Plein Sens virtuel d'été 2019 Ruche des Arts

Merci et Bienvenue aux poètes,

visiteurs ou contributeurs

 

Nouveaux et derniers poèmes de l'été

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

«Si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente. »

 

Jules Renard -Journal -et Dictionnaire

de citations de langue française

 

 

 

« Le soleil brille plus en été parce qu'il est un peu moins gêné par la neige.»

 

Jérôme Duhamel  - Le dico tout fou

des Ecoliers

 

 

 

 

 

 

 

 

Pieds d'août

de Fabienne Schmitt

 

 

 

 

Mes doigts de pieds sont en trêve

Ils ont quitté mes souliers

Au grand bonheur de mes pieds

Qui depuis des mois en rêvent

 

Mes doigts de pieds sont en liesse

Ils se mettent en éventail

Quand je m’étire et je baille

Emportée par la paresse

 

Mes doigts de pieds sont contents

Ils sont en tenue de plage

Se la jouent en coquillages

Sous la caresse du vent

 

Mes doigts de pieds sont vernis

C’est pour eux la vie en rose

Ils prennent même la pause

Sous le soleil qui sourit

 

Mes doigts de pieds se baladent

Ils barbotent dans la mer

Et moi je me sens légère

Les yeux noyés dans la rade.

 

 

 

 

Fabienne Schmitt DR

 Inédit- août 2019- tous droits réservés 

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

«On pense à moi  pour une place mais par malheur,  j'y étais  propre; il fallait un calculateur, ce fût un danseur qui l'obtint.»

 

Beaumarchais -Le Mariage de Figaro-

 

 

 

« Il n'est pas certain que tout soit certain»

  

Pascal-Pensées et Dictionnaire des citations

de langue française

 

 

 

 

 

 

 

A contre-courant...

pour Eric, de Pédro Vianna

 

 

 

 

je suis né à contre-courant

j’aurais dû être saumon

pour remonter le fleuve

je suis né humain

pour le meilleur et pour le pire

condamné à vivre hors de l’eau

que faire

il faut vivre sa souffrance

pour ne pas se faire dévorer par elle

et parvenir à se faire

malgré elle

on a toujours sa part de responsabilité

dans tout ce qui survient

il ne faut pas s’en faire

pour pouvoir y faire

quelque chose

 

on est toujours quelque part

l’irresponsable d’autrui

 

 

 

 Pedro VIANNA DR

Paris,19.V.2019

 In -De l'inadéquation des choses-

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

« La lune brillait dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l'ont point reçue.»

 

Nouv. Test.  Jean- I ,5 -(Oltramare)

 

 

 

« Quand la lune est pleine, ça veut dire qu'il y a beaucoup de monde dessus»

 

Jérôme Duhamel-  Le Dico tout fou

des Ecoliers-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haïkus ou presque !.......

de Claudine Vanlé

 

 

 

 

Clarté d’argent, sur l’onde noire.
L’air s’est allégé,
la lune est levée.

L’air s’arrête de trembler
La lumière suspendue
Fait briller le soir qui tombe


Fracas d’étoiles dans le ciel,
La lumière crépite,
Feu d’artifice et de joie.

 

 

 

 

 

 

Claudine Vanlé DR

2019

 

 

 

 

 

 

 

 

«Le ciel, la terre, mille et mille choses sont nés

de l'existence et l'existence est née du néant.»

 

Li Eul, dit Lao-Tseu - Anthologie de

la littérature chinoise, par Sung-Nien-Heu-

 

 

« La Beauté est une source inépuisable de joie pour

qui sait la découvrir. »

 

Alexis Carrel L'homme cet inconnu  -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis le chemin de crête

d' Eric Meyleuc

 

 

 

depuis le chemin de crête

reflet

du coq chantant

à l’horizon

le feulement sidérant de l’aube écorchée vive

au détour des mamelons en arêtes

de murailles apeurées

aux aguets

qui s’abreuvent au crépuscule

du soleil décapité

pour le coup

dépité

 

 

 

Eric Meyleuc DR

absent/présent by Pedro Vianna

08/01/ 2016-Inédit-

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

« Et comme chaque jour, je t'aime davantage,

Ajourd'hui plus qu'hier, et bien moins que demain.»

 

 Rosemonde Gérard Les Pipeaux

 

 

« ... Et l'amour qui meut le soleil et les autres étoiles»

 

Dante - in  La divine comédie; Le Paradis-

 

 

 

 

 

 

 

 

Se dire "Je t'aime "

d' Elisabeth   Regenet - Capuana

 

 

 
 

Comme c’est étrange de se dire : "je t’aime" !

il en aura fallu du temps

il en aura fallu des décennies

des chagrins

des joies

des choix hasardeux

des choix malheureux

des choix heureux

des petits et des grands moments d’une vie

pour finalement,

arriver à s'accepter

se supporter

et se regarder dans un miroir

face à face

sans pudeur

sans regrets

sans remords

juste dire

"je t'aime"

comme tu es

comme tu as été

et même comme tu seras

jusqu'à ton dernier souffle.

 
 

 

Elisabeth Regenet-Capuana DR

La Tortue à plumes

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

« La nue se déchire,  et l'éclair trace un rapide losange de feu. Un vent impétueux,  sorti du couchant,  roule les nuages  sur

les nuages;les forêts plient;le ciel s'ouvre coup sur coup; et à travers les crevasses, on aperçois de nouveaux cieux et des campagnes ardentes. »

 

Chateaubriant,-Atala - 

Dictionnaire de citations de langue française

 

 

 

«Quand il y a un orage avec de la foudre, il faut se mettre à plat ventre sous la terre et arrêter de monter dans les arbres»

 

Jérôme Duhamel-Le

Dico fou des Ecoliers

 

 

 

 

 

 

 

 

Orage assassin

d' Alain Briantais

 

 

 

 

Des souvenirs lointains
Me revient la folie

Des monstrueux engins

Qui défaisaient mon lit

 

Ils déformaient ma course

Ils arrachaient ma mousse

Mais que veulent donc les hommes ?

Mais que veulent donc les hommes ?

 

Quelques-uns ahuris

Connaissant mon refrain

Filèrent à la mairie

Hurlèrent à tous les saints

 

Peine perdue mes amis

Les dangereux desseins

Qu’on projette en mairie

Ignore mon chemin

 

Je n’avais pas la frousse

J’interrogeais ma source

À quoi rêvent les hommes ?

À quoi rêvent les hommes ?

 

Quand l’orage assassin

Gronda à l’infini

À faire fuir tous les chiens

Tout le jour devint nuit

 

On entendit les cris

Jusque dans le lointain

Et puis le ciel s’ouvrit

Sur le rouge de mes reins

 

Je subit la secousse

Je n’avais nulles ressources

À quoi tiennent les hommes ?

À quoi tiennent les hommes ?

 

Du soir jusqu’au matin

Dans mes eaux démolies

Ils cherchèrent de leurs mains

Tous leurs enfants partis

 

Et puis la ville repris

Son train-train quotidien

 

Mais j’ai mon cœur qui tousse

Je vous confie en douce

 

Il me prend le chagrin

Quand la pluie en furie

Saccage les destins

Devient voleuse de vie

 

 

 

Alain Briantais DR

2018

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

«Il faut laisser le passé dans l'oubli, et l'avenir à la providence.»

 

Bossuet  -  Oeuvres- et

Dictionnaire de citations de langue française

 

«Quand on est mort, c'est pour toute notre vie»

 

Jérôme Duhamel

Dico fou des Ecoliers

 

 

 

 

 

 

 

 

Occis-mort

de Sylvie Hérout

 

 

 

 

Chaud et froid feu et glace

Chaque matin quand le soleil est roi

Juste après que j’en ai accueilli la puissance

La pensée de toi m’étreint

Trois pas de plus et le soleil s’éteint

Et ton absence est là…

Quand j’aperçois l’endroit exact

Où l’on s’est retrouvés

Et si vite perdus

Longtemps perdus de vue

Perdus de vie trop vite

En moi la lumière s’endeuille

Un vide chaque jour se creuse

Pourquoi si tôt partir ?

