
Gronda à l’infini
À faire fuir tous les chiens
Tout le jour devint nuit
On entendit les cris
Jusque dans le lointain
Et puis le ciel s’ouvrit
Sur le rouge de mes reins
Je subit la secousse
Je n’avais nulles ressources
À quoi tiennent les hommes ?
À quoi tiennent les hommes ?
Du soir jusqu’au matin
Dans mes eaux démolies
Ils cherchèrent de leurs mains
Tous leurs enfants partis
Et puis la ville repris
Son train-train quotidien
Mais j’ai mon cœur qui tousse
Je vous confie en douce
Il me prend le chagrin
Quand la pluie en furie
Saccage les destins
Devient voleuse de vie
Alain Briantais DR
2018


«Il faut laisser le passé dans l'oubli, et l'avenir à la providence.»
Bossuet - Oeuvres- et
Dictionnaire de citations de langue française
«Quand on est mort, c'est pour toute notre vie. »
Jérôme Duhamel
Dico fou des Ecoliers


Occis-mort
de Sylvie Hérout
Chaud et froid feu et glace
Chaque matin quand le soleil est roi
Juste après que j’en ai accueilli la puissance
La pensée de toi m’étreint
Trois pas de plus et le soleil s’éteint
Et ton absence est là…
Quand j’aperçois l’endroit exact
Où l’on s’est retrouvés
Et si vite perdus
Longtemps perdus de vue
Perdus de vie trop vite
En moi la lumière s’endeuille
Un vide chaque jour se creuse
Pourquoi si tôt partir ?
Brilles-tu quelque part et je ne le sais pas ?
Sylvie Hérout DR
2018


« Les gens malheureux ne connaissent pas
leur bonheur »
Pierre Desproges-- Manuel de savoir vivre
à l'usage des rustres et des malpolis
« Je hume à longs traits le vin du souvenir »
Charles Baudelaire - Les Fleurs du mal-

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Les caresses de l'Ebre
de Tristan Zandona
Il me revint un jour funèbre,
Au cimetière d'un village,
Sur les bords du fleuve de l'Ebre,
Où l'on enterrait de vieux sages;
Un lieu où les marbres frileux,
Gravés de la même sentence,
Guident les esprits fielleux,
Sur les voies de la repentance;
Un lieu où le souffle du fleuve,
Suivi d'un doux parfum de fleurs,
Effleure les larmes des veuves,
Emportant ainsi leur douleur;*
Un lieu où les noires corneilles,
Gardiennes des sépultures,
Qui, de ces morts sont les oreilles,
Chantent leur hymne à la nature;
Il me revient un jour funèbre,
Au cimetière d'un village,
Sur les bords du fleuve de l'Ebre,
Où l'on m'enterrait, moi, le sage.
*Le vent emporte aussi les allitérations en fin de vers.
Tristan Zandona DR


« Le métro de Paris, gigantesque ver luisant,
sur les toits de Paris, a tissé des fils d’argent. »
Edith Piaf
« Mais Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde,
Vous n’en connaîtrez jamais la profondeur. »
Honoré de Balzac

Couleurs
de Michèle Lassiaz-Chambon
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à Hervé
Des touches de couleurs serrées sur un trottoir
De la rue Montorgueuil
Des agglutinés bavant devant un saltimbanque
Des badauds déambulant fontaine des Innocents
Des croquants de la Butte Montmartre
Des amerloques sur les Champs
Des mitrailleurs de la gâchette, parvis Notre-Dame
Des fanfares bruyantes rue de Buci
C’est ça Paris
Des traînards, rue des Lombards
Des fêtards, rue de Lappe
Des routiers vieillots à Montreuil
Des sans lendemains dans le métropolitain
Des noceurs aux Quatre Chemins
Des farceurs à Saint-Germain
C’est ça Paris
Des foules bigarrées des Puces de Clignancourt
Des impromptus rue Saint-André des Arts
Des bourlingueurs fontaine Saint-Michel
Des hirsutes, des paumés, des faiseurs
Des harangueurs au forum Pompidou
C’est toujours ça Paris
Des bon chic, bon genre de la rue de Passy
Des africaines enrubannées, nattées
Vendant leur maïs cuit au marché, rue de Jean
Des boutiques d’étoffes chatoyantes de la Goutte d’Or
D’où s’échappent des djellabas
Des kyrielles de restaurants asiatiques
Grimpant rue de Belleville
Et des boutiques alléchantes
Aux odeurs d’Orient, passage Brady
C’est aussi ça Paris
L’église rustique, tranquille de Saint-Médard, rue Mouffetard
L’échappée de Saint-Eustache
Et l’humble Saint-Julien-le-Pauvre
L’indéfinissable Notre-Dame
L’insolite pâtisserie, basilique du Sacré-Coeur
L’élégante Sainte-Chapelle
La raffinée Saint-Séverin
Et la modeste église des Billettes
C’est encore Paris
Ceux qui vous bousculent sans vous voir
Ceux qui ne voient rien
Harassés par le train-train
Ceux qui frémissent de bonheur
A rêvasser sur la passerelle des Arts
Ceux qui s’avachissent sur les grilles des bouches de métro
Ceux qui boivent au goulot
Ceux qui n’ont plus rien
Que la désespérance, métro Rambuteau
Ceux qui sourient encore
Au bonheur de regarder les promeneurs
Jardin du Luxembourg
Et ça, c’est encore Paris
Michèle Lassiaz-Chambon DR
Extrait de "Fleurs et pleurs"


«Quand on n'a besoin que de peu de choses, un rien suffit et quand un rien suffit, on n'a pas besoin de grand chose.»
Pierre Dac - Pensées éparses-
« Dans le temps les misérables se nourrissaient principalement de la poésie de Victor Hugo»
Jérôme Duhamel- Le Dico
tout fou des écoliers-


Il était un poème...
de Christian Lafont
ll était un poème
dont apparemment, le thème
suggérait des omissions
dans notre parcours de vie
de simples approximations
ou de la pure fantaisie ?
seulement des sensations
ou de la chiromancie,
emprunt d’affabulations
et vraie mélomanie
dans une composition
à l’allure indéfinie…
il était un poème
vraiment circonstancié
et quel était le thème ?
j ‘sais pas, j’ai oublié…
Christian LAFONT DR
PleinSens n° 45 "L'Oubli" Mai 2019


« Je ne l'aime pas parce qu'il est bon,
mais parce qu'il est mon petit enfant.»
Rabindranath Tagore - Le Croissant
« Le plaisir le plus délicat est de faire celui d'autrui.»
Jean de La Bruyère - Les Caractères -

