07-23/03 En Mars, c'était le Printemps des Poètes 2020- thème LE COURAGE Posté le 23/03/2020 - Par La Ruche des Arts, Michèle Lassiaz , Chr Sur le Feu de la Ruche

En Mars, c'était le 22ème Printemps des Poètes 2020

 

 

 

 
LE COURAGE
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La_Ruche des Arts

Les Amis de la Poésie à Montmartre

Les Ricochets Poétiques

 

 

y participaient

avec vous amis(es) Poètes à Paris 18ème 

 

(informations en suivant ce lien)

 

 

 

Spectacle d’ouverture
Le Bataclan

 

 

 

 
 
Épistole du 5 février 2020
 
 
 

 

Édition 2020


Le Courage

 

C’est un vers de Corneille. Un vieil alexandrin célèbre, à la toute fin du Cid, qui dit le cœur, l’espoir et le triomphe du temps quelque part à Séville :
Espère en ton courage, espère en ma promesse…
Et dans cet hémistiche toute la bravoure du monde roule à l’assaut des siècles, avec tant de constance. Tant de patience passée à la postérité, comme un secret légué, mantra plus efficient que les rudes lois du sang.
Et la vaillance d’outrepasser les règnes, les solitudes, les exils, les douleurs, les aurores et les disparitions. Nos horloges sonnent l’heure du courage, écrivait Anna Akhmatova à l’hiver 1942. Tandis que Prévert tordait le cou aux pensées toutes faites dans ses « Adonides » : La guerre déclarée / j’ai pris mon courage / à deux mains / et je l’ai étranglé. Car le mot, trop taillé pour la gloire, a parfois mauvaise presse. Pourtant le cran. Pourtant l’audace. Pourtant la virtus latine, qui fait dire à Virgile et Apollon d’une même voix : Déploie ton jeune courage, enfant, c’est ainsi que l’on s’élève jusqu’aux astres.
Cette force d’âme capable de tutoyer les étoiles en appelle aux mots de Desnos, dont Éluard affirmait, devant ses cendres revenues de Terezín, qu’il était la poésie du courage. Une poésie qui se joue la vie, l’amour, la liberté jusque dans la pire des morts. Avec ce qui me reste de courage, défoncer toute la Nuit, proposait Paul Valet, tout aussi prompt à mourir.
C’est coton, le courage, même sans être corps et âme en lambeaux.
La course plus que la rage. La lumière à foudroyer le noir. Comme s’il n’y avait qu’un poète pour dire cet éclat d’être sans orgueil. Cette témérité de la langue qui vous mène plus loin que la vue ne peut voir. Cette intrépidité de la parole qui nous fait défaut. Cette endurance à Raturer outre. Ce souci du poème. Je vais droit au jour turbulent, annonçait André du Bouchet. Que l’on se nomme Blaise Cendrars ou Benjamin Fondane, Charlotte Delbo ou Sylvie Brès, Juan Gelman ou Ludovic Janvier… Tous ont osé. Et la frappe, la vitalité de l’écriture, le prodige de l’énergie poétique de nous révéler encore et toujours.

 

Sophie Nauleau


Post-scriptum : ce n’est pas un hasard si l’anniversaire des 100 ans de Boris Vian, le 10 mars 2020, tombe en ouverture de cette édition dédiée au Courage. Car celui qui ne voulait pas crever Sans qu’on ait inventé / Les roses éternelles / La journée de deux heures / La mer à la montagne / La montagne à la mer / La fin de la douleur, celui qui savait que La vie, c’est comme une dent / D’abord on y a pas pensé / On s’est contenté de mâcher / Et puis ça se gâte soudain / Ça vous fait mal, et on y tient / Et on la soigne et les soucis / Et pour qu’on soit vraiment guéri / Il faut vous l’arracher, la vie. Celui-là qui écrivait comme quatre, chantait du soir au matin et jouait comme personne, l’enfant de Ville-d’Avray, le joyeux condamné de la Cité Véron, ce singulier et magnifique poète de 39 ans savait ce qu’il en était de vivre.

 

 

 
 
Épistole du 22 janvier 2020
 
    
 
© Caroline Bottaro
 
 
SANDRINE BONNAIRE
Marraine de la 22e édition du Printemps des Poètes
 
 
Pour oser Le Courage, il fallait un être de cœur.

Une âme grave et lumineuse qui sache se jouer la vie, face à Jacques Dutronc, Johnny Halliday, Jacques Higelin, Maurice Pialat, Gérard Depardieu, Jacques Rivette, Claude Chabrol, André Téchiné, Caroline Bottaro ou encore Agnès Varda…
 
Une comédienne qui a le goût tranchant des octosyllabes : Le soleil me trace la route avoue-t-elle, avant de signer J’enrage de son absence, son premier long métrage.

Une réalisatrice qui n’a pas craint de mettre sa notoriété à nu dans Elle s’appelle Sabine, ou comment l’enfer de l’internement a ravagé la joie et le visage de madone de sa jeune sœur autiste.

Une femme libre qui ne veut plus taire les violences secrètes jusqu’ici occultées par l’ordre social.

Une lectrice de Joël Bastard, poète contemporain de La Clameur des lucioles, qui mènera au côté d’Éric Truffaz et autres alliés substantiels, le spectacle d’ouverture de cette 22e édition du Printemps des Poètes, le 10 mars au Bataclan.
 
 
 
 
  


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