Brilles-tu quelque part et je ne le sais pas ?

 

 

 

Sylvie Hérout DR

2018

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

« Les gens malheureux ne connaissent pas

leur bonheur »

 

 Pierre Desproges-- Manuel de savoir vivre

à l'usage des rustres et des malpolis

 

« Je hume à longs traits le vin du souvenir »

 

Charles Baudelaire - Les Fleurs du mal-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les caresses de l'Ebre

de Tristan Zandona

 

 

 

 

Il me revint un jour funèbre,

Au cimetière d'un village,

Sur les bords du fleuve de l'Ebre,

Où l'on enterrait de vieux sages;

 

Un lieu où les marbres frileux,

Gravés de la même sentence,

Guident les esprits fielleux,

Sur les voies de la repentance;

 

Un lieu où le souffle du fleuve,

Suivi d'un doux parfum de fleurs,

Effleure les larmes des veuves,

Emportant ainsi leur douleur;*

 

Un lieu où les noires corneilles,

Gardiennes des sépultures,

Qui, de ces morts sont les oreilles,

Chantent leur hymne à la nature;

 

Il me revient un jour funèbre,

Au cimetière d'un village,

Sur les bords du fleuve de l'Ebre,

Où l'on m'enterrait, moi, le sage.

 

 

 

 

*Le vent emporte aussi les allitérations en fin de vers.

 

 

 

Tristan Zandona DR

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

«  Le métro de Paris, gigantesque ver luisant,

sur les toits de Paris, a tissé des fils d’argent. »

 

Edith Piaf

 

 

« Mais Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde,

Vous n’en connaîtrez jamais la profondeur. »

 

Honoré de Balzac

 

 

 

Couleurs

  de  Michèle Lassiaz-Chambon

 

 

Michele

 

à Hervé

Des touches de couleurs serrées sur un trottoir

De la rue Montorgueuil

Des agglutinés bavant devant un saltimbanque

Des badauds déambulant fontaine des Innocents

Des croquants de la Butte Montmartre

Des amerloques sur les Champs

Des mitrailleurs de la gâchette, parvis Notre-Dame

Des fanfares bruyantes rue de Buci

C’est ça Paris

 

Des traînards, rue des Lombards

Des fêtards, rue de Lappe

Des routiers vieillots à Montreuil

Des sans lendemains dans le métropolitain

Des noceurs aux Quatre Chemins

Des farceurs à Saint-Germain

C’est ça Paris

 

Des foules bigarrées des Puces de Clignancourt

Des impromptus rue Saint-André des Arts

Des bourlingueurs fontaine Saint-Michel

Des hirsutes, des paumés, des faiseurs

Des harangueurs au forum Pompidou

C’est toujours ça Paris

 

   Des bon chic, bon genre de la rue de Passy

Des africaines enrubannées, nattées

Vendant leur maïs cuit au marché, rue de Jean

Des boutiques d’étoffes chatoyantes de la Goutte d’Or

D’où s’échappent des djellabas

Des kyrielles de restaurants asiatiques

Grimpant rue de Belleville

Et des boutiques alléchantes

Aux odeurs d’Orient, passage Brady

C’est aussi ça Paris

 

L’église rustique, tranquille de Saint-Médard, rue Mouffetard

L’échappée de Saint-Eustache

  Et l’humble Saint-Julien-le-Pauvre

L’indéfinissable Notre-Dame

L’insolite pâtisserie, basilique du Sacré-Coeur

L’élégante Sainte-Chapelle

La raffinée Saint-Séverin

Et la modeste église des Billettes

C’est encore Paris

 

Ceux qui vous bousculent sans vous voir

Ceux qui ne voient rien

Harassés par le train-train

Ceux qui frémissent de bonheur

A rêvasser sur la passerelle des Arts

 

Ceux qui s’avachissent sur les grilles des bouches de métro

Ceux qui boivent au goulot

Ceux qui n’ont plus rien

Que la désespérance, métro Rambuteau

Ceux qui sourient encore

Au bonheur de regarder les promeneurs

Jardin du Luxembourg

Et ça, c’est encore Paris

 

 

  Michèle Lassiaz-Chambon DR

Extrait  de "Fleurs et pleurs"

 

 

 

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Log Plein..

 

 

 

 

«Quand on n'a besoin que de peu de choses, un rien suffit et quand un rien suffit, on n'a pas besoin de grand chose.»

  

Pierre Dac  Pensées éparses-

 

 

« Dans le temps les misérables se nourrissaient principalement de la poésie de Victor Hugo»

 

Jérôme DuhamelLe Dico

tout fou des écoliers-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Il était un poème...

de Christian Lafont

 

 

 

 

ll était un poème

dont apparemment, le thème

suggérait des omissions

dans notre parcours de vie

de simples approximations

ou de la pure fantaisie ?

seulement des sensations

ou de la chiromancie,

emprunt d’affabulations

et vraie mélomanie

dans une composition

à l’allure indéfinie…

 

il était un poème

vraiment circonstancié

et quel était le thème ?

j ‘sais pas, j’ai oublié…

 

 

 

Christian LAFONT DR 

 PleinSens n° 45 "L'Oubli" Mai 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

« Je ne l'aime pas parce qu'il est bon,

mais parce qu'il est mon petit enfant.»

 

 Rabindranath Tagore - Le Croissant

 

 

« Le plaisir le plus délicat est de faire celui d'autrui.»

 

Jean de La Bruyère - Les Caractères -

 

 

 

 

 

 

 

Mon enfant

de Laurent Kiem

 

 

 

 

        

La peur n’est rien

La connaitre est savoir d’où elle vient.

 

Et des chiens et des loups…du dressage, je m’en fous

Mon enfant

Prends de moi ce qu’il te plaît

Je sais, déjà, être le gardien

De ceux qui oublient que tu es mon enfant

 

De leurs larmes, de leurs cris, de leurs drames…je m’en fous

 

Tu le sais, mon enfant,

Je suis le barrage

Qui retient toute l’eau pour apaiser ta soif

Et ne pas rencontrer la sécheresse de ceux qui n’ont faim que pour leur seul ventre

 

Mon enfant

Tu es le centre de mon monde

Va ou tu veux, quand tu veux je m’en fous

Je suis là toujours

Lorsque tu reviens

 

Et si parfois, fatigué, tu t’endors près de moi

Tout à ta sensualité comme une fleur tout auprès de mon cœur

Je t’encourage à grandir, je t’encourage à t’éveiller

Pour connaitre l’amour comme avec ta mère,

Nous nous sommes aimés

 

Mon enfant

La peur n’est rien

La connaitre est savoir d’où elle vient

 

Et des chiens et des loups… du dressage, je m’en fous

 

Je ne te demande rien

Fais ta vie comme va le destin

Je te fais part comme l’initiation

Mon enfant

Belle révélation

Née par le désir

Et à qui j’ai donné tout ce que je sais faire

Loin d’une apocalypse

Tes joues roses

La grâce

Quelques mots

Joie de vivre

 

Le miel

Qu’il y a entre nous

Est plus fort que les jours pour lesquels je m’en fous

Et je ne lâche rien

Car pour un seul péril

Ma haine est pareille à un sein

 

Et des chiens et des loups… du dressage, je m’en fous

 

Mon enfant

 

 

 

 

 

Laurent Kiem DR

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

« On élève les vers à soie pour produire de la laine. »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

  

 

 

«Heureux qui, dans ses vers, sait d'une voix légère

Passer du grave au doux, du plaisant au sévère»

 

 Nicolas Boileau -L'Art Poétique-- 

 

 

 

 

 

 

 

Fileuse de Vers

 

de Sylvie Hérout

 

 

 

Aller chercher en soi le fil gisant entremêlé.

Trouver l'extrémité en fouillant, tiraillant.

Explorer.

La saisir et tirer.

Alors, brin à brin la pelote s'évide.