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Mon enfant
de Laurent Kiem
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La peur n’est rien La connaitre est savoir d’où elle vient.
Et des chiens et des loups…du dressage, je m’en fous Mon enfant Prends de moi ce qu’il te plaît Je sais, déjà, être le gardien De ceux qui oublient que tu es mon enfant
De leurs larmes, de leurs cris, de leurs drames…je m’en fous
Tu le sais, mon enfant, Je suis le barrage Qui retient toute l’eau pour apaiser ta soif Et ne pas rencontrer la sécheresse de ceux qui n’ont faim que pour leur seul ventre
Mon enfant Tu es le centre de mon monde Va ou tu veux, quand tu veux je m’en fous Je suis là toujours Lorsque tu reviens
Et si parfois, fatigué, tu t’endors près de moi Tout à ta sensualité comme une fleur tout auprès de mon cœur Je t’encourage à grandir, je t’encourage à t’éveiller Pour connaitre l’amour comme avec ta mère, Nous nous sommes aimés
Mon enfant La peur n’est rien La connaitre est savoir d’où elle vient
Et des chiens et des loups… du dressage, je m’en fous
Je ne te demande rien Fais ta vie comme va le destin Je te fais part comme l’initiation Mon enfant Belle révélation Née par le désir Et à qui j’ai donné tout ce que je sais faire Loin d’une apocalypse Tes joues roses La grâce Quelques mots Joie de vivre
Le miel Qu’il y a entre nous Est plus fort que les jours pour lesquels je m’en fous Et je ne lâche rien Car pour un seul péril Ma haine est pareille à un sein
Et des chiens et des loups… du dressage, je m’en fous
Mon enfant
|
Laurent Kiem DR


« On élève les vers à soie pour produire de la laine. »
Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou
des Écoliers-
«Heureux qui, dans ses vers, sait d'une voix légère
Passer du grave au doux, du plaisant au sévère»
Nicolas Boileau -L'Art Poétique--


Fileuse de Vers
de Sylvie Hérout
Aller chercher en soi le fil gisant entremêlé.
Trouver l'extrémité en fouillant, tiraillant.
Explorer.
La saisir et tirer.
Alors, brin à brin la pelote s'évide.
Un mot entraîne l'autre, articule une phrase,
accouche d'une image qui fait vivre une idée.
L'idée on la connaît ou l’on croit la connaître ;
mais les mots pour la dire on les cherche,
les tricote, les assemble.
Parfois ils nous étonnent, parfois ils nous ressemblent,
et l'idée se transforme.
Bien souvent ils s'imposent. On ne sait pas pourquoi.
L'ordre on ne le connaît pas,
mais comme pour la pelote, ombilic enroulé,
tout remonte et ressort.
Tout se tisse point à point, mot à mot, jour à jour.
Le temps importe peu.
On a perdu le fil ? L'ouvrage est arrêté ?
L'aiguille est en suspens, l'encre sèche, on attend.
On espère qu'encore le fil se défile, nœud à nœud dénoué.
Et le fil de la plume trace sur le papier,
à son rythme hésitant,
la trame d'une vie.
Il persiste et il signe.
Sylvie Hérout DR
2019


« Il y a des livres dont il faut seulement goûter, d'autres
qu'il faut dévorer, d'autres enfin, mais en petit nombre,
qu'il faut, pour ainsi dire, mâcher et digérer. »
Sir Francis Bacon- Essais sur l'étude-
« Un beau livre, c'est celui qui sème à foison les points d'interrogation»
Jean Cocteau - in Dictionnaire de citations
du monde entier -


Ce vieux bouquin
mon meilleur copain
de Jean-Dominique Dupont
Je t’ai rencontré un beau matin de juin
Sans qu’il me souvienne
Si c’était quai des Grands Augustins
Ou sur les rives magiques de l’lle
Au fil de laquelle je flânais complice de la Seine
Qui batille sur ses rives
Nonchalamment au cœur de la ville
Sous l’œil encore embué des chalands
Et le regard amusé des bouquinistes
Qui avaient au vent du large ouvert
Le secret des petits tabernacles verts
Etalant au grand jour
Comme dans une kermesse
Un capharnaüm de vieux bouquins
Serrés dans des boîtes
Qui leur servaient d’écrin
Je t’ai déniché dans une boîte
Tu étais habillé en maroquin
J’ai bien vu que t’avais essuyé
Force grains et lourds chagrins
Que tu étais passé de main en main
A te voir écorné comme un vieux bouquetin
Je voulais faire un bout de chemin
Je t’ai feuilleté dans ma main
Et t’es devenu mon meilleur copain
Comme le chemineau de Richepin
Jean-Dominique Dupont DR
(in ...)


« Dans un mois, dans un an, comment souffriront-nous, Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ? . »
Jean Racine - Bérénice-
« La vie est pleine de choses qui blessent le coeur.»
Madame de Sévigné -
Lettres


Les mots bourreaux
de Colette Sauvanet
Quand les mots
voilés par la pudeur
Ne savent démêler les fleurs de la fureur
Ils deviennent bourreaux
au fond de mon cœur
Quand le cœur à son tour
Privé de mots d’amour
Se réveille orphelin
Dans le petit matin
Privé du moindre mot
Se ferait-il bourreau
Brandissant son couteau
Sur mes paradis
Débordants de non-dits ?
N’apparaît alors qu’un long silence langueur
Non pas tant plein de rancœur
que de muettes douleurs
au plus profond de mon cœur !
Colette SAUVANET DR
(in BULLES)


« La mélancolie est donc le plus légitime
de tous les tons poétiques »
Edgar Allan Poe-- Genèse d'un poème-
et Dictionnaire de citations du monde entier
« L'absence est à l'amour ce qu'est au feu
le vent; il éteint le petit, il allume le grand»
Bussy-Rabutin - L'hitoire amoureuse des
Gaules- et Dictionnaire de citations de langue française

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La page blanche
de Tristan Zandona
|
Elle ne quitte jamais son silence, Et me fixe d'un air salutaire, Or, dans mon incurable dolence, Je reste le seul dédicataire, D'une page sans rime, sans vers, Aux secrets nullement découverts;
Poète ! Comment puis-je savoir, Ô démiurge à la rime angélique, Pourquoi l'encre refuse de choir, Sur cette feuille cadavérique ?
Eraton maîtresse du lyrisme, Préserve tes fidèles dévôts, De l'impitoyable prosaïsme, Et confère leur un renouveau;
Anselot, Mallarmé, Corbière, Oui, tous redoutèrent la blancheur, D'une vierge feuille meurtrière Rivale de ces divins prêcheurs;
Moi, je la combats la plume en main, L'assaillant de strophes qui abondent, Hier, aujourd'hui et puis demain, Jusqu'à ce que mon encre s'estompe |
Tristan Zandona DR