Un mot entraîne l'autre, articule une phrase,

accouche d'une image qui fait vivre une idée.

L'idée on la connaît ou l’on croit la connaître ;

mais les mots pour la dire on les cherche,

les tricote, les assemble.

Parfois ils nous étonnent, parfois ils nous ressemblent,

et l'idée se transforme.

Bien souvent ils s'imposent. On ne sait pas pourquoi.

L'ordre on ne le connaît pas,

mais comme pour la pelote, ombilic enroulé,

tout remonte et ressort.

Tout se tisse point à point, mot à mot, jour à jour.

Le temps importe peu.

On a perdu le fil ? L'ouvrage est arrêté ?

L'aiguille est en suspens, l'encre sèche, on attend.

On espère qu'encore le fil se défile, nœud à nœud dénoué.

Et le fil de la plume trace sur le papier,

à son rythme hésitant,

la trame d'une vie.

Il persiste et il signe.

 

 

Sylvie Hérout DR

2019


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Il y a des livres dont il faut seulement goûter, d'autres

qu'il faut dévorer, d'autres enfin, mais en petit nombre,

qu'il faut, pour ainsi dire, mâcher et digérer. »

 

Sir Francis Bacon- Essais sur l'étude-

 

 

« Un beau livre, c'est celui qui sème à foison les points d'interrogation»

 

 Jean Cocteau - in Dictionnaire de citations

du monde entier -

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce vieux bouquin

mon meilleur copain

de Jean-Dominique Dupont

 

 

Je t’ai rencontré un beau matin de juin

Sans qu’il me souvienne

Si c’était quai des Grands Augustins

Ou sur les rives magiques de l’lle

Au fil de laquelle je flânais complice de la Seine

Qui batille sur ses rives

Nonchalamment au cœur de la ville

Sous l’œil encore embué des chalands

Et le regard amusé des bouquinistes

Qui avaient au vent du large ouvert

Le secret des petits tabernacles verts

Etalant au grand jour

Comme dans une kermesse

Un capharnaüm de vieux bouquins

Serrés dans des boîtes

Qui leur servaient d’écrin

Je t’ai déniché dans une boîte

Tu étais habillé en maroquin

J’ai bien vu que t’avais essuyé

Force grains et lourds chagrins

Que tu étais passé de main en main

A te voir écorné comme un vieux bouquetin

Je voulais faire un bout de chemin

Je t’ai feuilleté dans ma main

Et t’es devenu mon meilleur copain

Comme le chemineau de Richepin

 

 

 

 Jean-Dominique Dupont DR

(in ...)

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

« Dans un mois, dans un an, comment souffriront-nous, Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ? . »

 

Jean Racine - Bérénice-


 

 

 

« La vie est pleine de choses qui blessent le coeur.»

 

Madame de Sévigné -

Lettres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les mots bourreaux

de Colette Sauvanet

 

 

 

 

Quand les mots

voilés par la pudeur

Ne savent démêler les fleurs de la fureur 

Ils deviennent bourreaux 

au fond de mon cœur

 

Quand le cœur à son tour

 Privé de mots d’amour 

Se réveille orphelin 

Dans le petit matin

Privé du moindre mot

Se ferait-il bourreau

Brandissant son couteau

Sur mes paradis  

Débordants de non-dits ?

 

   

N’apparaît alors qu’un long silence langueur

  Non pas tant plein de rancœur

que de muettes douleurs 

 au plus profond de  mon cœur !

 

 

 

 

 

 Colette SAUVANET DR

(in BULLES)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

« La mélancolie est donc le plus légitime

de tous les tons poétiques »

 

 Edgar Allan Poe-- Genèse d'un poème-

et Dictionnaire de citations du monde entier

 

 

« L'absence est à l'amour ce qu'est au feu

le vent; il éteint le petit, il allume le grand»

 

Bussy-Rabutin - L'hitoire amoureuse des

Gaules- et Dictionnaire de citations de langue française

 

 

 

 

 

 

 

La page blanche

de Tristan Zandona

 

 

 

                          

Elle ne quitte jamais son silence,

Et me fixe d'un air salutaire,

Or, dans mon incurable dolence,

Je reste le seul dédicataire,

D'une page sans rime, sans vers,

Aux secrets nullement découverts;

 

Poète ! Comment puis-je savoir,

Ô démiurge à la rime angélique,

Pourquoi l'encre refuse de choir,

Sur cette feuille cadavérique ?

 

Eraton maîtresse du lyrisme,

Préserve tes fidèles dévôts,

De l'impitoyable prosaïsme,

Et confère leur un renouveau;

 

Anselot, Mallarmé, Corbière,

Oui, tous redoutèrent la blancheur,

D'une vierge feuille meurtrière

Rivale de ces divins prêcheurs;

 

Moi, je la combats la plume en main,

L'assaillant de strophes qui abondent,

Hier, aujourd'hui et puis demain,

Jusqu'à ce que mon encre s'estompe

 

 

 

 

 

 

 

 

Tristan Zandona DR

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

«On a remarqué que les fonds sous marins

préfèrent vivre sous la mer. »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

  

 

 

« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu

avant de renvoyer la lumière »

 

Jean Cocteau -Le sang d'un poète- 

 

 

 

 

 

 

 

Apparition

 

de Sylvie Hérout

 

 

 

 Née de l’ombre et de l’onde mussée dans ses cheveux

une nymphe aux yeux verts

posée sur un nuage songe à se déployer en notre vaste monde

S’élance à peine éclose

folle métamorphose

s’étire

et s’arque

et se désarticule

Elle se tend s’arabesque roule et s’expose

Elle pique et pointe et cambre

elle s’esquive elle bondit pirouette et virevolte

Se blottit


 

Elle danse

fatale purpurine sidérale

voltige et s’acrobate

impudique divine

Cadence diabolique

Nébuleuse blancheur aux diaprures maléfiques

oriflamme brandie au cœur d’un crépuscule

Corolle-chevelure cerceaux lianes

lassos d’algues tissées

Soyeuses opulences

Tentations

S’enlace se caresse se déguise à sa guise en câline parure

Des nuées et des nimbes fait une apothéose.


 

Sylvie Hérout DR


 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

« Craignez, seigneur, que le ciel rigoureux

Ne vous haïsse assez pour exaucer vos voeux.»

 

 Racine -  Phèdre

 

 

« Il y a deux tragédies dans la vie:l'une est de ne pas satisfaire son désir, et l'autre de le satisfaire.»

 

Oscar Wilde -L'éventail

de lady Wintermère ( 3ème acte), attribué à G-B. Shaw)

 

 

 

 

 

 

 

 

A toi l'été

de Laurent Kiem

 

 

 

 

 

La vie qui est grande

Tu grouilles

Je m’invite à ton voyage

 

J’ai entendu des hourras quand la mort n’était pas là

J’ai entendu des hourras quand la mort était là

 

La vie qui est grande

Le sexe au bout du désir

La peau célébrée dans une fin qui ne veut pas

J’ai entendu des hourras quand la mort n’était pas là

J’ai entendu des hourras quand la mort était là

 

Le désir n’a pas l’habitude de mourir

Et le supplice n’a pas de jeunesse

 

J’ai entendu des hourras quand la mort n’était pas là

J’ai entendu des hourras quand la mort était là

 

La vie est grande

Je suis heureux quand chaque jour est pareil à ma pensée

 

Une étoffe où aucun linceul ne voit la disparition de l’enchantement

 

A toi l’été

 

Soleil

Ciel bleu

Terre aride

Mer infinie

Nage

 

Tes plages sont douces

Les cerfs volants figurent

Le sable et les pieds à l’air

 

La nudité comme un plaisir est digne d’être fière

 

Le supplice quand la mort me regarde pour ce que je ne suis pas

Je la vois comme l l’hiver qui n’appartient qu’à moi

 

A toi l’été

 

Voici le rescapé qui joue de sa jeunesse

Il court le long des rivières

Au bord une ombre

Qui sait les temples de printemps

 

 

 

Laurent Kiem DR

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

« Une période d'échec est un moment rêvé pour semer les graines du succès.»