«On a remarqué que les fonds sous marins
préfèrent vivre sous la mer. »
Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou
des Écoliers-
« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu
avant de renvoyer la lumière »
Jean Cocteau -Le sang d'un poète-


Apparition
de Sylvie Hérout
Née de l’ombre et de l’onde mussée dans ses cheveux
une nymphe aux yeux verts
posée sur un nuage songe à se déployer en notre vaste monde
S’élance à peine éclose
folle métamorphose
s’étire
et s’arque
et se désarticule
Elle se tend s’arabesque roule et s’expose
Elle pique et pointe et cambre
elle s’esquive elle bondit pirouette et virevolte
Se blottit
Elle danse
fatale purpurine sidérale
voltige et s’acrobate
impudique divine
Cadence diabolique
Nébuleuse blancheur aux diaprures maléfiques
oriflamme brandie au cœur d’un crépuscule
Corolle-chevelure cerceaux lianes
lassos d’algues tissées
Soyeuses opulences
Tentations
S’enlace se caresse se déguise à sa guise en câline parure
Des nuées et des nimbes fait une apothéose.
Sylvie Hérout DR


« Craignez, seigneur, que le ciel rigoureux
Ne vous haïsse assez pour exaucer vos voeux.»
Racine - Phèdre
« Il y a deux tragédies dans la vie:l'une est de ne pas satisfaire son désir, et l'autre de le satisfaire.»
Oscar Wilde -L'éventail
de lady Wintermère ( 3ème acte), attribué à G-B. Shaw)

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A toi l'été
de Laurent Kiem
La vie qui est grande
Tu grouilles
Je m’invite à ton voyage
J’ai entendu des hourras quand la mort n’était pas là
J’ai entendu des hourras quand la mort était là
La vie qui est grande
Le sexe au bout du désir
La peau célébrée dans une fin qui ne veut pas
J’ai entendu des hourras quand la mort n’était pas là
J’ai entendu des hourras quand la mort était là
Le désir n’a pas l’habitude de mourir
Et le supplice n’a pas de jeunesse
J’ai entendu des hourras quand la mort n’était pas là
J’ai entendu des hourras quand la mort était là
La vie est grande
Je suis heureux quand chaque jour est pareil à ma pensée
Une étoffe où aucun linceul ne voit la disparition de l’enchantement
A toi l’été
Soleil
Ciel bleu
Terre aride
Mer infinie
Nage
Tes plages sont douces
Les cerfs volants figurent
Le sable et les pieds à l’air
La nudité comme un plaisir est digne d’être fière
Le supplice quand la mort me regarde pour ce que je ne suis pas
Je la vois comme l l’hiver qui n’appartient qu’à moi
A toi l’été
Voici le rescapé qui joue de sa jeunesse
Il court le long des rivières
Au bord une ombre
Qui sait les temples de printemps
Laurent Kiem DR


« Une période d'échec est un moment rêvé pour semer les graines du succès.»
Paramahansa Yogananda - Poésie
en sous sol-anthologie(2009)-
« La nature se rit des souffrances humaines;
Ne contemplant jamais que sa propre grandeur.
Elle dispense à tous ses forces souveraines
et garde pour sa part le calme et la splendeur.»
Leconte de Lisle -Poèmes antiques-
Dictionnaire de citations de langue française


Rêveries interstellaires
de Oguène
Le sommeil s'en est allé
Le rideau à peine écarté
surgit l'immensité
Le cœur soudain ne bat plus la mesure
à découvrir toute cette démesure
La lumière lunaire luit
sur ces mondes infinis
Le kaléidoscope des cieux
éblouit les yeux
enveloppe en sa féerie
la petite planète Terre
minuscule point lumineux
tout bleu
L'au-delà si lointain
s'appelle Dieu pour certains
Pour moi ce sont encore des mystères
qui bercent mes rêveries
Le rideau à peine écarté
a éclaté l'immensité
Mon cœur bat à nouveau la mesure
à scruter toute cette démesure
Oguène DR


«L'art de faire des vers, dût-on s'en indigner,
Doit être à plus haut prix que celui de régner.
Tous deux également, nous portons des couronnes;
Mais, roi, je la reçus; poète, tu la donnes »
attribué à Charles IX-- s'adressant à Ronsard-
Dictionnaire de citations du monde entier
« Saint Exupéry était l'auteur du "Petit Prince",
et il est mort avec lui dans un accident d'avion»
Jérôme Duhamel - Le dico tout fou des Ecoliers

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Insomnia
de Tristan Zandona
Ô combien de nuits me suis-je pris pour Orphée ?
Oubliant de visiter l'antre de Morphée,
Tentateur soporifique aux lèvres vermeilles,
Qui d'un tendre baiser provoque mon sommeil;
Ô combien de nuits l'étreinte de mon breuvage
M'arrache-t-il à toi et à ton esclavage ?
Au déclin solaire je deviens immortel,
Moi le poète privé d'un songe éternel.
Mais ce soir je m'allonge sous un sombre ombrage,
Redoutant voir Charon, nocher de mon sombrage,
Et toi, Morphée, qui de moi t'approches si près,
Ce soir, avec toi, je m'endors sous un cyprès.
Tristan Zandona DR


«Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
Que l'espace est profond ! que le coeur est puissant. »
Charles Baudelaire -- Les fleurs du mal - et
Dictionnaire de citations de langue française
« L'été le soleil change de nom et s'appelle la canicule»
Jérôme Duhamel - Le dico tout fou des Ecoliers


Canicule
de Fabienne Schmitt
Mais où donc est parti le vent
Qui chuchotait dans mes cheveux
Tous les secrets des ajoncs d’or
Qui lui faisaient la révérence
Où est cachée la douce brise
Au parfum des retours de pêche
Caressant les voiles du port
Et faisant cliqueter les mâts
Pas un son, pas un bruit ne parle
Il n’y a que ce lourd silence
Et la terre qui supplie le ciel
Sous midi qui suinte et qui brûle
Fabienne Schmitt DR
Inédit- août 2018- tous droits réservés


« Un jour tout sera bien, voilà notre espérance:
Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion.»
Voltaire
Espérance-Dictionnaire des citations du monde entier
« Le temps est un grand maitre,
il règle bien des choses»
Corneille-
Dictionnaire des citations du monde entier


Mot choisi au hasard
pour Eric, de Pédro Vianna
mot choisi au hasard
du doute blafard
mûri au creux de l’absence
tapie au tréfonds de l’illusion
cultivée de main de maître
chaque nuit arrosée
des rires de la résignation
chaque matin réchauffée
par les fausses larmes
des pseudo-espoirs
faussement forgés
au gré des modes trompeuses
et malgré tout
il espérait
que ce fût
le début d’un poème
Pedro VIANNA DR
Paris, 3.V.2018
In -Des coups pour rien


« Un mot n'est pas le même dans un écrivain et dans un autre. L'un se l'arrache du ventre. L'autre le tire de la poche de son pardessus.»
Charles Péguy - in Dict. Citations-
«Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant»
Victor Hugo - Les Contemplations-


Place du Tertre
de Michèle Lassiaz
Les derniers peintres
désertent la place du tertre.
Poussées par un vent glacial
les feuilles jaunies virevoltent
autour des vagues chevalets.
Au café "Le Clairon"deux manouches
grattent sur leur guitares
des airs d'autrefois...
Les touristes attardés délaisssent les lieux
engoncés dans la nuit
encore quelques accords mélancoliques
quelques lumières de bistrots
Et le silence s'installera
pour quelques heures
sous la houlette
du Sacré Coeur
L
Michèle LASSIAZ DR
(2006-in Recto Verso)


«Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée:
C'est Vénus tout entière à sa proie attachée.»
Racine - Phèdre -
« L'énergie atomique est libérée par le frisson des noyaux »
Jérôme Duhamel - Le Dico tout fou des écoliers -


L'arbre est sensible à son environnement
d' Eric Meyleuc
l’arbre est sensible à son environnement
à l’homme prédateur
sans volonté propre
si ce n’est celle de son tropisme
il obéit à un cycle
aux climax
il est sensible au climat
de la pente sur laquelle il va éclore
à son exposition aux vents à la lumière
à la terre
aux substrats rocheux
à la roche tectonique qui le porte
et qu’il portera à son tour
support nourricier au dépens-bénéfice duquel il s’élève
épousant les contraintes protectrices
jusqu’au seuil de quelle limite de pressurisation
gravitation
le point de rupture sera-t-il franchi
cette petite graine
fruit du hasard
déposée dans une lézarde
interstice météorique tectonique
d’un rocher en aplomb sur un escarpement
l’enserrant de ses racines
rapport ambigu
d’un équilibre précaire prêt à se rompre
lézarde en faille et racine dans le vide d’une matrice nourricière amoindri
l’arbre est à la merci de sa propre croissance génétiquement programmée
mais conditionnée aux aléas déjà évoqués
qu’il ne peut contrôler cloué sur place de ses origines
à moins de trouver d’autres enracinements aux alentours
racines lancées tous azimuts à la quête d’eau
minéraux nécessaires à sa croissance
il enserre d’abord le rocher
l’étreignant
l’agrippant de ses griffes racinaires
araignée grappin qui pique
ou alors il s’insinue dans le rocher et l’écartèle de son tronc
l’arbre n’a pas besoin de l’homme pour s’épanouir
alors que
l’homme a besoin de l’arbre pour s’épanouir
l’âme de l’arbre est dans sa graine qui vole au vent de l’infini stellaire
la Terre disparaîtra mais d’autres Terres apparaîtront
sous d’autres soleils
d’autres combinaisons
avec d’autres arbres
s’il survit à sa propre destruction
l’homme sera toujours
à la recherche de cet être essence de sa vie
Eric Meyleuc DR
absent/présent by Pedro Vianna
31/12:/ 2015-Inédit-


La Ruche des Arts
Michèle Lassiaz
Logo Plein Sens été
Alain Briantais
Illustrations Pixabay
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Nouveaux et derniers poèmes de l'été

«Si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente. »
Jules Renard -Journal -et Dictionnaire
de citations de langue française
« Le soleil brille plus en été parce qu'il est un peu moins gêné par la neige.»
Jérôme Duhamel - Le dico tout fou
des Ecoliers


Pieds d'août
de Fabienne Schmitt
Mes doigts de pieds sont en trêve
Ils ont quitté mes souliers
Au grand bonheur de mes pieds
Qui depuis des mois en rêvent
Mes doigts de pieds sont en liesse
Ils se mettent en éventail
Quand je m’étire et je baille
Emportée par la paresse
Mes doigts de pieds sont contents
Ils sont en tenue de plage
Se la jouent en coquillages
Sous la caresse du vent
Mes doigts de pieds sont vernis
C’est pour eux la vie en rose
Ils prennent même la pause
Sous le soleil qui sourit
Mes doigts de pieds se baladent
Ils barbotent dans la mer
Et moi je me sens légère
Les yeux noyés dans la rade.
Fabienne Schmitt DR
Inédit- août 2019- tous droits réservés


«On pense à moi pour une place mais par malheur, j'y étais propre; il fallait un calculateur, ce fût un danseur qui l'obtint.»
Beaumarchais -Le Mariage de Figaro-
« Il n'est pas certain que tout soit certain»
Pascal-Pensées et Dictionnaire des citations
de langue française


A contre-courant...
pour Eric, de Pédro Vianna
je suis né à contre-courant
j’aurais dû être saumon
pour remonter le fleuve
je suis né humain
pour le meilleur et pour le pire
condamné à vivre hors de l’eau
que faire
il faut vivre sa souffrance
pour ne pas se faire dévorer par elle
et parvenir à se faire
malgré elle
on a toujours sa part de responsabilité
dans tout ce qui survient
il ne faut pas s’en faire
pour pouvoir y faire
quelque chose
on est toujours quelque part
l’irresponsable d’autrui
Pedro VIANNA DR
Paris,19.V.2019
In -De l'inadéquation des choses-


« La lune brillait dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l'ont point reçue.»
Nouv. Test. Jean- I ,5 -(Oltramare)
« Quand la lune est pleine, ça veut dire qu'il y a beaucoup de monde dessus»
Jérôme Duhamel- Le Dico tout fou
des Ecoliers-


Haïkus ou presque !.......
de Claudine Vanlé
Clarté d’argent, sur l’onde noire.
L’air s’est allégé,
la lune est levée.
L’air s’arrête de trembler
La lumière suspendue
Fait briller le soir qui tombe
Fracas d’étoiles dans le ciel,
La lumière crépite,
Feu d’artifice et de joie.
Claudine Vanlé DR
2019