 

 Paramahansa Yogananda -  Poésie

en sous sol-anthologie(2009)-

 

 

« La nature se rit des souffrances humaines;

Ne contemplant jamais que sa propre grandeur.

Elle dispense à tous ses forces souveraines

et garde pour sa part le calme et la splendeur.»

 

Leconte de Lisle -Poèmes antiques-

Dictionnaire de citations de langue française

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rêveries interstellaires

de Oguène

 

 

 

 

 

Le sommeil s'en est allé

Le rideau à peine écarté

surgit l'immensité

Le cœur soudain ne bat plus la mesure

à découvrir toute cette démesure

La lumière lunaire luit

sur ces mondes infinis

Le kaléidoscope des cieux

éblouit les yeux

enveloppe en sa féerie

la petite planète Terre

minuscule point lumineux

tout bleu

L'au-delà si lointain

s'appelle Dieu pour certains

Pour moi ce sont encore des mystères

qui bercent mes rêveries

Le rideau à peine écarté

a éclaté l'immensité

Mon cœur bat à nouveau la mesure

à scruter toute cette démesure

 

 

Oguène DR

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

«L'art de faire des vers, dût-on s'en indigner,

Doit être à plus haut prix que celui de régner. 

Tous deux également, nous portons des couronnes;

Mais, roi, je la reçus; poète, tu la donnes »

 

attribué à Charles IX-- s'adressant à Ronsard-

Dictionnaire de citations du monde entier

 

 

« Saint Exupéry était l'auteur du "Petit  Prince",

et il est mort avec lui dans un accident d'avion»

 

Jérôme Duhamel - Le dico tout fou des Ecoliers

 

 

 

 

 

 

 

 

Insomnia

de Tristan Zandona

 

 

 

Ô combien de nuits me suis-je pris pour Orphée ?

Oubliant de visiter l'antre de Morphée,

Tentateur soporifique aux lèvres vermeilles,

Qui d'un tendre baiser provoque mon sommeil;

 

Ô combien de nuits l'étreinte de mon breuvage

M'arrache-t-il à toi et à ton esclavage ?

Au déclin solaire je deviens immortel,

Moi le poète privé d'un songe éternel.

 

Mais ce soir je m'allonge sous un sombre ombrage,

Redoutant voir Charon, nocher de mon sombrage,

Et toi, Morphée, qui de moi t'approches si près,

Ce soir, avec toi, je m'endors sous un cyprès.

 

 

 

 

 

Tristan Zandona DR

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

«Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !

Que l'espace est profond ! que le coeur est puissant. »

 

Charles Baudelaire  -- Les fleurs du mal - et

Dictionnaire de citations de langue française

 

 

 

« L'été le soleil change de nom et s'appelle la canicule»

 

Jérôme Duhamel - Le dico tout fou des Ecoliers

 

 

 

 

 

 

 

 

Canicule

de Fabienne Schmitt

 

 

 

 

Mais où donc est parti le vent

Qui chuchotait dans mes cheveux

Tous les secrets des ajoncs d’or

Qui lui faisaient la révérence

 

 

Où est cachée la douce brise

Au parfum des retours de pêche

Caressant les voiles du port

Et faisant cliqueter les mâts

 

 

Pas un son, pas un bruit ne parle

Il n’y a que ce lourd silence

Et la terre qui supplie le ciel

Sous midi qui suinte et qui brûle

 

 

 

 

Fabienne Schmitt DR

 Inédit- août 2018- tous droits réservés 

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

« Un jour tout sera bien, voilà notre espérance:

Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion.»

 

Voltaire

Espérance-Dictionnaire des citations  du monde entier

 

 

« Le temps est un grand maitre,

il règle bien des choses»

  

Corneille-

Dictionnaire des citations du monde entier

 

 

 

 

 

 

 

Mot choisi au hasard

pour Eric, de Pédro Vianna

 

 

 

 

mot choisi au hasard

du doute blafard

mûri au creux de l’absence

tapie au tréfonds de l’illusion

cultivée de main de maître

chaque nuit arrosée

des rires de la résignation

chaque matin réchauffée

par les fausses larmes

des pseudo-espoirs

faussement forgés

au gré des modes trompeuses

et malgré tout

il espérait

que ce fût

le début d’un poème

 

 

 Pedro VIANNA DR

Paris, 3.V.2018

 In -Des coups pour rien

 

 

 

 

 

 

 

« Un mot n'est pas le même dans un écrivain et dans un autre. L'un se l'arrache du ventre. L'autre le tire de la poche de son pardessus.»

 

Charles Péguy - in Dict. Citations-

 

 

«Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant»

 

Victor Hugo  - Les Contemplations-

 

 

 

 

 

 

 

Place du Tertre

de Michèle Lassiaz

 

 

 

 

Les derniers peintres

désertent la place du tertre.

Poussées par un vent glacial

les feuilles jaunies virevoltent

autour des vagues chevalets.

Au café "Le Clairon"deux manouches

grattent sur leur guitares

des airs d'autrefois...

Les touristes attardés délaisssent les lieux

engoncés dans la nuit

encore quelques accords mélancoliques

quelques lumières de bistrots

Et le silence s'installera

pour quelques heures

sous la houlette

du Sacré Coeur

L

 

 

 Michèle LASSIAZ DR

(2006-in Recto Verso) 

 

 

 

 

 

 

 

«Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée:

C'est Vénus tout entière à sa proie attachée.»

 

 Racine - Phèdre -

 

 

« L'énergie atomique est libérée par le frisson des noyaux »

 

Jérôme Duhamel Le Dico tout fou des écoliers -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'arbre est sensible à son environnement

d' Eric Meyleuc

 

 

l’arbre est sensible à son environnement

à l’homme prédateur

sans volonté propre

si ce n’est celle de son tropisme

il obéit à un cycle

aux climax

il est sensible au climat

de la pente sur laquelle il va éclore

à son exposition aux vents à la lumière

à la terre

aux substrats rocheux

à la roche tectonique qui le porte

et qu’il portera à son tour

support nourricier au dépens-bénéfice duquel il s’élève

épousant les contraintes protectrices

jusqu’au seuil de quelle limite de pressurisation

gravitation

le point de rupture sera-t-il franchi

cette petite graine

fruit du hasard

déposée dans une lézarde

interstice météorique tectonique

d’un rocher en aplomb sur un escarpement

l’enserrant de ses racines

rapport ambigu

d’un équilibre précaire prêt à se rompre

lézarde en faille et racine dans le vide d’une matrice nourricière amoindri

l’arbre est à la merci de sa propre croissance génétiquement programmée

mais conditionnée aux aléas déjà évoqués

qu’il ne peut contrôler cloué sur place de ses origines

à moins de trouver d’autres enracinements aux alentours

racines lancées tous azimuts à la quête d’eau

minéraux nécessaires à sa croissance

il enserre d’abord le rocher

l’étreignant

l’agrippant de ses griffes racinaires

araignée grappin qui pique

ou alors il s’insinue dans le rocher et l’écartèle de son tronc

l’arbre n’a pas besoin de l’homme pour s’épanouir

alors que

l’homme a besoin de l’arbre pour s’épanouir

l’âme de l’arbre est dans sa graine qui vole au vent de l’infini stellaire

la Terre disparaîtra mais d’autres Terres apparaîtront

sous d’autres soleils

d’autres combinaisons

avec d’autres arbres

s’il survit à sa propre destruction

l’homme sera toujours

à la recherche de cet être essence de sa vie

 

 

 

 

Eric Meyleuc DR

absent/présent by Pedro Vianna

31/12:/ 2015-Inédit-

 

 

 

 

 

 

 

La Ruche des Arts

Michèle Lassiaz

Logo Plein Sens été

Alain Briantais

Illustrations Pixabay

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et/oude leurs auteurs

Tous Droits réservés

ainsique pour les auteurs

de poèmes mentionnés

Smiley sourire et

adaptation images et

texte,mise en page web

Christian Lafont

 

 

Chral

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci et Bienvenue aux poètes,

visiteurs ou contributeurs

 

Nouveaux et derniers poèmes de l'été

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

«Si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente. »

 

Jules Renard -Journal -et Dictionnaire

de citations de langue française

 

 

 

« Le soleil brille plus en été parce qu'il est un peu moins gêné par la neige.»