«Le ciel, la terre, mille et mille choses sont nés
de l'existence et l'existence est née du néant.»
Li Eul, dit Lao-Tseu - Anthologie de
la littérature chinoise, par Sung-Nien-Heu-
« La Beauté est une source inépuisable de joie pour
qui sait la découvrir. »
Alexis Carrel - L'homme cet inconnu -


Depuis le chemin de crête
d' Eric Meyleuc
depuis le chemin de crête
reflet
du coq chantant
à l’horizon
le feulement sidérant de l’aube écorchée vive
au détour des mamelons en arêtes
de murailles apeurées
aux aguets
qui s’abreuvent au crépuscule
du soleil décapité
pour le coup
dépité
Eric Meyleuc DR
absent/présent by Pedro Vianna
08/01/ 2016-Inédit-


« Et comme chaque jour, je t'aime davantage,
Ajourd'hui plus qu'hier, et bien moins que demain.»
Rosemonde Gérard - Les Pipeaux
« ... Et l'amour qui meut le soleil et les autres étoiles»
Dante - in La divine comédie; Le Paradis-


Se dire "Je t'aime "
d' Elisabeth Regenet - Capuana
Comme c’est étrange de se dire : "je t’aime" !
il en aura fallu du temps
il en aura fallu des décennies
des chagrins
des joies
des choix hasardeux
des choix malheureux
des choix heureux
des petits et des grands moments d’une vie
pour finalement,
arriver à s'accepter
se supporter
et se regarder dans un miroir
face à face
sans pudeur
sans regrets
sans remords
juste dire
"je t'aime"
comme tu es
comme tu as été
et même comme tu seras
jusqu'à ton dernier souffle.
Elisabeth Regenet-Capuana DR
La Tortue à plumes


« La nue se déchire, et l'éclair trace un rapide losange de feu. Un vent impétueux, sorti du couchant, roule les nuages sur
les nuages;les forêts plient;le ciel s'ouvre coup sur coup; et à travers les crevasses, on aperçois de nouveaux cieux et des campagnes ardentes. »
Chateaubriant,-Atala -
Dictionnaire de citations de langue française
«Quand il y a un orage avec de la foudre, il faut se mettre à plat ventre sous la terre et arrêter de monter dans les arbres. »
Jérôme Duhamel-Le
Dico fou des Ecoliers


Orage assassin
d' Alain Briantais
Des souvenirs lointains
Me revient la folie
Des monstrueux engins
Qui défaisaient mon lit
Ils déformaient ma course
Ils arrachaient ma mousse
Mais que veulent donc les hommes ?
Mais que veulent donc les hommes ?
Quelques-uns ahuris
Connaissant mon refrain
Filèrent à la mairie
Hurlèrent à tous les saints
Peine perdue mes amis
Les dangereux desseins
Qu’on projette en mairie
Ignore mon chemin
Je n’avais pas la frousse
J’interrogeais ma source
À quoi rêvent les hommes ?
À quoi rêvent les hommes ?
Quand l’orage assassin
Gronda à l’infini
À faire fuir tous les chiens
Tout le jour devint nuit
On entendit les cris
Jusque dans le lointain
Et puis le ciel s’ouvrit
Sur le rouge de mes reins
Je subit la secousse
Je n’avais nulles ressources
À quoi tiennent les hommes ?
À quoi tiennent les hommes ?
Du soir jusqu’au matin
Dans mes eaux démolies
Ils cherchèrent de leurs mains
Tous leurs enfants partis
Et puis la ville repris
Son train-train quotidien
Mais j’ai mon cœur qui tousse
Je vous confie en douce
Il me prend le chagrin
Quand la pluie en furie
Saccage les destins
Devient voleuse de vie
Alain Briantais DR
2018


«Il faut laisser le passé dans l'oubli, et l'avenir à la providence.»
Bossuet - Oeuvres- et
Dictionnaire de citations de langue française
«Quand on est mort, c'est pour toute notre vie. »
Jérôme Duhamel
Dico fou des Ecoliers


Occis-mort
de Sylvie Hérout
Chaud et froid feu et glace
Chaque matin quand le soleil est roi
Juste après que j’en ai accueilli la puissance
La pensée de toi m’étreint
Trois pas de plus et le soleil s’éteint
Et ton absence est là…
Quand j’aperçois l’endroit exact
Où l’on s’est retrouvés
Et si vite perdus
Longtemps perdus de vue
Perdus de vie trop vite
En moi la lumière s’endeuille
Un vide chaque jour se creuse
Pourquoi si tôt partir ?
Brilles-tu quelque part et je ne le sais pas ?
Sylvie Hérout DR
2018


« Les gens malheureux ne connaissent pas
leur bonheur »
Pierre Desproges-- Manuel de savoir vivre
à l'usage des rustres et des malpolis
« Je hume à longs traits le vin du souvenir »
Charles Baudelaire - Les Fleurs du mal-

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Les caresses de l'Ebre
de Tristan Zandona
Il me revint un jour funèbre,
Au cimetière d'un village,
Sur les bords du fleuve de l'Ebre,
Où l'on enterrait de vieux sages;
Un lieu où les marbres frileux,
Gravés de la même sentence,
Guident les esprits fielleux,
Sur les voies de la repentance;
Un lieu où le souffle du fleuve,
Suivi d'un doux parfum de fleurs,
Effleure les larmes des veuves,
Emportant ainsi leur douleur;*
Un lieu où les noires corneilles,
Gardiennes des sépultures,
Qui, de ces morts sont les oreilles,
Chantent leur hymne à la nature;
Il me revient un jour funèbre,
Au cimetière d'un village,
Sur les bords du fleuve de l'Ebre,
Où l'on m'enterrait, moi, le sage.
*Le vent emporte aussi les allitérations en fin de vers.
Tristan Zandona DR


« Le métro de Paris, gigantesque ver luisant,
sur les toits de Paris, a tissé des fils d’argent. »
Edith Piaf
« Mais Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde,
Vous n’en connaîtrez jamais la profondeur. »
Honoré de Balzac