 

Jérôme Duhamel  - Le dico tout fou

des Ecoliers

 

 

 

 

 

 

 

 

Pieds d'août

de Fabienne Schmitt

 

 

 

 

Mes doigts de pieds sont en trêve

Ils ont quitté mes souliers

Au grand bonheur de mes pieds

Qui depuis des mois en rêvent

 

Mes doigts de pieds sont en liesse

Ils se mettent en éventail

Quand je m’étire et je baille

Emportée par la paresse

 

Mes doigts de pieds sont contents

Ils sont en tenue de plage

Se la jouent en coquillages

Sous la caresse du vent

 

Mes doigts de pieds sont vernis

C’est pour eux la vie en rose

Ils prennent même la pause

Sous le soleil qui sourit

 

Mes doigts de pieds se baladent

Ils barbotent dans la mer

Et moi je me sens légère

Les yeux noyés dans la rade.

 

 

 

 

Fabienne Schmitt DR

 Inédit- août 2019- tous droits réservés 

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

«On pense à moi  pour une place mais par malheur,  j'y étais  propre; il fallait un calculateur, ce fût un danseur qui l'obtint.»

 

Beaumarchais -Le Mariage de Figaro-

 

 

 

« Il n'est pas certain que tout soit certain»

  

Pascal-Pensées et Dictionnaire des citations

de langue française

 

 

 

 

 

 

 

A contre-courant...

pour Eric, de Pédro Vianna

 

 

 

 

je suis né à contre-courant

j’aurais dû être saumon

pour remonter le fleuve

je suis né humain

pour le meilleur et pour le pire

condamné à vivre hors de l’eau

que faire

il faut vivre sa souffrance

pour ne pas se faire dévorer par elle

et parvenir à se faire

malgré elle

on a toujours sa part de responsabilité

dans tout ce qui survient

il ne faut pas s’en faire

pour pouvoir y faire

quelque chose

 

on est toujours quelque part

l’irresponsable d’autrui

 

 

 

 Pedro VIANNA DR

Paris,19.V.2019

 In -De l'inadéquation des choses-

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

« La lune brillait dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l'ont point reçue.»

 

Nouv. Test.  Jean- I ,5 -(Oltramare)

 

 

 

« Quand la lune est pleine, ça veut dire qu'il y a beaucoup de monde dessus»

 

Jérôme Duhamel-  Le Dico tout fou

des Ecoliers-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haïkus ou presque !.......

de Claudine Vanlé

 

 

 

 

Clarté d’argent, sur l’onde noire.
L’air s’est allégé,
la lune est levée.

L’air s’arrête de trembler
La lumière suspendue
Fait briller le soir qui tombe


Fracas d’étoiles dans le ciel,
La lumière crépite,
Feu d’artifice et de joie.

 

 

 

 

 

 

Claudine Vanlé DR

2019

 

 

 

 

 

 

 

 

«Le ciel, la terre, mille et mille choses sont nés

de l'existence et l'existence est née du néant.»

 

Li Eul, dit Lao-Tseu - Anthologie de

la littérature chinoise, par Sung-Nien-Heu-

 

 

« La Beauté est une source inépuisable de joie pour

qui sait la découvrir. »

 

Alexis Carrel L'homme cet inconnu  -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis le chemin de crête

d' Eric Meyleuc

 

 

 

depuis le chemin de crête

reflet

du coq chantant

à l’horizon

le feulement sidérant de l’aube écorchée vive

au détour des mamelons en arêtes

de murailles apeurées

aux aguets

qui s’abreuvent au crépuscule

du soleil décapité

pour le coup

dépité

 

 

 

Eric Meyleuc DR

absent/présent by Pedro Vianna

08/01/ 2016-Inédit-

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

« Et comme chaque jour, je t'aime davantage,

Ajourd'hui plus qu'hier, et bien moins que demain.»

 

 Rosemonde Gérard Les Pipeaux

 

 

« ... Et l'amour qui meut le soleil et les autres étoiles»

 

Dante - in  La divine comédie; Le Paradis-

 

 

 

 

 

 

 

 

Se dire "Je t'aime "

d' Elisabeth   Regenet - Capuana

 

 

 
 

Comme c’est étrange de se dire : "je t’aime" !

il en aura fallu du temps

il en aura fallu des décennies

des chagrins

des joies

des choix hasardeux

des choix malheureux

des choix heureux

des petits et des grands moments d’une vie

pour finalement,

arriver à s'accepter

se supporter

et se regarder dans un miroir

face à face

sans pudeur

sans regrets

sans remords

juste dire

"je t'aime"

comme tu es

comme tu as été

et même comme tu seras

jusqu'à ton dernier souffle.

 
 

 

Elisabeth Regenet-Capuana DR

La Tortue à plumes

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

« La nue se déchire,  et l'éclair trace un rapide losange de feu. Un vent impétueux,  sorti du couchant,  roule les nuages  sur

les nuages;les forêts plient;le ciel s'ouvre coup sur coup; et à travers les crevasses, on aperçois de nouveaux cieux et des campagnes ardentes. »

 

Chateaubriant,-Atala - 

Dictionnaire de citations de langue française

 

 

 

«Quand il y a un orage avec de la foudre, il faut se mettre à plat ventre sous la terre et arrêter de monter dans les arbres»

 

Jérôme Duhamel-Le

Dico fou des Ecoliers

 

 

 

 

 

 

 

 

Orage assassin

d' Alain Briantais

 

 

 

 

Des souvenirs lointains
Me revient la folie

Des monstrueux engins

Qui défaisaient mon lit

 

Ils déformaient ma course

Ils arrachaient ma mousse

Mais que veulent donc les hommes ?

Mais que veulent donc les hommes ?

 

Quelques-uns ahuris

Connaissant mon refrain

Filèrent à la mairie

Hurlèrent à tous les saints

 

Peine perdue mes amis

Les dangereux desseins

Qu’on projette en mairie

Ignore mon chemin

 

Je n’avais pas la frousse

J’interrogeais ma source

À quoi rêvent les hommes ?

À quoi rêvent les hommes ?

 

Quand l’orage assassin

Gronda à l’infini

À faire fuir tous les chiens

Tout le jour devint nuit

 

On entendit les cris

Jusque dans le lointain

Et puis le ciel s’ouvrit

Sur le rouge de mes reins

 

Je subit la secousse

Je n’avais nulles ressources

À quoi tiennent les hommes ?

À quoi tiennent les hommes ?

 

Du soir jusqu’au matin

Dans mes eaux démolies

Ils cherchèrent de leurs mains

Tous leurs enfants partis

 

Et puis la ville repris

Son train-train quotidien

 

Mais j’ai mon cœur qui tousse

Je vous confie en douce

 

Il me prend le chagrin

Quand la pluie en furie

Saccage les destins

Devient voleuse de vie

 

 

 

Alain Briantais DR

2018

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

«Il faut laisser le passé dans l'oubli, et l'avenir à la providence.»

 

Bossuet  -  Oeuvres- et

Dictionnaire de citations de langue française

 

«Quand on est mort, c'est pour toute notre vie»

 

Jérôme Duhamel

Dico fou des Ecoliers

 

 

 

 

 

 

 

 

Occis-mort

de Sylvie Hérout

 

 

 

 

Chaud et froid feu et glace

Chaque matin quand le soleil est roi

Juste après que j’en ai accueilli la puissance

La pensée de toi m’étreint

Trois pas de plus et le soleil s’éteint

Et ton absence est là…

Quand j’aperçois l’endroit exact

Où l’on s’est retrouvés

Et si vite perdus

Longtemps perdus de vue

Perdus de vie trop vite

En moi la lumière s’endeuille

Un vide chaque jour se creuse

Pourquoi si tôt partir ?

Brilles-tu quelque part et je ne le sais pas ?

 

 

 

Sylvie Hérout DR

2018

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

« Les gens malheureux ne connaissent pas

leur bonheur »

 

 Pierre Desproges-- Manuel de savoir vivre

à l'usage des rustres et des malpolis

 

« Je hume à longs traits le vin du souvenir »

 

Charles Baudelaire - Les Fleurs du mal-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les caresses de l'Ebre

de Tristan Zandona

 

 

 

 

Il me revint un jour funèbre,

Au cimetière d'un village,

Sur les bords du fleuve de l'Ebre,

Où l'on enterrait de vieux sages;

 

Un lieu où les marbres frileux,

Gravés de la même sentence,

Guident les esprits fielleux,

Sur les voies de la repentance;

 

Un lieu où le souffle du fleuve,

Suivi d'un doux parfum de fleurs,

Effleure les larmes des veuves,

Emportant ainsi leur douleur;*

 

Un lieu où les noires corneilles,

Gardiennes des sépultures,

Qui, de ces morts sont les oreilles,

Chantent leur hymne à la nature;

 

Il me revient un jour funèbre,

Au cimetière d'un village,

Sur les bords du fleuve de l'Ebre,

Où l'on m'enterrait, moi, le sage.

 

 

 

 

*Le vent emporte aussi les allitérations en fin de vers.

 

 

 

Tristan Zandona DR

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

«  Le métro de Paris, gigantesque ver luisant,

sur les toits de Paris, a tissé des fils d’argent. »

 

Edith Piaf

 

 

« Mais Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde,

Vous n’en connaîtrez jamais la profondeur. »

 

Honoré de Balzac

 

 

 

Couleurs

  de  Michèle Lassiaz-Chambon

 

 

Michele

 

à Hervé

Des touches de couleurs serrées sur un trottoir

De la rue Montorgueuil

Des agglutinés bavant devant un saltimbanque

Des badauds déambulant fontaine des Innocents

Des croquants de la Butte Montmartre

Des amerloques sur les Champs

Des mitrailleurs de la gâchette, parvis Notre-Dame

Des fanfares bruyantes rue de Buci

C’est ça Paris

 

Des traînards, rue des Lombards

Des fêtards, rue de Lappe

Des routiers vieillots à Montreuil

Des sans lendemains dans le métropolitain

Des noceurs aux Quatre Chemins

Des farceurs à Saint-Germain

C’est ça Paris

 

Des foules bigarrées des Puces de Clignancourt

Des impromptus rue Saint-André des Arts

Des bourlingueurs fontaine Saint-Michel

Des hirsutes, des paumés, des faiseurs

Des harangueurs au forum Pompidou

C’est toujours ça Paris

 

   Des bon chic, bon genre de la rue de Passy

Des africaines enrubannées, nattées

Vendant leur maïs cuit au marché, rue de Jean

Des boutiques d’étoffes chatoyantes de la Goutte d’Or

D’où s’échappent des djellabas

Des kyrielles de restaurants asiatiques

Grimpant rue de Belleville

Et des boutiques alléchantes

Aux odeurs d’Orient, passage Brady

C’est aussi ça Paris

 

L’église rustique, tranquille de Saint-Médard, rue Mouffetard

L’échappée de Saint-Eustache

  Et l’humble Saint-Julien-le-Pauvre

L’indéfinissable Notre-Dame

L’insolite pâtisserie, basilique du Sacré-Coeur

L’élégante Sainte-Chapelle

La raffinée Saint-Séverin

Et la modeste église des Billettes

C’est encore Paris

 

Ceux qui vous bousculent sans vous voir

Ceux qui ne voient rien

Harassés par le train-train

Ceux qui frémissent de bonheur

A rêvasser sur la passerelle des Arts

 

Ceux qui s’avachissent sur les grilles des bouches de métro

Ceux qui boivent au goulot

Ceux qui n’ont plus rien

Que la désespérance, métro Rambuteau

Ceux qui sourient encore

Au bonheur de regarder les promeneurs

Jardin du Luxembourg

Et ça, c’est encore Paris

 

 

  Michèle Lassiaz-Chambon DR

Extrait  de "Fleurs et pleurs"

 

 

 

                     ParisFromMontmartreHDR.jpg

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

«Quand on n'a besoin que de peu de choses, un rien suffit et quand un rien suffit, on n'a pas besoin de grand chose.»

  

Pierre Dac  Pensées éparses-

 

 

« Dans le temps les misérables se nourrissaient principalement de la poésie de Victor Hugo»

 

Jérôme DuhamelLe Dico

tout fou des écoliers-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Il était un poème...

de Christian Lafont

 

 

 

 

ll était un poème

dont apparemment, le thème

suggérait des omissions

dans notre parcours de vie

de simples approximations

ou de la pure fantaisie ?

seulement des sensations

ou de la chiromancie,

emprunt d’affabulations

et vraie mélomanie

dans une composition

à l’allure indéfinie…

 

il était un poème

vraiment circonstancié

et quel était le thème ?

j ‘sais pas, j’ai oublié…

 

 

 

Christian LAFONT DR 

 PleinSens n° 45 "L'Oubli" Mai 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

« Je ne l'aime pas parce qu'il est bon,

mais parce qu'il est mon petit enfant.»

 

 Rabindranath Tagore - Le Croissant

 

 

« Le plaisir le plus délicat est de faire celui d'autrui.»

 

Jean de La Bruyère - Les Caractères -

 

 

 

 

 

 

 

Mon enfant

de Laurent Kiem

 

 

 

 

        

La peur n’est rien

La connaitre est savoir d’où elle vient.

 

Et des chiens et des loups…du dressage, je m’en fous

Mon enfant

Prends de moi ce qu’il te plaît

Je sais, déjà, être le gardien

De ceux qui oublient que tu es mon enfant

 

De leurs larmes, de leurs cris, de leurs drames…je m’en fous

 

Tu le sais, mon enfant,

Je suis le barrage

Qui retient toute l’eau pour apaiser ta soif

Et ne pas rencontrer la sécheresse de ceux qui n’ont faim que pour leur seul ventre

 

Mon enfant

Tu es le centre de mon monde

Va ou tu veux, quand tu veux je m’en fous

Je suis là toujours

Lorsque tu reviens

 

Et si parfois, fatigué, tu t’endors près de moi

Tout à ta sensualité comme une fleur tout auprès de mon cœur

Je t’encourage à grandir, je t’encourage à t’éveiller

Pour connaitre l’amour comme avec ta mère,

Nous nous sommes aimés

 

Mon enfant

La peur n’est rien

La connaitre est savoir d’où elle vient

 

Et des chiens et des loups… du dressage, je m’en fous

 

Je ne te demande rien

Fais ta vie comme va le destin

Je te fais part comme l’initiation

Mon enfant

Belle révélation

Née par le désir

Et à qui j’ai donné tout ce que je sais faire

Loin d’une apocalypse

Tes joues roses

La grâce

Quelques mots

Joie de vivre

 

Le miel

Qu’il y a entre nous

Est plus fort que les jours pour lesquels je m’en fous

Et je ne lâche rien

Car pour un seul péril

Ma haine est pareille à un sein

 

Et des chiens et des loups… du dressage, je m’en fous

 

Mon enfant

 

 

 

 

 

Laurent Kiem DR

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

« On élève les vers à soie pour produire de la laine. »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

  

 

 

«Heureux qui, dans ses vers, sait d'une voix légère

Passer du grave au doux, du plaisant au sévère»

 

 Nicolas Boileau -L'Art Poétique-- 

 

 

 

 

 

 

 

Fileuse de Vers

 

de Sylvie Hérout

 

 

 

Aller chercher en soi le fil gisant entremêlé.

Trouver l'extrémité en fouillant, tiraillant.