Couleurs
de Michèle Lassiaz-Chambon
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à Hervé
Des touches de couleurs serrées sur un trottoir
De la rue Montorgueuil
Des agglutinés bavant devant un saltimbanque
Des badauds déambulant fontaine des Innocents
Des croquants de la Butte Montmartre
Des amerloques sur les Champs
Des mitrailleurs de la gâchette, parvis Notre-Dame
Des fanfares bruyantes rue de Buci
C’est ça Paris
Des traînards, rue des Lombards
Des fêtards, rue de Lappe
Des routiers vieillots à Montreuil
Des sans lendemains dans le métropolitain
Des noceurs aux Quatre Chemins
Des farceurs à Saint-Germain
C’est ça Paris
Des foules bigarrées des Puces de Clignancourt
Des impromptus rue Saint-André des Arts
Des bourlingueurs fontaine Saint-Michel
Des hirsutes, des paumés, des faiseurs
Des harangueurs au forum Pompidou
C’est toujours ça Paris
Des bon chic, bon genre de la rue de Passy
Des africaines enrubannées, nattées
Vendant leur maïs cuit au marché, rue de Jean
Des boutiques d’étoffes chatoyantes de la Goutte d’Or
D’où s’échappent des djellabas
Des kyrielles de restaurants asiatiques
Grimpant rue de Belleville
Et des boutiques alléchantes
Aux odeurs d’Orient, passage Brady
C’est aussi ça Paris
L’église rustique, tranquille de Saint-Médard, rue Mouffetard
L’échappée de Saint-Eustache
Et l’humble Saint-Julien-le-Pauvre
L’indéfinissable Notre-Dame
L’insolite pâtisserie, basilique du Sacré-Coeur
L’élégante Sainte-Chapelle
La raffinée Saint-Séverin
Et la modeste église des Billettes
C’est encore Paris
Ceux qui vous bousculent sans vous voir
Ceux qui ne voient rien
Harassés par le train-train
Ceux qui frémissent de bonheur
A rêvasser sur la passerelle des Arts
Ceux qui s’avachissent sur les grilles des bouches de métro
Ceux qui boivent au goulot
Ceux qui n’ont plus rien
Que la désespérance, métro Rambuteau
Ceux qui sourient encore
Au bonheur de regarder les promeneurs
Jardin du Luxembourg
Et ça, c’est encore Paris
Michèle Lassiaz-Chambon DR
Extrait de "Fleurs et pleurs"


«Quand on n'a besoin que de peu de choses, un rien suffit et quand un rien suffit, on n'a pas besoin de grand chose.»
Pierre Dac - Pensées éparses-
« Dans le temps les misérables se nourrissaient principalement de la poésie de Victor Hugo»
Jérôme Duhamel- Le Dico
tout fou des écoliers-


Il était un poème...
de Christian Lafont
ll était un poème
dont apparemment, le thème
suggérait des omissions
dans notre parcours de vie
de simples approximations
ou de la pure fantaisie ?
seulement des sensations
ou de la chiromancie,
emprunt d’affabulations
et vraie mélomanie
dans une composition
à l’allure indéfinie…
il était un poème
vraiment circonstancié
et quel était le thème ?
j ‘sais pas, j’ai oublié…
Christian LAFONT DR
PleinSens n° 45 "L'Oubli" Mai 2019


« Je ne l'aime pas parce qu'il est bon,
mais parce qu'il est mon petit enfant.»
Rabindranath Tagore - Le Croissant
« Le plaisir le plus délicat est de faire celui d'autrui.»
Jean de La Bruyère - Les Caractères -

![]()
Mon enfant
de Laurent Kiem
|
La peur n’est rien La connaitre est savoir d’où elle vient.
Et des chiens et des loups…du dressage, je m’en fous Mon enfant Prends de moi ce qu’il te plaît Je sais, déjà, être le gardien De ceux qui oublient que tu es mon enfant
De leurs larmes, de leurs cris, de leurs drames…je m’en fous
Tu le sais, mon enfant, Je suis le barrage Qui retient toute l’eau pour apaiser ta soif Et ne pas rencontrer la sécheresse de ceux qui n’ont faim que pour leur seul ventre
Mon enfant Tu es le centre de mon monde Va ou tu veux, quand tu veux je m’en fous Je suis là toujours Lorsque tu reviens
Et si parfois, fatigué, tu t’endors près de moi Tout à ta sensualité comme une fleur tout auprès de mon cœur Je t’encourage à grandir, je t’encourage à t’éveiller Pour connaitre l’amour comme avec ta mère, Nous nous sommes aimés
Mon enfant La peur n’est rien La connaitre est savoir d’où elle vient
Et des chiens et des loups… du dressage, je m’en fous
Je ne te demande rien Fais ta vie comme va le destin Je te fais part comme l’initiation Mon enfant Belle révélation Née par le désir Et à qui j’ai donné tout ce que je sais faire Loin d’une apocalypse Tes joues roses La grâce Quelques mots Joie de vivre
Le miel Qu’il y a entre nous Est plus fort que les jours pour lesquels je m’en fous Et je ne lâche rien Car pour un seul péril Ma haine est pareille à un sein
Et des chiens et des loups… du dressage, je m’en fous
Mon enfant
|
Laurent Kiem DR


« On élève les vers à soie pour produire de la laine. »
Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou
des Écoliers-
«Heureux qui, dans ses vers, sait d'une voix légère
Passer du grave au doux, du plaisant au sévère»
Nicolas Boileau -L'Art Poétique--


Fileuse de Vers
de Sylvie Hérout
Aller chercher en soi le fil gisant entremêlé.
Trouver l'extrémité en fouillant, tiraillant.
Explorer.
La saisir et tirer.
Alors, brin à brin la pelote s'évide.
Un mot entraîne l'autre, articule une phrase,
accouche d'une image qui fait vivre une idée.
L'idée on la connaît ou l’on croit la connaître ;
mais les mots pour la dire on les cherche,
les tricote, les assemble.
Parfois ils nous étonnent, parfois ils nous ressemblent,
et l'idée se transforme.
Bien souvent ils s'imposent. On ne sait pas pourquoi.
L'ordre on ne le connaît pas,
mais comme pour la pelote, ombilic enroulé,
tout remonte et ressort.
Tout se tisse point à point, mot à mot, jour à jour.
Le temps importe peu.
On a perdu le fil ? L'ouvrage est arrêté ?
L'aiguille est en suspens, l'encre sèche, on attend.
On espère qu'encore le fil se défile, nœud à nœud dénoué.
Et le fil de la plume trace sur le papier,
à son rythme hésitant,
la trame d'une vie.
Il persiste et il signe.
Sylvie Hérout DR
2019


« Il y a des livres dont il faut seulement goûter, d'autres
qu'il faut dévorer, d'autres enfin, mais en petit nombre,
qu'il faut, pour ainsi dire, mâcher et digérer. »
Sir Francis Bacon- Essais sur l'étude-
« Un beau livre, c'est celui qui sème à foison les points d'interrogation»
Jean Cocteau - in Dictionnaire de citations
du monde entier -


Ce vieux bouquin
mon meilleur copain
de Jean-Dominique Dupont
Je t’ai rencontré un beau matin de juin
Sans qu’il me souvienne
Si c’était quai des Grands Augustins
Ou sur les rives magiques de l’lle
Au fil de laquelle je flânais complice de la Seine
Qui batille sur ses rives
Nonchalamment au cœur de la ville
Sous l’œil encore embué des chalands
Et le regard amusé des bouquinistes
Qui avaient au vent du large ouvert
Le secret des petits tabernacles verts
Etalant au grand jour
Comme dans une kermesse
Un capharnaüm de vieux bouquins
Serrés dans des boîtes
Qui leur servaient d’écrin
Je t’ai déniché dans une boîte
Tu étais habillé en maroquin
J’ai bien vu que t’avais essuyé
Force grains et lourds chagrins
Que tu étais passé de main en main
A te voir écorné comme un vieux bouquetin
Je voulais faire un bout de chemin
Je t’ai feuilleté dans ma main
Et t’es devenu mon meilleur copain
Comme le chemineau de Richepin
Jean-Dominique Dupont DR
(in ...)


« Dans un mois, dans un an, comment souffriront-nous, Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ? . »
Jean Racine - Bérénice-
« La vie est pleine de choses qui blessent le coeur.»
Madame de Sévigné -
Lettres


Les mots bourreaux
de Colette Sauvanet
Quand les mots
voilés par la pudeur
Ne savent démêler les fleurs de la fureur
Ils deviennent bourreaux
au fond de mon cœur
Quand le cœur à son tour
Privé de mots d’amour
Se réveille orphelin
Dans le petit matin
Privé du moindre mot
Se ferait-il bourreau
Brandissant son couteau
Sur mes paradis
Débordants de non-dits ?
N’apparaît alors qu’un long silence langueur
Non pas tant plein de rancœur
que de muettes douleurs
au plus profond de mon cœur !
Colette SAUVANET DR
(in BULLES)


« La mélancolie est donc le plus légitime
de tous les tons poétiques »
Edgar Allan Poe-- Genèse d'un poème-
et Dictionnaire de citations du monde entier
« L'absence est à l'amour ce qu'est au feu
le vent; il éteint le petit, il allume le grand»
Bussy-Rabutin - L'hitoire amoureuse des
Gaules- et Dictionnaire de citations de langue française

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La page blanche
de Tristan Zandona
|
Elle ne quitte jamais son silence, Et me fixe d'un air salutaire, Or, dans mon incurable dolence, Je reste le seul dédicataire, D'une page sans rime, sans vers, Aux secrets nullement découverts;
Poète ! Comment puis-je savoir, Ô démiurge à la rime angélique, Pourquoi l'encre refuse de choir, Sur cette feuille cadavérique ?
Eraton maîtresse du lyrisme, Préserve tes fidèles dévôts, De l'impitoyable prosaïsme, Et confère leur un renouveau;
Anselot, Mallarmé, Corbière, Oui, tous redoutèrent la blancheur, D'une vierge feuille meurtrière Rivale de ces divins prêcheurs;
Moi, je la combats la plume en main, L'assaillant de strophes qui abondent, Hier, aujourd'hui et puis demain, Jusqu'à ce que mon encre s'estompe |
Tristan Zandona DR


«On a remarqué que les fonds sous marins
préfèrent vivre sous la mer. »
Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou
des Écoliers-
« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu
avant de renvoyer la lumière »
Jean Cocteau -Le sang d'un poète-


Apparition
de Sylvie Hérout
Née de l’ombre et de l’onde mussée dans ses cheveux
une nymphe aux yeux verts
posée sur un nuage songe à se déployer en notre vaste monde
S’élance à peine éclose
folle métamorphose
s’étire
et s’arque
et se désarticule
Elle se tend s’arabesque roule et s’expose
Elle pique et pointe et cambre
elle s’esquive elle bondit pirouette et virevolte
Se blottit
Elle danse
fatale purpurine sidérale
voltige et s’acrobate
impudique divine
Cadence diabolique
Nébuleuse blancheur aux diaprures maléfiques
oriflamme brandie au cœur d’un crépuscule
Corolle-chevelure cerceaux lianes
lassos d’algues tissées
Soyeuses opulences
Tentations
S’enlace se caresse se déguise à sa guise en câline parure
Des nuées et des nimbes fait une apothéose.
Sylvie Hérout DR


« Craignez, seigneur, que le ciel rigoureux
Ne vous haïsse assez pour exaucer vos voeux.»
Racine - Phèdre
« Il y a deux tragédies dans la vie:l'une est de ne pas satisfaire son désir, et l'autre de le satisfaire.»
Oscar Wilde -L'éventail
de lady Wintermère ( 3ème acte), attribué à G-B. Shaw)

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A toi l'été
de Laurent Kiem
La vie qui est grande
Tu grouilles
Je m’invite à ton voyage
J’ai entendu des hourras quand la mort n’était pas là
J’ai entendu des hourras quand la mort était là
La vie qui est grande
Le sexe au bout du désir
La peau célébrée dans une fin qui ne veut pas
J’ai entendu des hourras quand la mort n’était pas là
J’ai entendu des hourras quand la mort était là
Le désir n’a pas l’habitude de mourir
Et le supplice n’a pas de jeunesse
J’ai entendu des hourras quand la mort n’était pas là
J’ai entendu des hourras quand la mort était là
La vie est grande
Je suis heureux quand chaque jour est pareil à ma pensée
Une étoffe où aucun linceul ne voit la disparition de l’enchantement
A toi l’été
Soleil
Ciel bleu
Terre aride
Mer infinie
Nage
Tes plages sont douces
Les cerfs volants figurent
Le sable et les pieds à l’air
La nudité comme un plaisir est digne d’être fière
Le supplice quand la mort me regarde pour ce que je ne suis pas
Je la vois comme l l’hiver qui n’appartient qu’à moi
A toi l’été
Voici le rescapé qui joue de sa jeunesse
Il court le long des rivières
Au bord une ombre
Qui sait les temples de printemps
Laurent Kiem DR


« Une période d'échec est un moment rêvé pour semer les graines du succès.»
Paramahansa Yogananda - Poésie
en sous sol-anthologie(2009)-
« La nature se rit des souffrances humaines;
Ne contemplant jamais que sa propre grandeur.
Elle dispense à tous ses forces souveraines
et garde pour sa part le calme et la splendeur.»
Leconte de Lisle -Poèmes antiques-
Dictionnaire de citations de langue française