Explorer.

La saisir et tirer.

Alors, brin à brin la pelote s'évide.

Un mot entraîne l'autre, articule une phrase,

accouche d'une image qui fait vivre une idée.

L'idée on la connaît ou l’on croit la connaître ;

mais les mots pour la dire on les cherche,

les tricote, les assemble.

Parfois ils nous étonnent, parfois ils nous ressemblent,

et l'idée se transforme.

Bien souvent ils s'imposent. On ne sait pas pourquoi.

L'ordre on ne le connaît pas,

mais comme pour la pelote, ombilic enroulé,

tout remonte et ressort.

Tout se tisse point à point, mot à mot, jour à jour.

Le temps importe peu.

On a perdu le fil ? L'ouvrage est arrêté ?

L'aiguille est en suspens, l'encre sèche, on attend.

On espère qu'encore le fil se défile, nœud à nœud dénoué.

Et le fil de la plume trace sur le papier,

à son rythme hésitant,

la trame d'une vie.

Il persiste et il signe.

 

 

Sylvie Hérout DR

2019


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Il y a des livres dont il faut seulement goûter, d'autres

qu'il faut dévorer, d'autres enfin, mais en petit nombre,

qu'il faut, pour ainsi dire, mâcher et digérer. »

 

Sir Francis Bacon- Essais sur l'étude-

 

 

« Un beau livre, c'est celui qui sème à foison les points d'interrogation»

 

 Jean Cocteau - in Dictionnaire de citations

du monde entier -

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce vieux bouquin

mon meilleur copain

de Jean-Dominique Dupont

 

 

Je t’ai rencontré un beau matin de juin

Sans qu’il me souvienne

Si c’était quai des Grands Augustins

Ou sur les rives magiques de l’lle

Au fil de laquelle je flânais complice de la Seine

Qui batille sur ses rives

Nonchalamment au cœur de la ville

Sous l’œil encore embué des chalands

Et le regard amusé des bouquinistes

Qui avaient au vent du large ouvert

Le secret des petits tabernacles verts

Etalant au grand jour

Comme dans une kermesse

Un capharnaüm de vieux bouquins

Serrés dans des boîtes

Qui leur servaient d’écrin

Je t’ai déniché dans une boîte

Tu étais habillé en maroquin

J’ai bien vu que t’avais essuyé

Force grains et lourds chagrins

Que tu étais passé de main en main

A te voir écorné comme un vieux bouquetin

Je voulais faire un bout de chemin

Je t’ai feuilleté dans ma main

Et t’es devenu mon meilleur copain

Comme le chemineau de Richepin

 

 

 

 Jean-Dominique Dupont DR

(in ...)

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

« Dans un mois, dans un an, comment souffriront-nous, Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ? . »

 

Jean Racine - Bérénice-


 

 

 

« La vie est pleine de choses qui blessent le coeur.»

 

Madame de Sévigné -

Lettres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les mots bourreaux

de Colette Sauvanet

 

 

 

 

Quand les mots

voilés par la pudeur

Ne savent démêler les fleurs de la fureur 

Ils deviennent bourreaux 

au fond de mon cœur

 

Quand le cœur à son tour

 Privé de mots d’amour 

Se réveille orphelin 

Dans le petit matin

Privé du moindre mot

Se ferait-il bourreau

Brandissant son couteau

Sur mes paradis  

Débordants de non-dits ?

 

   

N’apparaît alors qu’un long silence langueur

  Non pas tant plein de rancœur

que de muettes douleurs 

 au plus profond de  mon cœur !

 

 

 

 

 

 Colette SAUVANET DR

(in BULLES)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

« La mélancolie est donc le plus légitime

de tous les tons poétiques »

 

 Edgar Allan Poe-- Genèse d'un poème-

et Dictionnaire de citations du monde entier

 

 

« L'absence est à l'amour ce qu'est au feu

le vent; il éteint le petit, il allume le grand»

 

Bussy-Rabutin - L'hitoire amoureuse des

Gaules- et Dictionnaire de citations de langue française

 

 

 

 

 

 

 

La page blanche

de Tristan Zandona

 

 

 

                          

Elle ne quitte jamais son silence,

Et me fixe d'un air salutaire,

Or, dans mon incurable dolence,

Je reste le seul dédicataire,

D'une page sans rime, sans vers,

Aux secrets nullement découverts;

 

Poète ! Comment puis-je savoir,

Ô démiurge à la rime angélique,

Pourquoi l'encre refuse de choir,

Sur cette feuille cadavérique ?

 

Eraton maîtresse du lyrisme,

Préserve tes fidèles dévôts,

De l'impitoyable prosaïsme,

Et confère leur un renouveau;

 

Anselot, Mallarmé, Corbière,

Oui, tous redoutèrent la blancheur,

D'une vierge feuille meurtrière

Rivale de ces divins prêcheurs;

 

Moi, je la combats la plume en main,

L'assaillant de strophes qui abondent,

Hier, aujourd'hui et puis demain,

Jusqu'à ce que mon encre s'estompe

 

 

 

 

 

 

 

 

Tristan Zandona DR

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

«On a remarqué que les fonds sous marins

préfèrent vivre sous la mer. »

 

Jérôme Duhamel -Le Dico tout fou

des Écoliers-

  

 

 

« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu

avant de renvoyer la lumière »

 

Jean Cocteau -Le sang d'un poète- 

 

 

 

 

 

 

 

Apparition

 

de Sylvie Hérout

 

 

 

 Née de l’ombre et de l’onde mussée dans ses cheveux

une nymphe aux yeux verts

posée sur un nuage songe à se déployer en notre vaste monde

S’élance à peine éclose

folle métamorphose

s’étire

et s’arque

et se désarticule

Elle se tend s’arabesque roule et s’expose

Elle pique et pointe et cambre

elle s’esquive elle bondit pirouette et virevolte

Se blottit


 

Elle danse

fatale purpurine sidérale

voltige et s’acrobate

impudique divine

Cadence diabolique

Nébuleuse blancheur aux diaprures maléfiques

oriflamme brandie au cœur d’un crépuscule

Corolle-chevelure cerceaux lianes

lassos d’algues tissées

Soyeuses opulences

Tentations

S’enlace se caresse se déguise à sa guise en câline parure

Des nuées et des nimbes fait une apothéose.


 

Sylvie Hérout DR


 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

« Craignez, seigneur, que le ciel rigoureux

Ne vous haïsse assez pour exaucer vos voeux.»

 

 Racine -  Phèdre

 

 

« Il y a deux tragédies dans la vie:l'une est de ne pas satisfaire son désir, et l'autre de le satisfaire.»

 

Oscar Wilde -L'éventail

de lady Wintermère ( 3ème acte), attribué à G-B. Shaw)

 

 

 

 

 

 

 

 

A toi l'été

de Laurent Kiem

 

 

 

 

 

La vie qui est grande

Tu grouilles

Je m’invite à ton voyage

 

J’ai entendu des hourras quand la mort n’était pas là

J’ai entendu des hourras quand la mort était là

 

La vie qui est grande

Le sexe au bout du désir

La peau célébrée dans une fin qui ne veut pas

J’ai entendu des hourras quand la mort n’était pas là

J’ai entendu des hourras quand la mort était là

 

Le désir n’a pas l’habitude de mourir

Et le supplice n’a pas de jeunesse

 

J’ai entendu des hourras quand la mort n’était pas là

J’ai entendu des hourras quand la mort était là

 

La vie est grande

Je suis heureux quand chaque jour est pareil à ma pensée

 

Une étoffe où aucun linceul ne voit la disparition de l’enchantement

 

A toi l’été

 

Soleil

Ciel bleu

Terre aride

Mer infinie

Nage

 

Tes plages sont douces

Les cerfs volants figurent

Le sable et les pieds à l’air

 

La nudité comme un plaisir est digne d’être fière

 

Le supplice quand la mort me regarde pour ce que je ne suis pas

Je la vois comme l l’hiver qui n’appartient qu’à moi

 

A toi l’été

 

Voici le rescapé qui joue de sa jeunesse

Il court le long des rivières

Au bord une ombre

Qui sait les temples de printemps

 

 

 

Laurent Kiem DR

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

 

 

« Une période d'échec est un moment rêvé pour semer les graines du succès.»