Rêveries interstellaires
de Oguène
Le sommeil s'en est allé
Le rideau à peine écarté
surgit l'immensité
Le cœur soudain ne bat plus la mesure
à découvrir toute cette démesure
La lumière lunaire luit
sur ces mondes infinis
Le kaléidoscope des cieux
éblouit les yeux
enveloppe en sa féerie
la petite planète Terre
minuscule point lumineux
tout bleu
L'au-delà si lointain
s'appelle Dieu pour certains
Pour moi ce sont encore des mystères
qui bercent mes rêveries
Le rideau à peine écarté
a éclaté l'immensité
Mon cœur bat à nouveau la mesure
à scruter toute cette démesure
Oguène DR


«L'art de faire des vers, dût-on s'en indigner,
Doit être à plus haut prix que celui de régner.
Tous deux également, nous portons des couronnes;
Mais, roi, je la reçus; poète, tu la donnes »
attribué à Charles IX-- s'adressant à Ronsard-
Dictionnaire de citations du monde entier
« Saint Exupéry était l'auteur du "Petit Prince",
et il est mort avec lui dans un accident d'avion»
Jérôme Duhamel - Le dico tout fou des Ecoliers

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Insomnia
de Tristan Zandona
Ô combien de nuits me suis-je pris pour Orphée ?
Oubliant de visiter l'antre de Morphée,
Tentateur soporifique aux lèvres vermeilles,
Qui d'un tendre baiser provoque mon sommeil;
Ô combien de nuits l'étreinte de mon breuvage
M'arrache-t-il à toi et à ton esclavage ?
Au déclin solaire je deviens immortel,
Moi le poète privé d'un songe éternel.
Mais ce soir je m'allonge sous un sombre ombrage,
Redoutant voir Charon, nocher de mon sombrage,
Et toi, Morphée, qui de moi t'approches si près,
Ce soir, avec toi, je m'endors sous un cyprès.
Tristan Zandona DR


«Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
Que l'espace est profond ! que le coeur est puissant. »
Charles Baudelaire -- Les fleurs du mal - et
Dictionnaire de citations de langue française
« L'été le soleil change de nom et s'appelle la canicule»
Jérôme Duhamel - Le dico tout fou des Ecoliers


Canicule
de Fabienne Schmitt
Mais où donc est parti le vent
Qui chuchotait dans mes cheveux
Tous les secrets des ajoncs d’or
Qui lui faisaient la révérence
Où est cachée la douce brise
Au parfum des retours de pêche
Caressant les voiles du port
Et faisant cliqueter les mâts
Pas un son, pas un bruit ne parle
Il n’y a que ce lourd silence
Et la terre qui supplie le ciel
Sous midi qui suinte et qui brûle
Fabienne Schmitt DR
Inédit- août 2018- tous droits réservés


« Un jour tout sera bien, voilà notre espérance:
Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion.»
Voltaire
Espérance-Dictionnaire des citations du monde entier
« Le temps est un grand maitre,
il règle bien des choses»
Corneille-
Dictionnaire des citations du monde entier


Mot choisi au hasard
pour Eric, de Pédro Vianna
mot choisi au hasard
du doute blafard
mûri au creux de l’absence
tapie au tréfonds de l’illusion
cultivée de main de maître
chaque nuit arrosée
des rires de la résignation
chaque matin réchauffée
par les fausses larmes
des pseudo-espoirs
faussement forgés
au gré des modes trompeuses
et malgré tout
il espérait
que ce fût
le début d’un poème
Pedro VIANNA DR
Paris, 3.V.2018
In -Des coups pour rien


« Un mot n'est pas le même dans un écrivain et dans un autre. L'un se l'arrache du ventre. L'autre le tire de la poche de son pardessus.»
Charles Péguy - in Dict. Citations-
«Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant»
Victor Hugo - Les Contemplations-


Place du Tertre
de Michèle Lassiaz
Les derniers peintres
désertent la place du tertre.
Poussées par un vent glacial
les feuilles jaunies virevoltent
autour des vagues chevalets.
Au café "Le Clairon"deux manouches
grattent sur leur guitares
des airs d'autrefois...
Les touristes attardés délaisssent les lieux
engoncés dans la nuit
encore quelques accords mélancoliques
quelques lumières de bistrots
Et le silence s'installera
pour quelques heures
sous la houlette
du Sacré Coeur
L
Michèle LASSIAZ DR
(2006-in Recto Verso)


«Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée:
C'est Vénus tout entière à sa proie attachée.»
Racine - Phèdre -
« L'énergie atomique est libérée par le frisson des noyaux »
Jérôme Duhamel - Le Dico tout fou des écoliers -


L'arbre est sensible à son environnement
d' Eric Meyleuc
l’arbre est sensible à son environnement
à l’homme prédateur
sans volonté propre
si ce n’est celle de son tropisme
il obéit à un cycle
aux climax
il est sensible au climat
de la pente sur laquelle il va éclore
à son exposition aux vents à la lumière
à la terre
aux substrats rocheux
à la roche tectonique qui le porte
et qu’il portera à son tour
support nourricier au dépens-bénéfice duquel il s’élève
épousant les contraintes protectrices
jusqu’au seuil de quelle limite de pressurisation
gravitation
le point de rupture sera-t-il franchi
cette petite graine
fruit du hasard
déposée dans une lézarde
interstice météorique tectonique
d’un rocher en aplomb sur un escarpement
l’enserrant de ses racines
rapport ambigu
d’un équilibre précaire prêt à se rompre
lézarde en faille et racine dans le vide d’une matrice nourricière amoindri
l’arbre est à la merci de sa propre croissance génétiquement programmée
mais conditionnée aux aléas déjà évoqués
qu’il ne peut contrôler cloué sur place de ses origines
à moins de trouver d’autres enracinements aux alentours
racines lancées tous azimuts à la quête d’eau
minéraux nécessaires à sa croissance
il enserre d’abord le rocher
l’étreignant
l’agrippant de ses griffes racinaires
araignée grappin qui pique
ou alors il s’insinue dans le rocher et l’écartèle de son tronc
l’arbre n’a pas besoin de l’homme pour s’épanouir
alors que
l’homme a besoin de l’arbre pour s’épanouir
l’âme de l’arbre est dans sa graine qui vole au vent de l’infini stellaire
la Terre disparaîtra mais d’autres Terres apparaîtront
sous d’autres soleils
d’autres combinaisons
avec d’autres arbres
s’il survit à sa propre destruction
l’homme sera toujours
à la recherche de cet être essence de sa vie
Eric Meyleuc DR
absent/présent by Pedro Vianna
31/12:/ 2015-Inédit-


La Ruche des Arts
Michèle Lassiaz
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Alain Briantais
Illustrations Pixabay
Dreamtime
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de poèmes mentionnés
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Christian Lafont
Chral


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