 

 Paramahansa Yogananda -  Poésie

en sous sol-anthologie(2009)-

 

 

« La nature se rit des souffrances humaines;

Ne contemplant jamais que sa propre grandeur.

Elle dispense à tous ses forces souveraines

et garde pour sa part le calme et la splendeur.»

 

Leconte de Lisle -Poèmes antiques-

Dictionnaire de citations de langue française

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rêveries interstellaires

de Oguène

 

 

 

 

 

Le sommeil s'en est allé

Le rideau à peine écarté

surgit l'immensité

Le cœur soudain ne bat plus la mesure

à découvrir toute cette démesure

La lumière lunaire luit

sur ces mondes infinis

Le kaléidoscope des cieux

éblouit les yeux

enveloppe en sa féerie

la petite planète Terre

minuscule point lumineux

tout bleu

L'au-delà si lointain

s'appelle Dieu pour certains

Pour moi ce sont encore des mystères

qui bercent mes rêveries

Le rideau à peine écarté

a éclaté l'immensité

Mon cœur bat à nouveau la mesure

à scruter toute cette démesure

 

 

Oguène DR

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

«L'art de faire des vers, dût-on s'en indigner,

Doit être à plus haut prix que celui de régner. 

Tous deux également, nous portons des couronnes;

Mais, roi, je la reçus; poète, tu la donnes »

 

attribué à Charles IX-- s'adressant à Ronsard-

Dictionnaire de citations du monde entier

 

 

« Saint Exupéry était l'auteur du "Petit  Prince",

et il est mort avec lui dans un accident d'avion»

 

Jérôme Duhamel - Le dico tout fou des Ecoliers

 

 

 

 

 

 

 

 

Insomnia

de Tristan Zandona

 

 

 

Ô combien de nuits me suis-je pris pour Orphée ?

Oubliant de visiter l'antre de Morphée,

Tentateur soporifique aux lèvres vermeilles,

Qui d'un tendre baiser provoque mon sommeil;

 

Ô combien de nuits l'étreinte de mon breuvage

M'arrache-t-il à toi et à ton esclavage ?

Au déclin solaire je deviens immortel,

Moi le poète privé d'un songe éternel.

 

Mais ce soir je m'allonge sous un sombre ombrage,

Redoutant voir Charon, nocher de mon sombrage,

Et toi, Morphée, qui de moi t'approches si près,

Ce soir, avec toi, je m'endors sous un cyprès.

 

 

 

 

 

Tristan Zandona DR

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

«Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !

Que l'espace est profond ! que le coeur est puissant. »

 

Charles Baudelaire  -- Les fleurs du mal - et

Dictionnaire de citations de langue française

 

 

 

« L'été le soleil change de nom et s'appelle la canicule»

 

Jérôme Duhamel - Le dico tout fou des Ecoliers

 

 

 

 

 

 

 

 

Canicule

de Fabienne Schmitt

 

 

 

 

Mais où donc est parti le vent

Qui chuchotait dans mes cheveux

Tous les secrets des ajoncs d’or

Qui lui faisaient la révérence

 

 

Où est cachée la douce brise

Au parfum des retours de pêche

Caressant les voiles du port

Et faisant cliqueter les mâts

 

 

Pas un son, pas un bruit ne parle

Il n’y a que ce lourd silence

Et la terre qui supplie le ciel

Sous midi qui suinte et qui brûle

 

 

 

 

Fabienne Schmitt DR

 Inédit- août 2018- tous droits réservés 

 

 

 

 

 

 

 

 

Log Plein..

 

 

« Un jour tout sera bien, voilà notre espérance:

Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion.»

 

Voltaire

Espérance-Dictionnaire des citations  du monde entier

 

 

« Le temps est un grand maitre,

il règle bien des choses»

  

Corneille-

Dictionnaire des citations du monde entier

 

 

 

 

 

 

 

Mot choisi au hasard

pour Eric, de Pédro Vianna

 

 

 

 

mot choisi au hasard

du doute blafard

mûri au creux de l’absence

tapie au tréfonds de l’illusion

cultivée de main de maître

chaque nuit arrosée

des rires de la résignation

chaque matin réchauffée

par les fausses larmes

des pseudo-espoirs

faussement forgés

au gré des modes trompeuses

et malgré tout

il espérait

que ce fût

le début d’un poème

 

 

 Pedro VIANNA DR

Paris, 3.V.2018

 In -Des coups pour rien

 

 

 

 

 

 

 

« Un mot n'est pas le même dans un écrivain et dans un autre. L'un se l'arrache du ventre. L'autre le tire de la poche de son pardessus.»

 

Charles Péguy - in Dict. Citations-

 

 

«Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant»

 

Victor Hugo  - Les Contemplations-

 

 

 

 

 

 

 

Place du Tertre

de Michèle Lassiaz

 

 

 

 

Les derniers peintres

désertent la place du tertre.

Poussées par un vent glacial

les feuilles jaunies virevoltent

autour des vagues chevalets.

Au café "Le Clairon"deux manouches

grattent sur leur guitares

des airs d'autrefois...

Les touristes attardés délaisssent les lieux

engoncés dans la nuit

encore quelques accords mélancoliques

quelques lumières de bistrots

Et le silence s'installera

pour quelques heures

sous la houlette

du Sacré Coeur

L

 

 

 Michèle LASSIAZ DR

(2006-in Recto Verso) 

 

 

 

 

 

 

 

«Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée:

C'est Vénus tout entière à sa proie attachée.»

 

 Racine - Phèdre -

 

 

« L'énergie atomique est libérée par le frisson des noyaux »

 

Jérôme Duhamel Le Dico tout fou des écoliers -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'arbre est sensible à son environnement

d' Eric Meyleuc

 

 

l’arbre est sensible à son environnement

à l’homme prédateur

sans volonté propre

si ce n’est celle de son tropisme

il obéit à un cycle

aux climax

il est sensible au climat

de la pente sur laquelle il va éclore

à son exposition aux vents à la lumière

à la terre

aux substrats rocheux

à la roche tectonique qui le porte

et qu’il portera à son tour

support nourricier au dépens-bénéfice duquel il s’élève

épousant les contraintes protectrices

jusqu’au seuil de quelle limite de pressurisation

gravitation

le point de rupture sera-t-il franchi

cette petite graine

fruit du hasard

déposée dans une lézarde

interstice météorique tectonique

d’un rocher en aplomb sur un escarpement

l’enserrant de ses racines

rapport ambigu

d’un équilibre précaire prêt à se rompre

lézarde en faille et racine dans le vide d’une matrice nourricière amoindri

l’arbre est à la merci de sa propre croissance génétiquement programmée

mais conditionnée aux aléas déjà évoqués

qu’il ne peut contrôler cloué sur place de ses origines

à moins de trouver d’autres enracinements aux alentours

racines lancées tous azimuts à la quête d’eau

minéraux nécessaires à sa croissance

il enserre d’abord le rocher

l’étreignant

l’agrippant de ses griffes racinaires

araignée grappin qui pique

ou alors il s’insinue dans le rocher et l’écartèle de son tronc

l’arbre n’a pas besoin de l’homme pour s’épanouir

alors que

l’homme a besoin de l’arbre pour s’épanouir

l’âme de l’arbre est dans sa graine qui vole au vent de l’infini stellaire

la Terre disparaîtra mais d’autres Terres apparaîtront

sous d’autres soleils

d’autres combinaisons

avec d’autres arbres

s’il survit à sa propre destruction

l’homme sera toujours

à la recherche de cet être essence de sa vie

 

 

 

 

Eric Meyleuc DR

absent/présent by Pedro Vianna

31/12:/ 2015-Inédit-

 

 

 

 

 

 

 

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